Les Compétences du Savoir-Nager : Un Enjeu National pour la Sécurité Aquatique

Introduction

Le savoir-nager constitue une priorité nationale inscrite dans les programmes d’éducation physique et sportive (EPS), notamment au cycle 3 de la scolarité. En France, la noyade est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 15 ans, selon les données de l'INPES et santepubliquefrance.fr datant de 2018. Cette réalité souligne l'urgence et l'importance de permettre à chacun de pouvoir nager en sécurité, et ce, dès le plus jeune âge. Ainsi, l’École apporte une contribution majeure à l’acquisition de l’aisance aquatique, un concept fondamental dans ce parcours d'apprentissage. Le « savoir-nager » en sécurité correspond à une maîtrise du milieu aquatique, et son acquisition doit être envisagée dès que possible au cycle 3, incluant les classes de CM1, CM2 et sixième.

L'Attestation du Savoir-Nager en Sécurité (ASNS) : Un Diplôme Scolaire Fondamental

L'Attestation du Savoir-Nager en Sécurité (ASNS) est un diplôme scolaire qui permet de valider la maîtrise du milieu aquatique chez votre enfant. Il s’agit en fait d’un diplôme essentiel pour assurer la sécurité des élèves. Cette attestation fait partie intégrante du programme de natation scolaire, soulignant son importance dans le parcours éducatif. Plus qu'une simple certification, elle reconnaît la compétence à nager en sécurité, dans un établissement de bains ou un espace surveillé, qu'il s'agisse d'une piscine, d'un parc aquatique ou d'un plan d’eau calme à pente douce. L’ASNS valide un niveau de compétence permettant d’évoluer en sécurité dans ces différents milieux aquatiques. Sa maîtrise est cruciale, car elle permet d’accéder à toute activité aquatique ou nautique susceptible d’être programmée dans le cadre des enseignements obligatoires ou d’activités optionnelles en EPS, ou même à l’extérieur de l’école. Cela inclut, notamment, la pratique des activités sportives mentionnées aux articles A. 322‑42 et A. L’acquisition de cette compétence est un objectif clairement défini pour les classes de CM1, CM2 et sixième, qui constitueront le cycle de consolidation à compter de la rentrée 2016.

L'ASNS est validée prioritairement dans les classes de CM1, CM2 ou 6ième, marquant une étape clé dans le cursus scolaire de l'élève. Sa délivrance est encadrée par des procédures précises : elle est délivrée par le directeur d’école ou le chef d’établissement, et est signée par le professeur des écoles et un professionnel qualifié à l’école primaire, ou par le professeur d’EPS au collège ou au lycée. La réussite des élèves à l’ASNS est obligatoirement renseignée, dès que possible, dans le Livret Scolaire Unique (LSU), ce livret qui suit l’élève tout au long de sa scolarité, attestant ainsi de l'acquisition de cette compétence fondamentale. Cette note de service a pour objet de définir les conditions de l’acquisition par les élèves, dès leur plus jeune âge, d’une aisance suffisante pour évoluer en sécurité dans le milieu aquatique et de définir l’enseignement de la natation dans le cadre scolaire, dans le respect de la réglementation en vigueur, notamment le décret n° 2015-847 du 9-7-2015 - J.O. du 11-7-2015 (NOR MENE1514410D) et l'arrêté du 9-7-2015 - J.O.

Le Parcours d'Acquisition du Savoir-Nager : De l'Aisance Aquatique à la Maîtrise Sécurisée

Le parcours de formation du nageur sécurisé débute dès l’école maternelle, avec l’objectif primordial d’une première expérience positive de l’eau et l’acquisition par tous d’une aisance aquatique. L’aisance aquatique se définit comme une première expérience positive de l’eau qui fonde la capacité à agir de façon adaptée dans une diversité de situations rencontrées en milieu aquatique. Envisagée comme un continuum ouvert d’acquisitions, l’aisance aquatique est particulièrement visée pour les enfants de moins de 7 ans, jetant les bases d'une relation sereine et sécurisée avec l'élément aquatique. Ce parcours de l'élève s'initie dans la perspective d'une aisance aquatique, dès le cycle 1, et se traduit par des situations de découverte et d’exploration du milieu aquatique, permettant aux plus jeunes de se familiariser progressivement avec ce nouvel environnement.

L’acquisition du savoir nager en sécurité se fait du CP jusqu’à la 6e, représentant un processus progressif et continu. L’acquisition des connaissances et des compétences liées au savoir-nager s’envisage à travers la programmation de plusieurs séquences d’apprentissage réparties dans les cycles d’enseignement de l’école primaire, du collège et du lycée. Cet apprentissage fondamental se fait sous la responsabilité des professeurs, garantissant une pédagogie adaptée et dans le respect strict des consignes de sécurité, qui sont au cœur de cette démarche. Pour optimiser l’efficacité de cet apprentissage, la fréquence, la durée des séances et le temps d’activité dans l’eau sont des éléments déterminants pour assurer la qualité des apprentissages. Dans le cadre d’une séquence d’enseignement, une séance hebdomadaire est considérée comme un seuil minimal. Cependant, des programmations plus massées, par exemple 2 à 4 séances par semaine, voire sous forme de stage sur plusieurs jours consécutifs, peuvent être encouragées. Ces approches intensives peuvent constituer des réponses particulièrement efficaces dans des contextes particuliers, pour des projets spécifiques ou pour répondre à des besoins identifiés, notamment pour les actions de soutien et de mise à niveau.

Lire aussi: Le BAFA et l'encadrement des mineurs en canoë

Au cycle 3, la natation fera l’objet, si possible, d’un enseignement chaque année du cycle, consolidant ainsi les acquis des élèves. Une évaluation organisée avant la fin du CM2 permet de favoriser la continuité pédagogique avec le collège et, de manière essentielle, de garantir la validation de l’ASNS en proposant aux élèves qui en ont besoin les compléments de formation nécessaires. L’établissement, qu’il s’agisse du collège ou du lycée, met en place l’enseignement de la natation au regard des objectifs fixés par les programmes d’éducation physique et sportive (EPS). Cet enseignement s’inscrit pleinement dans le projet d’établissement et le projet pédagogique d’EPS, assurant une cohérence et une intégration de la natation dans l'ensemble du parcours scolaire. La prise en compte des non-nageurs dans les lycées doit être, dans la mesure du possible, une priorité des équipes pédagogiques d’EPS, en veillant à ce qu'aucun élève ne soit laissé pour compte. L’identification des élèves n’ayant pas validé l’ASNS ou pour lesquels le niveau de compétences n’est pas défini doit être un objet central de la liaison troisième-seconde, afin de mettre en place des actions ciblées et efficaces.

Modalités et Exigences du Test ASNS

La validation du savoir nager se concrétise par un test qui a généralement lieu entre le CM1 et la 6e. L’acquisition du savoir-nager en sécurité est attestée par la réussite au test savoir-nager en sécurité, prioritairement à la fin du cycle 3. Ce test repose sur la réalisation d’un parcours aquatique d’environ 50m. Ce parcours doit être réalisé sans prendre d’appuis, sans lunettes de piscine et sans aide à la flottaison, des conditions strictes visant à évaluer une autonomie réelle de l'élève dans l'eau. Il est important de noter qu’il n’y a pas de temps imparti pour valider ce test, l'accent étant mis sur la maîtrise technique et la sécurité plutôt que sur la performance chronométrique.

Pour valider ce test, il y a plusieurs étapes qui s'articulent autour de deux composantes principales : le parcours aquatique pratique et la maîtrise de connaissances théoriques. En effet, l’ASNS repose également sur la preuve de maîtrise de connaissances et d’attitudes liées à la sécurité en milieu aquatique. Un questionnaire permet de préparer et de valider la partie théorique de l’ASNS, assurant que les élèves non seulement savent nager, mais comprennent aussi les principes fondamentaux de la sécurité en milieu aquatique. Les différentes actions du parcours doivent être réalisées en continu, sans reprise d'appui et sans lunettes, comme le stipulent les remarques pédagogiques. Il est à noter que l'ASNS fait l'objet du cycle 3, mais celle-ci peut être validée, selon les élèves, dès que possible, soit au cours du Cycle 2, si les compétences requises sont acquises précocement.

Encadrement et Sécurité de l'Enseignement de la Natation Scolaire

L'enseignement de la natation scolaire exige un encadrement rigoureux et des conditions de sécurité optimales. Une convention passée entre l’inspecteur d’académie-directeur académique des services de l’éducation nationale (IA-Dasen) et la collectivité territoriale ou la structure responsable de l’établissement de bains précise les modalités du partenariat, assurant une collaboration efficace entre les différentes parties prenantes. La natation scolaire nécessite un encadrement des élèves renforcé dans le premier degré. Le professeur peut être aidé dans cette tâche par des intervenants agréés, qu'ils soient professionnels ou bénévoles, comme le précise la circulaire interministérielle n° 2017-116 du 6 octobre 2017 relative à l’encadrement des activités physiques et sportives en écoles maternelles et en écoles élémentaires publiques. Dans chaque degré d’enseignement, le professeur veille à présenter les enjeux pédagogiques aux intervenants, qu'ils soient professionnels ou bénévoles, comme indiqué en annexe 1 des directives ministérielles.

La présence de personnels de surveillance et d’encadrement au cours de l’enseignement de la natation ne modifie pas les conditions de mise en jeu de la responsabilité des professeurs. La responsabilité d’un intervenant professionnel ou bénévole apportant son concours à l’encadrement des élèves durant le temps scolaire peut être engagée si celui-ci commet une faute qui est à l’origine d’un dommage subi ou causé par un élève, comme pour les professeurs. Cependant, l’article L. 911-4 du Code de l’éducation prévoit la substitution de la responsabilité de l’État à celle des membres de l’enseignement à l’occasion de dommages subis ou causés par les élèves, offrant un cadre juridique protecteur.

Lire aussi: Pratiques et enjeux du Hockey Subaquatique

Les conditions matérielles sont également strictement réglementées pour garantir la sécurité. Pendant toute la durée des apprentissages, l’occupation du bassin doit être appréciée à raison d’au moins 4 m² de plan d’eau par élève présent dans l’eau pour des écoliers, et 5 m² pour des collégiens ou des lycéens. Pour les activités visant l’aisance aquatique pour les écoliers dans un bassin mobile, l’occupation du bassin doit être appréciée à raison d’au moins 3 m² de plan d’eau par élève présent dans l’eau, reconnaissant les spécificités de ces activités. Dans le cas d’une ouverture concomitante du bassin à différents publics, les espaces réservés aux élèves doivent être clairement délimités, compte tenu des exigences de sécurité et des impératifs d’enseignement.

L’enseignement des activités de natation doit obligatoirement être fait sous la surveillance d’un personnel qualifié exclusivement affecté à cette tâche. Il est crucial que les surveillants du bassin soient exclusivement affectés à la surveillance et à la sécurité des activités, ainsi qu’à la vérification des conditions réglementaires d’utilisation de l’équipement. Par conséquent, ils ne peuvent simultanément remplir une mission d’enseignement, afin de garantir une vigilance constante. La surveillance des baignades ouvertes gratuitement au public, aménagées et autorisées, doit être assurée par du personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. L’encadrement est un terme qui s’applique à chaque adulte prenant en charge les élèves du début à la fin de la séance. Le taux d’encadrement ne peut être inférieur aux valeurs définies dans le tableau ministériel. Dans le second degré, l’encadrement est assuré par le professeur d’EPS responsable de la classe ou du groupe-classe, comme pour toutes les activités d’EPS. Les professeurs des écoles qui exercent dans le second degré sont soumis aux mêmes règles du taux d’encadrement du premier degré et peuvent être accompagnés du professeur d’EPS. Pour le premier degré, tout en respectant les taux d’encadrement précisés en fonction du niveau de scolarité, la surveillance pourra être assurée, en surplus du taux d’encadrement minimal, par un personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. Dans le premier degré, compte tenu des caractéristiques spécifiques de ces bassins, l’enseignement de l’aisance aquatique peut être mené par le professeur des écoles ou par un intervenant extérieur agréé, qu'il soit professionnel ou bénévole, et qui intervient sous la responsabilité pédagogique du professeur. Dans tous les cas, un des membres de l’équipe d’encadrement, qu'il soit professeur ou personnel titulaire d’un des diplômes prévus à l’article A. 322-8 du Code du sport, présent sur le bassin devra avoir été formé à l’utilisation du matériel de réanimation et de premiers secours, une compétence essentielle pour la gestion des urgences.

Lire aussi: Art et science de l'encadrement sportif

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *