Optimisation du Démâtage : Une Méthode Solitaire Révolutionnaire pour les Catamarans de Sport

Le monde de la plaisance, et plus particulièrement celui des bateaux transportables comme les EDEL, est constamment traversé par une préoccupation majeure : la question du mâtage et du démâtage. C’est une interrogation qui revient sans fin sur tous les forums dédiés à ces embarcations. Nombreux sont les propriétaires à se demander comment il est possible de mater et de démâter seul son bateau. La faisabilité même de cette opération en solitaire est souvent mise en doute, engendrant un certain stress et limitant parfois l'usage optimal de ces voiliers conçus pour être déplacés et remontés facilement. Les défis logistiques, le besoin de main-d'œuvre supplémentaire et les risques associés à ces manœuvres complexes poussent les passionnés à rechercher des solutions innovantes.

Le Défi du Mâtage et Démâtage en Solitaire

L'opération de démâter un voilier, en particulier un voilier transportable, est une manœuvre qui peut être fréquemment nécessaire. Si cette intervention sera plutôt rare sur un voilier de 10 mètres, par exemple un bateau de croisière passant l'hiver au ponton, certains équipages se trouveront confrontés à cette tâche bien plus souvent. Ce sera typiquement le cas des habitués des régates en monotype, où la préparation du bateau sur remorque est monnaie courante, ou tout simplement des adeptes du cabotage en petit voilier transportable, qui souhaitent explorer différentes zones de navigation en minimisant les contraintes. En toute logique, on peut estimer qu'un voilier peut, suivant les cas, être démâté au moins une fois par an, notamment pour l'hivernage ou le transport routier. Cette opération peut devenir plus fréquente si l'on souhaite profiter pleinement de toutes les opportunités qu'offre un voilier transportable, comme la navigation sur des plans d'eau intérieurs ou le déplacement entre des bases nautiques éloignées. Les contraintes d'un mat standard de grande longueur, souvent bien supérieure à la largeur du bateau, rendent son manipulation délicate et intrinsèquement risquée, surtout en l'absence d'un équipement de levage adapté ou d'une équipe nombreuse et coordonnée. Le poids considérable du mât et de son gréement exige une planification méticuleuse et des précautions de sécurité rigoureuses pour éviter tout accident.

Traditionnellement, le démâtage d'un voilier nécessite une logistique bien huilée et un minimum de trois personnes pour opérer en toute sécurité. Une personne restera en pied de mât pour maintenir le mât droit et le guider avec précision. Une deuxième personne sera positionnée à la réception de celui-ci lors de sa descente, prête à le stabiliser et à le sécuriser dès qu'il atteint la position horizontale. Enfin, une troisième personne s'occupera de choquer régulièrement la drisse prise sur l’étrave, régulant ainsi la vitesse de descente du mât et assurant une manœuvre fluide et contrôlée. Cette coordination est essentielle pour prévenir les mouvements imprévus et les chocs qui pourraient endommager le mât, le gréement ou même la structure du bateau. Ces exigences en personnel peuvent rendre la manœuvre difficile, voire impossible, pour un plaisancier solitaire ou un équipage réduit, d'où la recherche constante de méthodes simplifiées et plus autonomes.

Une Approche Innovante pour la Manœuvre en Solitaire

Face à ces préoccupations récurrentes, un procédé simple de mâtage et de démâtage en solitaire a été mis au point, testé en grandeur réelle et jugé efficace. Ce système est remarquable par sa polyvalence, étant adaptable à quasiment tout type de bateau et à n'importe quelle configuration de mât, y compris pour les mâts dépourvus de pivot arrière, grâce à l'ajout d'une pièce supplémentaire spécifique si nécessaire. L'innovation majeure de ce procédé réside dans le fait qu'il s'inspire de la solution très classique de la chèvre (un système de levage simple à base de perches et de palans), mais la réinvente de manière à ne nécessiter quasiment aucun accessoire qui ne se trouve déjà à bord du bateau. L'auteur de cette méthode l'a personnellement testée pour démâter son bateau cet automne, attestant ainsi de sa praticité et de sa fiabilité. La flexibilité de ce système permet d'effectuer la manœuvre sur l'eau, à l'abri des contraintes d'une cale de mise à l'eau ou d'une grue, ou à terre, offrant ainsi une liberté considérable aux plaisanciers. Cette approche novatrice transforme une opération traditionnellement complexe et collective en une tâche accessible à une seule personne, en toute sécurité.

Les avantages clés de cette méthode résident dans plusieurs aspects fonctionnels cruciaux. Premièrement, elle permet d'utiliser le support de mât arrière déjà réalisé sur de nombreux bateaux transportables, optimisant ainsi l'équipement existant. Deuxièmement, elle tire parti du pivot de l’axe arrière du pied de mât, un élément structural fondamental du gréement. Troisièmement, le tangon, une pièce d'équipement standard sur de nombreux voiliers, est habilement détourné de sa fonction première pour servir de chèvre, un pivot de levage indispensable. Quatrièmement, le palan de grand-voile (GV) ou, à défaut, un winch, est utilisé pour actionner le mouvement de levage ou de descente, offrant un contrôle précis et puissant. Une caractéristique de sécurité primordiale est de ne pas être obligé de soulever ou de maintenir le mât, ni même d'exercer une force constante durant la manœuvre, ce qui réduit considérablement la fatigue et les risques. Enfin, le système est conçu pour rester toujours en équilibre, assurant une sécurité maximale à chaque étape de l'opération. La possibilité de pouvoir effectuer seul la manœuvre, que ce soit sur l’eau ou à terre, est une avancée significative pour l'autonomie du plaisancier.

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Les Principes Fondamentaux de la Sécurité et de la Stabilité

Le démâtage et le mâtage sont des opérations qui exigent une compréhension approfondie des forces en jeu et une attention scrupuleuse aux principes de stabilité. Les méthodes conventionnelles présentent souvent des défis inhérents qui peuvent compromettre la sécurité. Un problème fréquent réside dans la conception de certains gréements où les cadènes des haubans (les points d'ancrage des câbles latéraux qui stabilisent le mât), en particulier ceux des barres de flèche poussantes, sont implantées plus bas et en arrière de l’axe de rotation du mât. Cette configuration a pour conséquence que les haubans se retrouvent détendus au début de la manœuvre de mâtage ou de démâtage, laissant le mât libre de basculer dangereusement d’un côté ou de l’autre, créant une situation instable et très risquée. Cette instabilité latérale, même minime, peut entraîner une chute incontrôlée du mât, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour l'équipage et le bateau.

De même, l’utilisation du tangon (ou d'une simple latte de bois) comme chèvre, sans un haubanage adéquat pour le stabiliser latéralement, est intrinsèquement périlleuse pour les mêmes raisons. Le tangon, lorsqu'il est utilisé comme levier, doit lui-même être solidement maintenu pour ne pas dévier de son axe de travail, sous peine de rendre l'ensemble du système instable. Sans un contreventement efficace, le tangon pourrait fléchir, glisser ou même céder, entraînant la perte de contrôle du mât et un risque d'accident. C'est pourquoi, pour travailler en toute sécurité et garantir la réussite de l'opération, un axiome de départ s'impose comme une règle d'or : il est indispensable de haubaner le mât et le tangon sur un point fixe dans l’axe de rotation du mât. Ce point d'arrimage central est la clé pour assurer une stabilité latérale constante tout au long de la manœuvre, permettant ainsi au mât de pivoter uniquement dans le plan vertical, sans risque de déversement.

Le problème survient lorsque, comme c'est souvent le cas sur de nombreux voiliers, ce point d’arrimage idéal, parfaitement situé dans l'axe de rotation et offrant une fixation solide pour le haubanage, n'existe tout simplement pas ou n'est pas facilement accessible. C'est précisément pour rendre stable ce système, en l'absence de ce point d'ancrage parfait, que l'auteur de cette méthode a ingénieusement appliqué une des propriétés fondamentales des triangles : ils sont indéformables, à condition bien sûr qu'ils restent rigides. L'innovation réside dans l'utilisation exclusive de bouts (cordages) pour la confection de la structure de soutien, ce qui exigeait une condition impérative : que tous ces bouts soient toujours tendus. Cette tension constante est essentielle pour maintenir la rigidité et l'indéformabilité des triangles formés par les cordages.

Pour concrétiser cette idée, une configuration spatiale précise est mise en place. Imaginons un point A positionné sur le pont, côté tribord, à l’aplomb du point O, et un point A’ symétriquement situé côté bâbord. Le point O représente l'axe de rotation du mât. Par la rotation du mât sur son pivot, des points spécifiques tels que C et D, situés sur le mât, se déplacent sur des cercles de rayon OC et OD respectivement. En associant ces points avec des points fixes (X et X’) et des cordages, les deux triangles XCD et X’CD sont formés et constituent un dièdre dans l’espace. Ce dièdre, maintenu par la tension constante des bouts, confère à l'ensemble mât - tangon une stabilité remarquable. Ainsi, le mât peut pivoter librement autour du point O tout en étant constamment maintenu latéralement, éliminant tout risque de basculement inopiné. Ce système ingénieux permet de contourner l'absence d'un point d'arrimage unique et fixe en créant une structure auto-stable qui garantit la sécurité de la manœuvre.

Les Composants Clés du Système Solitaire

La réussite de cette méthode de démâtage et de mâtage en solitaire repose sur l'utilisation astucieuse de composants existants du bateau, combinée à quelques préparations minimales. L'un des éléments fondamentaux est l'utilisation du support de mât arrière déjà réalisé sur le bateau. Ce support, idéalement conçu pour le transport routier ou le repos, est ici mis à profit pour une fonction active dans le processus de manœuvre. Il offre une base stable pour le mât lorsqu'il est en position horizontale ou semi-horizontale, facilitant son glissement et son positionnement.

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Un autre élément crucial est le pivot de l’axe arrière du pied de mât. Ce pivot est le point central autour duquel le mât va basculer. Son bon état et sa capacité à supporter le poids du mât en rotation sont essentiels. C'est autour de ce pivot que toute la dynamique de la manœuvre va s'articuler, permettant au mât de passer de la position verticale à l'horizontale et vice versa de manière contrôlée.

L'innovation majeure réside dans l'utilisation du tangon, une pièce d'équipement standard sur de nombreux voiliers, détournée de sa fonction habituelle pour servir de chèvre. La chèvre est un levier qui permet de créer un point de traction suffisamment haut et éloigné pour générer l'effet de levier nécessaire au basculement du mât. Le tangon, par sa rigidité et sa longueur, est parfaitement adapté à ce rôle. Une barre de bois ou même une latte robuste pourrait également remplir cette fonction si un tangon n'est pas disponible ou adapté.

Pour actionner le mouvement de levage ou de descente, le système utilise intelligemment le palan de grand-voile (GV) ou, à défaut, un winch du bateau. Le palan de GV offre un avantage mécanique significatif, permettant à une seule personne de manœuvrer des charges importantes avec un effort réduit. Sa présence sur presque tous les voiliers en fait un outil idéal pour cette application. Si le palan de GV s'avère insuffisant pour les mâts plus lourds ou si une plus grande démultiplication est souhaitée, un winch peut être utilisé, offrant une puissance de traction supérieure et un contrôle encore plus fin.

Le mécanisme de traction est complété par un bout (cordage) qui part de l’extrémité du tangon servant de chèvre, passe sous une poulie solidement frappée à l’étrave du bateau, et est ensuite repris soit avec le palan de la GV, soit avec un winch. Ce cheminement du cordage est essentiel : la poulie à l'étrave dévie la direction de la force de traction, la transformant en une force verticale efficace au niveau de l'extrémité du tangon. Cette configuration permet d'initier la manœuvre de levage ou de démâtage avec une grande précision et un contrôle total de la vitesse. L'équilibre constant du système, grâce à la conception triangulaire expliquée précédemment, garantit que le mât reste stable latéralement à tout moment, éliminant les mouvements imprévus et les risques de chute. Cette combinaison de composants, en grande partie déjà présents à bord, optimise les ressources et simplifie l'ensemble de l'opération, la rendant réalisable en toute autonomie.

La Procédure Détaillée de Démâtage (et Mâtage)

La mise en œuvre de cette méthode demande une préparation minutieuse et le respect d'une séquence d'étapes précises, garantissant ainsi sécurité et efficacité. Il est indispensable d’utiliser un support arrière robuste et bien conçu. Dans le cas spécifique de l'auteur, un support de mât arrière télescopique à deux positions a été réalisé : une position basse, idéale pour la route ou le repos du mât, et une position haute, spécifiquement conçue pour les opérations de mâtage et de démâtage. Ce support était monté sur les fémelots de safran, offrant une fixation solide et stable. L'existence d'un tel support est cruciale pour la phase initiale et finale de la manœuvre, assurant que le mât est correctement soutenu et guidé.

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La première étape physique consiste à préparer le mât lui-même. Le mât, qui est tenu avec l’enrouleur de génois (ou un autre système permettant de le manipuler sans qu'il ne bascule), est soulevé avec précaution et posé sur le rouleau du support arrière. Cette action demande une certaine dextérité pour positionner le mât correctement sans forcer. Une fois sur le rouleau, le mât est progressivement poussé vers l’arrière, en le faisant rouler sur le support spécialement adapté. Cette glissade contrôlée permet de l'amener jusqu'à ce qu'il soit positionné sur son axe de pivot, le point O, au pied de mât. À ce stade, la configuration est en équilibre, signalant que le mât est correctement installé et prêt pour le basculement.

Par la suite, les haubans de mâtage doivent être mis en place. Ces haubans spécifiques sont dédiés à la stabilisation latérale du mât durant l'opération de basculement. L’enrouleur est ensuite fixé au bout du tangon, préalablement préparé pour servir de chèvre. Le bout de levage, celui qui sera repris par le palan de GV ou le winch, est passé dans une poulie préparée à l’étrave du bateau, garantissant le bon alignement des forces. Les ridoirs des haubans principaux sont déjà en place sur leurs cadènes, mais à ce moment précis, tout est encore mou, c'est-à-dire sans tension.

Le tangon est ensuite mis en place sur la base du mât, et les haubans de mâtage sont tendus. Il est essentiel que ces haubans de mâtage soient correctement et fermement mis en tension, car ils constituent la structure triangulaire indéformable qui assure la stabilité latérale du mât et du tangon. C'est seulement après cette étape cruciale que la manœuvre de levage (ou de démâtage) peut réellement commencer. À ce stade, les haubans et bas-haubans permanents du gréement sont délibérément laissés mous, car leur tension n'est pas nécessaire et pourrait même entraver le mouvement du mât lors de son basculement.

Le levage du mât commence, et l'expérience montre qu'au début de l'opération, la résistance est la plus importante ; c'est le moment où l'effort est le plus dur. Sur les illustrations (ou dans l'esprit de l'utilisateur), la traction au winch est figurée comme étant la méthode utilisée pour démâter et freiner la descente. Cependant, pour le mâtage, c'est-à-dire pour lever le mât de la position horizontale à la verticale, l'utilisation du palan de GV, avec son avantage mécanique, est généralement préférée et jugée nécessaire pour un effort raisonnable. Le levage se poursuit ensuite, et l'effort diminue progressivement, devenant de plus en plus facile à mesure que le mât se redresse et que son centre de gravité se rapproche de l'axe de rotation vertical. Une fois le mât vertical, les haubans et bas-haubans permanents peuvent être remis en tension pour sécuriser définitivement le gréement.

Préparations Indispensables et Matériel Spécifique

Pour aborder le mâtage et le démâtage avec sérénité et sans stress, la préparation est la clé. La première recommandation est de se fabriquer ou d'acquérir un support arrière digne de ce nom. Ce support n'est pas un simple accessoire ; il est un élément structurel fondamental de la méthode. Il doit être robuste, stable et adapté à la taille et au poids de votre mât, capable de supporter les contraintes dynamiques de la manœuvre. Un support télescopique ou ajustable offre une flexibilité appréciable pour différentes configurations.

Ensuite, il est essentiel de mettre en place deux points d’accroche solides et bien dimensionnés pour les haubans de mâtage. Ces points doivent être situés de manière à optimiser la formation des triangles de stabilité latérale et à assurer une répartition équilibrée des forces. Ils peuvent être intégrés au support arrière ou situés sur le pont, à condition qu'ils offrent une résistance suffisante.

La préparation de haubans dédiés pour le mâtage, équipés de mousquetons, simplifie grandement l'installation et la dépose. Ces haubans ne sont utilisés que pendant la manœuvre, permettant une mise en tension et un réglage rapides. Les mousquetons facilitent l'attache et le détachement, rendant l'opération plus fluide et moins laborieuse.

L'utilisation d'une barre de bois ou du tangon du bateau pour faire chèvre est une solution ingénieuse. Pour garantir une connexion sûre et efficace entre cette chèvre et le mât, une astuce pratique a été développée. L'auteur avait un trou de 12 mm sur la face avant du mât, un ancien passage pour le câble d'éclairage. Il a percé le bout de sa barre de bois de manière à pouvoir y enfoncer une petite barre d'aluminium de 10 mm. Cette barre d'aluminium s'engage simplement et fermement dans le trou du mât, créant une liaison rigide et fiable entre le tangon/barre de bois et le mât. Cette connexion assure que l'effort de levage est transmis directement et sans jeu, augmentant la sécurité et l'efficacité de la manœuvre. Avec toutes ces précautions prises et ce matériel préparé, vous pourrez mater et démâter votre bateau sans crainte ni stress, transformant une tâche potentiellement ardue en une routine maîtrisée.

Fréquence et Contextes du Démâtage

Le démâtage d'un voilier est une opération qui, pour de nombreux propriétaires, peut revenir très souvent, en particulier sur un voilier transportable. La nature même de ces bateaux, conçus pour être mis à l'eau et sortis de l'eau avec une relative facilité, implique que le mâtage et le démâtage fassent partie intégrante de leur cycle de vie. Si l’opération sera plutôt rare sur un voilier de 10 mètres, par exemple un bateau de croisière qui passera la majeure partie de l'année au ponton et l'hiver en cale sèche avec son mât, la réalité est différente pour d'autres catégories de marins.

Certains équipages, en effet, démâteront leur voilier plus souvent que la moyenne. Ce sera le cas des habitués des régates en monotype, où les bateaux sont fréquemment transportés sur remorque entre les différents sites de compétition. Pour ces voiliers de course, la légèreté et la rapidité des manœuvres sont essentielles, et un système de démâtage efficace est un atout majeur. De même, les adeptes du cabotage en petit voilier transportable sont régulièrement amenés à démâter leur bateau. Qu'il s'agisse de passer sous des ponts bas, de naviguer sur des réseaux de canaux intérieurs, ou simplement de faciliter le transport routier pour explorer de nouvelles zones de navigation, la capacité à démâter rapidement et en toute autonomie est un avantage considérable.

En toute logique, on peut estimer qu’un voilier, suivant les cas d'utilisation, peut être démâté au moins une fois par an, ne serait-ce que pour l’hivernage et le transport vers un lieu de stockage terrestre. Cependant, cette opération peut être bien plus fréquente si l'on utilise toutes les opportunités qu’offre un voilier transportable. Par exemple, la possibilité de naviguer sur des lacs interconnectés par des canaux navigables implique des démâtages répétés pour franchir les obstacles structurels. Chaque démâtage offre également une excellente occasion de procéder à une vérification approfondie du gréement dormant et courant. C'est le moment idéal pour inspecter l'état des câbles, des manilles, des poulies et des ridoirs. Si nécessaire, c'est l'opportunité de changer des câbles usés, de remplacer des drisses fatiguées ou de graisser les éléments mobiles. Cette maintenance préventive contribue grandement à la sécurité en mer et prolonge la durée de vie du matériel.

Les Systèmes d'Aide au Démâtage : Perspectives Générales

L'importance de la manœuvre de démâtage pour certains types de voiliers a conduit au développement de systèmes d'aide spécifiques. Cette opération a été simplifiée, notamment grâce à l'émergence de systèmes d’aide au démâtage, dont les "systèmes polonais" sont un exemple notoire. En effet, en Pologne, la navigation est majoritairement fluviale et lacustre. Les voiliers y naviguent surtout sur des lacs, et ces derniers sont souvent reliés les uns aux autres par des canaux, qui peuvent être jalonnés de ponts ou d'écluses nécessitant un abaissement du mât. Descendre et remonter le mât est donc une tâche très fréquente, voire quotidienne, pour les navigateurs de ces régions.

Cette spécificité géographique a engendré une ingénierie dédiée, axée sur la simplicité, la rapidité et la sécurité des opérations de mâtage/démâtage. Les systèmes polonais sont souvent caractérisés par leur conception robuste et fonctionnelle, permettant une mise en œuvre efficace avec un minimum d'effort. Cependant, il est important de noter que ces systèmes sont surtout présents sur des voiliers de moins de 8 mètres de longueur. Leur conception est optimisée pour des mâts de taille modeste, où le poids et les contraintes sont gérables par des mécanismes relativement simples. Ils n’existent généralement pas sur les bateaux français de série, dont la philosophie de conception est souvent axée sur des usages maritimes côtiers ou hauturiers, où le démâtage n'est pas une opération courante.

Par ailleurs, ces systèmes polonais, du fait de leur spécificité et de leur intégration étroite au design des bateaux pour lesquels ils ont été conçus, sont difficilement adaptables aux voiliers de série qui n'ont pas été prévus pour ce type de manœuvre fréquente. La modification d'un gréement existant pour y intégrer un système de démâtage rapide peut s'avérer complexe, coûteuse et parfois compromettre la structure d'origine du bateau. Sur un voilier de moins de 8 mètres, le mât peut, en général, pivoter sur son pied grâce à un système appelé « jumelles ». Les jumelles sont des ferrures articulées au pied du mât, permettant un basculement aisé du mât sur l'axe longitudinal du bateau, facilitant ainsi la manœuvre avec un effort réduit et une meilleure maîtrise. Ce système est une solution élégante et compacte pour les petits voiliers, mais il atteint ses limites avec l'augmentation de la taille et du poids du mât.

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