La Transat Café L'Or : Entre Tradition Maritime et Nouveaux Horizons, l'Épopée de Basile Bourgnon et des Navigateurs Normands

La Transat Jacques Vabre, un nom qui résonne avec l'histoire de la course au large, s'est transformée pour sa dix-septième édition, devenant la Transat Café L'Or. Cet événement emblématique de la voile au large, co-organisé avec la Région Normandie, s'élancera du Havre pour une destination des plus prisées : la Martinique. Plus précisément, l'arrivée est prévue pour la première fois à Fort-de-France, offrant un nouveau point d'orgue à cette course mythique qui captive les passionnés de voile et le grand public. La Transat Café L'Or est réputée comme la plus longue et la plus exigeante des courses transatlantiques en duo, un véritable test d'endurance, de stratégie et de compétence nautique. Le parcours, particulièrement technique, conduira les skippers à travers des zones maritimes exigeantes et redoutées, mettant à l'épreuve leurs capacités de navigation et la robustesse de leurs embarcations.

Dès le départ, les équipages devront affronter les eaux parfois tumultueuses du Golfe de Gascogne, une première étape qui donne le ton de la course. Ensuite, la traversée de l'équateur représente un rite de passage pour de nombreux marins, avant d'atteindre l'emblématique et tant redouté Pot-au-noir, une zone de convergence intertropicale célèbre pour ses vents imprévisibles et ses calmes plat qui peuvent piéger les concurrents pendant de longues périodes. Ces défis géographiques et météorologiques font de cette transat une aventure incomparable. Les bateaux participants, qui accosteront au Havre avant de prendre le large, sont des machines de course sophistiquées, réparties en plusieurs catégories prestigieuses. Parmi elles, les Class40, monocoques de 40 pieds, sont des voiliers agiles et rapides, parfaits pour la course en duo. Les Imoca, monocoques de 60 pieds, sont bien connus pour leur participation au Vendée Globe, et sont des bateaux de haute technologie conçus pour la performance extrême. Enfin, les Ultims, trimarans de 60 pieds et plus, représentent le summum de la vitesse et de l'innovation dans la voile océanique, des géants des mers capables d'atteindre des vitesses phénoménales.

L'édition de cette année a été marquée par une décision cruciale concernant la flotte des Ocean Fifty. En effet, la direction de course de la Transat Café L'Or, anciennement Transat Jacques-Vabre, a décidé d’avancer le départ des Ocean Fifty en raison de prévisions météo qui se dégradaient. Cette mesure a été prise le vendredi 24 octobre, le départ ayant finalement eu lieu le samedi 25 octobre à 16 h 30. Les dix Ocean Fifty participant à la Transat Café L'Or ont ainsi largué les amarres du Havre, en Seine-Maritime, un jour plus tôt que le reste de la flotte. Cette anticipation avait pour but de permettre à ces bateaux, jugés plus fragiles par rapport à d'autres catégories, d'éviter des conditions météorologiques trop musclées, assurant ainsi leur sécurité et l'équité sportive. La flotte des Ocean Fifty, forte de sept unités sur la ligne de départ, présente une "fière allure", avec "presque autant de vainqueurs potentiels" parmi ces multicoques de 15 mètres.

Basile Bourgnon : Sur les Traces d'une Légende, une Première Transatlantique en Multicoque

Au cœur de cette aventure maritime se trouve Basile Bourgnon, un jeune skipper de 23 ans, qui a attiré l'attention bien au-delà des pontons. Skipper de l'Ocean Fifty "Edenred 5", Basile Bourgnon a quitté les pontons du Havre peu après 13 heures, sous le soleil normand, avant le départ officiel donné au large des côtes. Ce "jeune Breton", fils de Laurent Bourgnon, une figure emblématique de la course au large, s'apprête pour la toute première fois à traverser l'Atlantique en multicoque. Il participe à cette épreuve exigeante en double, aux côtés d'Emmanuel Le Roch, un navigateur expérimenté. Pour lui, cette Transat Café L'Or représente une étape majeure dans sa carrière naissante, un défi digne de l'héritage familial qui l'accompagne. La particularité de son départ anticipé, comme celui des autres Ocean Fifty, souligne l'importance des stratégies météorologiques dans la course au large moderne. Les réactions suite au briefing météo, notamment la phrase "Il faudra être accroché à son slip", témoignent de l'intensité et de la difficulté des conditions annoncées, auxquelles les marins doivent se préparer avec le plus grand sérieux et une préparation minutieuse.

Le Carrefour du Havre : Un Village Vibrant et un Port Historique

Le Havre, ville de départ de cette prestigieuse course, n'est pas seulement un point de départ logistique mais un véritable épicentre de festivités et d'activités maritimes. Le village éco-responsable de l'événement ouvre ses portes plusieurs jours avant le départ, offrant une multitude d'animations pour les quelque 500 000 visiteurs estimés sur toute la durée de l'événement à chaque édition. Ces animations variées incluent des séances de dédicaces avec les skippers, des baptêmes de voile pour initier le public à ce sport passionnant, des visites de bateaux permettant d'admirer de près les bolides des mers, et même la possibilité de monter au mât pour une vue imprenable. L'événement met également l'accent sur la sensibilisation à la protection des océans, un thème crucial pour l'avenir de la planète et de la voile. Des quizz normands, des tables rondes avec des experts et des masterclass du chef David Gallienne animent également ce village dynamique. La veille du grand départ, un grand feu d’artifice est traditionnellement tiré au-dessus du bassin, illuminant le ciel havrais, et le même soir, les festivités battent leur plein, créant une ambiance inoubliable pour les marins et le public. Les plus passionnés ont même la possibilité de participer virtuellement à la course grâce à Virtual Regatta, leur permettant de défier les skippers professionnels depuis chez eux.

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Au-delà des célébrations, Le Havre est une ville au riche passé maritime et commercial. Fondée en 1517 par François Ier, elle est aujourd’hui le premier port français pour le commerce extérieur, soulignant son importance économique stratégique. Sa position géographique, à l’embouchure de la Seine, lui confère un accès rapide à l’Europe du Nord et à l’Océan Atlantique, des atouts indéniables pour le commerce et la navigation. En tant que port de plaisance, Le Havre se distingue également : c’est le seul port de plaisance normand en eau profonde accessible 24h/24, une caractéristique précieuse pour les marins. Avec une notation de 4 étoiles, la station nautique havraise est reconnue comme l’un des spots incontournables pour la pratique de la voile et des sports de glisse en Normandie. La plage de la ville, longue de deux kilomètres et proche du centre-ville, offre un terrain de jeu idéal pour les Havrais et les visiteurs, renforçant l'identité maritime et sportive de la cité. Le centre-ville reconstruit de cette ville, surnommée "La Porte océane", est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, attestant de son importance architecturale et historique unique.

Les Ocean Fifty : Une Classe de Prétendants Multiples

La flotte des Ocean Fifty, comme mentionné, est un spectacle en soi, avec sept unités sur la ligne de départ et une configuration prometteuse où chaque équipe a des chances réelles de victoire. "Sept multicoques de 15 m et presque autant de vainqueurs potentiels" soulignent le niveau de compétition élevé dans cette catégorie. Thibaut Vauchel-Camus, associé à Fred Duthil sur "Solidaires en Peloton - ARSEP", est l’un des sept prétendants à la victoire en Ocean Fifty. Son analyse du parcours, "Les clés du parcours des Ocean Fifty décodées par Thibaut Vauchel-Camus", est une ressource précieuse pour comprendre les subtilités de cette course. Ce regard d'expert, qui provient directement d'un participant actif, permet de saisir l'ampleur de la préparation et de la stratégie nécessaires pour exceller dans cette catégorie exigeante, où la maîtrise du bateau et la lecture des conditions météorologiques sont primordiales.

La Normandie, un Terroir de Marins et de Champions

La Transat Jacques Vabre est aussi une vitrine exceptionnelle pour les talents issus de la Normandie. Ce ne sont pas moins de 21 skippers licenciés dans des clubs de Normandie qui prennent le départ de cette 15ème édition de la Transat Jacques Vabre Normandie-Le Havre, illustrant la richesse du vivier nautique de la région. Parmi eux, 4 sont inscrits dans la Classe IMOCA et 17 dans la Class 40, montrant une forte présence normande dans les différentes catégories. Cette forte représentation régionale met en lumière l'engagement de la Normandie dans la voile de compétition et son rôle dans la formation des futurs champions.

Les Figures de l'IMOCA : Expérience et Ambition

Dans la classe IMOCA, plusieurs skippers normands se distinguent par leur parcours et leurs ambitions.

Charlie Dalin : La Quête du DoubléLe skipper havrais Charlie Dalin, par exemple, enchaîne les podiums et les victoires depuis presque 10 ans, tant sur des courses en solitaire qu'en équipe. Son palmarès est éloquent : vainqueur en 2012 de la Transat AG2R La Mondiale avec Gildas Morvan, il est également champion de France Elite de course au large en solitaire en 2014 et 2016. Ces succès le positionnent comme un concurrent de taille sur l’édition 2021 de la Jacques Vabre. Son statut de tenant du titre de l’édition 2019, remportée avec Yann Elies, ajoute une pression supplémentaire et une attente forte quant à ses performances. Engagé dans un partenariat avec APIVIA Mutuelle sur le circuit IMOCA depuis 2018 et jusqu’en 2022, il bénéficie d'un soutien solide pour ses ambitions. La question est sur toutes les lèvres : "Pourra-t-il réaliser un doublé ?" Sa capacité à maintenir un tel niveau d'excellence sur le long terme fait de lui une figure majeure de la course au large.

Fabien Delahaye et le Retour sur l'IMOCAFabien Delahaye, un autre navigateur expérimenté, compte bien réitérer son exploit de 2013. Mais cette fois-ci, il le fera en Imoca et avec les couleurs de la MACSF, marquant une transition de classe et une nouvelle association. Pour cette Transat, Fabien est associé à la franco-allemande Isabelle Joshke, qui a notamment participé au dernier Vendée Globe à bord de l'Imoca MACSF. Cette association prometteuse combine l'expérience de Fabien avec la connaissance approfondie du support IMOCA d'Isabelle, créant un duo redoutable capable de se battre pour les premières places.

Louis Duc : L'Art de la Résilience et de la DécouverteLouis Duc, pour sa quatrième Transat Jacques Vabre, revient de loin, avec une histoire de résilience remarquable. Il s’était lancé dans le projet un peu fou de retaper en 10 mois l’Imoca de Clément Giraud, un bateau lourdement endommagé par un incendie dans le village de départ de la Transat Jacques Vabre 2019. Ce projet audacieux témoigne de sa détermination et de sa passion pour la voile. Son bateau, qui porte aujourd’hui les couleurs de Kostum-Lantana Paysage, a été remis à l’eau le 26 août à Caen, de nouveau prêt à braver l’Atlantique. Louis Duc n’est pas un novice ; basé à Caen et originaire de Barneville-Carteret, ce navigateur de 38 ans est professionnel depuis une quinzaine d’années. Il a à son actif plusieurs podiums significatifs, dont une 3e place à la Jacques Vabre en 2015 et une 2e place sur la Transat anglaise en 2016. S’il se prépare avec minutie pour le Vendée Globe 2024, qu’il fera à bord d’un bateau flambant neuf, l’édition 2021 de la Transat Jacques Vabre ne l’enverra probablement pas, d’après lui, dans le haut du classement. Avec un IMOCA ancienne génération, datant de 2007 et "limité en performances", la course sera néanmoins pour le navigateur de 53 ans, installé en Normandie, "un petit projet sympa" pour lequel il est associé au Suisse Beat Fankhauser. L'objectif principal de cette course est avant tout de "découvrir le bateau et d’en appréhender la puissance", un pas essentiel vers ses objectifs futurs et sa préparation pour le Vendée Globe 2024.

La Class40 : Diversité, Engagement et Solidarité

La Class40, avec ses 17 skippers normands, est un terrain de jeu pour des personnalités et des projets variés, mêlant compétition et messages forts.

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Nicolas Jossier et Alexis Loison : Un Message Contre le CancerLe Granvillais Nicolas Jossier (Yacht Club de Granville) et le Cherbourgeois Alexis Loison (Yacht club de Cherbourg) navigueront à bord du Class40 "La Manche #EvidenceNautique". Au-delà de l'aspect purement sportif, ils porteront un message de solidarité à destination des personnes porteuses d’un cancer. Nicolas, chez qui les médecins ont décelé un lymphome en 2015 alors qu’il avait 39 ans, "veut mettre en avant les bienfaits du sport quand on est malade". Cette initiative donne une dimension humaine et inspirante à leur participation. En véritables compétiteurs, ils se battront bien sûr pour décrocher le meilleur classement possible. Leur Class40 a déjà un historique de victoires, ayant remporté la Route du Rhum 2018, skippé à l’époque par Yoann Richomme, ce qui en fait un bateau avec un pedigree solide. Pour Alexis Loison, 37 ans, cette course représente un nouveau défi après 16 saisons consécutives sur le circuit Figaro. Avec la Jacques Vabre, il dispute sa deuxième course transat de l’année, après celle disputée au printemps 2021 sur le Figaro III Région Normandie, en binôme avec Guillaume Pirouelle à qui il a passé la barre pour la prochaine saison.

Jérémie Mion et Cédric Château : Le Défi de l'InconnuJérémie Mion, Havrais de 44 ans, traversera l’Atlantique à bord du Class40 "Seafrigo - Sogestran", aux côtés de Cédric Château. Responsable du pôle espoir de la Ligue de Voile de Normandie, Jérémie apporte une connaissance approfondie de la formation et de la compétition. Il est arrivé en sixième position lors de la dernière édition de la Jacques Vabre, une belle expérience sur laquelle il pourra s’appuyer pour sa première transat en tant que skipper. Si le licencié de la Société des Régates du Havre est serein quant à l’expérience de son ancien moniteur, des questionnements subsistent quant à la nature de l'effort : "C’est une grosse mission que je me lance", confie le champion du monde. Il anticipe les défis inhérents à une course en double de cette envergure : "Dormir va être compliqué. Manger va être un défi." Ces propos illustrent la difficulté physique et mentale de la course, même pour des marins aguerris.

Julia et Jeanne Courtois : Un Duo Féminin EngagéLes jumelles Julia et Jeanne Courtois, licenciées à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, apportent une dimension particulière à cette transat. Elles navigueront sous les couleurs de sponsors normands, et sont les lauréates du projet “Cap pour Elle”, un projet mené par la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre et son partenaire Saint James, créé dans le but d’épauler un projet porté par une femme pour la traversée de l’Atlantique. Leur Class40, baptisé "Addictif", ne pouvait porter meilleur nom, car Julia et Jeanne sont de véritables accros aux défis sportifs. À seulement 29 ans, leur CV sportif est déjà impressionnant : après 5 ironmans, 3 ultra-trails et 2 finistèremans, elles vont tout donner pour ajouter une Transat à leur palmarès. Julia, pharmacienne, et Jeanne, ingénieure dans le domaine de la défense, ont deux personnalités complémentaires, un atout précieux pour une navigation en double où la cohésion est essentielle. Leur objectif est clair : "donner du sens à la transat en faveur des femmes, en défendant l’association Fifty fifty, qui permet aux femmes victimes de violences de se reconstruire par le sport."

Pierre-Louis Attwell : Surmonter l'Adversité par le SportPierre-Louis Attwell, un Normand de 24 ans, participe pour la deuxième fois à la Transat Jacques Vabre. Malgré la maladie de Crohn qu’on lui a diagnostiquée à 16 ans, il continue d’être passionné par la voile, une pratique qu’il a découverte enfant sur le bateau familial. Après quelques années de pudeur au sujet de sa maladie, son ton a changé : "la communication et la sensibilisation sur la maladie de Crohn sont devenues mon objectif principal." Il utilise ainsi sa participation à la course pour sensibiliser le public à cette maladie chronique. Il est accompagné par Maxime Bensa, moniteur au Deauville Yacht-Club, qui a représenté la Normandie aux championnats de France espoir ou encore sur le Tour Voile. Cette collaboration entre un athlète engagé et un moniteur expérimenté témoigne de la force du projet et de l'esprit de partage dans le monde de la voile.

La Jeune Garde et les Binômes Singuliers de la Class40

La Transat Jacques Vabre est également un tremplin pour la nouvelle génération de marins, tout en offrant des associations inattendues.

Thimoté Polet et Nicolas Lemarchand : Jeunesse et Expérience CombinéesUn binôme particulièrement intéressant est formé par Thimoté Polet et Nicolas Lemarchand. Vingt-quatre années les séparent, mais cette différence d'âge ne freine en rien leur complicité à bord. Le premier, Thimoté Polet, n'a que 20 ans et est décrit comme une "pépite de précocité". Il a commencé la compétition à 8 ans au Havre avant d’intégrer à 12 ans le Pôle espoir de la Ligue de Normandie. Sa première médaille d’argent fut obtenue à seulement 14 ans au championnat de France minime d’Optimist à Quiberon. Sa dernière consécration en date est une victoire au championnat d’Europe 2021 en Match Racing, démontrant son talent précoce. À ses côtés, Nicolas Lemarchand est un autre novice de la Transat Jacques Vabre, mais son parcours est loin d'être celui d'un débutant. Ancien étudiant en architecture navale, puis souscripteur en compagnie d'assurances dans le domaine maritime, Nicolas Lemarchand n’a jamais vraiment quitté l’horizon marin. Son palmarès amateur parle de lui-même : vice-champion de France puis d’Europe en First class 8 en 1999 et 2000, vainqueur du Tour de France à la voile en amateur en 2010 et en entreprise en 2020. Ils forment le binôme mixte le plus jeune de la Transat Jacques Vabre 2021. La partenaire féminine de ce duo, née à Caen et étudiante en Master Management du Sport, est une ancienne handballeuse, sport qu’elle a dû arrêter suite à un traumatisme crânien et à une hémophilie l’empêchant de poursuivre les sports de contact. C’est donc vers la voile qu’elle s’est tournée, avec l’envie de représenter les personnes vivant avec une maladie hémorragique rare. Après avoir déjà participé à une transatlantique retour en double, la Caennaise est pour sa première Jacques Vabre l’une des 4 femmes skippers parmi les 50 équipages de Class40, un fait notable qui souligne la féminisation progressive de la course au large. Le co-skipper masculin de ce binôme, né à Granville et étudiant en BTS Technico-Commercial, est le plus jeune navigateur de l’édition 2021, un statut qu'il avait déjà lors de sa première participation en 2019, attestant de sa précocité et de sa détermination.

Antoine Calliste et Ivica Kostelić : Le Sportif CompletAntoine Calliste, licencié au Yacht Club de Granville, a failli ne pas participer à l’édition 2021 de la Transat Jacques Vabre. Après une collision le 8 août avec un autre bateau lors du départ de la Rolex Fastnet, plus de deux mois de réparations ont été nécessaires pour remettre à flot le Class40 "Croatia Full of Life". Pour sa seconde participation, le jeune Normand de 26 ans est accompagné d’un skipper à la renommée internationale, mais dans un domaine différent : les sports de glisse. Ivica Kostelić est une ex-star du ski, multiple champion du monde et 4 fois médaillé aux Jeux Olympiques, un exemple de reconversion et de polyvalence sportive qui apporte une touche d'originalité au plateau.

Pierre Casenave-Péré et Kévin Bloch : La Montée en PuissanceÀ seulement 22 ans, Pierre Casenave-Péré, ingénieur né à Caen, naviguera sur le Class40 "Legallais" aux côtés de Kévin Bloch. C'est leur troisième course ensemble de la saison, après la Normandy Channel Race en mai, les Sables-Horta en juin et la Rolex Fastnet en août, témoignant d'une collaboration solide et d'une progression constante. Aujourd’hui licencié à Barneville-Carteret, il s’apprête à disputer sa deuxième transat en course, consolidant ainsi son expérience dans la course au large.

Jean-Edouard Criquioche et Éric Baray : L'Atout Local à l'ArrivéeÀ 51 ans, Jean-Edouard Criquioche n’en est pas à son coup d’essai. Outre 3 Route du Rhum, dont une sous les couleurs de la Région Haute-Normandie en 2014, l’entrepreneur normand a également participé à 3 Transat Jacques Vabre en 2007, 2011 puis 2013, affichant un palmarès impressionnant. Pour l’édition 2021, il n’a pas choisi son co-skipper au hasard : en plus d’être un navigateur expérimenté, Éric Baray est Martiniquais. C'est "un véritable atout" pour une course dont l’arrivée est prévue pour la première fois à Fort-de-France, car "Éric Baray connaît bien le passage sous le vent, au large de la Martinique." Jean-Edouard Criquioche le dit lui-même : "Je me suis associé à un skipper de talent !", une reconnaissance de l'expertise locale qui peut faire la différence sur la fin du parcours.

Renaud Courbon et Guillaume Pirouelle : Le Projet In extremisLe duo havrais Renaud Courbon et Guillaume Pirouelle a connu un scénario délicat des ultimes préparatifs, avec du stress jusqu’à la dernière minute. Les deux Havrais se sont associés pendant l’été, lorsque Guillaume, le nouveau Skipper Région Normandie, a répondu favorablement à l’invitation de l’avocat Renaud Courbon, skipper amateur éclairé. Ce dernier, aux manettes d’un projet de transat sous les couleurs de l’Opération Clown à l’hôpital, devait mettre à l'eau un Class 40 flambant neuf. Cependant, le bateau, livré tardivement, a de surcroît été endommagé lors de sa mise en service, et ce, seulement trois semaines avant le départ. Ce contretemps majeur a mis à rude épreuve la détermination du binôme, mais ils ont su faire preuve de résilience pour être sur la ligne de départ, portant un message important à travers leur projet humanitaire.

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