Dans Insubmersible, les réalisateurs Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin reviennent sur l’extraordinaire histoire de l’athlète américaine Diana Nyad. À l’âge de 64 ans, elle a traversé à la nage les 165 kilomètres séparant Cuba de la Floride. Qui se cache derrière cet exploit hors-norme ? Réponse dans ce récit palpitant à découvrir sur la plateforme Netflix, ce vendredi 3 novembre. Son patronyme, Nyad (prononcez « naillade »), lui va à ravir. Comme son homonyme, les naïades, ces divinités grecques des rivières et des sources, l’eau est son terrain de jeu. Et pour cause, puisque le 2 septembre 2013, la nageuse américaine Diana Nyad parvenait à relier Cuba à la Floride en 52 heures, 54 minutes et 18 secondes… à 64 ans ! À l’occasion du 10e anniversaire de ce record hors du commun, le duo de réalisateurs Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin lui consacrent leur premier biopic, Insubmersible, disponible sur Netflix à partir du 3 novembre.
La natation en eau libre a toujours représenté l'une des disciplines les plus exigeantes du sport mondial. Contrairement aux bassins olympiques où les conditions sont rigoureusement contrôlées, l'océan présente un environnement en perpétuelle mutation. Les courants changeants, les fluctuations de température, le sel corrosif et la faune marine imposent des contraintes physiques et psychologiques hors normes. Dans ce contexte, la liaison reliant Cuba à Key West, en Floride, s'apparente à l'Everest de la natation marathon. Ce bras de mer de près de 170 kilomètres, balayé par les courants violents du Gulf Stream, a longtemps été considéré comme infranchissable sans protection spécifique. Pourtant, à force de volonté et d'entraînement, une athlète d'exception a prouvé que les limites de l'âge pouvaient être repoussées bien au-delà des dogmes de la médecine sportive conventionnelle.
Des bassins de Manhattan aux rivages de La Havane : la genèse d'une obsession politique et sportive
La relation entre Diana Nyad et la nage d'ultra-distance remonte aux années 1970, une époque où elle s'est imposée comme l'une des figures majeures de la discipline. Après avoir bouclé 45 kilomètres autour de Manhattan, en 1975, l’Américaine n’en est pas à son coup d’essai, mais il lui a fallu plus de cinquante ans pour réaliser son rêve d’enfant. Ce rêve consistait à conquérir le détroit de Floride, une étendue d'eau hautement stratégique et dangereuse. Sa première tentative entre les États-Unis et l’île cubaine remonte à 1978, quand elle avait 28 ans. À cette époque, elle s'était déjà frottée à des distances extrêmes. Son dernier record en pleine mer remonte à 1979, lorsqu'elle avait nagé 165 km entre Bimini (Bahamas) et Key West (Floride).
Considérée à une époque comme la meilleure nageuse du monde sur longue distance, l'Américaine visait, outre un exploit, un symbole politique en cherchant à montrer que, malgré les antagonismes entre les Etats-Unis et Cuba, "les deux pays sont finalement proches". La symbolique de ce tracé ne pouvait échapper aux observateurs de l'époque. La guerre froide, l'embargo économique imposé à Cuba par les États-Unis et les décennies de tensions diplomatiques avaient transformé ce bras de mer en une frontière idéologique presque infranchissable. Pour la nageuse, jeter un pont humain et sportif entre ces deux nations constituait une déclaration de paix.
Samedi dernier, a La Havane, capitale de Cuba, Diana prépare ses petites affaires. Ce qui pèse le plus lourd : l'immense défi qu'elle s'est lancée. Histoire de prouver qu'elle est capable de le faire. Histoire de montrer que Cuba et les Etats-Unis sont très proches, en dépit d'un différend historique qui dure depuis 50 ans. Elle a taillé la route à la nage pendant 170 km. Elle a déjà échoue à 4 reprises. La première fois elle avait 22 ans.
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Pour comprendre l'ampleur du défi, il faut également se pencher sur les tentatives précédentes de ses pairs. L'Australienne Susan Maroney était jusqu'ici la seule personne à avoir réussi la traversée du détroit de Floride, en 1997, alors qu'elle avait 22 ans. Elle avait réussi cet performance abritée par une cage anti-requins, contrairement à l'Américaine, qui n'était équipée que d'une combinaison contre les piqûres de méduses pendant la nuit. En 1997, une Australienne a réussi, protégée par une cage pour échapper aux requins. Les conditions de réussite de Maroney mettaient en lumière l'immense danger représenté par la faune locale. Nager sans cette cage, c'était s'exposer directement aux prédateurs marins les plus redoutables de la région, notamment les requins-bouledogues et les requins-tigres. Diana a juste enfilé une combinaison la nuit pour se protéger des méduses. Hier, la foule medusee a vu arriver cette nageuse. Un fan parmi d'autres, louait son incroyable ténacité, c'est Barack Obama.
Trente ans de persévérance : la chronologie des cinq tentatives et l'affrontement avec l'océan
La nageuse de longue distance Diana Nyad a tenté à Microsoft cinq reprises de parcourir à la nage les 177 kilomètres qui séparent Cuba de la Floride. Il y a dix ans, elle est devenue la première personne à relier ces deux points sans cage de protection. Ce chemin vers le succès ne s'est pas fait en un jour, mais s'est étalé sur plus de trois décennies d'obstination, de doutes et de retours à l'entraînement.
Diana Nyad, photographiée ici à l'âge de soixante-et-un ans, s'entraîne à nager de Key West, en Floride, à Cuba. C'était l'une des cinq fois, en trente ans, que la nageuse de longue distance s'efforçait de parcourir ces 177 kilomètres. Elle y est parvenue en 2013, à l'âge de 64 ans, battant le record de la traversée à la nage entre Cuba et la Floride. À soixante-quatre ans, Diana Nyad a triomphé. Pendant trois décennies, la nageuse de longue distance a tenté à Microsoft cinq reprises de parcourir à la nage les 177 kilomètres qui séparent Cuba de la Floride. Cette traversée record qui aura dix ans cet automne a incité National Geographic à se pencher sur ce dont peut être capable le corps d’une personne d’un certain âge.
Diana Nyad, 60 ans, décide de réaliser le rêve de sa vie : traverser à la nage les 177 km qui séparent Cuba de la Floride, sans assistance. Après une longue pause dans sa carrière sportive au cours de laquelle elle a travaillé comme journaliste et commentatrice, l'appel de l'océan s'est à nouveau fait entendre. Les tentatives se sont succédé avec leur lot de souffrances physiques et d'obstacles naturels insurmontables. Une douleur à l’épaule, de l’asthme et la houle océanique la forcent à couper court à sa traversée en août 2011, puis en 2012. Un an plus tard, l’ultime tentative est la bonne avec une météo bien plus clémente que les précédentes.
Lors de sa tentative d'août 2011, les détails logistiques et la couverture médiatique montraient déjà la complexité de l'entreprise. Diana Nyad, une Américaine de 61 ans, s'est mise à l'eau dimanche à la tombée du jour pour tenter de traverser à la nage les 166 km séparant Cuba de Key West, en Floride, en espérant établir un nouveau record du monde. Partie dimanche à la tombée du jour de la Marina Hemingway, dans la banlieue ouest de La Havane, Diana Nyad espère rejoindre les Etats-Unis au bout d'une soixantaine d'heures.
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Les heures passées dans l'eau ont mis à l'épreuve sa résistance immédiate. A 08h30 lundi matin (12h30 GMT), la chaîne de télévision CNN indiquait que la nageuse se trouvait à 21 km du littoral cubain, toujours dans la première phase d'une éreintante traversée. Le reportage de CNN réalisé en direct d'un des bateaux l'accompagnant la montrait en train de nager dans des eaux calmes, tout près d'un kayak spécialement équipé pour projeter un champ magnétique afin d'éloigner les requins. L'Américaine avait déjà tenté la traversée en 1978 avant d'échouer devant la force du vent et des vagues. Ce parcours avait été réalisé avec succès en mai 1997 par l'Australienne Susan Maroney. La différence est ici que Diana Nyad fait la traversée sans cage contre les requins, alors que le détroit de Floride en est infesté. Elle s'arrêtera toutes les heures pour boire et manger, mais les règles établies pour ce record du monde l'empêchent de toucher les bateaux qui l'escortent. Diana Nyad veut ainsi aider les gens de son âge ou même plus âgés à comprendre qu'ils peuvent réaliser encore beaucoup de choses.
Pourtant, cette tentative de 2011 ainsi que celle de 2012 allaient se solder par des échecs cuisants. Elle avait abandonné en août 2012 son quatrième essai, après plus de deux jours en mer à lutter contre les méduses et les forts courants. Les attaques répétées de cuboméduses, dont le venin hautement toxique provoque une douleur intolérable et peut paralyser les fonctions respiratoires, ont été le facteur décisif de ses abandons successifs. C’est seulement en adaptant sa protection, notamment grâce à un masque en silicone conçu sur mesure et une combinaison intégrale couvrant la totalité de sa peau pour les heures nocturnes, qu'elle a pu neutraliser cette menace invisible.
Avant de se jeter à l'eau samedi matin, Diana Nyad avait prévenu que ce serait sa dernière tentative. Elle avait déjà essayé quatre fois d'effectuer cette traversée qu'elle qualifiait de "rêve de sa vie". La persévérance a fini par payer. Une Américaine de 64 ans, Diana Nyad, a réussi la traversée à la nage entre Cuba et la Floride, en près de 53h. Elle a effectue son exploit sans protection contre les requins. C'était sa 5e tentative.
Diana Nyad, nageuse de longue distance originaire de Los Angeles, a atteint Key West le 2 septembre 2013, près de 53 heures après avoir quitté Cuba, devenant ainsi la première personne à nager entre ces deux endroits sans cage de protection. Il ne s’agissait pas d’une banale journée à la plage : la nageuse a affronté des vents violents et a vomi plusieurs fois après avoir avalé trop d'eau de mer. « C'était très dur », a-t-elle déclaré à l'Associated Press.
La physiologie cardiovasculaire et métabolique d'une athlète de soixante-quatre ans
La réussite d'un tel effort à un âge avancé soulève de nombreuses interrogations scientifiques. Comment le système cardiovasculaire, le métabolisme et l'appareil musculo-squelettique peuvent-ils endurer plus de deux jours d'activité physique continue dans un milieu hostile ?
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Comment un corps d’un certain âge est-il capable de supporter une telle épreuve ? Nous avons interrogé Benjamin Levine, cardiologue du sport qui a étudié des athlètes aux extraordinaires capacités d'endurance. Il est également directeur de l'Institute for Exercise and Environmental Medicine, une collaboration de recherche entre l'UT Southwestern Medical Center et le Texas Health Presbyterian Hospital Dallas.
Quelle forme physique doit-on avoir pour ce type d’effort ?
Ce type d'activité exige une endurance hors du commun mais est pratiqué à une intensité relativement faible. Par exemple, Diana Nyad a parcouru 177 kilomètres en cinquante-trois heures, ce qui représente environ 3,2 kilomètres par heure, soit une marche lente. Elle ne fait pas de sprint. Il est donc évident qu'elle doit posséder une forme physique extraordinaire. La condition physique permettant de remporter une médaille d'or au 5 000 mètres ou même au marathon est toutefois différente. Il ne lui est pas nécessaire de posséder d’énormes capacités, mais d’être endurante. Il s’agit d’être extrêmement efficace, constant, de sorte que le rythme cardiaque ne soit pas élevé.
Dans cette configuration d'ultra-endurance, l'organisme doit fonctionner comme une machine à haut rendement énergétique, minimisant chaque perte d'énergie. Une efficacité technique maximale dans le mouvement de bras permet de réduire la demande en oxygène et de maintenir le rythme cardiaque dans une zone aérobie stable, évitant l'accumulation précoce d'acide lactique qui paralyserait les fibres musculaires.
Que se passe-t-il dans le corps au cours d’une nage sur une longue distance ?
Lorsque vous êtes debout, la gravité fait affluer le sang dans vos pieds et votre cœur est probablement deux fois moins sollicité que lorsque vous êtes allongé. Lorsque vous immergez quelqu'un dans l'eau, la pression s'inverse et une grande quantité de sang afflue vers le cœur. C'est une bonne chose car celui-ci est plein et peut pomper beaucoup de sang, mais cela peut également le fatiguer. Il est donc nécessaire de maintenir un certain rythme.
L'eau, en bon conducteur de chaleur, absorbe celle que dégage votre corps pendant une nage de longue distance. Si vous n’en produisez pas suffisamment, vous risquez de tomber rapidement en hypothermie. Le maintien de la température corporelle est donc un autre problème d’envergure, auquel il est toutefois possible de remédier grâce au port d'une combinaison, [comme l'a fait Diana Nyad]. Si Diana s’était arrêtée, elle aurait eu froid.
Sur le plan thermodynamique, le corps humain immergé dans l'eau perd sa chaleur environ vingt-cinq fois plus rapidement que dans l'air. Même dans des eaux tropicales approchant les 30 degrés Celsius, la différence avec la température corporelle interne de 37 degrés finit par induire une perte calorique massive. L'activité musculaire continue est la seule source endogène de production de chaleur capable de contrebalancer cette déperdition constante.
Pourquoi cela met-il le corps à rude épreuve ?
Les principales difficultés rencontrées au cours d’un tel effort sont la sursollicitation du système musculo-squelettique, ainsi que la concentration et l’énergie exigées. Cette dernière provient principalement des graisses brûlées. Si vous allez plus vite, vous brûlerez des glucides et ressentirez davantage de fatigue musculaire. Vous devez donc absorber suffisamment de calories et disposer des réserves nécessaires. Vous devez également éviter la sursollicitation et la tension musculaire. Vos muscles se fatiguent à cause des contractions répétées.
Une autre difficulté peut être d'ordre mental. Sans sommeil, [il est difficile] de poursuivre les mouvements répétitifs et de maintenir sa concentration.
La privation de sommeil sur une durée dépassant les 48 heures altère profondément les fonctions cognitives et neurologiques. La monotonie sensorielle de la nage nocturne, rythmée uniquement par le clapotis de l'eau et les lueurs des bateaux d'accompagnement, favorise l'apparition d'hallucinations visuelles et auditives. Le cerveau, privé de repères habituels, commence à générer ses propres images pour combler le vide sensoriel.
Quels sont les muscles qui travaillent le plus ?
Ce sont les muscles des bras. C'est pourquoi vous devez être extrêmement efficace : la petite masse musculaire des bras se fatigue beaucoup plus rapidement que les gros muscles du dos.
Contrairement à la course à pied ou au cyclisme, où les membres inférieurs, plus volumineux et dotés d'une plus grande réserve de glycogène, fournissent l'effort principal, la natation sollicite en priorité la ceinture scapulaire. Les muscles du haut du corps (grands dorsaux, deltoïdes, pectoraux et coiffe des rotateurs) possèdent une résistance naturelle moindre aux efforts de très longue durée, ce qui accroît la nécessité d'une technique de glisse parfaite pour économiser chaque contraction.
Pensez-vous que cet effort soit remarquable pour une personne de soixante-quatre ans ?
Ce type d'épreuve d'ultra-endurance est à la portée d'une personne plus âgée car les articulations ne sont pas too sollicitées. [Diana Nyad] a conservé sa forme physique qu’elle a maintenue pendant la majeure partie de sa vie en étant active, de telle sorte que son système cardiovasculaire est aussi sain que celui d'une personne de quarante ans.
Ce ce Diana Nyad nous a montré au fil des ans, c'est qu'elle est une nageuse de longue distance extraordinaire. Elle possède une force mentale et une discipline dont ne dispose pas de nombreuses personnes plus jeunes.
L'absence d'impacts répétés au sol, contrairement au marathon pédestre, préserve l'intégrité des cartilages des genoux et des hanches. Chez une athlète senior entraînée, l'élasticité artérielle et la capacité de diffusion de l'oxygène peuvent être maintenues à des niveaux comparables à ceux de sujets beaucoup plus jeunes, compensant ainsi la diminution théorique de la fréquence cardiaque maximale liée à l'âge.
Selon Diana Nyad, c’est la preuve que les gens peuvent faire tout ce qu'ils désirent
Pas toujours. Se fixer un objectif et travailler pour l'atteindre est souvent aussi important que le résultat final. Même si Diana Nyad n'avait pas réussi à atteindre la Floride, nous la considérerions toujours comme l'une des athlètes d'ultra-endurance les plus extraordinaires qui soit. Parfois, nous accordons trop d'importance à ce résultat final que les gens ne parviennent pas toujours à atteindre.
Y a-t-il autre chose que vous aimeriez que nos lecteurs sachent ?
Votre condition physique et l'activité régulière que vous pratiquez font partie de votre hygiène de vie. J'espère que vos lecteurs ne se diront pas : « je ne peux pas faire ça, je vais rester assis à regarder [la télévision] toute la journée ».
Controverses maritimes et validation par l'Association mondiale de natation en eau libre
Une performance d'une telle ampleur ne pouvait manquer de susciter des interrogations au sein de la communauté très codifiée de la natation en eau libre. La rigueur des protocoles d'homologation est essentielle pour valider un record du monde dans cette discipline.
Le parcours de Diana Nyad entre Cuba et la Floride, issu du rapport de l’Association mondiale de natation en eau libre (Wowsa). Après cette réponse claire comme de l’eau de roche, Nyad subit les foudres des plus sceptiques : a-t-elle vraiment nagé sans assistance ? Pourquoi ne s’est-elle pas effondrée après 53 heures de nage sans interruption ? Pourquoi sa vitesse de nage a-t-elle augmenté ?
Les critiques se sont concentrées sur plusieurs aspects techniques de la traversée. Certains puristes de la discipline ont pointé du doigt l'utilisation de sa combinaison de protection contre les méduses, arguant qu'elle pouvait améliorer la flottabilité et faciliter la glisse, ce qui constituerait une aide technique contraire aux règles historiques de la natation non assistée (souvent calquées sur celles de la traversée de la Manche). D'autres ont exprimé des doutes sur l'accélération subite de sa vitesse moyenne durant certaines phases nocturnes de la traversée.
Pour répondre à ces interrogations, des analyses approfondies des données de géolocalisation par satellite et des courants marins ont été menées. Le détroit de Floride est le siège du Gulf Stream, un courant océanique rapide dont la vitesse et l'axe peuvent varier de manière significative. Les modélisations océanographiques ont démontré que l'accélération constatée coïncidait précisément avec l'entrée de la nageuse dans un couloir de dérive favorable, agissant comme un tapis roulant naturel.
L’Association mondiale de natation en eau libre (Wowsa), qui a homologué la performance, a démenti toutes les accusations visant Nyad, dans un rapport mis à jour récemment. Les conclusions de l'organisation ont réaffirmé que la logistique déployée, bien que complexe et axée sur la sécurité face aux méduses mortelles et aux requins, respectait l'éthique de la discipline et n'enfreignait pas les règles fondamentales de la nage autonome sans contact physique d'assistance.
Insubmersible : la transposition cinématographique de la souffrance et de la résilience
L'adaptation cinématographique d'un tel exploit constituait un défi narratif majeur. Comment retransmettre à l'écran la monotonie apparente de dizaines d'heures de natation tout en conservant la tension dramatique propre aux grands récits de survie ?
La quête de Diana Nyad est le sujet d'un prochain long métrage réalisé par Jimmy Chin, explorateur National Geographic, et Elizabeth Chai Vasarhelyi, avec Annette Bening et Jodie Foster dans les rôles principaux. Le film Insubmersible, avec Jodie Foster et Annette Bening, d’après une histoire vraie, le 3 novembre.
Dans Insubmersible, les réalisateurs Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin reviennent sur l’extraordinaire histoire de l’athlète américaine Diana Nyad. À l’occasion du 10e anniversaire de ce record hors du commun, le duo de réalisateurs Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin lui consacrent leur premier biopic, Insubmersible, disponible sur Netflix à partir du 3 novembre.
Son personnage est interprété par Annette Bening. Jodie Foster joue le rôle de sa meilleure amie et entraîneuse, jugeant elle-même impossible, dans un premier temps, l’accomplissement d’une telle distance par Nyad. Le film retrace les différentes épopées de l’athlète américaine, marquées par la noirceur de la nuit, les méduses venimeuses et les eaux infestées de requins, mais aussi les hallucinations engendrées par un tel effort.
Au-delà des aspects purement sportifs, l'œuvre cinématographique s'attache à explorer les ressorts psychologiques profonds qui ont poussé cette femme à affronter l'océan. Les violences sexuelles perpétrées par son coach dès ses 14 ans devraient également être implicitement abordées. Dans la bande-annonce de ce drame biographique, la jeune Diana crie dans l’eau, geste en référence à ce « premier épisode sauvage qui a marqué le début d’années d’agressions secrètes » qu’elle a évoqué auprès du média spécialisé américain Outside.
Cette dimension dramatique met en lumière le fait que la natation de très longue distance n'était pas seulement pour Nyad une quête de records, mais aussi un exutoire, une manière de reprendre le contrôle absolu sur son propre corps face aux traumatismes du passé. La solitude de l'océan devient alors le théâtre d'une reconstruction personnelle où chaque mouvement de bras est une affirmation de souveraineté physique et mentale.