Les interventions en milieu aquatique représentent une composante essentielle des missions des sapeurs-pompiers en France. Qu’il s’agisse de sauvetages en eaux intérieures, en mer ou lors d’inondations, ces opérations requièrent des compétences spécifiques et une formation rigoureuse. Devenir sapeur-pompier spécialisé en milieu aquatique en France demande un engagement sérieux et une formation rigoureuse. Les différentes spécialités offrent des opportunités variées, chacune nécessitant des compétences spécifiques.
Le cadre du sauvetage aquatique de surface
Le sauvetage aquatique est une spécialité d’apparition récente chez les sapeurs-pompiers, avec une existence d'environ une vingtaine d’années. Il consiste en le sauvetage, le secours et l’assistance à des victimes en détresse se situant à la surface de l’eau. Les sauveteurs aquatiques des Pompiers13, par exemple, se mobilisent pour secourir les personnes en détresse en surface sur le littoral comme sur les plans d'eau.
Le Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique (BNSSA)
Bien que non obligatoire, le Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique (BNSSA) est fortement recommandé. Il atteste des compétences en surveillance et en sauvetage aquatique. La formation comprend des modules de secourisme, de natation de sauvetage et de réglementation. Le BNSSA est un brevet indispensable pour surveiller les plans d'eau et les zones de baignade, constituant l'un des prérequis pour passer le SSA. En se formant au BNSSA, le candidat devient un sauveteur opérationnel capable d’intervenir en piscine. Cette formation de 80 heures se déroule généralement d’octobre à avril.
Le dispositif de formation SAV (Sauvetage Aquatique)
Les trois niveaux de SAV correspondent à des domaines de compétences bien définis :
- SAV1 (Nageur Sauveteur Aquatique) : Il s’agit de la formation nécessaire pour réaliser les sauvetages de surface en eaux intérieures (lac, rivières, étangs). Au programme : organisation des secours, théorie sur les risques dus à l’environnement aquatique, techniques de palmage, apnées et sauvetages de victimes. Le SAV1 ne permet d'intervenir que dans les eaux intérieures.
- SAV2 (Nageur Sauveteur Côtier) : Formation nécessaire pour les interventions en mer, le SAV2 permet de devenir équipier à bord d’un BLS (Bateau léger de sauvetage). Une partie théorique permet de connaître le cadre et les règles de sécurité de la spécialité. Une large partie pratique permet d’aborder différentes techniques de sauvetage en mer : sauvetage avec filin, abordage de roches, nage dans le ressac, interventions sur les engins nautiques, hélitreuillage.
- SAV3 (Chef de bord sauveteur côtier) : Le chef de bord conduit et coordonne les interventions de surface et pilote l’embarcation lors des opérations de sauvetage.
Pour les interventions USCOT (eau vive), le sauveteur devra avoir le SAV2 au minimum, voire le SAV3 pour le chef de bord. À l’issue d’une semaine de stage, une épreuve écrite et une évaluation continue permettent de juger de l’aptitude des candidats.
Lire aussi: Choisir son cursus de plongée dans ce guide
Les équivalences et la gestion administrative des compétences
La question des équivalences entre les diplômes est un point sensible qui varie parfois d'un Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) à l'autre. Chaque SDIS "fait sa sauce".
Le BNSSA donne l'équivalence SAV1, mais le SAV1 ne donne pas l'équivalence BNSSA. De plus, il existe une liste de diplômes donnant droit au SAV1 par équivalence directe, dont : le BNSSA, le Brevet d’Etat d’éducateur sportif du 1er degré activités de la natation, le diplôme de maître nageur sauveteur, l'attestation SAV 1 obtenue dans le cadre de l’expérimentation de la formation, le Scaphandrier autonome léger (Sécurité Civile), le chef d’unité SAL (Sécurité Civile), le conseiller technique SAL (Sécurité Civile) et autres diplômes de plongée de la Sécurité Civile.
Pour le SAV2, les équivalences directes concernent l'attestation SCO 1, la qualification ou diplôme de sauveteur côtier, et l'attestation SAV 2 obtenue dans le cadre de l’expérimentation de la formation. Pour le SAV3, elles incluent l'attestation SCO 2, la qualification ou diplôme de chef de bord côtier, et l'attestation SAV 3 obtenue dans le cadre de l’expérimentation de la formation.
Le secours en milieu subaquatique et inondations
Au-delà du sauvetage de surface, les sapeurs-pompiers interviennent dans des environnements plus complexes nécessitant des spécialisations lourdes.
La spécialité plongée (SAL)
Les plongeurs sont recrutés parmi l’effectif SAV, car ils doivent être dotés d’une vraie aisance aquatique. Une unité de trois sapeurs-pompiers assure les missions de secours subaquatique, sous la direction d'un chef d’unité. Les interventions des plongeurs peuvent aller au-delà des missions de prompt secours, incluant la recherche de personnes, le relevage de véhicules ou d’embarcations naufragées. Ils sont engagés à la demande du CTA-CODIS, mais peuvent aussi être réquisitionnés par le CROSS ou l’autorité judiciaire (gendarmes, maires, procureurs).
Lire aussi: Devenir Maître-Nageur Sauveteur
L'équipement individuel est composé d’un scaphandre autonome, de combinaison humide, de combinaison sèche, d’outils d’aide à la décompression et de matériel de sécurité. La formation est structurée par niveaux :
- SAL1 (équipier plongeur) : Formation zonale de 5 semaines.
- SAL2 (chef d’unité) : Formé au centre national de plongée à Marseille pendant un stage de deux modules de 15 jours.
- SAL3 (conseiller technique) : Formé en parallèle d’un stage SAL2 pendant deux modules de 15 jours.
Module Secours en Inondation et milieux extrêmes
Le Module Secours en Inondation est axé sur les techniques de sauvetage en eaux vives, l’utilisation d’embarcations spécifiques, la reconnaissance des zones inondées et la coordination avec d’autres services de secours. Les spécialistes de la plongée en surface non libre interviennent dans des conditions extrêmes, là où tout accès direct à l’air libre est impossible.
Les sauveteurs en eaux vives (SEV) mènent des missions de reconnaissance, de recherche et de sauvetage au cœur de forts courants, comme c'est le cas pour les spécialistes des Pompiers13. De plus, les sauveteurs héliportés (Savhéli) interviennent à bord des hélicoptères Dragon de la Sécurité civile pour porter secours aux victimes en détresse en pleine mer ou lors d’inondations.
Lire aussi: Les diplômes et brevets pour l'encadrement du kayak