L’histoire de Crime et Châtiment se déroule à Saint-Pétersbourg, dans la seconde moitié du 19ème siècle, plongeant le lecteur dans une Russie sombre et complexe. Ce roman, publié en feuilleton en 1866 et en édition séparée en 1867, est une œuvre magistrale de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski. Il met en scène un jeune homme d’origine russe du nom de Rodion Raskolnikov, dont l'âge est de vingt-trois ans et qui a une grande estime de sa propre personne. L'œuvre explore les profondeurs de l'âme humaine, la culpabilité, la rédemption et les dilemmes moraux, des thèmes qui continuent de trouver un écho bien au-delà de la littérature, touchant même des faits divers contemporains. En effet, "Crime et châtiment" a acquis une popularité immense dès sa parution. On ne parla que de cet événement littéraire durant l’année 1866, et toute la Russie en fut malade.
La Genèse d'une Œuvre Capitale
Fiodor Dostoïevski : Parcours et Inspirations
Fiodor Dostoïevski, né à Moscou en 1821, était un homme profondément croyant. Il s'intéressa aux humbles et aux idées de réforme sociale, fréquentant les milieux intellectuels progressistes pétersbourgeois. Sa participation aux réunions d’un cercle fouriériste lui valut quatre ans au bagne en Sibérie. De retour à Saint-Pétersbourg, il poursuivit sa carrière littéraire jusqu'à ses derniers jours en dépit de ses crises d'épilepsie et de difficultés matérielles constantes. L’un des plus grands romanciers russes, il a influencé de nombreux écrivains, parmi lesquels Albert Camus, André Gide et André Malraux.
Du Bagne à la Publication : L'Élaboration du Roman
L’idée de traiter certains thèmes de ce qui deviendra Crime et Châtiment remonte à la période où Dostoïevski était au bagne, entre 1850 et 1854, en particulier grâce à la découverte de certains traits psychologiques particuliers des bagnards. L'auteur a confié dans une lettre : « En décembre, je commencerai un roman… Tu te souviens peut-être que je t'avais parlé d'un roman-confession que je voulais écrire après tous les autres, en disant qu'il me fallait encore vivre cela moi-même. Maintenant, j'ai décidé de l'écrire sans retard… Je mettrai mon cœur et mon sang dans ce roman. Je l'ai projeté au bagne, couché sur les bats-flancs, en une minute douloureuse de chagrin et de découragement… » Cette idée d'une gestation précoce du roman n'est toutefois pas unanimement admise par tous.
En décembre 1859, Dostoïevski rentre à Saint-Pétersbourg après dix ans de relégation en Sibérie. Au début des années 1860, l'écrivain développe une intense activité littéraire, notamment avec la rédaction de Souvenirs de la maison des morts. Il s'engage également dans une activité éditoriale, préparant une édition de ses œuvres dont Humiliés et offensés, et une activité journalistique en tant que rédacteur et codirecteur du journal Le Temps. En juin 1862, Dostoïevski part en voyage en Europe occidentale, puis effectue un deuxième voyage en août 1863. Cependant, aucun signe d'un travail autour d'un roman ressemblant à Crime et Châtiment n'est visible à cette période.
L'année 1864 est marquée par plusieurs deuils qui frappent l'écrivain : sa femme, Marie Dmitrievna, décède le 14 avril. Son frère Mikhaïl disparaît le 10 juillet 1864 (22 juillet dans le calendrier grégorien), suivi par son ami Apollon Grigoriev le 25 septembre 1864 (7 octobre dans le calendrier grégorien). En 1865, Dostoïevski tente par tous les moyens d'obtenir un peu d'argent et d'apaiser ses créanciers, allant jusqu'à vendre ses droits sur des œuvres non encore écrites. C'est à partir du 7 août de cette même année qu'il travaille à un projet de roman intitulé Les Poivrots. Ce projet comportait une trame initiale décrite ainsi : « L'action est actuelle, de cette année même. Un jeune homme, exclu de l'Université, de modeste origine et vivant dans une extrême pauvreté, par légèreté, par manque de fermeté dans les principes et sous l'influence de ces « idées mal digérées », bizarres qui sont dans l'air, a résolu de sortir d'un coup de sa triste situation. » Il avait alors décidé de tuer une vieille femme, veuve d'un conseiller titulaire, faisant métier d'usurière. La vieille est présentée comme bête, sourde, malade, avide, elle pratique des taux de juifs, elle est mauvaise et dévore son prochain, tourmente et exploite sa propre sœur cadette. Des questions comme « Elle ne sert à rien », « pourquoi vit-elle ? », « est-elle utile à quiconque ? », etc., font perdre la raison au jeune homme. Il décide de la tuer, de la dévaliser. En décembre 1865, il écrit une nouvelle lettre à Katkov dans laquelle Dostoïevski accuse réception de 300 roubles, bien qu'il semble douter de la volonté de Katkov de le publier.
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La Réception Initiale et l'Impact Littéraire
Dès février 1866, dans une lettre à Wrangel, Dostoïevski confie : « Il y a quinze jours, la première partie de mon roman est parue dans le numéro de janvier du Messager russe. Il s'appelle Crime et Châtiment. J'ai déjà entendu beaucoup d'opinions enthousiastes. » Crime et Châtiment assura la popularité de l’écrivain. En 1866, on ne lisait que Crime et Châtiment. En 1867, Dostoïevski en publie une première édition séparée et légèrement remaniée à Saint-Pétersbourg. Le roman connaîtra quatre éditions du vivant de l'écrivain. Dans son introduction au roman, Pierre Pascal précise toutefois : « On a d'abord accueilli Crime et Châtiment comme un récit policier : le plus terrifiant de tous, expliquait E.-M. de Vogüé dans le Roman russe ; comparable encore à ceux d'Émile Gaboriau prononce encore Jules Legras dans sa Littérature en Russie. »
L'Immersion dans le Saint-Pétersbourg du XIXe Siècle : L'Intrigue Principale
Rodion Raskolnikov : Le Jeune Homme au Dilemme Existential
Financièrement démuni, Rodion Raskolnikov est contraint de vivre dans un quartier pauvre et est obligé d’abandonner des études qu’il n’arrive plus à se payer. Pensant être au-delà de sa condition d’existence, et être doté de qualités qui le mettent au-dessus de tous les autres hommes, il s’autorise des écarts de conduite et enfreint de fait les règles déjà bien établies de la société. Après avoir vendu son dernier bien, la montre de son père, à une usurière, une idée lui vient à l'esprit : un meurtre est-il moralement tolérable s'il conduit à une amélioration de la condition humaine ? Rongé par la pauvreté, il s'isole du reste du monde.
C’est dans cet état d’esprit qu’il projette d’assassiner Alena Ivanova, une vieille femme, prêteuse sur gages, de la dépouiller de son argent, et qu’en accomplissant cet acte abominable, il rend justice et œuvre pour le bien. Peu avant son crime, l’étudiant expose sa « petite théorie personnelle » dans une revue. Il se croit investi d’une mission régénératrice : tuer une vieille usurière, « petite vieille, stupide, absurde, insignifiante, méchante, malade, dont personne n'a besoin et qui est nuisible à tout le monde […] un pou, un cancrelat » pour faire de bonnes œuvres et mener à bien de brillantes études.
Une fois sa décision prise, il est assailli par la culpabilité d’avoir à commettre un tel acte. Il reçoit ensuite une lettre de sa mère lui annonçant le mariage de sa sœur Dounia. Il ne s’agit pas à juste titre d’un mariage d’amour avec l’odieux, mais fortuné Loujine. Cette nouvelle l’anéantit mais le conforte dans sa décision à mener à dessein le meurtre de la prêteuse sur gages.
Le Crime : Théorie et Réalité Brutale
Un rêve hante Raskolnikov depuis plusieurs mois : tuer la vieille usurière. Il s'assoupit dans un parc sous un taillis et fait un cauchemar : jeune enfant, il voit une petite jument être fouettée à mort par son propriétaire ivre et ses compagnons de beuverie. Les coïncidences se multiplient : dans un estaminet, Raskolnikov surprend la conversation de deux « clients » de l'usurière qui s'interrogent sur un éventuel meurtre. Raskolnikov, superstitieux, y voit un signe du destin. Il se laisse désormais conduire par une main plus forte que lui qui guide ses pas au crime, tout est déjà prémédité jusqu'aux moindres détails. Le lendemain, il dort toute la journée, puis à l'heure du crime, une « agitation extraordinaire, fébrile et comme incohérente s'empare soudain de lui ».
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Un soir, il se rend chez sa victime, qui l’accueille en toute quiétude. Dénué de scrupules, il l’attaque à coups de hache et la tue. Il commence à fouiller dans ses affaires pour la voler. Mais malheureusement, la sœur de la victime s’est fortuitement trouvée sur le lieu du crime et constitue pour Raskolnikov un témoin gênant. Sans vraiment réfléchir, il s’attaque aussi à elle avec la même hache et en fait sa deuxième victime, Élisabeth Ivanovna. Pris au dépourvu, Raskolnikov la tue d'un coup de hache. Il panique et ferme la porte. Puis Koch et Pestriakov, des clients de l'usurière, arrivent : suspicieux, la porte n'est fermée que par le loquet, ils vont chercher le concierge, ce qui permet à Raskolnikov de s'échapper sans être vu. Arrivé chez lui et taraudé par les péripéties, surtout par le second meurtre totalement imprévu mais nécessaire, il s’écroule sur son lit, plein de remords.
La Spirale de la Culpabilité et les Premiers Aveux Manqués
Le lendemain, à son réveil, il s’évertue par tous les moyens à faire disparaître toute trace des crimes commis la veille : les vêtements qui seraient éclaboussés par le sang des deux sœurs ainsi que tous les objets dérobés ce soir-là. C’est alors qu’il reçoit une convocation de la police, et convaincu que ses crimes sont découverts, il se rend au poste, profondément angoissé. Le lendemain du crime, alors qu'il n'a pas encore fait disparaître toutes les preuves, Raskolnikov reçoit une convocation du commissariat. Il décide de s'y rendre sur-le-champ malgré son anxiété et sa fièvre croissante. Une fois sur les lieux, il fait la rencontre du commissaire Nikodim Fomitch ainsi que de son lieutenant, Ilia Petrovitch, qui lui explique le motif de sa convocation : sa logeuse a porté plainte pour non-remboursement de dettes.
Cependant, quand il prend connaissance du véritable motif de sa convocation, il se sent délesté d’un grand poids. Malgré le soulagement qu’il ressent, il est rattrapé par sa conscience et est sur le point de passer aux aveux pour confesser ses crimes. Tandis que Raskolnikov effectue la déposition, pris d'un délire fiévreux, il décide de tout avouer au commissaire. C'est alors qu'il se rend compte que ce dernier est en train d'en discuter avec son lieutenant. Il décide donc de s'en aller mais s'évanouit. Il reprend rapidement connaissance mais craint d'avoir éveillé les soupçons. Mais il regagne son domicile sans mot dire.
La Convalescence et la Rencontre des Destins
Une fois chez lui, affaibli par tant de tracas, il est terrassé par une forte fièvre qui le fait sombrer dans un état comateux. Un de ses amis, Razoumikhine, assisté de la servante Nastassia, prennent soin de lui jusqu’à ce qu’il se rétablisse. C’est alors qu’il apprend qu’un peintre, présent le soir du crime dans le même immeuble que les victimes, a été appréhendé par la police et mis sous les verrous. Toutefois, Razoumikhine transmet à son ami convalescent le souhait du juge Petrovitch quant à l’avoir en audience sitôt son repos terminé.
Entre temps, durant cette convalescence, la mère et la sœur de Raskolnikov, Avdotia Romanovna Raskolnikova, viennent lui rendre visite. Mais elles sont désagréablement surprises de l’accueil froid teinté d’indifférence de ce dernier. Il ne se résigne pas à bénir le mariage de raison de Dounia avec le fortuné Loujine, dont il est pourtant la principale raison d’être. Elles restent d’autant plus perplexes face au revirement d’attitude de Raskolnikov vis-à-vis de Sonia Semionovna Marmeladova, dont le père Marmeladov n’est autre qu’un ami du jeune homme. Sonia est venue à ce titre lui annoncer le décès de son père et souhaite sa présence lors des funérailles. Elle fait l’objet d’un empressement et d’une compassion non feinte de la part de Raskolnikov, faveur qu’il n’accorde point à ses parentes.
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L'Interrogatoire Psychologique Face au Juge Petrovitch
Après le départ de ses visiteurs, Raskolnikov décide de rencontrer le juge Petrovitch. Le juge fait subir au jeune homme un pseudo-interrogatoire, mais Raskolnikov ne tombe pas dans le piège. L’homme de loi est persuadé au fond de lui de la culpabilité de Raskolnikov, et bientôt commence entre eux toute une trame de stratégies, soit pour faire tomber le coupable pour l’un, soit pour éviter à tout prix les pièges savamment tendus par l’autre. Malgré les tactiques astucieuses du juge, le jeune Raskolnikov tient bon et aucun aveu ne franchira encore ses lèvres ce jour-là, alors qu’il est intérieurement impulsé et déchiré par un grand dilemme : avouer être l’auteur des deux meurtres puis en assumer les décisions qui s’ensuivront, ou feindre l’innocence pour ne pas se compromettre et se laisser martyriser par une conscience en perpétuelle accusation.
Le lendemain de cet interrogatoire au poste de police, sa mère et sa sœur reviennent lui rendre visite. Mais comme il compte lui-même visiter Sonia, il les remet entre les mains de son ami Razoumikhine. Pendant ce temps, Raskolnikov décide de se débarrasser des pièces qu'il a volées chez les sœurs Ivanovna et songe à les jeter dans le fleuve. Mais, se ravisant en cours de route, il préfère les enterrer dans un lieu discret, sous une pierre. Après avoir erré quelque temps, il arrive près de la maison de son ami Razoumikhine. Il monte chez son ami sans trop savoir pourquoi et le trouve en train de traduire des livres allemands pour gagner de l'argent.
Le Poids de la Conscience et la Rédemption
Le destin semble favoriser Raskolnikov malgré la ténacité de l’homme de loi, car c’est à ce moment qu’un événement fait éclat dans les locaux de la police. Une personne vient se déclarer coupable et endosse les deux crimes. Il s'agit de Nicolas, également peintre, et dont l’ami a été injustement arrêté, qui veut par son sacrifice sauver ce dernier.
Une longue conversation s’établit entre Raskolnikov et Sonia, au cours de laquelle il se surprend à découvrir et à apprécier une qualité de la jeune fille : sa piété. Il se résout alors à faire de la jeune fille sa seule et unique confidente quand il se sentira d’attaque à lui avouer, à elle, ses crimes. Après les obsèques de Marmeladov, auxquelles il a assisté, il décide de s’entretenir avec son amie Sonia, la fille du défunt. Il se sent prêt à la mettre dans la confidence et lui dévoile toute l’histoire des meurtres sans omettre les détails. Son récit bouleverse et terrifie la jeune femme, qui voyait en lui un homme bon, ayant fait preuve de loyauté vis-à-vis de sa famille. Toutefois, elle va rester à ses côtés pour pouvoir finalement lui apporter son soutien et l’aider à traverser ses épreuves. Torturé à la pensée de sa condamnation, il sort tout de même fortifié de la confiance de Sonia à son égard. Avant d’aller affronter une fois de plus le juge Petrovitch qui n’a jamais douté de sa culpabilité, il revoit son amie une dernière fois. Le verdict tombe comme un couperet : Raskolnikov est condamné à huit années de travaux forcés en Sibérie pour le double meurtre. L’expiation de ses fautes va l’aider à se refaire et peu à peu, il retrouve sa foi tendrement soutenue par Sonia à qui il a avoué son amour.
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Rodion Romanovitch Raskolnikov : L'Antihéros Torturé
Rodion Romanovitch Raskolnikov, également connu sous le nom de Rodia, est le protagoniste du roman. Physiquement, il est décrit comme exceptionnellement beau, de taille moyenne, mince et bien bâti, avec des yeux sombres et des cheveux bruns. Rodia est un ancien étudiant de 23 ans qui vit dans la pauvreté. Sa mère fait tout ce qu'elle peut en travaillant comme coiffeuse et sa sœur est fiancée à un homme riche et influent pour pouvoir l'aider. Ce sentiment d'injustice et de pauvreté le mène à l'assassinat d'une vieille femme, une usurière. Rodia assassine également Élisabeth Ivanovna, la sœur de l'usurière, car elle est témoin de son crime. Nous pouvons voir tout au long du roman le débat qui agite l'âme du protagoniste : il est torturé par son geste, ne sachant s'il était justifié ou non. Il finit cependant par se rendre. Dans la première division du roman, nous pouvons voir Raskolnikov présenté comme un garçon rationnel et fier alors que dans la deuxième division il apparaît comme irrationnel et humble. D'une certaine manière, nous pouvons voir une renaissance du protagoniste avec tous les événements qui lui arrivent et qu'il provoque lui-même.
Avdotia Romanovna Raskolnikova (Dounia) : La Sœur Dévouée
Avdotia Romanovna Raskolnikova, appelée aussi Dounia ou Dounietchka, est la sœur de Raskolnikov. Dounia est montrée comme un personnage loyal et généreux qui a un grand amour et une grande préoccupation pour sa famille, dont elle essaie de s'occuper par tous les moyens possibles. Dounia conclut un mariage de convenance avec un commerçant de manière intéressée et uniquement dans le but d'aider Rodion financièrement. En effet, Dounia, dévouée à son frère, ne consent à cette union que pour sortir son frère de son embarras financier. La sœur de Raskolnikov reste chaste et « sa pudeur, si ça se trouve, elle en est maladive, malgré toute la largeur de son esprit ».
Sonia Semionovna Marmeladova : La Pureté au Cœur de la Déchéance
Sonia (Sofia) Semionovna Marmeladova est une jeune fille qui vit dans une famille issue d'un milieu social défavorisé. Son père, alcoolique, vend tous les biens de la famille et se remarie (sa mère est morte depuis longtemps) avec une femme, Katherina, qui accueille ses trois enfants. Sonia, en raison de l'incapacité de son père à travailler et poussée par le contexte social et familial, décide de se prostituer et commence ainsi son parcours de chef de famille qui soutient financièrement la famille. Elle a une image de prostituée sainte en raison de sa pureté. C'est une jeune femme qui a essayé d'apprendre différents métiers grâce à son père et qui est considérée comme la femme idéale de l'époque. C'est une jeune femme timide qui n'exprime pas ses sentiments, mais suit l'image d'une prostituée qui ne se marie pas. Elle est très familière et, par conséquent, chaque fois qu'elle gagne de l'argent, elle le donne directement, en l'occurrence à sa belle-mère. Elle se lie d'amitié avec Lizavéta, la demi-sœur de la vieille usurière. Elle rencontre Raskolnikov avec qui elle entame une relation, recherchant son bonheur et son bien-être. À la fin, elle ne poursuit pas son travail officiel de prostituée, mais d'autre chose qui fait que sa vie s'améliore.
Semion Zakharovitch Marmeladov : La Tragédie de l'Alcoolisme
Semion Zakharovitch Marmeladov est le père de Sonia et second mari de Katerina. Il appartient à une classe sociale basse, c'est un fonctionnaire de bas niveau qui, à cause de son alcoolisme, entraîne sa famille dans la pauvreté. Ce personnage est un alcoolique invétéré : l'ex-fonctionnaire a déserté son travail après avoir peiné à en retrouver, et bu toute sa paie. Il a également accepté la prostitution de sa fille Sonia, à qui il est allé réclamer le jour même de quoi poursuivre sa beuverie. Son long récit, avec notamment la tirade du Jugement Dernier où il s'accuse, est une peinture de la misère et de la lâcheté de la condition humaine.
Katerina Ivanovna Marmeladova : La Fierté Face à la Misère
Katerina (Catherine) Ivanovna Marmeladova est la seconde épouse de Marmeladov. Elle appartient à une classe sociale élevée et a épousé un officier d'infanterie quand elle était jeune. Ce mariage a donné naissance à trois enfants, qui sont tous restés orphelins après la mort de leur père. À la mort de son mari, elle s'est retrouvée sans ressources pour ses enfants et sans aucune aide de ses proches. Malgré un certain statut social, elle finit par épouser Marmeládov et devenir la belle-mère de Sonia. Dans le roman, elle est une femme d'une trentaine d'années qui souffre de tuberculose et a une manière violente de traiter son mari. Elle redevient veuve et n'est soutenue que par Sonia.
Arkadi Ivanovitch Svidrigaïlov : L'Incarnation de la Débauche
Arkadi Ivanovitch Svidrigaïlov a épousé Marfa Petrovna, une femme riche et sans éducation qui était plus âgée que lui. Elle le sauve de la prison en remboursant ses dettes. Bien que de classe sociale inférieure à sa femme, il exerce sur elle une série d'actes violents pendant les sept années de leur mariage. Pendant son mariage, un accord explicite selon lequel il aurait des relations sexuelles en dehors du mariage à condition d'en informer toujours sa femme et de ne pas l'abandonner est conclu. Lorsque Dounia entre au service de sa maison, Arkadi Ivanovitch en tombe amoureux et la poursuit, lui promettant même de quitter sa femme pour elle. La jeune fille refuse et démissionne. Cependant peu de temps après, Marfa Petrovna meurt brusquement. Des soupçons se portent sur Arkadi Ivanovitch. Loin de s'en préoccuper, ce dernier se fiance avec une jeune fille d'une quinzaine d'années (il a alors cinquante ans). Mais il rencontre encore Dounia, et lui fait de nouvelles avances qui seront rejetées. Arkadi Ivanovitch tente alors de violer Dounia mais renonce finalement, pris d'admiration et de compassion pour la jeune femme. Svidrigaïlov, le pédophile, fait aussi de sa débauche une affaire pulsionnelle : « c’est une maladie, comme tout ce qui passe la mesure ».
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