Le Surfeur d'Auray-Pluneret : Quarante Ans de Nuits Alréennes, de l'Éclat à la Fermeture Définitive

L'établissement LE SURFEUR à PLUNERET, une véritable institution des nuits morbihannaises, a définitivement fermé ses portes, marquant la fin d'une époque pour le divertissement nocturne local. Officiellement fermé le 25/05/2023 sur le plan administratif, cet établissement a vu son activité opérationnelle cesser dès début septembre 2022. Ce n'était pas seulement la fermeture d'une discothèque, mais une page qui se tournait de manière irréversible pour les nuits alréennes, laissant derrière elle des décennies de souvenirs et de moments festifs.

Créé le 27 juillet 2012, il y a quatorze ans, sous le siret 752 789 586 00019, Le Surfeur était un ancien siège social de la société FUNKY (FUNKY), également connue sous le nom "LES VOUTES". Cette société possédait par ailleurs un autre établissement, témoignant de son implantation dans le secteur. Son domaine d’activité était clairement défini : les débits de boissons, classés sous le code 56.30z, un secteur où la concurrence et les défis ont toujours été constants. La discothèque, implantée dans la zone d’activités de Kerfontaine, à la limite de Pluneret et d’Auray dans le Morbihan, partageait ses locaux avec le Garden Club, formant un complexe de 980 m² dédié au divertissement. La clôture de ces deux entités, Le Surfeur et le Garden Club, début septembre 2022, a ainsi mis un point final à une histoire riche et complexe.

Le Duo Dynamique : Le Surfeur et le Garden Club, une Offre Complète

Au cœur du complexe de Kerfontaine, Le Surfeur et le Garden Club fonctionnaient en synergie, proposant des expériences variées pour une clientèle diverse. La boîte de nuit Le Surfeur s’adressait principalement à une clientèle jeune, en quête de rythmes entraînants et d'une ambiance moderne, typique des discothèques contemporaines. C'était un lieu où les nouvelles générations venaient se retrouver, danser et célébrer les week-ends.

Parallèlement, le Garden Club complétait cette offre avec une approche plus polyvalente et intergénérationnelle. Cet établissement proposait des repas, offrant une option pour débuter la soirée dans une atmosphère conviviale avant de potentiellement rejoindre l'ambiance plus effervescente du Surfeur. Les bals du dimanche après-midi étaient une tradition appréciée, attirant une clientèle différente, souvent plus âgée, qui venait danser sur des musiques variées, dans une ambiance plus douce et sociale. Le Garden Club était également un foyer pour des soirées thématiques spécifiques, notamment les soirées SBK, acronyme pour Salsa, Bachata, et Kizomba, qui ont gagné en popularité ces dernières années. Ces soirées étaient souvent accompagnées de cours de danse le samedi, permettant aux novices de s'initier et aux passionnés de perfectionner leurs pas. Cette diversité d'activités, allant des repas aux cours de danse en passant par les soirées thématiques et les bals, démontrait la volonté des dirigeants d'offrir un éventail de divertissements répondant aux attentes d'une large audience, transformant ce complexe en un pôle majeur de la vie nocturne et sociale de la région d'Auray. La coexistence de ces deux concepts, sous un même toit de 980 m², a permis de créer un écosystème de loisirs dynamique et bien ancré dans le paysage local pendant de nombreuses années.

Les Raisons d'une Décision Radicale : Au-delà de la Crise Sanitaire

La fermeture du Surfeur et du Garden Club, survenue en septembre 2022 et officialisée en mai 2023, n'a pas été la conséquence directe de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, contrairement à ce que l'on aurait pu imaginer pour de nombreux établissements du secteur. Sophie Nivault, gérante de l'établissement, a clairement souligné que la pandémie n'avait pas fragilisé leur activité, déclarant : « Il ne nous a pas fragilisés. La clientèle est revenue. » Cette affirmation est d'autant plus notable que le secteur des discothèques a été particulièrement éprouvé par les confinements et les restrictions.

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La véritable raison derrière cette décision radicale fut tout autre : une opportunité commerciale inattendue. Sophie Nivault a expliqué : « En fait, on a eu une opportunité. On a été approché par un gros groupe immobilier commercial, intéressé par l’emplacement. On est tombés d’accord. » Cette proposition soudaine d'un acteur majeur de l'immobilier commercial, attiré par la position stratégique du site en zone d'activités, a précipité la fermeture. C'est un scénario fréquent dans les zones à fort potentiel de développement économique, où la valeur foncière peut surpasser la rentabilité d'une activité existante, même florissante.

Ce choix s'est avéré particulièrement significatif, d'autant plus que le bail de l'établissement courait jusqu’en 2029. La décision de céder avant terme, malgré des années de loyer assurées, témoigne de l'importance de l'offre et de l'attractivité de l'emplacement pour le groupe immobilier. Cette transaction a ainsi mis un terme à quatre décennies de présence continue de discothèques à cet endroit précis. C'est donc le marché immobilier et les dynamiques de développement urbain qui ont scellé le destin de cette institution nocturne, plutôt que les défis opérationnels ou sanitaires rencontrés par le secteur des débits de boissons. L'acceptation de cette opportunité a symbolisé la fin d'une ère pour les lieux de fête de Kerfontaine, transformant un espace de divertissement en un potentiel nouveau site commercial, illustrant les transformations des zones périurbaines.

Plongée dans l'Histoire : Quatre Décennies de Nuits Inoubliables

La fermeture du Surfeur marque la fin d'une saga qui a traversé plusieurs générations de fêtards et plusieurs identités de discothèques sur le même site de Pluneret, en bordure d'Auray. Le rideau est tombé sur quarante années de vie nocturne, une période riche en évolutions et en souvenirs. La partition avait débuté en décembre 1982, un moment charnière pour l'industrie du divertissement, avec l’ouverture du Malibu dans un bâtiment neuf, conçu spécifiquement pour la fête. À l'époque, c'était une nouveauté, un lieu moderne pour les jeunes de la région.

À la barre de cette première aventure, on trouvait Jean-Pierre Le Floch, qui s'était entouré de plusieurs associés pour donner vie à ce projet ambitieux. Il se souvient bien de l'environnement concurrentiel de l'époque, un témoignage précieux de l'effervescence des nuits des années 80. « En face, il y avait alors Le César », évoque-t-il, désignant un concurrent direct, souvent source d'émulation et de rivalité saine pour attirer la clientèle. Au-delà du périmètre immédiat d'Auray, la concurrence s'étendait également à la ville voisine, comme le souligne Jean-Pierre Le Floch : « Et nous étions en concurrence avec L’Atlantide, à Vannes. » Cette rivalité stimulait l'innovation et la qualité des services offerts, chaque établissement cherchant à se distinguer par son ambiance, sa musique ou ses événements.

Au fil des ans, la propriété et la gestion de ce lieu de fête ont connu des changements significatifs. Les dirigeants se sont succédé, chacun apportant sa vision, son style et sa clientèle. Le Malibu a évolué, a changé de nom, d'identité, mais a toujours conservé sa vocation première de lieu de rassemblement et de célébration. Ces quarante années ont vu des modes musicales passer, des technologies de son et lumière se transformer, et des générations entières se croiser sur les pistes de danse. De l'énergie des années 80 à l'éclectisme des années 2000 et 2010, le site a su s'adapter, au moins jusqu'à l'arrivée de la dernière équipe dirigeante, qui a elle-même laissé une empreinte marquante. Cette histoire longue et ininterrompue témoigne de l'importance sociale et culturelle de ces lieux, qui sont bien plus que de simples commerces : ils sont des dépositaires d'une partie de l'histoire collective et individuelle de la jeunesse locale.

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L'Ère Sophie Nivault : Dix Ans de Succès, d'Engagement et de "Famille"

Parmi la succession de dirigeants qui ont marqué l'histoire de ce lieu emblématique de la nuit alréenne, Sophie Nivault et son équipe se distinguent par la longévité et l'impact de leur gestion. Avec dix ans de présence à la tête du Surfeur et du Garden Club, ils ont établi un record notable sur ce site. « On est les seuls à avoir tenu dix ans ici », observe Sophie Nivault, avec une pointe de fierté légitime. Cette décennie a été caractérisée non seulement par la stabilité, mais aussi par la création d'une atmosphère unique et d'un esprit d'équipe fort.

Sophie Nivault décrit son expérience avec des mots empreints d'une profonde affection : « On s’y plaisait bien. On formait une grande famille. » Cette notion de "grande famille" dépasse le simple cadre professionnel ; elle évoque un environnement où les liens humains étaient primordiaux, où le personnel et même une partie de la clientèle se sentaient connectés. Ces dix années ont été une décennie de « souvenirs heureux, de fête », des moments gravés dans la mémoire de tous ceux qui ont participé à cette aventure. La discothèque, sous sa direction, est devenue un lieu de rencontres authentiques et de partage intense.

L'impact de cette atmosphère chaleureuse s'est manifesté de manière très concrète, allant jusqu'à des événements de vie significatifs. Des liens se sont tissés, et plusieurs couples se sont formés au sein du personnel de l'établissement, témoignant de l'environnement propice aux rapprochements humains. Ces histoires personnelles ont même donné naissance à une nouvelle génération, comme en témoigne Sophie Nivault avec émotion : « On a eu deux bébés Surfeur, Karl et Raphaël. » Ces anecdotes illustrent la dimension profondément humaine de l'établissement, bien au-delà de sa fonction commerciale.

Face à l'annonce de la fermeture, Sophie Nivault a exprimé un sentiment mêlé d'urgence et de devoir : « On a dû prendre la décision rapidement, on va voir quand on commencera à démonter. » Cette déclaration reflète la rapidité avec laquelle les choses se sont déroulées suite à l'opportunité immobilière, et l'aspect concret et parfois douloureux de la cessation d'activité. Après la vente, Sophie Nivault disposait de deux mois pour déménager le mobilier, une tâche logistique et émotionnelle considérable qui clôturait définitivement ce chapitre important de sa vie professionnelle et personnelle. L'héritage de Sophie Nivault réside donc non seulement dans la longévité de sa gestion, mais aussi dans la création d'un lieu où la fête se mêlait à un profond sentiment d'appartenance et de communauté.

Le Bref Retour en Lumière : La Réouverture Post-Covid en Février 2022

Avant sa fermeture définitive, le complexe du Surfeur et du Garden Club avait connu une période de réouverture pleine d'espoir et de défis, marquant la tentative de renaître après les longues interruptions imposées par la pandémie de Covid-19. La boîte de nuit Le Surfeur, située à Pluneret, près d’Auray (Morbihan), a ainsi rouvert ses portes le mercredi 16 février 2022 après près de deux ans de fermeture, une période de silence forcée qui avait débuté en mars 2020. Ce fut un moment attendu avec une grande impatience, symbolisant le désir de retrouver une normalité après la crise sanitaire.

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Sophie Nivault, la gérante, témoignait alors de l'optimisme général : « Mais pour cette date, on voulait être là, fidèle au poste, assure Sophie Nivault, la gérante, avec un grand sourire. » Avant le Covid, Le Surfeur, un vaste établissement de 600 m², n'ouvrait qu’à partir du vendredi, soulignant l'engagement exceptionnel pour cette réouverture en milieu de semaine. Les raisons de cette longue fermeture n'étaient pas dues à un manque de clientèle, mais à la complexité des protocoles sanitaires : « C’était trop complexe à organiser. On n’a jamais reçu le matériel nécessaire pour les tests rapides à l’entrée en juillet 2021. » Cette absence de soutien logistique ou matériel avait retardé la reprise d'activité.

Sur le continent, Le Surfeur et Le Garden Club, juste à côté, spécifiquement conçu pour les plus de 30 ans et se transformant en thé dansant le dimanche après-midi, étaient donc restés fermés. La reprise des après-midi thé dansant avait été sondée auprès de la clientèle, mais « c’était encore un peu tôt », révélant une prudence compréhensible de la part du public plus âgé. Sophie Nivault avait initialement projeté une réouverture de tous ses établissements pour la fin de l'année précédente, mais les aléas de la politique sanitaire ont de nouveau frappé : « le gouvernement avait refermé les boîtes de nuit le 10 décembre 2021. »

La préparation à une reprise était donc faite dans l'incertitude : « On se préparait sans se préparer, car on voyait ce qu’il se passait dans les autres pays. Heureusement, on n’avait rien commandé pour le Nouvel an. » Cette anticipation prudente avait évité des pertes supplémentaires. Avec la réouverture de ce mercredi 16 février 2022, l'impression partagée était celle de « voir enfin le bout du tunnel. La fête va pouvoir continuer. » Retrouver le rythme d’avant ne lui faisait pas peur, preuve de la résilience et de l'énergie des équipes.

Les mesures de sécurité et sanitaires étaient au rendez-vous. La commission sécurité était passée, avec une inspection spécifiquement dédiée à cette réouverture. Le protocole sanitaire était clair et strict pour garantir la sécurité des fêtards : « Il faudra présenter un passe vaccinal avec une pièce d’identité et le masque n’est pas obligatoire, mais recommandé. » Pour la soirée d'ouverture, Sophie Nivault promettait des surprises pour s’amuser, sans rien dévoiler de plus, instaurant un esprit de "rentrée" festive.

Le Garden Club suivait de près cette dynamique de reprise progressive. Un peu plus tard, le 20 février, les après-midi dansant du Garden Club faisaient leur retour sur le grand parquet double de 160 m², toujours talqué avant la danse, un détail qui soulignait l'authenticité de l'expérience proposée. Finalement, le 26 février, la partie nocturne du Garden Club se rallumait aussi, complétant l'offre de divertissement. Une nouvelle formule était alors proposée, à partir de 21 h, avec des concerts en live, plutôt rock, pour une première partie de soirée dynamique. Puis, la soirée se poursuivait à partir de 1 h du matin en format discothèque, axée autour de la musique des années 1980, une période souvent appréciée pour sa capacité à fédérer toutes les générations, comme le décrivait Sophie Nivault. Des formations locales se produisaient, valorisant la scène artistique régionale. Le contact pour ces établissements à l'époque était : Le Surfeur et Le Garden Club, zone de Kerfontaine, Pluneret, tél. 06 10 73 28 22. Cette courte période de réouverture, pleine de promesses et d'adaptations, a malheureusement été suivie de la décision de fermeture définitive quelques mois plus tard.

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