Inauguré le 25 avril 1973 par le Premier ministre de l’époque, Pierre Messmer, le périphérique parisien a célébré son 50e anniversaire. Cette voie de circulation, la plus fréquentée d'Europe avec 1,3 million de véhicules par jour, est bien plus qu'une simple ceinture de bitume. Elle recèle une histoire riche et des passages insolites qui méritent d'être découverts.
Genèse et Évolution du Périphérique
L'idée d'un boulevard périphérique émerge dans les années 1930, avec pour objectif de désengorger les boulevards des Maréchaux qui encerclent la capitale. Le premier coup de pioche est donné en 1956 au sud de Paris, et le premier tronçon est inauguré en 1960, limité alors à 60 km/h. L'ouverture des autres tronçons s'échelonne jusqu'en 1973, date à laquelle la boucle est enfin bouclée.
Le périph' est construit en grande partie sur « l’enceinte de Thiers », une ligne de fortifications créée sous Louis-Philippe Ier. Cette enceinte, tombée à l'abandon, est détruite pendant l'entre-deux-guerres, laissant place à des espaces occupés par les populations les plus pauvres de la capitale.
Avant d'être cette immense voie pour les automobilistes, le périphérique a donc connu un passé peu glorieux. Des fortifications datant de 1850 délimitaient une zone militaire de 250 mètres de large sur près de 35 kilomètres. Dans le même temps, Paris se modernise grâce aux travaux d'Haussmann, augmentant les prix des logements et poussant les classes populaires à s'installer en banlieue. Cette "Zone", considérée comme insalubre et dangereuse, abritait des chiffonniers, des récupérateurs de déchets, des marchands ambulants, des criminels et des Apaches.
L'idée initiale de créer une zone de nature pour faire respirer Paris est abandonnée après la Seconde Guerre mondiale, au profit d'une autoroute urbaine destinée à fluidifier la circulation.
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Caractéristiques et Anecdotes
Le périphérique parisien, long de 35 kilomètres, compte 253 ponts, 32 tunnels et 35 000 sources d’éclairage. En 1993, la vitesse est abaissée de 90 km/h à 80 km/h, puis à 70 km/h en 2014. La vitesse médiane est de 50 km/h en journée, 30 à 45 km/h aux heures de pointe, et 60 km/h la nuit.
Le "périph" dispose de sa propre police, créée en 1975. Ville dans la ville, il a son lot de drames et d'événements insolites :
- En 2007, 25 tonnes de viande tombées d’un camion bloquent la circulation toute une journée.
- Des brebis paissent tranquillement sur les talus.
- En 2010, un cortège de mariage s’arrête sur l’artère et un participant se livre à quelques pas de danse avant d’être interpellé.
- En février 2012, une policière met au monde le bébé d’une passagère dans un véhicule en panne protégé par la police.
- La police se souvient d’un homme en fauteuil roulant faisant la manche sur une bretelle d’accès.
- En 2010, huit poneys affolés, échappés du centre équestre de la Cartoucherie, se retrouvent sur le périph.
- La même année, un couple bloque la voie lors du cortège de son mariage.
- En 2018, un Francilien fait le tour du périphérique à pied pour dénoncer la pollution.
- En 2012, une femme accouche d’une petite fille à hauteur de la Porte de Bagnolet.
Pollution et Projets Futurs
Conçu pour désengorger le centre-ville, le périphérique est rapidement stigmatisé pour la pollution et les nuisances sonores qu’il génère. La pollution est parfois six fois supérieure aux seuils recommandés par l'OMS.
Plusieurs projets visent à moderniser et améliorer le périphérique. Une consultation est lancée pour une voie dédiée au covoiturage et aux transports collectifs. La Ville de Paris souhaite conserver la route créée pour les Jeux olympiques de Paris 2024 en la réservant au covoiturage, aux transports en commun et aux taxis. Ce projet suscite l'opposition de la région Ile-de-France.
La vitesse maximale autorisée pourrait être abaissée de 70 à 50 km/h dès fin 2024, avec la mise en place de la voie dédiée.
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Architectures Insolites le Long du Périphérique
Le long du périphérique, des architectures insolites se distinguent dans le paysage :
- La tour Pleyel : Le plus haut gratte-ciel de Seine-Saint-Denis, autrefois surmonté d'un panneau publicitaire tournant.
- La tour qui domine la porte de la Villette : Un gratte-ciel au style années 70.
- Les Grands Moulins de Pantin : Un immense site aux allures de château fort.
- La Philharmonie de Paris : Un bâtiment design aux allures de colline métallique avec un motif d'oiseaux.
- Le Tribunal de Paris : Une tour en forme d'escalier géant.
- Les tours Duo : Deux tours inclinées et vertigineuses.
- La tour hertzienne près des Lilas : Une tour-antenne aux allures de soucoupe volante.
- Les Mercuriales : Deux grandes tours jumelles dominant la Porte de Bagnolet.
Au-Delà du Périphérique : Découvrir le Grand Paris Insolite
Le périphérique agit comme une limite dissuasive, au-delà de laquelle s’étendent des territoires méconnus. Un guide du Grand Paris insolite et secret permet de percevoir différemment ces territoires, en révélant une partie de leur richesse patrimoniale et artistique.
Voici quelques exemples de lieux insolites à découvrir dans le Grand Paris :
- Rue Réaumur (75002) : La rue fut le témoin du premier concours de façade de Paris à la fin du 19e siècle.
- Bibliothèque Polonaise de Paris (75004) : Spécialisée en art et archéologie, cette bibliothèque est l’un des plus beaux lieux de lecture de Paris !
- Tour Jean Sans Peur (75002) : Une tour médiévale, dernier vestige de l'hôtel des ducs de Bourgogne.
- Maison de Nicolas Flamel (75003) : La maison d'un alchimiste parisien de renom.
- Passage de l’Ancre (75003) : Un petit passage avec des boutiques colorées, dont une spécialisée dans la rénovation de parapluies.
- Le plus vieux graffiti de Paris (75004) : Situé Place des Vosges.
- Le cloître des Billettes (75004) : Le dernier cloître médiéval de Paris.
- Hôtel particulier (75004) : Un hôtel du 14e siècle avec un boulet de canon coincé dans le mur.
- Arènes de Lutèce (75005) : Des vestiges d'un amphithéâtre romain.
- Grande mosquée de Paris (75005) : Un lieu emblématique avec une architecture mauresque.
- Ring de la Lucha Libre (75005) : Le seul bar d’Europe à avoir un ring de catch.
- Institut d’art et d’archéologie (75006) : Un bâtiment en brique rouge abritant les facultés d’histoire de l’art.
- Buly 1803 (75006) : Une parfumerie parisienne historique.
- Immeuble Lavirotte (75007) : Un chef-d'œuvre de l'art nouveau.
- Deyrolle (75007) : Un cabinet de curiosités spécialisé dans la taxidermie.
- Maison alsacienne (75008) : Une façade alsacienne abritant un Mc Donald's.
- Maison Loo (75008) : Une pagode chinoise abritant un musée d'art asiatique.
- Salle de billard de l’Olympia (75009) : Un trésor secret rouvert au public.
- Lavomatic (75010) : Une laverie cachant un bar.
- Musée du fumeur (75011) : Un musée présentant des objets liés à la pratique du tabagisme.
- Cité du Figuier (75011) : Une impasse avec des façades colorées et des palmiers.
- Musée des arts forains (75012) : Un musée avec des manèges et objets forains.
- La boutique sans argent (75012) : Une boutique où l'on peut donner et récupérer des objets gratuitement.
- Pagode du bois de Vincennes (75012) : Un temple bouddhiste abritant le plus grand bouddha d’Europe.
- Rue Crémieux (75012) : Une rue avec des maisons colorées.
- Autel de culte de Bouddha (75013) : Un temple bouddhiste caché dans un parking.
- Piscine Joséphine Baker (75013) : Une piscine flottante sur la Seine.
- Théâtre de la Gaîté-Montparnasse (75014) : Le seul théâtre italien en France.
- Rue Campagne Première (75014) : Une rue emblématique du Paris des artistes.
- Zéro de Conduite (75015) : Un bar servant des cocktails dans des biberons.
- Église orthodoxe Saint-Séraphin-de-Sarov (75015) : Une église en bois construite grâce aux dons des émigrés russes.
- Jardin de l’hôtel Heidelbach (75116) : Un jardin japonais.
- Église Sainte-Odile (75017) : Une église avec une architecture inspirée de l'art byzantin.
- La Recyclerie (75018) : Un lieu sensibilisant à l’éco-responsabilité.
- Les Cognées (75018) : Un centre de lancer de haches.
- Le rocher de la rue Junot (75018) : Un rocher caché derrière un portail.
- Temple Ganesh (75018) : Le plus ancien temple hindou de Paris.
- Église orthodoxe Saint-Serge (75019) : Une église ressemblant à une isba russe.
- Église Saint-Jean-Bosco (75020) : Une église avec un style art-déco insolite.
Rues Anonymes de Paris
Parmi les 6 000 voies que compte Paris, certaines intriguent par leur nom étrange, d’autres font sourire. Certaines n'ont même pas de véritable nom. La Ville de Paris a développé un système pour identifier les voies non destinées à être habitées, comme les bretelles du périphérique, les tunnels ou les accès à des ateliers municipaux. Ces voies sont identifiées par un code : une ou deux lettres de l’alphabet précisent le rang de la rue parmi les voies non nommées, suivies d'une barre oblique et du numéro de l’arrondissement.
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