Comprendre le Dériveur et la Dynamique du Vent : De la Navigation à l’Ancrage

La navigation en dériveur repose sur une interaction complexe entre les lois de l’aérodynamique et de l’hydrodynamique. Pour maîtriser ce type d'embarcation, il est impératif de comprendre comment les forces s'équilibrent, tant en mouvement sur l'eau qu'au repos lors du mouillage.

Les Fondamentaux de la Propulsion et de la Dérive

La force motrice du dériveur est le vent qui crée une portance aérodynamique sur la voile. Cette portance résulte de l'écoulement de l'air sur la courbure de la voile, créant une différence de pression entre les deux faces de la voile. La portance est normale à la direction moyenne de la voile.

Cependant, cette force pousse également le bateau latéralement. Pour créer une force anti-dérive, on utilise une dérive. C'est une surface plane enfoncée dans l'eau et dans l'axe du bateau. Cette dérive induit également une portance normale à l'axe du bateau. La dérive introduit aussi une traînée. Pour avancer face au vent il faut accepter de marcher en crabe par rapport à la direction désirée, ce que l'on appelle le cap.

En mer, un voilier peut avancer grâce à la force du vent dans ses voiles. Mais peut-on vraiment dire qu’il avance « face au vent » ? Si le vent souffle face au bateau, celui-ci ne pourra pas avancer si l’écart entre l’axe dans lequel le vent souffle et la position du voilier par rapport à cet axe est de moins de 45°. Si un bateau possède des voiles mais pas de dérive, et que le vent est perpendiculaire à lui, alors l’embarcation ira du côté dans lequel le vent souffle. Heureusement, tous les bateaux sont dotés de dériveurs. La poussée latérale due au vent annule la force exercée par l’eau sous le bateau, sur les parties immergées.

L'Équilibre du Dériveur en Navigation

L’équilibre d’un dériveur est essentiel pour optimiser ses performances et garantir une navigation sécurisée. Un bon équilibre permet de mieux contrôler le bateau, d’améliorer sa vitesse et de limiter la fatigue du barreur.

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  1. Près du vent : Lorsque vous naviguez au près, penchez-vous légèrement vers l’arrière pour compenser la poussée du vent sur la voile. Cela s’appelle faire du rappel.
  2. Sous le vent : En cas de vent fort, utilisez le rappel pour maintenir le bateau à plat.
  3. Sur mer agitée : Adaptez constamment votre position pour réagir aux vagues.
  4. Réglage des voiles : Si le vent forcit, dégorgez la grand-voile en ouvrant légèrement l’écoute pour réduire la pression. Dans des vents modérés à forts, le foc peut équilibrer la poussée entre l’avant et l’arrière du bateau. Le hale-bas et le cunningham permettent d’ajuster la forme de la voile selon les conditions de vent.

La position de la dérive varie selon l’allure. Abaissez complètement la dérive lorsque vous naviguez au près pour améliorer la prise de cap. Le safran doit être bien enfoncé et solidement fixé.

Le Comportement au Mouillage : Le Défi de "l'Essuie-Glace"

Une question récurrente chez les plaisanciers, particulièrement sur les dériveurs intégraux (DI), est la gestion de la position de la dérive au mouillage par vent fort. Le phénomène dit de « l'essuie-glace » - où le bateau tire des bords au mouillage - est une source d'inconfort et de fatigue pour le matériel.

Pour Balthazar, l'expérience a montré que par alizé musclé (force 6), le bateau tirait des bords dérive presque basse (cale 3,60 m) et redevenait beaucoup plus calme avec la dérive remontée à fond (cale 1,20 m). Il est cependant logique de considérer que dérive relevée, le bateau n'a presque plus de point d'appui dans l'eau et peut se remettre plus facilement bout au vent lorsqu'une rafale l'a fait tourner. Habituellement, en mouillage moins protégé, je descends la dérive à fond pour amortir fortement le roulis.

D'autres marins nuancent cette vision. Un propriétaire de Trisbal 36 souligne que le bateau immobile n'est pas stable face au vent et part latéralement. L'effet de la dérive limite un peu l'amplitude du secteur balayé par le bateau, mais au prix d'un boucan infernal dans le puits de dérive. Dans ce cas, gréer un bout de voile (staysail ou tape-cul) en bout de bôme stabilise le bateau en l'orientant face au vent.

Analyse des Solutions pour la Stabilité au Mouillage

Le problème, commun au dériveur et au quillard, est de maintenir le bateau dans le lit du vent lorsqu'il est rappelé vers l'avant après avoir reculé sous l'effet d'une rafale. Les embardées proviennent du fait que lorsque le bateau est remonté au maximum vers le vent, la ligne de mouillage est très détendue. Dans son mouvement de retour, le bateau n'est plus bien retenu et a tendance à partir vers le travers du vent.

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Plusieurs pistes sont explorées :

  • Le tape-cul ou la staysail : Reculer le centre de voilure permet d'orienter le navire face au vent. C'est une solution très efficace pour limiter les embardées.
  • Le mouillage par l'arrière : Certains observent qu'un voilier mouillé par l'arrière est beaucoup plus stable dans le lit du vent. Cependant, cela nécessite une installation robuste et une protection efficace du cockpit contre les embruns.
  • Le lestage ou l'ancre flottante à l'avant : L'idée est d'avancer le centre de carène ou de créer une résistance à l'étrave pour empêcher le nez du bateau de déraper. Si l'efficacité du seau lesté est souvent jugée anecdotique, une petite ancre flottante peut théoriquement aider à stabiliser l'avant.
  • Le rôle du fardage : L'installation de portiques ou d'annexes peut modifier le comportement du bateau, mais les résultats varient énormément selon la conception de la coque.

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