Si vous êtes l’un des nombreux voyageurs sujets au mal des transports, voyager en bateau peut relever du défi. Le mal de mer, ou naupathie, est un mal des transports ressenti en mer. Il s’agit d’une réaction du système vestibulaire à l'incohérence entre la perception visuelle et l'équilibre corporel, typique des voyages en bateau. En effet, les mouvements du bateau perturbent les informations transmises au centre de l'équilibre, situé dans l'oreille interne. Le mal de mer peut vraiment vous faire manquer le bateau, mais un peu de planification supplémentaire peut vous le faire retrouver.
La mécanique neurologique du mal de mer
Le mal de mer est causé par un conflit entre les signaux envoyés par les yeux, les oreilles et les muscles, au cerveau. Lorsqu’une personne est sur un bateau, ses yeux indiquent au cerveau qu’elle est immobile, car elle ne voit pas le mouvement du bateau par rapport à l'eau. En revanche, l'appareil vestibulaire (l’oreille interne) indique au cerveau que la personne bouge, car il détecte le mouvement du bateau. Les muscles quant à eux envoient des signaux au cerveau indiquant la position du corps. Ce conflit d'informations peut dérouter le cerveau et provoquer des symptômes de mal de mer.
Le phénomène est assez simple : d’un côté, les yeux indiquent au passager que le bateau ne bouge pas ou peu, tandis que de l'autre, son oreille interne lui dit tout le contraire. Nul besoin d'être médecin pour diagnostiquer un mal de mer, mais il est important de noter que ce n’est pas parce que vous êtes malade une fois lors d’une sortie en mer que cela vous arrivera à nouveau, et vice versa.
Les facteurs aggravants et la règle des F
Certains facteurs aggravent ou favorisent le risque de souffrir du mal de mer : on parle souvent de la règle des 4F : le froid, la faim, la fatigue et la frousse (la peur). En effet, l’appréhension d’un voyage peut soit contribuer à accentuer les symptômes du mal de mer, soit aider à anticiper le voyage en adoptant les mesures qui permettront de les limiter. Certaines sources évoquent d’ailleurs plutôt la règle des 5F, la cinquième étant la soif : se couvrir avant d’avoir froid et boire avant d’avoir soif. Cette règle est bien connue des marins. D’autres éléments peuvent aggraver le mal de mer : les odeurs agressives comme le carburant, la cigarette ou le parfum, le fait de quitter le pont et de s’enfermer dans la cabine, ainsi que l'anxiété.
Symptômes courants chez le plongeur
Les symptômes du mal de mer varient d'une personne à l'autre. Toutefois, les plus courants incluent des nausées, des vomissements, des étourdissements, une transpiration excessive, une pâleur marquée, des maux de tête, une fatigue intense et une perte d'appétit. Le mal de mer gâche plus de voyages de plongée que les pannes d'équipement. Sur un bateau de plongée, le pire moment n'est généralement pas le trajet vers le site, mais l'intervalle de surface entre les plongées, quand vous flottez en surface en bidouillant les réglages de l'appareil photo, en consultant l'ordinateur de plongée ou en préparant le matériel sous le pont.
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Plusieurs facteurs rendent les bateaux de plongée particulièrement propices au mal de mer : les signaux sensoriels contradictoires lorsque vous regardez un écran d'appareil photo ou un téléphone, la préparation du matériel sous le pont qui supprime l'horizon du champ visuel, les fumées de diesel, la déshydratation chronique due à l'air comprimé sec des blocs, et la chaleur excessive lorsque vous restez assis en combinaison intégrale sous le soleil tropical.
Prévention et préparation avant l'embarquement
Afin de prévenir le mal de mer, il est recommandé d’avoir une bonne nuit de sommeil avant le voyage et de prévoir des vêtements adaptés : l’excès de froid ou de chaud et le manque de sommeil favorisent l’apparition des symptômes. Évitez les repas lourds, la caféine et l’alcool avant de naviguer. Manger léger avant d’embarquer est essentiel ; l'absence de nourriture peut aussi être un irritant pour l’estomac, vous faire sentir faible et vous donner la nausée. Le scénario optimal serait en fait de manger des glucides complets entre 1 à 2 heures avant de prendre le bateau.
Pensez à choisir un siège stable : ceux qui voyagent sur un ferry ou un bateau de croisière doivent choisir un siège au milieu du bateau, près de la ligne de flottaison, où le mouvement est moins important. Si vous êtes sujet au mal de mer, envisagez une croisière plongée où votre corps aura le temps de s'adapter plutôt que de combattre une longue traversée en speedboat chaque jour. Il existe un phénomène bien documenté d'habituation : les plongeurs sujets au mal de mer se sentent affreux le premier jour de croisière mais sont parfaitement bien le deuxième ou troisième jour. Le cerveau recalibre littéralement son traitement du mouvement.
Solutions médicamenteuses et risques pour la plongée
Il existe plusieurs médicaments en vente libre ou sur ordonnance qui peuvent aider à prévenir le mal de mer. Les pastilles GRAVOLMC Gingembre et les comprimés à croquer à dissolution rapide GRAVOLMC s’avèrent deux bonnes solutions et vous pouvez les prendre sans eau. Le diménhydrinate (Dramamine original / Nausicalm) est efficace contre les nausées mais provoque une somnolence importante et une altération cognitive. La recherche montre que le diménhydrinate réduit les fonctions cognitives des plongeurs à un niveau considéré dangereux pour la plongée, un effet sédatif potentialisé par la profondeur.
La méclizine (Bonine / Dramamine Less Drowsy) est le choix numéro un pour la plupart des plongeurs. Elle offre jusqu'à 24 heures de protection avec nettement moins de somnolence que le Dramamine original. Prenez 25mg la veille de la plongée et un comprimé supplémentaire une heure avant l'embarquement. Concernant les patchs de scopolamine (sur ordonnance), ils délivrent le médicament en continu pendant 72 heures. La Marine américaine l'utilise comme antiémétique de premier choix pour les plongeurs, et DAN l'approuve après un essai sur terre. Attention toutefois : testez toujours tout médicament sur terre avant de plonger avec. Tout médicament qui vous rend somnolent, étourdi ou confus ne doit pas être pris avant de plonger. Les antihistaminiques sédatifs peuvent interagir avec les pressions partielles d'azote accrues sous l'eau et augmenter la susceptibilité à la narcose.
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Remèdes naturels et techniques complémentaires
Le gingembre est une aide précieuse. Une revue Cochrane confirme qu'un gramme de gingembre par jour réduit significativement les nausées en bloquant les récepteurs de sérotonine dans l'intestin. Vous pouvez opter pour des gélules, du gingembre confit à mâcher, du ginger ale dégazéifié ou une infusion de gingembre frais. Les bracelets d'acupression (Sea-Band) exercent une pression sur le point P6 (Nei-Kuan) à l'intérieur du poignet. Une étude de 2025 montre que les Sea-Bands soulagent les nausées en seulement 5 minutes, avec un taux de réduction constant de 80%.
D'autres méthodes existent comme les lunettes anti-mal de mer, qui aident le cerveau à se resynchroniser avec les perceptions de l’oreille interne, ou des techniques de respiration profonde et contrôlée qui aident à calmer le système nerveux. Il est conseillé d’essayer plusieurs astuces afin de trouver celle qui vous convient le mieux. Regarder l’horizon est l'intervention non médicamenteuse la plus efficace ; cela permet de synchroniser les informations visuelles et vestibulaires. Si vous vous sentez mal, évitez absolument de lire ou de regarder des écrans.
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