La plongée sous-marine, également appelée plongée subaquatique, est une activité consistant à rester sous l'eau, soit en apnée dans le cas de la plongée libre, soit en respirant à l'aide d'un narguilé ou encore en s'équipant d'une bouteille de plongée dans le cas de la plongée en scaphandre autonome. L'idée d'objets voire de machines permettant de prolonger les séjours sous l'eau est ancienne. On fait remonter au règne d'Alexandre le Grand la conception d'une « cloche de plongée » imaginée par le philosophe Aristote, vers 322 av. J.-C. Mais c'est évidemment l'invention du scaphandre autonome qui va révolutionner l'histoire de l'exploration marine. L'invention capitale pour la plongée autonome est le détendeur automatique, dit aussi « de débit à la demande », perfectionné par Émile Gagnan et Jacques-Yves Cousteau en 1943. Aujourd'hui, cette pratique se décline sous de multiples formes, du loisir pur à la recherche scientifique, en passant par des applications thérapeutiques innovantes.
La plongée comme outil thérapeutique et de bien-être
La plongée sous-marine est une activité de plein air aux vertus thérapeutiques avérées. Les études comparatives avec d'autres disciplines ont révélé que la plongée offrait des bienfaits durables, plus longs que la pratique d'autres sports. La sensation de flottaison sous l'eau procure une impression de légèreté et de liberté, contribuant de manière significative à la réduction du stress et de l'anxiété. La simple action de respirer sous l'eau, assistée par le détendeur en bouche, entraîne une ventilation plus lente et rythmée, comparable à certaines techniques de relaxation et de méditation, telles que le yoga ou la sophrologie.
Ce programme approuvé s'appuie sur la plongée comme support d'apprentissage ludique pour faciliter l'ancrage des techniques de régulation de l'anxiété pour qu'ils deviennent naturels et durables dans votre quotidien. Deux hypothèses coexistent pour expliquer les bienfaits de la plongée sur la santé psychique. L'ensemble de nos organes est continuellement sous le contrôle de deux systèmes antagonistes appartenant au système nerveux autonome. D'un côté, le système sympathique, également connu sous le nom de voie adrénergique, agit pour augmenter le métabolisme. D'un autre côté, un système inhibiteur, également appelé freinateur, composé du nerf vague et du système parasympathique, permet au corps de se reposer et de récupérer.
Plus spécifiquement, cette respiration lente et contrôlée pousse la masse sanguine intrathoracique à chaque mouvement respiratoire vers des capteurs de pression situés dans les carotides (les barorécepteurs). Ces capteurs, à leur tour, stimulent le système parasympathique, devenu dysfonctionnel, notamment, lors d'un stress traumatique. Cette technique est instinctivement mise en œuvre chez le plongeur grâce à l'utilisation du détendeur et aux effets de l'immersion sur la ventilation. Sous l'eau, avec le détendeur en bouche, l'inspiration et l'expiration se font automatiquement de manière plus lente et plus profonde.
Études scientifiques et protocoles de santé
Le pouvoir antistress de la plongée en bouteille a été prouvé par une étude scientifique Bathysmed, baptisée DivStress. En 2015, un programme de recherche visant à démontrer les bienfaits de la plongée sur le Burn-out a été établi. Les conclusions sont formelles : le stress avait diminué chez ces sportifs après leurs vacances mais il a baissé significativement pour tout le groupe plongeur (qualité du sommeil augmenté ; meilleure fréquence cardiaque et d'adaptation à l'imprévu). Une étude comparative Bathysmed, appelée DivHope a été menée en 2017 non plus auprès de sujets stressés, mais de 34 victimes ayant survécus aux attentats terroristes de Paris qui ne parvenaient pas à s'en sortir avec une prise en charge classique.
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L'équipe Bathysmed avec le Dr Coulange, médecin hyperbare et médecin-chef au C.H.U Ste Marguerite à Marseille, continuent leurs études avec les soldats de l'armée de terre, de retour de théâtres d’opérations, et souffrant de syndromes post-traumatiques (ESPT). Le médecin Dr E. Carola, chef de pôle oncologie à l’hôpital de Creil a pris l'habitude de prescrire à ses patientes, après un cancer du sein, une série de 10 séances de plongée-santé, dont une en milieu naturel. Depuis 2003, le médecin psychiatre Dr H. Brosseau mène des études sur les effets bénéfiques de la plongée sur les patients psychotiques, en particulier les schizophrènes.
Maîtriser l'environnement sous-marin : sécurité et technique
Le facteur principal influant sur l'organisme humain en plongée est la pression exercée par l'eau. Celle-ci augmente avec la profondeur : le corps est soumis à une pression d'environ 1 bar à l'air libre, mais le poids de l'eau au-dessus du plongeur immergé soumet celui-ci à une pression additionnelle d'environ 1 bar tous les 10 mètres en eau de mer. Cette pression inhabituelle pour un être humain provoque des phénomènes que le plongeur doit connaître et gérer sous peine de mettre sa santé ou sa vie en danger.
Les accidents dus aux variations anormales de pressions dans les organes creux sont appelés des barotraumatismes. Lors de la descente, en plongée bouteille comme en plongée en apnée, l'air contenu dans l'oreille moyenne du plongeur est en dépression par rapport au milieu ambiant, ce qui crée une déformation du tympan. Le plongeur doit volontairement insuffler de l'air dans son oreille moyenne via les trompes d'Eustache, afin d'éviter toute déchirure ou douleur. Il existe plusieurs manœuvres d'équilibrage, la plus répandue consiste à se pincer le nez et à souffler légèrement bouche fermée (manœuvre de Valsalva).
L'équipement du plongeur et sa gestion
Le matériel de plongée commun se compose d’un masque permettant la vision sous l’eau, d’un tuba pour la respiration en surface, de palmes pour la propulsion et la stabilisation, d’une combinaison isothermique plus ou moins épaisse pour se protéger du froid, et d’un lestage. Concernant la pratique en scaphandre autonome, le matériel est plus conséquent. Il impose l’utilisation d’une bouteille de plongée (ou bloc) contenant un gaz comprimé, et d’un détendeur pour permettre la respiration à la pression ambiante. Le gilet stabilisateur permet au plongeur de porter sa bouteille dans le dos confortablement ainsi que de se stabiliser quelque soit la profondeur en injectant de l’air par l’intermédiaire de l’inflateur et du direct system branché au détendeur.
Des instruments complémentaires pourront être conseillés afin de gérer l’activité en toute sécurité : le manomètre pour contrôler la pression de la bouteille et donc son autonomie, et l’ordinateur de plongée pour connaître la profondeur, le temps d’immersion et le calcul des paliers de décompression. Il est impératif de vérifier que vous utilisez les bons gestes de communication avec votre moniteur ou votre binôme sous l'eau. Observez également l'équipement de votre partenaire : certains stabilisateurs diffèrent, ainsi que le positionnement des purges. En cas d'accident, il serait périlleux de passer du temps à chercher celles-ci sur le gilet de la personne à remonter en urgence.
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Gérer l'anxiété et le stress sous l'eau
Il est plus fréquent qu'on ne le pense d'éprouver de la nervosité avant une plongée sous-marine. La nervosité n'est pas un obstacle à la plongée. Elle signifie simplement qu'il vous faut un rythme adapté, un briefing approprié et un plan de plongée précis. La règle la plus importante en plongée sous-marine est de respirer continuellement et de ne jamais retenir sa respiration. Si vous vous sentez nerveux sous l'eau, votre respiration risque de devenir rapide et superficielle, ce qui peut aggraver l'anxiété.
Si l'angoisse se manifeste sous l'eau, la pire chose à faire est de précipiter les choses. Arrêtez de nager si vous pouvez le faire en toute sécurité. Ramenez votre attention sur votre respiration. Utilisez le signal manuel « il y a un problème » ou montrez le problème du doigt. Regardez votre guide, votre binôme, vos bulles ou un point stable sur le récif. Ne pensez pas à la plongée dans son ensemble. De nombreux plongeurs ressentent une forte appréhension lors de la descente. Si la pression dans vos oreilles ne s'équilibre pas ou si vous ressentez une gêne, arrêtez la descente et allez légèrement moins profond. Ne luttez pas contre la descente.
Cadre réglementaire et formation
La plongée sous-marine est considérée comme un sport extrême. Le code du sport encadre la pratique de la plongée et précise les aptitudes requises, l’encadrement nécessaire et les zones de plongée autorisées. Avant toute chose, vous devez vous assurer d’être formé à la plongée sous-marine. Vous pouvez passer votre premier niveau en piscine avec fosses : une fois votre diplôme en poche il est conseillé fortement de tester ses capacités en mer en passant par une école de plongée reconnue.
La certification CMAS est la plus reconnue en France, mais il en existe une autre : PADI (Professional Association of Diving Instructor), d'origine américaine. CMAS est considéré comme plus technique et les niveaux plus difficiles à obtenir, mais il permet de plonger jusque 60 mètres et dans toutes les conditions. Il est donc moins restrictif que PADI. Toutes les centres de plongée demandent un certificat médical pour valider votre inscription. Les problèmes respiratoires tels que l’asthme, les pathologies cardio-vasculaires, neurologiques ou les tympans fragiles peuvent constituer des contre-indications.
Responsabilité écologique et pratique éthique
La faune et la flore sous-marines sont très fragiles, et le simple contact avec une main (nue ou gantée) peut leur être préjudiciable. C’est bien pire encore, avec la pression d’un genou, les coups de palmes ou de blocs métalliques. Dans l’idéal, un plongeur soucieux de ne pas avoir d’impact écologique devrait réussir à évoluer dans l’eau, sans jamais être en contact avec autre chose, et en veillant soigneusement à ne pas trop perturber le milieu. Les écailles des poissons sont recouvertes d’une couche de mucus qui les protège des infections et des bactéries. En les touchant, on peut l'abîmer et rendre les animaux plus vulnérables. La majorité des plongeurs sous-marins, tout comme les apnéistes, sont sensibles à la protection de l'environnement.
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Les différents cadres de pratique et lieux d'immersion
La plongée peut se pratiquer dans un cadre professionnel, que ce soit pour des travaux sous-marins, l'enseignement, le cadre militaire ou d'aide à la personne, ou encore pour la recherche scientifique. Elle peut également se pratiquer dans un cadre loisir. On peut plonger partout en France, le territoire français abrite d’ailleurs de magnifiques spots de plongée. Il n’est pas forcément nécessaire d’aller à Bali ou dans les Caraïbes pour faire de belles découvertes.
En mer Méditerranée, des eaux translucides regorgent de faune, de flore et d’épaves, comme le parc national de Port-Cros dans le Var ou le parc naturel des Calanques dans les Bouches-du-Rhône. La côte Atlantique abrite des eaux magnifiquement turquoise, notamment en Bretagne sud, pour découvrir des reliefs et une faune extraordinairement variés, tels que l'archipel des Glénan. La Manche propose des eaux froides et sombres, avec une faune variée et d’innombrables épaves de bateaux du débarquement américain en Normandie. Dans les Alpes, il est possible de découvrir la plongée souterraine ou la plongée en eau froide, des pratiques hors du commun qui nécessitent toutefois des formations spécifiques.