Quand le vent se lève, il est crucial d'adapter la voilure pour maintenir le contrôle du bateau et assurer la sécurité de l'équipage. Réduire la surface de voile, ou "prendre un ris", est une compétence essentielle pour tout navigateur. Cet article explore les différentes techniques et considérations pour diminuer la surface de voile de manière efficace, en tenant compte des compromis nécessaires entre puissance et rendement.
L'importance de réduire la surface de voile
Lorsque le vent monte, le bateau devient plus difficile à contrôler. Pour naviguer en toute sécurité sans surmener le matériel, il est impératif d'agir. Comme le dit un vieil adage de la marine à voile : il faut adapter sa voile au temps et prendre un ris. Cette manœuvre permet de soulager le gréement et d'équilibrer le voilier, assurant ainsi une navigation plus confortable et sécurisée.
La décision de réduire la surface de voile doit être envisagée avant de partir en mer, permettant d’anticiper les manœuvres. Il est souvent plus simple de prendre un ris avant de partir que pendant la navigation.
Les limites de la réduction de voilure
Bien qu'il soit possible de faire varier la surface et la puissance de la voile, il est important de noter que l'efficacité et le rendement ne sont pas toujours conservés au-delà d'un certain point. Dès le deuxième ris, le point de tire de la voile d'avant remonte, altérant la forme optimale de la voile.
Les voiles d'avant alternatives
Pour les voiles d'avant, des alternatives comme la trinquette et le tourmentin peuvent être utilisées. La trinquette a une surface correspondant environ à la moitié de celle du génois ou du solent. Le tourmentin, quant à lui, se monte sur un étai volant ou avec un fourreau, sur celui du génois ou de la trinquette.
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La voile d'avant principale comporte souvent des repères indiquant une réduction de la longueur du guindant de -10%, -20% et -30%. Il est possible de réduire davantage, mais la voile se déforme de plus en plus et son point de tire monte.
Techniques pour réduire la surface du génois
Il existe plusieurs techniques pour réduire la surface du génois. Une méthode courante consiste à utiliser un enrouleur de génois. La grande majorité des voiliers, en particulier en croisière, sont équipés d’un enrouleur de génois. La manœuvre est généralement simple, mais il est crucial de réajuster les chariots d’avale-tout pour maintenir une forme de voile correcte.
Manœuvre face au vent ou au vent arrière
Il est courant de voir des équipages se placer face au vent pour réduire la voilure, avec un génois de grande taille qui bat violemment. Cette manœuvre peut être fatigante pour le matériel et nécessite deux équipiers solides. Une alternative plus douce consiste à abattre et se placer presque au vent arrière, où le génois est déventé et bat avec moins de force.
Fragilité de l'enrouleur
Lors de l'utilisation de la bosse d'enrouleur de voile d'avant, il est essentiel de tenir compte de la relative fragilité de l'ensemble bosse, tambour et tubes d'enrouleur.
Changer de voile d’avant
Changer de voile d’avant, en remplaçant un génois par un foc, ou un foc par un autre numéro, est une autre option. Certains diront que « ça, c’était avant… » Et pourtant, parlez en aux régatiers, ils vous diront tous que c’est la meilleure solution. Changer un génois pour un foc, un foc pour un autre numéro, voir, gréer un tourmentin, il n’y a rien de mieux. Changer de voile permet de conserver une voile qui pourra être bien réglée, qui conservera une forme adéquate. Des solutions existent pour optimiser cette manœuvre comme les étais double gorge. Les prises de ris sur des focs sont de plus en plus rares. Ce type de solution existait surtout sur les voiliers de voyage.
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La prise de ris dans la grand-voile
Contrairement au génois, la solution la plus répandue pour réduire la surface d’une grand-voile est la prise de ris. La manœuvre consiste à réduire la toile par le bas. Des œillets sont placés de l’avant à l’arrière de la grand voile, sur plusieurs niveaux. On appelle ces lignes d’œillets, les bandes de ris. Pour faciliter la manœuvre, il est possible d’installer un système de prise de ris automatique.
Préparation de la manœuvre
Avant de prendre le ris, il est impératif de préparer le gréement courant. Cela commence par étarquer la balancine. Ensuite, il faut passer la bosse de ris dans la grand voile, si ce n’est pas déjà fait avant de partir.
Étapes de la prise de ris
Tout est maintenant près pour prendre le ris. Vous allez maintenant pouvoir tirer sur le guindant. La voile, tenue par l’oeillet, vous allez pouvoir étarquer la drisse de grand voile, dans un premier temps, puis, ensuite, la bosse de ris.
Réglages après la prise de ris
La prise de ris étant effectuée, il ne vous reste plus qu’à bien régler la voile. Avant toute chose, si le temps vous le permet, rangez le surplus de toile, le long de la bôme, avec des garcettes. La voile réglée, vous pourrez choquer la balancine et reprendre votre navigation.
Les enrouleurs de grand voile
Les enrouleurs de grand voile sont de plus en plus présents sur les voiliers, surtout les plus grosses unités. Si ce système n’a pas convaincu tous les propriétaires de voiliers, il faut leur reconnaitre une certaine fiabilité.
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L’enrouleur classique
Avec un enrouleur classique, la grand voile est enroulée le long du mat, par le guindant. Le point d’écoute de circule, lui, sur un chariot, le long de la bôme. Si la manœuvre est facile, l’inconvénient de ce système est que la grand voile ne peut pas être lattée et que sa surface est réduite.
L’enrouleur de bôme
L’enrouleur de bôme est une alternative qui semblait intéressante. La grand voile est enroulée dans un enrouleur située dans la bôme, ou alors, c’est la bôme qui roule sur elle-même. L’avantage de ce système est la possibilité d’avoir une voile lattée et une surface plus importante. Ce système ne semble pas avoir trouvé son public. Pourtant Facnor proposait un enrouleur, situé dans la bôme, qui m’avait semblé efficace, il y a quelques années, pour l’avoir testé deux ans sur un bateau.
Quand faut-il réduire la voilure ?
Il est crucial d'anticiper l'augmentation du vent. Si le bateau est fortement incliné et que la mer commence à moutonner, il est probablement déjà trop tard. Avoir la "toile du temps" est une affaire d'anticipation. Les coureurs au large disent souvent : "Peu importe d'être le premier à réduire, il faut surtout être le premier à renvoyer de la toile". En croisière, il ne faut pas hésiter à réduire la voilure. Si l'on se trompe, on peut toujours revenir en arrière si le temps le permet.
En navigation, quand le vent commence à bien monter et que, malgré des voiles bien réglées, le bateau n’est plus équilibré, vient le moment de réduire la toile. Le but du jeu, en navigation, est de conserver un bateau équilibré, à la barre, et dont la gite n’est pas excessive. Ceci permet de conserver une bonne vitesse, un confort de navigation et de garantir la sécurité de l’équipage et du bateau.
Signes indiquant qu'il faut réduire la voilure
- Gîte excessive: Si le bateau penche trop sur le côté, c’est un signe clair que le voilier est surtoilé et qu’il faut réduire la voilure. La gîte empêche le bateau de naviguer correctement et peut faire perdre du contrôle au barreur.
- Difficulté à maintenir le cap: Si le voilier dévie constamment du cap prévu, c’est qu’il est difficile de le manœuvrer à cause d’une trop grande surface de voile exposée au vent.
- Voiles qui claquent: Quand les voiles battent fortement et que l’écoute claque, cela signifie que la tension sur les voiles est trop grande et qu’une prise de ris est nécessaire pour stabiliser la navigation.
Réglages pour optimiser la navigation au près par vent fort
Le près est, sans doute, l’allure la plus grisante sous voile. Que ce soit en régate ou en croisière, le près est une allure qui demande réglage et concentration. Mais quel plaisir de remonter au vent avec cette sensation de vitesse. Quel plaisir de couper les vagues.
Quand le vent monte et que le bateau commence à passer sur sa barre et part trop à la gite, la navigation devient vite désagréable, surtout en croisière. Le premier réflexe est de réduire la toile, de prendre un ris dans la grand voile ou de rouler la voile d’avant. Mais avant d’en arriver là, certains réglages vont permettre de conserver toute la toile en rendant la navigation plus facile et en conservant toutes les capacités du bateau. Nous resterons ici sur les bases du réglage en imaginant une mer peu formée. En effet, nous allons voir ci dessous, que le but est de réduire la puissance des voiles pour que le bateau garde un certain équilibre. Si la mer est formée, nous serons dans l’obligation de conserver de la puissance pour passer les vagues. On jouera donc avec le creux de la grand voile, entre autre. Les premiers réglages à effectuer vont consister à aplatir les voiles pour réduire la puissance de celles-ci. Pour cela, la manœuvre consiste à reprendre les tensions des drisses de grand voile et de génois ainsi que la tension de la bordure de grand voile. Pour réduire encore la puissance, il restera encore d’autres possibilités. Cela sera possible en choquant le chariot de grand voile, voir les écoutes, tout en reprenant du hale bas. Un autre réglage consiste à larguer le hale bas de bôme. Pour conclure, ceci est la base du réglage des voiles. Pour aller plus loin, rien de mieux que la pratique.
Allures de sauvegarde et gestion des conditions de gros temps
Il s'agit donc souvent de conditions de gros temps auxquelles un chef de bord et son équipage doivent répondre de la manière la plus appropriée possible. Quand le vent monte, il est nécessaire de réduire la voilure. Le terme « allures de sauvegarde » désigne différentes options possibles lorsque l'état du vent et de la mer ne permettent plus de diriger le bateau correctement. Dans ces situations de gros temps, l'objectif est de protéger le bateau et son équipage en attendant que les choses se calment. Dans des conditions dangereuses, chaque bateau réagit différemment. Les exemples ci-dessous ne constituent pas une liste exhaustive des possibilités de protection du bateau en cas de gros temps.Le chef de bord garde donc l'entière responsabilité de ses décisions en fonction des caractéristiques de son bateau, de l'état de son équipage, du vent et de la mer.
La mise à la cape
La mise à la cape consiste à « immobiliser » le bateau en navigation. -bloquer la barre en position de lof maximum (sous le vent dans le cas d'une barre franche, au vent dans le cas d'une barre à roue).L'effet de la barre et du génois s'opposent, la grand-voile est neutre. Il est possible de pratiquer la cape courante avec seulement une voile d'avant ou une grand-voile réduite. La cape sèche fonctionne sur le même principe que la cape courante, sauf que le bateau est à sec de toile, voiles affalées. La cape sèche est donc plus utilisée quand le vent est très fort. Certains navigateurs déconseillent cette man?uvre, d'autres comme Adlard Coles disent l'avoir souvent pratiquée dans le gros temps.
L'ancre flottante
L'ancre flottante est un dispositif de toile en forme de parachute (d'où son nom anglais « para-anchor ») qui permet de ralentir la dérive du bateau. La plupart des ancres flottantes disponibles sur le marché français sont destinées à une utilisation relativement légère (type pêche de loisir) et ne sont pas adaptées au très gros temps.
Prendre la fuite
Prendre la fuite consiste à naviguer au portant afin de préserver les efforts du bateau. Cette technique peut être intéressante lorsqu'on a de l'eau à courir sous le vent et que les vagues ne sont pas trop agressives pour le cockpit.
Gestion des pannes de moteur
Quel que soit le niveau de préparation d'un bateau, une panne de moteur peut toujours survenir, ne serait-ce qu'à cause d'un bout ou un filet de pêche engagé dans l'hélice. Si cette situation survient dans une baie ou un port où la man?uvre à la voile est restreinte, mieux vaut bien sûr mouiller l'ancre que d'aller à la côte.
L'empennelage
L'empennelage consiste à mouiller une ancre plus petite en avant de l'ancre principale, les deux étant reliées par quelques mètres de chaîne. Si ce dispositif peut améliorer la tenue d'un mouillage, il peut s'avérer délicat voire dangereux à remonter à bord si l'ensemble vient à déraper. Empenneler revient donc à faire un pari sur la bonne tenue du système, lequel était mieux adaptable aux anciennes ancres à jas. L'empennelage peut tout de même être intéressant pour sécuriser un mouillage de long terme…
Affourcher
Affourcher consiste à mouiller deux ancres à un certain angle l'une de l'autre pour limiter le rayon d'évitage (rotation autour d'une ancre). Pour ce faire on mouille une première ancre puis on mollit la chaîne afin d'aller mouiller une deuxième ancre.Nota bene L'une des deux chaînes doit toujours être plus molle que l'autre sous peine de déraper. Les deux ancres ne vont pas travailler en même temps. Ce dispositif ne va donc pas améliorer la tenue du mouillage en cas de vent fort mais peut aider à diminuer le rayon d'évitage si le vent tourne.
Equipements Individuels de Flottaison (EIF)
Les Equipements Individuels de Flottaison (ou EIF) désignent les aides à la flottabilité, les gilets de sauvetages et les brassières.Les gilets de sauvetage peuvent être gonflables ou à flottabilité permanente (type mousse).Les gilets de sauvetage gonflables, appelés plus communément « gilets automatiques » sont beaucoup plus ergonomiques et prisés des plaisanciers. Ces EIF se gonflent automatiquement en cas de chute dans l'eau grâce à une cartouche d'air comprimé. En cas de défaillance le gonflage peut être déclenché manuellement en tirant sur une languette généralement situé en bas à droite du gilet, ou à l'aide d'un tube de gonflage généralement placé en haut à gauche du gilet. Enfin ces gilets sont munis d'une poignée de halage destinée à faciliter la récupération de la personne tombée à l'eau.A la différence des gilets de sauvetage, les brassières ne disposent que de sangles de fixations horizontales. Les brassières en mousse sont stockées dans des coffres et peu agréables à porter.Barème officiel des normes de flottabilité obligatoire des Équipements individuels de flottabilité pour la sécurité des navires de plaisance (nouvelle Division 240, mise à jour 2017) Le niveau de performance est exprimé en newtons. ou norme équivalente.