Les Émirats Arabes Unis (E.A.U), souvent reconnus pour leurs infrastructures futuristes telles qu'Abu Dhabi avec son grand prix de formule 1, ou Dubaï et ses hôtels de luxe ainsi que ses centres commerciaux abritant des aquariums et même une piste de ski intérieure, offrent bien plus qu'une splendeur architecturale et un luxe moderne. Ce pays du Moyen-Orient, bordé par l'Arabie saoudite à l'Ouest et Oman à l'Est, présente une particularité géographique fascinante : il est entouré par deux mers distinctes, le golfe d'Arabo-Persique (souvent appelé golfe d'Arabie) et le golfe d'Oman, lequel fait partie intégrante de l'océan Indien. Cette situation géopolitique et géographique confère aux E.A.U un environnement marin d'une richesse et d'une résilience exceptionnelles, souvent méconnu du grand public.
Le golfe d'Arabie, en particulier, est une mer semi-fermée dont la seule ouverture se trouve au détroit d'Ormuz. Cette caractéristique lui confère des conditions environnementales uniques. En effet, elle se distingue par un degré de salinité plus élevé que la plupart des autres mers et océans du globe. Les variations de température y sont également extrêmes, pouvant descendre aux alentours de 17°C en hiver et atteindre plus de 34°C en été. Malgré ces conditions qui, à première vue, pourraient sembler hostiles, une diversité surprenante de coraux, d'éponges et d'algues a su y trouver sa place et prospérer. Ces organismes marins étonnent par leurs couleurs, leurs formes et leur diversité. Bien que les fonds soient majoritairement composés de sable, des récifs, des failles et de petites grottes sont également présents çà et là, offrant des habitats variés à une faune et une flore marines adaptées. Cet article se propose d'explorer cette biodiversité remarquable, en mettant l'accent sur les coraux et les opportunités de snorkeling qu'offrent les eaux des E.A.U, en tirant parti de près d'une décennie d'observations de plongée.
Le Milieu Marin Extrême du Golfe Persique : Un Laboratoire Naturel de Résilience
Les océanographes et les biologistes marins qualifient souvent le golfe Persique de "laboratoire naturel" en raison de son environnement extrême. Cette mer semi-fermée, située entre la péninsule arabique et le plateau iranien, connaît une amplitude thermique vertigineuse : environ 18 degrés Celsius en février et jusqu'à 36 degrés Celsius en août. Malgré ces conditions, le Golfe grouille de vie, un fait remarquable étant la présence de récifs coralliens peuplés de coquillages, d'éponges, d'algues et de poissons-anges, vivaneaux à tache noire, brèmes de mer ou blennies étoilées. Ailleurs dans le monde, les coraux, très sensibles aux variations de température, résistent rarement à une eau supérieure à 32 degrés. Dans le Golfe, ils ont développé des adaptations uniques aux importants écarts thermiques. Ces "forêts marines locales" suscitent donc un grand intérêt chez les biologistes, qui cherchent à comprendre les mécanismes de leur formidable résilience et ce que cela pourrait signifier pour la capacité des autres récifs coralliens à s'adapter au changement climatique.
Les scientifiques comme Matt Mitchell et Noura Al Mansoori du laboratoire de biologie marine de l'Université de New York à Abou Dhabi étudient régulièrement des sites tels qu'Al Dhabiya, une zone protégée à l'ouest d'Abu Dhabi où la pêche est interdite. Leurs travaux incluent la collecte de blocs de coraux morts pour étudier la bio-érosion et le placement de capteurs pour recueillir des informations sur les sédiments marins. Les observations révèlent que les poissons, par exemple, se comportent différemment selon les saisons, étant très lents en hiver et extrêmement actifs en été.
L'endurance des poissons du Golfe est particulièrement impressionnante. Des expériences menées en laboratoire, comme placer des poissons dans un aquarium avec un fort courant simulant un tapis de course, mesurent leur consommation d'oxygène pour comprendre comment leur métabolisme et leurs performances sont affectés par la température. Ces poissons sont les seuls au monde capables de continuer à nager à de si hautes températures. Leurs organes semblent disposer d'une plasticité exceptionnelle : lorsque la température augmente, les tissus de leur cœur s'épaississent et la forme de leurs branchies se modifie pour augmenter la surface par laquelle ils peuvent capturer de l'oxygène, leur permettant ainsi de maintenir leurs activités essentielles comme nager, manger, se reproduire ou fuir les prédateurs.
Lire aussi: Immersion dans l'univers corallien
Coraux et Organismes Squelettiques du Golfe : Des Adaptations Exceptionnelles
La clé de la survie des coraux du Golfe réside en partie dans des algues thermorésistantes, qui leur fournissent jusqu'à 90% de leur énergie. La structure génétique de ces algues, tout comme celle des coraux, est unique au monde. Cette découverte soulève l'espoir que la compréhension de ces propriétés génétiques de résistance à la chaleur pourrait aider les coraux à survivre au changement climatique. Cependant, il n'existe pas de recette miracle, car une migration génétique assistée par l'homme pourrait entraîner l'apparition de nouvelles maladies ou des hybridations affaiblissant la thermotolérance. L'espoir se tourne plutôt vers la capacité des coraux à chercher l'aide d'algues similaires à celles présentes dans le Golfe.
Il existe plus de 840 espèces de coraux, dont la plupart sont des coraux durs (Scléractiniaires) qui fabriquent un squelette calcaire. Leur reproduction est principalement asexuée, un polype bourgeonnant pour donner un individu identique, ce qui donne lieu à des colonies aux formes très variées : encroûtantes, hémisphériques (massives), arborescentes ou branchues. La reproduction sexuée, bien que plus rare, existe, avec des gamètes mâles et femelles émis de manière massive et simultanée par toutes les espèces d'un récif à une période donnée de l'année.
Malgré les conditions exigeantes, une grande variété de coraux durs se développe très bien dans le Golfe Persique, sur n'importe quel support comme une épave, une digue ou un simple rocher. Parmi les espèces observées, les coraux "Madrepore", en forme de boule ou de cerveau, sont très nombreux, présentant des dessins variés et des couleurs allant du marron au vert fluorescent. Le corail en coupe du genre Turbinaria est également assez commun, avec de beaux spécimens atteignant plus de 60 cm de diamètre. Les coraux de style "Acropora", ou coraux en branche/corne de cerf, sont parfois visibles sur de grandes étendues. Lorsque l'on évolue au-dessus ou entre ces magnifiques structures, la règle fondamentale est de ne pas les toucher pour éviter de casser une ramification, étant donné leur fragilité.
La famille des éponges est également très présente dans les eaux du Golfe, malgré une salinité importante et des écarts de température conséquents. Leur diversité et leurs couleurs sont surprenantes. L'éponge grise (Dysidea sp.), assez commune, pousse en forme de boule tubulaire de couleur grise ou violette, pouvant atteindre la taille d'un melon. D'autres espèces rampantes peuvent recouvrir des roches entières ou d'autres objets non naturels.
La Vie Invertébrée Colorée des Fonds Marins du Golfe
Les fonds marins du Golfe Persique, bien que parfois verdâtres en raison d'une forte concentration en particules et micro-algues, abritent une vie marine incroyablement riche et diversifiée, en particulier parmi les invertébrés.
Lire aussi: Plongée dans un monde multicolore
Lors des plongées près des bancs de sable, il est fréquent de rencontrer les grandes anémones tapis (Stichodactyla haddoni). Ces anémones de forme circulaire possèdent de très courts tentacules et peuvent atteindre 40 à 50 cm de diamètre. Leur tapis de tentacules sert de refuge à une crevette très colorée, la crevette à queue de paon (Periclimenes brevicarpalis). Une autre anémone présente dans les eaux d'Abu Dhabi est l'anémone à bulles (Entacmaea quadricolor), caractérisée par de longs tentacules avec une petite boule à leur extrémité. L'unique poisson clown du golfe d'Arabie (Amphiprion clarkii) s'y abrite fréquemment. L'observation de petites colonies d'anémones réparties sur quelques dizaines de mètres, avec les poissons clowns entrant et sortant de leurs tentacules dansant avec le courant, est toujours un spectacle fascinant.
La diversité des échinodermes est aussi notable. Deux sortes d'étoiles de mer ont été identifiées : une bicolore, bleu foncé et marron clair, avec une forme standard à 6 bras de 6 à 8 cm de long, que l'on trouve sur les rochers à découvert ; et une plus discrète, Astrerina burtoni, qui sort la nuit et se cache sous de petites roches.
Les coquillages, de formes et de tailles diverses, sont également communs dans les eaux d'Abu Dhabi. Par le passé, les eaux du Golfe étaient renommées pour leur abondance en huîtres perlières, la pêche et la vente des perles constituant la principale activité économique de la région. Il n'est pas rare de croiser des paquets d'huîtres perlières sur de grandes étendues de sable. Dans les failles ou les petites cavités, différents bivalves de couleur orange ou rouge filtrent l'eau à longueur de journée, leurs lèvres aux motifs très colorés et aux dessins aléatoires bougeant au rythme du courant comme des voiles.
Les amateurs de macro-photographie sous-marine seront ravis par les trésors cachés des anfractuosités. Un coquillage couvert d'algues qui bouge doucement est en fait une crevette saron (Saron marmoratus), dont le camouflage la rend souvent inaperçue. La crevette rouge des cavernes (Cinetorhynchus hendersoni) est encore plus discrète, ne sortant complètement qu'à la tombée de la nuit. Dans les failles les plus insoupçonnées, le crabe porcelaine rouge (Neopetrlisthes sp.) hante les recoins les plus étroits, de l'épaisseur d'une pièce d'un euro. Sous le sable, de nombreux petits coquillages attendent la nuit pour sortir en quête de nourriture. Le dollar des sables (Clypeaster subdepressus) est facilement traçable car il avance juste sous la surface du sable, laissant derrière lui une traînée ressemblant à une boursouflure. Ce qui pourrait sembler être un environnement ennuyeux se révèle, en y regardant de plus près, abriter une multitude de créatures.
La Vie Piscicole et les Vertébrés Marins du Golfe
Malgré la nature parfois trouble des eaux du Golfe Persique, la vie y est très présente et incroyablement variée, incluant des poissons aux adaptations uniques, des reptiles fascinants, des mammifères discrets et une avifaune côtière riche.
Lire aussi: Parcours et Activités Canoë-Kayak Creuse
Poissons Inhabitiels et Leurs PartenairesParmi les créatures les plus difficiles à observer, l'uranoscope (Uranoscope sp.) attend sa proie enfoui sous le sable, ne laissant apparaître que ses yeux. De multiples espèces de gobies fouisseurs peuvent être observées pendant de longues minutes, comme le gobie de Luther (Cryptocentrus lutheri), le gobie papillon (Amblygobius albimaculatus) ou le gobie à six points (Valenciennea sexguttata), considérés parmi les plus beaux et les plus faciles à trouver. Ces poissons sont souvent accompagnés de leur fidèle compagnon, la crevette pistolet (Alpheus bellulus), avec qui ils partagent leurs terriers.
Les eaux du Golfe abritent de nombreuses espèces de poissons également présentes dans l'océan Indien. Le poisson cardinal (Apogon) se cache dans les failles ou parmi les branches des coraux madrépores. Le poisson ange bleu à barre jaune (Pomacanthus maculosus) est très commun et se rencontre dans tous les types de fonds. Ses juvéniles, d'un bleu métallique avec des lignes blanches, sont très actifs et nagent constamment autour de leur rocher qui leur sert d'abri contre les prédateurs. Les poissons demoiselles sont aussi fréquemment rencontrés. Dans la famille des poissons papillons, le poisson papillon à points (Chaetodon nigropunctatus) est le plus commun, solitaire ou en petit groupe, il affectionne les coraux en branches. Le poisson papillon arabe (Chaetodon melapterus), facilement identifiable par sa couleur jaune/orangé, apporte un éclat de feu parmi les roches et les coraux. Le poisson coffre à queue bleue (Ostracion cyanurus) se rencontre parfois et se faufile rapidement sous les roches malgré sa nage maladroite. Sur les fonds de sable, le poisson coffre à points (Arothron stellatus) semble quant à lui dormir posé au fond.
Limaces de Mer et Reptiles MarinsPour les plongeurs photographes passionnés de macro, la vie sous-marine du Golfe offre une grande variété de limaces de mer. Le genre des flabellina est courant, surtout sur les épaves et les structures artificielles, leurs robes couvertes de longs doigts ondulant avec le courant. L'hypselodoris infucata, très colorée, sait se faire discrète et difficile à voir. Des espèces du genre Costasiella ont également été observées.
Le serpent de mer du Golfe Arabique (Hydrophis lamemoides) est très commun et se rencontre toute l'année, nageant en surface pour respirer ou entre deux eaux. Bien qu'il ne soit pas très peureux, il est fortement déconseillé de tenter de l'attraper, car il possède un venin très puissant. Ses dents étant situées au fond de sa bouche, il ne peut mordre que des parties fines du corps. Il est souvent observé à la recherche de gobies, sa nourriture préférée, reniflant le sol et n'hésitant pas à s'engouffrer dans les trous de gobies dans le sable. Les eaux des Émirats abritent également des tortues vertes et des tortues imbriquées que l'on peut observer toute l'année.
Mammifères Marins et Oiseaux CôtiersLes E.A.U sont également le foyer de la deuxième plus grande population de dugongs au monde. Ces animaux très timides se rencontrent aux alentours d'Abu Dhabi, mais surtout plus à l'ouest dans le sanctuaire marin de Marawah et autour de l'île de Bu Tinah. Ils se déplacent souvent en groupes de plusieurs dizaines d'individus et sont plus faciles à repérer par mer très calme, étant d'excellents apnéistes et nageurs. Ils profitent des étendues d'algues pour se nourrir. Les dauphins sont aussi présents, le dauphin commun étant assez facile à voir passant quelques minutes dans les vagues des bateaux. Le dauphin à bosses est plus timide et ne s'approche qu'à une certaine distance avant de glisser vers le fond pour réapparaître de manière inattendue.
Abu Dhabi comporte de nombreuses zones de mangrove qui constituent des nurseries essentielles pour de nombreux poissons et oiseaux. Parmi les espèces d'oiseaux marins, on peut voir les flamants roses, les aigrettes bleues, les butors et beaucoup d'autres espèces de pluviers. Le balbuzard ou aigle pêcheur est souvent perché sur les différents poteaux qui balisent les chenaux.
Requins et RaiesL'hiver est la saison la plus propice pour observer les raies qui viendraient se reproduire dans les eaux peu profondes autour d'Abu Dhabi. La raie papillon (Gymnura poecilura) est la plus commune. La raie léopard (Himantura uarnak), plus grande et en forme de losange, est reconnaissable à sa robe noire tachetée. La raie aigle (Aetobatus narinari) est également assez commune. La grande raie à queue en vache (Pastinachus sephen) se rencontre dans toutes sortes de biotopes et peut atteindre une grande taille. La raie guitare (Rhinobatos granulatus) est souvent en balade dans les eaux peu profondes. La raie guitare à bouche en arc (Rhina ancylostoma), pouvant atteindre plus de 2 mètres, est constamment en mouvement.
De nombreux requins sont aussi présents dans la mer du Golfe et sont observables dans les premiers 10 mètres. Le requin bambou (Chiloscyllium arabicum), un petit requin marron d'une longueur de 60 à 70 cm, est très discret et totalement inoffensif, se reposant la plupart du temps bien caché sous les coraux. Le golfe d'Arabie abrite une grande population de requins baleines (Rhincodon typus), le plus grand poisson du monde, et il n'est pas rare de croiser leur chemin lors de promenades en bateau.
Snorkeling aux Émirats Arabes Unis : Au-delà du Golfe Persique
Bien que le golfe Persique offre une vie marine résiliente et unique, les eaux des Émirats Arabes Unis proposent un snorkeling axé sur des récifs coralliens modestes mais bien préservés, surtout sur la côte est de Fujairah. La visibilité y atteint souvent 10 à 15 mètres, révélant des bancs de poissons-papillons et des coraux durs, contrairement aux eaux parfois plus troubles du Golfe. Comparé à d'autres destinations régionales, le snorkeling ici privilégie la simplicité et la tranquillité, sans chercher à rivaliser avec l'illusion de récifs tropicaux denses. Pour une expérience optimale de snorkeling aux E.A.U, il est conseillé de se concentrer sur Fujairah et d'éviter la côte du Golfe pour un vrai contact avec la vie marine.
Quand Plonger et Faire du Snorkeling ?La meilleure période pour pratiquer le snorkeling aux Émirats Arabes Unis s'étend de janvier à avril, puis en octobre, novembre et décembre. Tous les spots principaux, notamment ceux sur la côte est de Fujairah, bénéficient d'une visibilité optimale et d'une température d'eau agréable durant ces mois. Il est préférable d'éviter la saison chaude et humide de l'été, où la clarté de l'eau diminue et les conditions deviennent moins confortables, avec des températures dépassant 32°C.
Spots de Snorkeling Recommandés et Leurs Spécificités :
- Snoopy Island : Cet îlot rocheux au large d'Al Aqah est accessible à la nage depuis la plage du Le Meridien. La façade ouest propose des têtes de corail saines en eau peu profonde, idéales pour observer des perruches et poissons-papillons. À l'est, le fond descend abruptement, révélant de petites raies et des murènes. Des tortues vertes broutant l'herbier marin sont souvent observées. Idéal pour les débutants, il offre une visibilité de 8 à 15 mètres. Il est conseillé de privilégier les matins avant 9h00, d'octobre à avril, en évitant la saison estivale à cause des méduses.
- Dibba Rock : Un îlot entouré d'un récif peu profond, accessible uniquement en bateau depuis Dibba ou Khor Fakkan. Le récif s'incline doucement, permettant d'observer des tortues imbriquées glissant paisiblement, des bancs de poissons-perroquets, des mérous et des raies aigles sur les zones sableuses. La clarté de l'eau est optimale au printemps. C'est un site incontournable pour les amateurs de tortues, avec une visibilité entre 8 et 18 mètres. Une sortie matinale en bateau est recommandée, entre octobre et avril, pour éviter la chaleur et la mer agitée l'après-midi. Une autre description mentionne Dibba Rock comme une réserve marine protégée et un refuge pour une colonie dense de tortues vertes, abritant également des requins pointe noire et des bancs de fusiliers. L'accès est restreint par un système de permis, garantissant une expérience calme et authentique.
- Khor Fakkan Reef : Situé sur la pointe nord rocheuse de la plage publique, il offre un accès direct à la nage sans bateau. L'environnement sous-marin comprend de petits poissons de récif, des étoiles de mer et quelques poulpes discrets. L'eau y est moins claire et le corail moins dense que sur la côte est, mais la facilité d'accès et les infrastructures à proximité compensent. Recommandé pour les novices, il est préférable de le visiter tôt le matin avant 9h00 pour éviter la foule et profiter d'une eau plus fraîche.
- Al Aqah Reef : Ce récif naturel se trouve à quelques centaines de mètres au large d'une plage à pente douce. La couverture corallienne est modérée mais la densité de poissons est élevée, notamment grâce à l'interdiction de la navigation dans la zone de baignade. On y voit des poissons-papillons, anges et poissons-lapins dans une eau souvent calme le matin. Parfait pour un snorkeling tranquille sans bateau avec une vie marine dense.
- Sir Bani Yas Island : Cette réserve naturelle d'Abu Dhabi propose des sites de snorkeling protégés accessibles uniquement via les resorts. L'eau y est plus chaude et moins claire que sur la côte est, abritant des prairies d'herbiers marins où évoluent poissons juvéniles, crabes bleus et parfois des dugongs en hiver. La biodiversité sous-marine est moindre qu'à Fujairah, mais l'expérience est unique grâce à la combinaison avec la faune terrestre. La visibilité est limitée (3 à 8 mètres) et l'eau plus trouble.
- Le Meridien House Reef : Ce récif d'hôtel propose un parcours balisé parmi des modules artificiels. L'eau claire révèle une faune familière : tortues vertes, poissons-perroquets et murènes. L'entrée se fait depuis la plage publique, offrant une expérience accessible et sereine. Idéal pour les familles, à éviter pendant la saison chaude.
- Al Aqah Beach : Cette plage offre un accès direct à une zone riche en coraux durs et poissons de récif. L'eau claire permet d'observer facilement tortues et poissons-perroquets, avec parfois des requins pointe noire en périphérie. C'est une base simple pour le snorkeling sans bateau, la proximité de Snoopy Island garantissant une faune variée.
- Shark Island Khor Fakkan : À un kilomètre du front de mer de Khor Fakkan, ce petit îlot rocheux offre un récif frangeant. La plongée se fait depuis un bateau à fond de verre ou une banane, l'eau étant plus propre que dans le Golfe Persique. C'est une option économique pour une demi-journée agréable, bien que la faune reste modeste.
Recommandations Générales :Pour un snorkeling serein, il est souvent préférable de privilégier les matinées, surtout en haute saison, afin d'éviter la foule et de profiter d'une eau plus calme. Il est également recommandé d'apporter son propre équipement, car la location sur place n'est pas toujours fiable.
La Menace du Blanchiment : Un Enjeu Global et Local
Malgré la résilience remarquable des coraux du Golfe Persique, les récifs coralliens du sud du golfe Persique subissent un blanchiment massif, mettant en péril cet écosystème vital. Les spécialistes tirent la sonnette d'alarme, car les températures marines ont dépassé les 36°C, affectant gravement la région d'Abu Dhabi à Umm Al Quwain et d'autres zones normalement plus fraîches. Ce blanchiment s'est intensifié lorsque les vents, qui contribuent habituellement à refroidir les eaux, se sont soudainement calmés. Le blanchiment est qualifié de "presque total" entre Abu Dhabi et Umm Al Quwain.
Les récifs coralliens, bien que ne représentant que 0,2% de la surface des océans, abritent 30% des espèces marines et jouent un rôle crucial dans la survie d’un grand nombre d’espèces marines. Ils contribuent au bien-être de près d'un milliard de personnes à travers le monde et jouent un rôle important dans la lutte contre le réchauffement climatique. Leur destruction aurait des conséquences désastreuses, tant pour l'environnement que pour les communautés humaines qui en dépendent.
Ces menaces ne sont pas spécifiques au Golfe. Les récifs subissent globalement les agressions des activités humaines telles que la surpêche, le tourisme non durable, l'urbanisation et le changement climatique. L'étoile de mer Acanthaster planci, surnommée "couronne d'épines", qui se nourrit des coraux, connaît des proliférations massives depuis quelques années, potentiellement liées au réchauffement climatique et à la pollution, et peut détruire entièrement un récif.