Le Hot Brass, un nom qui résonne avec nostalgie dans le cœur de nombreux Aixois. De ses origines en tant que club de jazz novateur à sa transformation en discothèque branchée, puis à sa renaissance récente, cet établissement a marqué plusieurs générations. Cet article explore l'histoire riche et mouvementée du Hot Brass, son impact sur la scène musicale locale et son évolution au fil des décennies.
Des débuts jazzistiques prometteurs (1979-1991)
L'aventure du Hot Brass commence le 17 mai 1979, à Célony, sous l'impulsion de Jean-Paul Artero, un passionné de musique sans être musicien. Son objectif est clair : créer un lieu où les gens peuvent se détendre, écouter de la musique de qualité et découvrir de nouveaux talents. Le Hot Brass se distingue rapidement par son ambiance chaleureuse et sa programmation éclectique, allant du jazz Nouvelle-Orléans au swing, en passant par le be-bop et les musiques latines.
Dès ses débuts, le club rencontre un succès fulgurant, attirant un public varié et des artistes de renom. Jean-Paul Artero n'hésite pas à prendre des risques financiers pour faire venir des pointures internationales, comme les Poll Winners, un trio américain très en vogue à l'époque. C'est lors d'un bœuf improvisé après un concert que le Hot Brass révèle un jeune pianiste prodige de 16 ans : Michel Petrucciani. Malgré la destruction de trois cordes du piano, le talent du jeune homme éclate au grand jour, marquant le début d'une carrière exceptionnelle et d'une longue association avec le Hot Brass.
Pendant plus d'une décennie, le Hot Brass accueille les plus grands noms du jazz, tels que Ray Brown, Dizzie Gillespie, Clifford Jordan, Stan Getz, Roy Haynes, Ray Barretto, Chet Baker, Art Blakey and the Jazz Messengers, Dee Dee Bridgewater, Didier Lockwood et Michel Camilo. La scène du club sert également de tremplin pour de jeunes musiciens régionaux, qui deviendront par la suite des figures importantes du jazz français, comme les frères Le Van et Xavier Desandre.
Une transition vers la discothèque (1991-2021)
En juin 1991, Jean-Paul Artero cède le Hot Brass à Alain Garzino. Le club opère alors un virage stylistique, s'éloignant du jazz pour embrasser le funk, la musique latino et la variété internationale. Au début des années 2000, le Hot Brass devient une discothèque prisée, où l'entrée coûte 100 francs (70 francs pour les étudiants). D'autres artistes de renom, comme The Commitments, Cunnie Williams, Kenny Garrett, Bernard Lavilliers et Marc Cerrone, se produisent sur la scène du club.
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En 2015, Gilles De Luca reprend l'exploitation du Hot Brass. Il tente de s'adapter aux mutations du monde de la nuit en misant sur les soirées "Terrazza", où l'on peut boire un verre et grignoter au coucher du soleil, sur fond d'ambiance musicale. Cependant, la discothèque ne parvient pas à retrouver son lustre d'antan. Les contraintes liées à l'urbanisation croissante, aux normes sonores de plus en plus strictes et aux incertitudes engendrées par la pandémie de Covid-19 finissent par avoir raison du Hot Brass.
L'établissement ferme ses portes en septembre 2021, après quatre décennies passées sur le plateau de Célony. La nouvelle de la fermeture suscite une vague d'émotion et de nostalgie sur les réseaux sociaux, où de nombreux anciens habitués partagent leurs souvenirs et leurs regrets.
La renaissance du Hot Brass (2023)
Malgré la fermeture du Hot Brass à Célony, l'histoire ne s'arrête pas là. En mai 2023, Jean-Paul Artero, le fondateur du club, décide de faire revivre le Hot Brass sur le pôle d'activités d'Aix-en-Provence. Il ouvre un nouveau club, baptisé Hot Brass Club, avec l'ambition de renouer avec l'esprit des débuts : une scène de musique vivante, des artistes émergents, un public passionné et une ambiance conviviale.
Le Hot Brass Club propose une programmation variée, mettant à l'honneur le jazz sous toutes ses formes (Nouvelle-Orléans, swing, pop-jazz, jazz brésilien, latino, afro, be-bop), ainsi que des talents régionaux et internationaux. Jean-Paul Artero souhaite créer un lieu d'échange et de partage, où le public peut écouter, danser, boire et discuter avec les musiciens.
L'emplacement du Hot Brass Club, au cœur d'un pôle d'activités, est un choix stratégique. Jean-Paul Artero recherchait un local éloigné des zones résidentielles, afin d'éviter les nuisances sonores et les conflits de voisinage, et doté d'un parking.
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Le Hot Brass : bien plus qu'un simple club
Au-delà de son histoire et de son évolution, le Hot Brass représente un lieu de mémoire et de convivialité pour de nombreux Aixois. Il a été le théâtre de rencontres, de découvertes musicales, de moments de joie et de partage. Le Hot Brass a contribué à façonner l'identité culturelle de la ville et à faire rayonner la scène musicale locale.
La renaissance du Hot Brass Club témoigne de l'attachement des Aixois à ce lieu emblématique et de la volonté de Jean-Paul Artero de perpétuer son héritage. Reste à savoir si ce nouveau chapitre sera aussi riche et passionnant que les précédents.
L'empreinte du Hot Brass dans la mémoire aixoise
Le Hot Brass, au fil des décennies, a tissé des liens indélébiles avec la vie aixoise. Les témoignages recueillis après sa fermeture en 2021 révèlent une profonde nostalgie et une reconnaissance unanime pour le rôle qu'il a joué dans la vie de nombreux habitants.
"Ma première boîte de nuit", "Tellement de beaux souvenirs"… Ces quelques mots, parmi les centaines de condoléances exprimées sur les réseaux sociaux, illustrent l'importance du Hot Brass dans la mémoire collective. Pour beaucoup, il a été le lieu des premières expériences nocturnes, des premiers amours, des premières découvertes musicales.
Le Hot Brass a également été un lieu de rassemblement intergénérationnel, où se croisaient les jeunes et les moins jeunes, les amateurs de jazz et les passionnés de musique électronique. Il a contribué à créer un sentiment d'appartenance et de communauté, en offrant un espace de liberté et de convivialité.
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Les défis de la vie nocturne aixoise
L'histoire du Hot Brass est également révélatrice des défis auxquels sont confrontés les établissements de nuit à Aix-en-Provence. L'urbanisation croissante, les normes sonores de plus en plus strictes, la concurrence des soirées privées et des festivals, ainsi que les mutations des modes de consommation ont mis à rude épreuve le modèle économique des discothèques traditionnelles.
La fermeture du Hot Brass en 2021 a été perçue comme un symbole de la disparition progressive de la vie nocturne aixoise. Cependant, la renaissance du Hot Brass Club en 2023 témoigne d'une volonté de réinventer la nuit aixoise, en proposant une offre culturelle et festive de qualité, adaptée aux nouvelles attentes du public.
Le Hot Brass Club : un nouveau départ
Le Hot Brass Club incarne un nouveau départ pour le Hot Brass, mais aussi pour la vie nocturne aixoise. En renouant avec l'esprit des débuts, en misant sur la qualité de la programmation et en privilégiant l'échange et la convivialité, Jean-Paul Artero espère redonner ses lettres de noblesse à la scène musicale aixoise.
Le Hot Brass Club se veut un lieu ouvert à tous les publics, où les amateurs de jazz, les curieux et les passionnés de musique peuvent se retrouver pour partager des moments privilégiés. Il s'agit d'un espace de création, de découverte et de rencontre, où les artistes émergents et les talents confirmés peuvent s'exprimer et se faire connaître.
L'avenir du Hot Brass Club dépendra de sa capacité à s'adapter aux évolutions du monde de la nuit, à fidéliser son public et à créer une identité forte et originale. Mais une chose est sûre : le Hot Brass a marqué l'histoire de la vie nocturne aixoise et continue d'inspirer les générations futures.