La corde de sécurité est un des éléments indispensables pour le guide de rivière ainsi que pour le sauveteur en eau vive. Il existe une multitude de corde sur le marché, avec différents matériaux, diamètres et caractéristiques techniques (résistance à l’abrasion, résistance à la traction, etc…). Lors d’un précédent article, nous avons abordé les points importants à prendre en compte dans le choix d’une corde de sécurité et de sa ceinture de portage ; cette fois, nous allons nous intéresser au type de corde en fonction de l’usage qu’on souhaite en faire.
Sans être forcément exhaustif, nous allons différencier 4 catégories de corde qui vont avoir une utilité sur la rivière. Il convient de rappeler que ces résistances à la traction sont indiquées pour des cordes sans nœud ; dès qu’un nœud est réalisé sur une corde, la résistance à la traction de celle-ci diminue d’au moins 30%. De plus, on ne parle ici que de cordes qui pourront être utilisées dans l’eau, et à fortiori, en eau vive. Donc, toutes ces cordes sont obligatoirement flottantes.
Cordes avec une résistance inférieure à 10 kN
Le gros avantage de cette catégorie de cordes réside dans leur légèreté : elles sont donc faciles à manipuler et à lancer et on peut les garder tout le temps sur soi sans être limité dans ses mouvements (pour courir ou nager). Par contre, le gros inconvénient de ces cordes est leur relative faible résistance à la traction qui limite leurs usages. Ce sont vraiment, et presque exclusivement, des cordes de lancer. Généralement, la plupart sont construites en polypropylène ; choisissez tout de même des cordes avec une âme, plutôt qu’une corde sans âme, et avec un diamètre idéalement de 8mm pour une bonne prise en main.
De même, la longueur idéale se situe entre 8 et 15m (à adapter en fonction du type de rivière sur lesquelles vous avez l’habitude d’évoluer), ce qui permet de conserver une corde compacte. Avec ce type de corde, il n’est en effet pas forcément nécessaire d’avoir une corde très longue, car ce sont généralement des « secondes » cordes, pour une utilisation rapide sur des lancers de proximité. Et comme, du fait de leur faible résistance, elles ne seront pas utilisées pour le montage de systèmes complexes demandant beaucoup de longueur, comme dans la mise en place d’avantages mécaniques, il n’est pas nécessaire qu’elles fassent 15 ou 20m de long. Quelques exemples incluent la NRS Wedge Rescue, HF Weasel, Palm Lightning 18, ou l'Astral Throw Rope.
Cordes avec une résistance comprise entre 10 et 15 kN
Cette catégorie de corde est très intéressante : ce sont un peu les cordes à tout faire ! Elles sont encore suffisamment légères pour le lancer (avec des diamètres généralement inférieurs à 10mm) et déjà bien résistantes pour pouvoir commencer à leur « tirer dessus ». Leur « faible » diamètre permet de conserver des cordes relativement légères, faciles à utiliser sur des lancers et qui ne sont pas trop pénibles à ranger dans leur sac. Pour qu’elles restent faciles à porter et pas trop encombrantes, une longueur comprise entre minimum 15 et maximum 20/25 m est idéale, à adapter en fonction des parcours.
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Ce sont donc des cordes qu’on va réserver à un usage « sauvetage » et il est intéressant de les prévoir d’une longueur suffisante pour pouvoir installer des systèmes sans manquer de longueur : diagonale tendue, avantage mécanique type 9:1 qui demande beaucoup de corde, bateau captif, etc. Une longueur de 25m est le minimum, voire 30m. D’autant plus que généralement, comme on ne les porte pas sur soi et qu’elles sont stockées dans un bateau, autant prévoir quelques mètres de rab. Les matériaux utilisés sont souvent du polypropylène renforcé avec du spectra ou du polyester, ou du dynema. Des modèles comme la WWTC Craft ou la NRS Pro Rescue illustrent bien cette catégorie.
Cordes avec une résistance comprise entre 15 et 22 kN
Les cordes situées dans cette tranche de résistance permettent le montage de systèmes complexes de secours. Encore relativement légères et peu encombrantes, cela peut être utile, voire indispensable, d’avoir une corde de ce type au fond de son kayak ou dans le kit de décravatage à l’intérieur de son raft. Associée avec une corde de la catégorie précédente, cela permet de gérer un bon nombre de situations. Ces cordes constituent le pivot central de la sécurité active pour les pratiquants réguliers. Elles offrent un compromis idéal entre maniabilité, poids transportable et capacités de traction pour des manœuvres de secours technique.
Cordes avec une résistance de plus de 22 kN
Là, pour le coup, nous sommes vraiment dans la catégorie des « grosses cordes bien solides », pour un usage de secours uniquement, et notamment quand on a besoin de beaucoup de tension (exemple : dans le montage d’un bateau sur tyrolienne). Dans cette catégorie, on ne parle plus de « corde de sécurité » comme on l’entend habituellement en eau vive, car elles ne se rangent pas dans un sac de lancer qu’on peut porter sur soi. Cependant, elles ont leur utilité dans une optique « sécurité et sauvetage ».
Il existe trois catégories de cordes : les cordes statiques, dynamiques et semi-statiques. Les cordes statiques ne s’allongent pas, ce qui est un avantage quand on veut mettre de la tension, MAIS elles ne flottent pas ; on oublie donc pour une utilisation dans l’eau. Les cordes dynamiques, utilisées en escalade, ont un très grand allongement pour absorber les chocs, ce qui est inadapté au sauvetage. Restent donc les cordes semi-statiques, généralement utilisées en canyoning, qui ont un allongement modéré et flottent, bien qu'elles perdent de leur flottabilité avec le temps.
La Pro-Water de Béal est la première corde semi-statique flottante de type A du marché, avec une résistance de 25 kN. Construite en polyamide et néoprène, sa flottabilité est excellente. Pour ce type de matériel, 50m semble être une longueur de référence. Ce sont des cordes pour les « grosses » situations de secours. Même s’il n’est pas forcément utile d’avoir ce type de corde pour un usage quotidien, il peut être intéressant d’en prévoir une pour les expéditions ou les navigations engagées. Avec une résistance supérieure à 22 kN, ces cordes peuvent être utilisées pour les opérations de sauvetage vertical, comme la descente en rappel ou la remontée.
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Entretien et longévité du matériel de sécurité
Prenez soin de vos cordes : lorsque vous relevez votre corde, prenez l’habitude de le faire avec la corde dans l’eau et non dans le sable, car les grains abrasifs accélèrent l'usure interne. Sa durée de vie n’en sera que plus longue. Prenez également l’habitude de faire sécher, ou du moins d’aérer, vos cordes après chaque utilisation. Cette habitude permet également de vérifier que sa corde est en bon état. N’oubliez pas que les cordes n’aiment pas les UV : faites-les sécher à l’abri du soleil. Enfin, les cordes ont une durée de vie limitée : même si la durée de vie dépend de son entretien et de son utilisation, la règle générale est que les cordes doivent être utilisées pendant un maximum de 5 ans après leur mise en service.
Comprendre les règles de navigation en milieu aquatique
En mer, ce sont les navires qui ont la capacité de manœuvre la plus restreinte qui sont prioritaires. En canoë-kayak, vous ne serez donc prioritaire que sur des bateaux à moteur qui n’ont pas de restriction de capacité de manœuvre. Vous devez également vous éloigner des voiliers, qui ont moins de capacité de manœuvre que vous. En rivière et sur plan d’eau, le canoë-kayak est considéré comme une menue embarcation : il doit donc s’écarter de la route de toutes les embarcations de plus de 15 m comme les péniches ou les bateaux de croisière. Là encore, vous devrez laisser la priorité aux voiliers, mais une embarcation à moteur de moins de 15 m devra manœuvrer afin de vous laisser tranquille.
Concernant les priorités entre deux kayaks, la règle est simple : priorité à celui qui vient de la droite. Si vous vous retrouvez face à face, vous devrez passer sur la droite de l’autre utilisateur, comme en voiture. La pratique du kayak est souvent associée à une activité estivale. Pour autant, l’été n’est pas forcément la saison la plus favorable pour débuter. Les journées sont très chaudes et les usagers de la mer nombreux en cette période de congés annuels : bateaux et autres jets ski sillonnent les eaux et peuvent constituer une source de stress supplémentaire pour les débutants en randonnée kayak.
Privilégiez plutôt une belle journée de printemps ou d'automne, ensoleillée ou même un peu nuageuse, et surtout sans vent. Pour éviter ce dernier, le mieux est de partir le matin : moment de la journée où les conditions météorologiques et la mer sont calmes. Il n’est pas rare de trouver une mer d’huile à 8h du matin. Mais relevez toujours la météo et la marée avant de partir, car une mer calme à 8h peut devenir houleuse et ventée à 10h. Un fort coefficient de marée contre vous peut s'avérer dangereux. Vous voilà équipé et informé : il ne vous reste plus qu’à trouver un compagnon d’aventure expérimenté qui vous montrera les spots adaptés et les fondamentaux de la navigation.
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