Bonjour à tous et bonjour aux amateurs de plongées ! L'idée de posséder un compresseur à bord de son bateau séduit nombre de navigateurs-plongeurs. Prévoyant un voyage lointain et pratiquant la plongée en couple avec bonheur, beaucoup considèrent qu'il serait pratique de pouvoir recharger leurs bouteilles directement à bord. En effet, l'autonomie n'a pas de prix en plongée, et c'est génial d'être autonome. Pour les particuliers, l'acquisition d'un compresseur de plongée mobile s'inscrit souvent dans cette recherche d'indépendance pour le gonflage. Cette solution s'avère particulièrement pertinente pour ceux qui souhaitent plonger en hiver, en lac ou à partir d’un voilier, là où les stations de gonflage ne sont pas forcément à proximité ou ouvertes. Toutefois, avant de plonger dans l'achat, il est essentiel d'examiner attentivement les différents aspects liés à l'équipement, à la sécurité et à l'entretien.
Pourquoi un Compresseur de Plongée à Bord : Autonomie et Usages Pratiques
La présence d'un compresseur à bord offre une liberté considérable, permettant de gonfler les blocs directement depuis le bateau. Cette autonomie est précieuse, en particulier pour les longs voyages. Au-delà du simple plaisir de la plongée récréative, la possession d’un moyen de plongée sous-marine à bord peut rendre un service considérable dans de nombreuses situations pratiques. Qu'il s'agisse d'un bout pris dans l’hélice ou le gouvernail, de la nécessité de gratter une coque entre deux carénages, ou d'une ancre coincée au fond, ces interventions sous-marines requièrent souvent une autonomie respiratoire. Si tout le monde, ou presque, est capable de descendre à 8/10 m de fond pour toucher le fond et remonter, s’y maintenir et y travailler ne serait-ce qu'une petite minute à dégager une ancre représente une mission impossible sans équipement adéquat. Par exemple, à 10 mètres de fond, les poumons contiennent 2 bars (pression régnant à -10 m) multipliés par une capacité pulmonaire de 8 litres, soit 16 litres d’air à la pression de la surface (1 bar). Le compresseur de bord devient alors un outil indispensable pour l'entretien et les réparations imprévues. Certains équipements, comme une bouteille d'O2 à bord munie d'un détendeur, peuvent également être envisagés pour des situations d'urgence. De plus, une bouteille alu de 6 litres de secours peut servir pour des travaux sur l'hélice, le mouillage, ou comme relais immergé avec un détendeur à quelques mètres sous le bateau, offrant une sécurité supplémentaire en cas de manque d'air, notamment dans les eaux tropicales si claires que certains plongeurs débutants ne se rendent pas compte de la profondeur, permettant d'effectuer un palier sûr et relaxant.
Cependant, tous ne sont pas convaincus de l'intérêt d'encombrer un bateau avec un compresseur. Certains estiment qu'il est plus simple de faire gonfler ses bouteilles dans des centres de plongée, qui sont disponibles pratiquement partout dans le monde. Cette approche est perçue comme plus conviviale et plus sûre, car les plongeurs locaux peuvent également fournir des informations précieuses. Une alternative, pour ceux qui craignent de manquer d'autonomie sans compresseur, est d'équiper le bateau de plusieurs blocs de plongée. Pour un encombrement moindre et un tiers du budget, il est possible d'avoir six blocs : un ou deux de 12 litres en acier pour les eaux froides, et des bouteilles en aluminium, moins sensibles à la corrosion sur le bateau et à l'air marin, qui conviennent bien aux eaux tropicales chaudes. Des blocs composites, plus légers à transporter, peuvent également être envisagés si l'on est soigneux. Dans ce cas, la possession d'un diable en aluminium, pour éviter la rouille, est très utile pour transporter l'avitaillement, un moteur d'annexe à réparer ou tous les blocs de plongée d'un coup pour le gonflage. Il est également important de noter que dans certains mouillages de dimension historique ou archéologique, ou dans un nombre croissant de zones marines protégées, il est rigoureusement interdit de posséder un compresseur à bord.
Principes de Fonctionnement et Modèles de Compresseurs de Plongée
Un compresseur de plongée est une pompe qui aspire et comprime l'air ambiant, pour ensuite le purifier et le stocker à haute pression dans les bouteilles. Contrairement à un compresseur d’air standard qui ne produit que de l’air, un compresseur d'air respirable doit non seulement gonfler les bouteilles, mais aussi filtrer l’air qu’elles vont contenir pour le rendre conforme à des normes strictes, comme la norme DIN EN 12021. Il existe aussi des compresseurs conçus spécifiquement pour une installation à bord.
Le choix d'un compresseur dépend de plusieurs facteurs : le nombre de gonflages par an, le débit souhaité, le type d’alimentation (électrique ou thermique) et le lieu d’installation. Le débit, exprimé en litres par minute ou en mètres cubes par heure, détermine la vitesse de gonflage : plus il est élevé, plus une bouteille se remplit vite. Par exemple, un compresseur affichant un débit nominal de 6 m³/heure peut gonfler deux blocs de 12 litres à 220 bars en environ trois quarts d'heure, ou un bloc de 15 litres en 20 à 30 minutes, ce qui est considéré comme raisonnable. Pour les plongeurs techniques ou professionnels utilisant des blocs haute pression de 300 bars, comme les Carbondive, ce choix permet un meilleur rapport autonomie/volume.
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Parmi les marques incontournables, les groupes allemands Bauer sont souvent cités pour leur robustesse et leur fiabilité. Le modèle Bauer Junior 2, par exemple, est réputé et largement utilisé. Le compresseur JUNIOR II, en particulier, est devenu un équipement phare pour les plongeurs grâce à sa robustesse, sa fiabilité, ses nombreuses applications possibles et sa flexibilité compacte. Une alternative moins chère peut être trouvée chez les groupes italiens Coltri, avec des modèles comme le MCH6/ICON 100, conçu pour fournir de l’air respirable haute pression pour la plongée, le tir sportif, le paintball ou les petits process industriels/laboratoires. Nardi, fabricant depuis 1965, propose également une vaste gamme de plus de 400 modèles de compresseurs fabriqués en Italie, assurant ainsi de trouver le compresseur adapté à des besoins spécifiques. Le NARDI Atlantic, par exemple, est un compresseur portatif pensé pour le plongeur individuel ou pour une utilisation sur un bateau ayant la puissance électrique nécessaire, disponible en version 225 ou 330 bars avec plusieurs options de sortie et d'automatisme.
Les compresseurs se classent généralement en deux catégories principales selon leur taille et leur poids :
- Compresseurs portables : Ces machines compactes et robustes pèsent généralement moins de 60 kg et peuvent être transportées par une ou deux personnes. Avec un débit de 3 à 6 m³/h, ils peuvent être facilement rangés dans le coffre d’une voiture ou déposés sur le lieu de plongée. Les modèles comme le Coltri MCH6, le Nardi Atlantic ou le Bauer Junior sont des exemples de cette catégorie, idéals pour les particuliers ou les propriétaires de bateaux souhaitant être autonomes.
- Compresseurs transportables : Nettement plus lourds, ces modèles pèsent entre 95 et 130 kilos pour les plus simples, et entre 140 et 200 kilos pour les plus complets. Ils offrent un débit plus important, entre 10 et 25 m³/h, et peuvent disposer de deux flexibles de gonflage. Leur manutention requiert au moins quatre personnes. Les modèles Coltri MCH13-MCH23 ou Nardi Pacific en sont des illustrations.
Un cas particulier est celui des compresseurs basse pression, aussi appelés "narguilés". Ces compresseurs sont très petits, compacts et légers, et permettent aux plongeurs de respirer directement dessus via un tuyau-détendeur d'une quinzaine de mètres. Ils ne servent pas à gonfler les bouteilles car ils ne délivrent qu'une pression de 8 à 10 bars. Les modèles les plus simples sont électriques en 220V ou fonctionnent sur batteries de 12V ou 24V, offrant une autonomie d'environ 1h à 1h30. Certains modèles à haut débit peuvent être équipés d'un doubleur en option pour un deuxième plongeur. Ces compresseurs pèsent généralement moins de 15 kilos. Il existe des modèles capables d'envoyer de l'air comprimé directement au plongeur, grâce à l'utilisation d'un tuyau détendeur. Ces systèmes peuvent être installés sur le pont d'un bateau ou dans un flotteur en surface, leur usage dépendant des besoins spécifiques.
Alimentation du Compresseur : Moteur Thermique ou Électrique ?
Le choix de l'alimentation est crucial pour un compresseur à bord. Deux options principales s'offrent aux utilisateurs : le moteur thermique ou le moteur électrique.
Le moteur thermique (essence ou diesel) est souvent le passeport pour une autonomie totale, un critère essentiel en voyage lointain. Des moteurs classiques 4 temps comme le Honda rouge sont fréquemment associés aux compresseurs portables, appréciés pour leur robustesse. D'autres marques comme Subaru et Kohler (par exemple, le Kohler Command Pro 7) sont également très répandues. Les moteurs thermiques, comme le moteur Subaru qui équipe le Nardi Atlantic, offrent une liberté sans égale, permettant d'utiliser le compresseur sans dépendre d'une source d'alimentation électrique externe. Cependant, le moteur thermique, bien que très fiable, exige le respect de règles de sécurité strictes, car un feu d'essence est l'un des pires dangers à bord. Le stockage de l'essence à bord doit impérativement se faire dans un coffre très ventilé, sans aucune source d’étincelle à proximité. De plus, un moteur thermique stocké longtemps dans un bateau, même avec des précautions, est source d'ennuis s'il n'est pas très régulièrement utilisé. Le diesel, quant à lui, est un carburant inerte et ininflammable sous la pression atmosphérique, ce qui réduit certains risques d'incendie par rapport à l'essence.
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L'option du moteur électrique est également pertinente, notamment pour ceux qui disposent d'un groupe électrogène à bord. L'un des principaux avantages du compresseur électrique est qu'il est généralement moins bruyant, bien que le bruit reste une considération majeure, avec des niveaux d'au minimum 80 décibels. Le compresseur électrique est souvent qualifié de "chouchou de l'intérieur" car il est économique à l'usage et moins exigeant en entretien, ne nécessitant que la vidange du bloc compresseur. Un système 100% électrique (AC ou DC) permet de s'affranchir du risque lié à l'essence. Cependant, l'utilisation d'un moteur électrique à bord d'un voilier présente des contraintes spécifiques. Il nécessite un groupe électrogène important, ou alors une sortie triphasée pour utiliser un moteur en triphasé. En effet, en 220V monophasé, la puissance nécessaire au démarrage est trop élevée, sans compter les risques de bricolage au démarrage. Il est crucial de ne jamais brancher un compresseur de 2,2 kW (la norme pour les modèles 6 m³/h comme le Coltri MCH6 ICON 100 EM) sur une prise domestique standard de 10 A. Les versions électriques, bien que moins bruyantes, nécessitent une source d’alimentation suffisante, ce qui peut poser problème si l'on est loin d'un réseau électrique et que le bateau ne possède pas une puissance de démarrage de 6 kW.
Sécurité, Qualité de l'Air et Maintenance Indispensable
Un compresseur à bord est un outil potentiellement dangereux, et la sécurité ne doit jamais être négligée, que ce soit sur le bateau ou en plongée. Trois dangers principaux sont identifiés. Premièrement, une pression de 200 bars est énorme, et la manipulation de l'équipement exige la plus grande prudence. Deuxièmement, le moteur thermique, bien que fiable, représente un risque d'incendie à cause de l'essence, comme mentionné précédemment. Troisièmement, la qualité de l'air respiré est un facteur de sécurité primordial.
La qualité de l'air respiré est un enjeu vital. Un air de mauvaise qualité est un danger de mort. L'utilisation doit se faire strictement à l'extérieur ou dans un endroit bien ventilé afin d'éviter que les gaz d'échappement ne contaminent l'air que vous respirez. En effet, la présence de polluants dans l’air est dangereuse, même si les compresseurs disposent de filtres ad hoc. Il est absolument hors de question de faire fonctionner le compresseur lorsque le moteur diesel du bord tourne. L'un des avantages de se trouver sur un voilier au mouillage est de pouvoir facilement positionner l'entrée d'air au vent et éloignée des gaz d'échappement du moteur thermique. Les conséquences d'une mauvaise prise d'air peuvent être dramatiques : 1% de CO2 dans l'air aspiré en surface se transforme en 2% à 10 mètres de profondeur et en 4% à 30 mètres, une concentration énorme. Plus précisément, la pression partielle de CO2 augmente avec la profondeur : si l'air pollué contient 0,01 bar de CO2 en surface, la pression partielle inspirée de CO2 sera de 0,02 bar à 10 mètres, et ainsi de suite pour chaque polluant de gaz d'échappement inspiré. Et il n'existe pas de filtre pour éliminer cela. Un exemple vécu illustre ce risque : lors de vacances aux Antilles, un camion de livraison de boissons diesel, moteur constamment en marche avec une fumée d'échappement opaque, s'est arrêté à côté de la prise d'air d'alimentation d'un compresseur de centre de plongée pendant au moins une demi-heure. Pour le CO2 spécifiquement, il existe des filtres spécifiques à absorption, tels que l'AeroGuard de Bauer, bien que leur disponibilité pour les modèles compacts ne soit pas toujours garantie.
La gestion de la chaleur et de l'humidité est une autre préoccupation. L'air comprimé rapidement se réchauffe considérablement. Si cet air est introduit trop chaud dans la bouteille, la pression chutera après quelques heures de refroidissement. Cependant, il n'y a aucun risque à utiliser un bloc chaud en dehors de cette chute de pression. Passer de 220 bars au remplissage à 190 bars à l'utilisation n'est pas un problème, il y aura toujours assez d'air pour les "petites" plongées réalisables depuis un bateau. La compression produit inévitablement de l'humidité et des traces d'huile, formant un mélange appelé condensat. Pour le gérer, il existe des purges manuelles ou automatiques. Les purges manuelles sont simples et moins coûteuses, mais obligent l’utilisateur à ouvrir les vannes toutes les dix minutes environ. Les purges automatiques offrent une tranquillité d'esprit : une électrovanne s'ouvre automatiquement, prolongeant la durée de vie du compresseur et, surtout, celle des coûteuses cartouches filtrantes. De nombreux modèles, comme l'Atlantic 100 de Nardi, peuvent être équipés en option d'un arrêt et de purges automatiques.
L'importance des filtres et leur entretien est capitale. La cartouche filtrante est la gardienne de la santé du plongeur et ne doit jamais être négligée. Elle a une durée de vie courte : les utilisateurs de modèles de 6 m³/h déclarent la remplacer toutes les 20 heures de fonctionnement. La durée de vie de la cartouche de filtration est d'autant plus réduite que la température d'aspiration est élevée. Un filtre haute pression peut coûter entre 32 € (filtre d'admission Nardi/Coltri) et 70 € ou plus. Si l'on plonge 40 heures par an, il faut prévoir ce budget minimum pour la filtration, car il ne faut jamais essayer d'économiser sur les filtres. Tous les compresseurs demandent un entretien régulier : changement de la cartouche filtrante, du filtre à air et vidange, opérations qui peuvent être effectuées par les propriétaires suivant les préconisations du fabricant. Il faut également savoir que l'air marin humide compressé, même malgré les filtres, n'est pas fameux pour les blocs, garantissant un grenaillage et une réépreuve au bout de 3 ans au lieu de la durée habituelle. En grand voyage, la question théorique de la recertification des bouteilles se pose. Des problèmes comme des fuites, l'usure des pistons ou des courroies peuvent survenir si l'entretien a été négligé, notamment les purges et les changements de filtres, entraînant une usure prématurée de l'étape de compression finale, souvent le quatrième étage.
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En ce qui concerne l'arrêt du compresseur, deux systèmes existent. L'arrêt manuel implique que l’utilisateur surveille la montée en pression et coupe l’appareil au bon moment (232 ou 300 bars selon la configuration du compresseur), ce qui impose de rester à proximité et convient aux utilisateurs expérimentés. Une soupape de sécurité est toujours présente et s’ouvre à la pression maximum pour empêcher la pression du compresseur de monter au-delà de la limite. L'arrêt automatique, via un pressostat, coupe tout dès que la pression est atteinte. C'est l'option idéale pour la sécurité, évitant les surpressions accidentelles et permettant de préparer la prochaine plongée pendant le gonflage.
Enfin, un niveau de plongée suffisant est indispensable. Le N2, ou mieux N3, est considéré comme un minimum. Plonger seul, sans redondance de sécurité, est fortement déconseillé. Il est primordial d'acquérir un apprentissage du remplissage, car le "bricolage" est interdit à bord.