Le cordage est un élément essentiel du monde de la voile. Des cordages de haute qualité font partie de l'équipement indispensable de tous les bateaux, à voile comme à moteur. Il est essentiel que les cordages de voile soient robustes et durables pour résister aux vents forts et aux contraintes de la pratique de la voile. Mais quels sont les cordages les mieux adaptés à votre bateau ? Découvrons les différents types de cordages de voile, leurs matériaux et leurs fonctions spécifiques.
Les cordages à bord d'un voilier triés par fonction
Au premier coup d’œil, le nombre de cordages qui montent le long du mât ou courent sur le pont d’un voilier paraît souvent impressionnant pour le néophyte. Et bien évidemment, connaitre ces différents cordages et leurs fonctions, savoir les utiliser, est une des compétences de base à bord.
Pour y voir plus clair, il nous faut trier ces cordages par fonction, on constate alors qu’ils ne sont pas si nombreux qu’il y parait au premier abord, et qu’en fait tout ça est finalement simple et logique. Avec de la pratique, vous apprendrez rapidement à les connaitre et à les utiliser.
- Hisser les voiles | Les drisses
Une drisse sert à « envoyer les voiles », on utilise les termes « hisser » (la voile monte) et « affaler » (la voile descend). Les drisses longent donc le mât. Elles montent à l’extérieur, redescendent à l’intérieur et ressortent par des « lumières » (des trous dans le mât). FIDJI étant doté d’un « étai largable », il compte en tout trois voiles d’avant (un spi, un génois et une trinquette, des voiles utilisées en fonction des circonstances) et une grand voile. Amandine est en train de hisser la trinquette, avec…la drisse de trinquette.
Les drisses ne montent pas forcément jusqu’en haut du mât, mais elles passent toujours par une espèce de roulette : un réa.
Lire aussi: Tout savoir sur la ralingue : définition et méthodes de couture pour voiles.
Il faut donc retenir au passage que si une drisse est dure et qu’une voile a du mal à monter, la première chose à vérifier, c’est l’état des réas. Et que forcer sur une drisse qui coince n’est vraiment pas une bonne idée !
- Border les voiles | Les écoutes
Une fois les voiles hissées ou déroulées, elles auront naturellement tendance à partir dans le vent, comme le ferait un drapeau. Les écoutes vont nous permettre de les amener vers le centre longitudinal du voilier et donc, de les gonfler. Tirer sur une écoute, c’est border. On borde une écoute, ou une voile.
Pour exprimer l’inverse, on utilise le terme choquer. Je « choque la voile », signifie que je relâche l’écoute, la voile s’écarte alors de l’axe longitudinal du voilier. Pour border une voile, on utilise généralement des winchs et des palans.
- Régler les espars | Hâle-bas et balancines
Sur l’image ci-dessous, vous voyez deux espars, la bôme et le tangon. On constate qu’ils sont à l’horizontale. Ils auront donc naturellement tendance à tomber si on ne les retient pas, ou s’il n’y a pas de voile à poste. Pour les retenir, on utilise des « balancines ». La balancine de bôme suit le même chemin que la drisse de grand-voile. Lorsque la voile est « affalée », rangée dans son sac, c’est la balancine qui tient la bôme. Par contre, lorsque les voiles sont hissées et utilisées, on « mollit » généralement la balancine pour pouvoir agir sur la voile (la tendre vers le bas par exemple). La balancine de tangon de son côté est vers l’avant du voilier, elle ne monte généralement pas en tête de mât, mais elle suit néanmoins elle aussi le même chemin qu’une drisse.
Les hale-bas de leur côté sont moins sollicités, puisqu’ils ont la fonction opposée : empêcher les espars de monter.
Lire aussi: Comprendre les termes de la voile
- Réduire et augmenter la voilure - Bosses de ris et bosses d'enrouleur
Les « bosses de ris » et « bosses d’enrouleur » sont les cordages utilisés :
- pour augmenter-réduire la voile à l’aide des ris
- Pour enrouler ou dérouler une voile
Concernant les bosses de ris, le rôle est de contraindre la partie basse d’une voile afin qu’elle ne puisse être hissée jusqu’en haut. La surface est alors réduite et le voilier moins puissant. On réduit la surface de voile d’autant plus que le vent est fort. Au niveau de l’enrouleur, la bosse est relâchée pour que la voile puisse se dérouler, (on tire sur les écoutes). On procède de façon inverse, (choquer les écoutes et reprendre la bosse) pour enrouler la voile.
- Amarrer le bateau | Les aussières
Une aussière est particulière dans le sens où elle doit amortir les chocs et les à-coups parfois très violents que peut subir un bateau lorsqu’il est amarré. Ces cordages doivent être élastiques pour que la charge soit répartie et ne soit pas transmise aux taquets.
=> On n’amarre pas son bateau avec une drisse ou une écoute, qui, au contraire des aussières, sont conçues avec le minimum d’élasticité possible !
Autres cordages et accastillage
À bord d’un voilier, on utilise aussi trois termes génériques :
Lire aussi: Entretien des cordages de bateau
- Les « bouts » (prononcés « boute ») => Tous les cordages sont des bouts !
- Les « cordages » (ils sont ici également tous représentés)
- Les « garcettes » (pour les cordages très fins)
Beaucoup le savent, on ne parle pas de « cordes » sur un bateau, pourquoi ? En fait la « corde » existe à bord des voiliers, mais elle a deux fonctions bien particulières, on trouve :
- Celle de la cloche, permettant de la faire sonner
- Celle qu’à l’origine, on vous passait autour du cou pour vous pendre !
Les principaux types de cordages
Pour le cordage marin, on trouve principalement trois types de bouts : les drisses, les écoutes et les amarres. Les drisses vont servir à hisser et à affaler une voile. On trouve souvent trois drisses à bord : la grand-voile, le foc (ou le génois) et le spi (Spinnaker). Les écoutes vont permettre de régler les différentes voiles : grand-voile, foc et spi. Les amarres, comme leur nom l’indique, vont permettre d’amarrer votre bateau au port, de le « stationner ». Sur un bateau on parle de cordage ou de bout. Un bout désigne tout type de cordage (drisse, écoute, amarre, bosse de ris…). On ne va pas choisir le même cordage pour son bateau selon que l’on navigue pour le plaisir ou pour la compétition. Le raisonnement dans la sélection du cordage est différent suivant l’utilisation que l’on souhaite faire de son voilier.
- Drisse (en rouge) : C’est un bout qui va sur le point de drisse, elle permettra de hisser et baisser (on dit affaler) une voile.
- Écoute (en jaune) : C’est une corde, que dis-je ! Un bout ! L’écoute permet d’orienter la bôme et donc la voile (à gauche ou à droite), plus on laisse de mou plus la voile s’ouvre. Cela permet donc de lui donner un angle par rapport au vent.
- Hale-bas (en bleu).
- Bosse d’empointure (en violet) : Sur la GV elle relie le point d’écoute à la bôme. Elle permet de régler la tension de la bordure.
- Balancine (en vert).
- Contre écoute (en rouge) : C’est l’écoute qui ne sert pas actuellement, car la voile est de l’autre côté. Elle est donc « molle ».
- Amarres ou les aussières : Pour terminer avec les noms de cordes, il reste celle liée à l’amarrage (pour le « garer » au port).
En fonction de comment les bouts sont installés, ils reviennent dans le cockpit (un vrai bordel !). Chaque bout est bloqué dans un taquet pour conserver son réglage. Pour choquer un bout, il suffit d’ouvrir le taquet en le soulevant. Pour border, il suffit de tirer sur le bout… mais le poids de la voile et la force du vent peuvent rendre l’opération très physique.
Les matériaux de cordage
Après avoir choisi votre cordage en fonction de son utilisation, il vous faudra sélectionner une fibre adaptée à vos besoins et programme de navigation. Fibre synthétique ou fibre naturelle, les deux offrent des qualités différentes. Aujourd’hui, la fibre naturelle en chanvre n’est quasiment plus utilisée que pour la décoration ou la restauration de vieux gréement. Polyester, Polyamide, Dyneema ou encore polypropylène, sont les fibres synthétiques les plus répandues sur le marché du cordage marin.
Les fibres naturelles
Le chanvre est indissociable du monde de la voile. De la fabrication des filets de pêche à une utilisation pour les gréements des bateaux, la fibre naturelle en chanvre était déjà monnaie courante à l’époque médiévale. C’est pourquoi le chanvre est toujours associé à l’imaginaire marin, même si les matériaux et fibres synthétiques l’ont largement remplacé aujourd’hui. Fibre 100% naturelle, écologique et à l’aspect authentique, la corde chanvre est reconnaissable par sa couleur beige et sa douceur au toucher. S’il est traité pour être utilisé en extérieur, ce matériau peut servir à de nombreux usages. Attention cependant à bien vérifier la charge de rupture et l’environnement dans lequel le chanvre sera employé. Cette fibre traditionnelle n’est pratiquement plus utilisée pour le gréement des bateaux. Sa forte capacité à résister au milieu marin ainsi que ses propriétés naturelles en font néanmoins une fibre parfaite pour le calfatage, action qui consiste à remplir l’espace entre les planches de bois constituant la coque des bateaux traditionnels.
Les fibres synthétiques
- Dyneema
C’est grâce à l’évolution des technologies que des matériaux comme le Dyneema ont pu voir le jour. est un matériau à la résistance de traction très élevée. En effet, la fibre Dyneema résiste cinq fois plus qu’un cordage en polyester standard. C’est d’ailleurs une de ses nombreuses qualités, en plus d’offrir un faible allongement, un poids réduit au maximum et une excellente flottabilité. Comme tout cordage marin en fibre synthétique, la fibre Dyneema ne subit pas les dommages causés par les rayons UV ou le sel. Matériau à la performance inégalée, le cordage Dyneema est conçu en polyéthylène et sert notamment à la fabrication des drisses pour un réglage optimal des voiles des bateaux de compétition. Le Dyneema et le Spectra sont tous deux conçus à partir de polyéthylène "haut module", mais le Dyneema a une structure moléculaire légèrement différente, ainsi qu'une charge de rupture plus élevée pour les diamètres les plus importants. C'est la société DSM qui a inventé la fibre synthétique Dyneema®. Ce matériau a des caractéristiques légèrement meilleures en matière d'usure sur les parties les plus sollicitées et il est bien plus souple que le Spectra 1000. Longtemps réservé à la course au large ou au régatier, il s’impose progressivement dans le monde de la plaisance amateur. Son poids plume, son faible coefficient d’allongement et sa grande résistance à la rupture en font la fibre idéale pour de nombreuses applications. Drisses, écoutes, pataras, hale-bas, il est performant dans toutes ces applications.
- Spectra
Le Spectra est une fibre résistante et durable, produite par le fabricant Honeywell. Il s'agit de la fibre la plus résistante. Le seul désavantage des cordage en Spectra est le fluage, c'est-à-dire le fait que le cordage s'étire graduellement lorsqu'il est en tension constante, sans revenir à sa dimension initiale. C'est une déformation durable.
- Nylon
Également connu sous le nom de polyamide, le nylon est lui aussi un matériau synthétique utilisé dans le monde de la voile pour sa grande résistance. Facile à utiliser, la souplesse du nylon permet par exemple de réaliser des nœuds marins sans grande difficulté. est qu’il absorbe l’eau. De fait, il s’alourdit et devient plus difficile à manipuler en manœuvres. C’est pour cela qu’on utilise essentiellement le nylon, ou polyamide, pour les amarres ou les lignes de mouillage. Sa capacité à encaisser les chocs en mer vous garantit une sécurité maximum pour votre bateau lorsque celui-ci est amarré au port ou au mouillage en mer, pour une durabilité accrue. Le polyamide (nylon) possède une forte capacité d’absorption des chocs et de résistances aux surcharges ponctuelles grâce à sa forte élasticité naturelle. C’est donc la fibre idéale pour l’amarrage et pour confectionner sa ligne de mouillage. Il est néanmoins déconseillé de l’utiliser comme amarre dans les régions à fort taux d’ensoleillement car sa résistance aux UV est modérée. Il est facile de le reconnaître car il ne noircit pas quand on le brûle et forme un long fil quand on l’étire.
- Polyester
Pour un matériau à tout faire, à la résistance quasi incomparable en milieu extérieur, le polyester reste une des fibres synthétiques les plus utilisées. sur de nombreux ponts et gréments de voiliers de plaisance ou croisière. Endurant face aux rayons UV, tout comme à l’eau de mer et l’humidité, le polyester est également très robuste à la rupture. est un cordage marin très polyvalent parce que très résistant à l’abrasion et aux charges lourdes. C’est pour cela qu’on le retrouve dans de nombreux domaines d’activités comme le BTP, l’industrie, le levage, le jardinage ou le bricolage. Le polyester est la fibre la plus utilisée sur un bateau. Résistant aux UV et au sel, possédant un allongement réduit ainsi qu’une grande souplesse, il convient à 80% des applications sur un bateau. Le polyester peut servir en tant qu’écoutes, de drisse et même d’amarre.
- Polypropylène
Comme pour tout cordage marin, la corde polypropylène PP est traitée anti-UV. Elle est aussi imputrescible, résistante à l’eau de mer et garantit une bonne flottaison. On la retrouve à bord sous forme d’amarres et aussières, jusque sur les ponts de navires aux forts tonnages comme dans la marine marchande. En plus de ces qualités techniques de fabrication, le polypropylène est très bon marché. C’est un choix de matériau que nous vous recommandons pour ses propriétés diverses et son rapport qualité/prix imbattable. A noter que pour un effet plus naturel, vous trouverez sur notre site de la corde polypropylène texturé imitation chanvre pour toutes vos activités de décoration aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le polypropylène a la particularité de flotter. Il est donc naturellement utilisé comme bout de remorquage (car il n’y a pas de risque qu’il se prenne dans l’hélice et qu’il est facile à récupérer sur l’eau). Il convient aussi à la confection de petits câbles destinés à la pêche. Pour le reconnaître il faut le prendre en main.
Comment choisir ses drisses ?
Les drisses font partie du gréement courant d'un bateau. L'allongement doit être aussi limité que possible. La drisse doit avoir une bonne flexibilité et une bonne accroche, sur le winch ou en main. Elle ne doit pas coquer. Les charges de rupture et de travail doivent être élevées, et le poids du cordage et son diamètre doivent être faibles. Les régatiers accordent beaucoup d'importance au poids des drisses. Certains bateaux sont encore équipés de drisses métalliques. Les progrès de la fabrication des cordages ont toutefois conduit à l'utilisation de fibres synthétiques. Le polyester est le matériau le moins cher et il répond avantageusement aux exigences ordinaires. Les drisses en Dyneema s'allongent bien moins que le polyester et sont plus légères.
Les écoutes
La plupart des écoutes doivent posséder les mêmes qualités que celles déjà décrites pour les drisses. Le matériau des écoutes ou de leur gaine doit généralement résister au ragage, puisque les écoutes sont fréquemment déplacées et frottent dans les réas, les poulies, les winches et les taquets, ce qui entraîne leur usure. Ce matériau doit également résister aux UV, afin de ne pas durcir ni se détériorer. Enfin, les écoutes doivent supporter une charge de travail élevée, tout en étant légères et de faible diamètre. Pour régater, c'est un critère primordial. Plus les voiles sont fines et profilées et plus la tension de l'écoute est importante, plus les cordages doivent être de haute qualité et à faible allongement. Les écoutes qui sont manipulées à la main doivent permettre une bonne prise, être souples et adhérentes. Il ne faut pas qu'elles s'emmêlent lorsqu'elles sont choquées. Il est important que les écoutes de génois soient compatibles avec les winches : les manœuvres sont en effet d'autant plus rapides qu'il faut placer un minimum de tours sur la poupée. Il est préférable que le bout ne s'enroule pas sur lui-même au moment d'embraquer, ce qui est justement le cas lorsque l'écoute est bien dimensionnée pour le winch. Lors des virements de bord, il doit être facile de choquer. Les écoutes polyester sont adaptées aux bateaux de croisière équipés de palans de grand-voile manipulés à la main et de génois à fort recouvrement. Elles conservent leur flexibilité, même lorsque la traction est importante. Il existe des bouts où la fibre Dyneema est associée à des fibres en polypropylène. Ces cordages ont un allongement légèrement supérieur, mais l'association de matériaux les rend moins onéreux. Ces cordages sont constitués d'une tresse 20 fuseaux en fibres continues. Les écoutes tiennent ainsi particulièrement bien dans les poupées de winches et dans les taquets coinceurs. Cette méthode de fabrication permet d'obtenir des cordages flexibles mais relativement lisses. Les écoutes fabriquées à partie de fibres discontinues ou de fibres peignées tiennent bien en main grâce à leur texture douce et soyeuse, mais elles s'usent également plus rapidement. Il n'est donc pas recommandé de les utiliser au winch. Les écoutes en fibre "grip" sont fabriquées à partir de fibres continues de polyester spécialement traitées qui sont mélangées à des fibres discontinues, ce qui permet d'obtenir une gaine facile à agripper mais toujours résistante. Sur les bateaux de croisière, le diamètre des écoutes dépend largement de leur manipulation et non de leur charge de rupture. Pour un bateau de 10 m, il faut en général choisir des écoutes de 10 mm de diamètre. Quelques centimètres d'allongement suffisent, surtout avec une voile à membrane, pour altérer la performance du bateau. L'idéal est alors d'utiliser une écoute en Dyneema.
Les amarres
Les amarres doivent répondre à des exigences largement différentes de celles des drisses ou des écoutes.
Entretien des cordages
Les conditions climatiques de la zone où se trouve votre bateau peuvent altérer la résistance des cordages, avec d'importantes variations d'une année à l'autre et selon leurs matériaux et leurs couleurs. D'autres facteurs sont susceptibles d'influencer l'usure d'un cordage. Les bouts de faible diamètre sont bien plus rapidement endommagés que les cordages dont le diamètre est plus important. Avant même de commencer à installer votre gréement à bord, identifiez les arrêtes vives et autres zones de danger potentiel pour vos cordages. Pendant la saison, vous devez vérifier régulièrement l'état de vos cordages, en particulier du gréement courant, et vous assurer de l'absence de détérioration. Le mieux est d'inspecter vos bouts tous les 30 cm. Une attention spéciale doit être accordée aux épissures et aux cosses. Si vous hivernez votre bateau en extérieur, il est recommandé de retirer les drisses en Dyneema du mât, ainsi que les bouts de manœuvre et les prises. Un nettoyage régulier des cordages ne rend pas seulement votre bateau plus beau, il permet aussi de remédier à leur décoloration et de supprimer les résidus salins qui s'y déposent, prolongeant ainsi leur durée de vie. Une usure interne peut résulter de la pénétration de poussière ou de sable à l'intérieur des cordages. On peut s'en apercevoir à des torons plus lâches et à une abrasion poudreuse des fibres. Il est généralement possible de laver les cordages à la machine. N'utilisez qu'une petite quantité de lessive, de préférence une lessive spéciale pour les textiles fonctionnels, et ne poussez pas la température de la machine au-delà de 30°C. Nous vous recommandons de mettre vos cordages dans une taie d'oreiller ou un contenant similaire afin qu'ils ne s'emmêlent pas, ou pas trop, pendant le cycle. Les cordages en Dyneema ne doivent pas être lavés, car ils sont souvent fabriqués avec une enduction spéciale, par exemple pour améliorer l'adhérence entre la gaine et l'âme. Nettoyez les cordages Dyneema, si nécessaire, à la main avec de l'eau tiède et un détergent doux. Évitez d'exposer les cordages à des émanations chimiques ou toxiques/corrosives. Les zones détériorées peuvent être temporairement protégées avec de l'adhésif étanche pour empêcher la gaine de s'effilocher. Si l'âme n'a pas été touchée et que seule la gaine est abîmée, ce qui arrive souvent au niveau des bloqueurs, vous pouvez vous contenter de demander à votre gréeur de remplacer la gaine. Ainsi, vous n'aurez pas à acheter une drisse complètement neuve. Un gréeur peut également réajuster des cosses desserrées dans une épissure. Si seule une partie du cordage est détériorée, cette partie peut être coupée et les deux extrémités du cordage reliés entre eux par une épissure bout à bout. Néanmoins, si le cordage s'est rompu à cause d'une tension excessive, vous devez cesser de l'utiliser. Nous recommandons également de remplacer le cordage aussi vite que possible si les brins se cassent facilement.
Nœuds et épissures
Un nœud réduit la charge de rupture d'un cordage de 40-90%, une épissure de seulement 10%. Certaines épissures modernes n'ont aucun impact sur la charge de rupture. L'affaiblissement de la charge de rupture par un nœud dépend du matériau et du diamètre du cordage. L'âme et la gaine des cordages polyester se répartissent les charges de rupture, les nœuds les affaiblissent donc moins. Avec les cordages en Dyneema, la majeure partie de la charge est assumée par l'âme. L'âme d'un cordage en Dyneema est très lisse, elle peut glisser dans le nœud, ce qui fait passer la tension sur la gaine, réduisant ainsi, parfois radicalement, la charge de rupture. Dans le pire des cas, la drisse se déchire. Un nœud de chaise sur un cordage en Dyneema réduit la charge de rupture d'environ 50%. Un nœud plat ou un nœud d'écoute, de presque 90%.
Il faut maîtriser au moins 4 nœuds :
- Le nœud de chaise
- Le nœud de cabestan
- Le nœud de 8
- Le nœud de taquet.
Ils ont tous une fonction bien précise et ne peuvent se substituer l’un à l’autre, ils sont complémentaires et indispensables.