L'univers chorégraphique de Frédéric Cano et le rayonnement de la Compagnie Ose en Alsace

Pour qui danse dans la sud Alsace, difficile de ne pas connaître Frédéric Cano. Ce nom résonne comme une référence dans le paysage culturel local, marquant de son empreinte l'enseignement et la création chorégraphique depuis plusieurs décennies. Son parcours, riche et polyvalent, incarne une fusion entre la rigueur technique et une passion profonde pour le partage artistique. Alors qu’il a commencé la danse dès l’âge de 8 ans, et après un bac scientifique, c’est dans différentes compagnies qu’il fait ses premiers pas sur scène en tant que danseur professionnel. Cette double formation, scientifique et artistique, semble avoir forgé une approche méthodique et structurée de la danse, où le mouvement est analysé autant pour sa beauté esthétique que pour sa logique corporelle. Ancien danseur professionnel jazz et contemporain, titulaire du Diplôme d’État de professeur de danse Jazz et de l’agrément départemental de danse Africaine, Frédéric Cano enseigne depuis plus de 25 ans, consolidant ainsi une expertise reconnue par ses pairs et par les institutions.

La transmission comme pilier de l'enseignement à Bollwiller

Très vite, il comprend que, pour lui, le plus important dans la danse, c’est sa transmission. Cette prise de conscience a réorienté sa carrière vers la pédagogie, sans pour autant délaisser la scène. Il reprend donc ses études afin d’obtenir le diplôme d’Etat de professeur de danse pour l’enseignement jazz, classique et contemporain. Cette volonté d'embrasser tous les styles de la danse académique témoigne d'une curiosité intellectuelle et d'un désir de polyvalence. Il possède également un agrément départemental pour le Hip-Hop et les danses africaines, ce qui lui permet de naviguer avec aisance entre les cultures urbaines et les rythmes ancestraux. Depuis 1997, c’est à la MJC de Bollwiller qu’il enseigne ces différentes disciplines. Dans ce cadre associatif, il a su créer un véritable foyer artistique, transformant l'école de danse en un lieu d'effervescence créative. Il coordonne le Relais art et culture ainsi que l’école de danse de la MJC de Bollwiller, assurant non seulement le rôle de pédagogue mais aussi celui de gestionnaire de projets culturels d'envergure. Pour ses élèves, Frédéric Cano n’est pas seulement un professeur ; d’après certains élèves, il est perçu comme un exemple à suivre, une figure inspirante.

La Compagnie Ose : Une exploration de la danse Jazz

En 2009, il crée la compagnie Ose (Old School Evidence) au sein de laquelle il est chorégraphe. Le nom même de la compagnie, évoquant une "évidence de la vieille école", suggère un attachement aux racines de la danse jazz tout en affirmant une audace contemporaine. Son but ? Promouvoir la danse jazz par le biais de spectacles. Parallèlement, il est chorégraphe et percussionniste de la compagnie Ose, ajoutant une dimension rythmique à ses créations. La danse jazz, sous sa direction, devient un langage dynamique qui refuse de se figer dans le passé. Il s'agit de montrer que cette discipline possède une vitalité et une modernité capables de toucher tous les publics. Au sein de la compagnie, le travail de création est intimement lié à la personnalité des interprètes. Frédéric Cano s’inspire de ses lectures pour emmener ses danseurs et le public dans ses univers. Cette approche narrative permet de donner du sens au mouvement, transformant chaque geste en une parole silencieuse. Mais plutôt que de communiquer par le verbe, il l’exprime par le corps, faisant de la physicalité le vecteur principal de l'émotion et de l'histoire.

Une pédagogie de l'évolution : La performance au service de l'élève

L'un des traits les plus distinctifs de la méthode de Frédéric Cano réside dans son refus des chorégraphies préconçues et rigides. Pour lui, le processus de création doit rester organique et s'adapter à la réalité des danseurs présents sur le plateau. « La performance pour la performance ne sert à rien », affirme-t-il avec conviction. Cette philosophie place l'humain et son développement technique au centre de la démarche artistique. Frédéric Cano crée ses spectacles au fur et à mesure : « Il me faut le matériel du danseur. Pour moi, les chorégraphies d’école de danse doivent représenter le travail technique de l’année du danseur. » Cette méthode garantit que le spectacle soit le reflet authentique des progrès réalisés en cours d'année. Si je crée quelque chose en amont, qu’est-ce qui me dit que l’élève atteindra ce niveau-là ? Ou alors qu’est-ce qui me dit qu’il n’atteindra pas beaucoup plus que ce niveau-là ? C’est donc pour cela que je préfère créer au fur et à mesure. Cette flexibilité permet de repousser les limites de chaque individu sans jamais imposer un cadre inadapté. Pour moi, la performance pour la performance ne sert à rien, car l'art doit avant tout être une expression de l'être et de son cheminement.

L'aventure intergénérationnelle du spectacle de Thann

Le point d'orgue de l'année artistique dirigée par Frédéric Cano est sans aucun doute l'événement majeur organisé dans le Sundgau. Comme chaque année, Fréderic Cano organise un spectacle de danse intergénérationnel (383 danseurs et danseuses, âgés de 6 à 79 ans) au Relais Culturel de Thann. Ce projet titanesque est une véritable prouesse logistique et humaine, rassemblant des générations différentes autour d'un projet commun. C’est tout un travail qui s’effectue en amont : il faut écrire les textes et les dialogues, préparer costumes, penser la musique, la lumière et, bien entendu, la chorégraphie. Cette pluridisciplinarité fait du spectacle une œuvre totale où chaque détail compte. Des semaines de cours, et seulement trois répétitions générales donnent naissance à ce spectacle. L'efficacité et la précision de Frédéric Cano sont essentielles pour transformer ce chaos créatif en une prestation cohérente et émouvante. Et quand on lui demande de parler de son spectacle, il répond en toute humilité : « Ce n’est pas mon spectacle, c’est celui des danseurs, des musiciens, des acteurs, et des bénévoles de la structure. » Pour lui, le rôle du chorégraphe est celui d'un catalyseur. Moi, je suis juste l’étincelle qui a fait qu’à un moment, il y a une idée qui émerge et qu’il se passe quelque chose.

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Expertise corporelle et analyse fonctionnelle du mouvement

Frédéric Cano ne se contente pas d'enseigner des pas de danse ; il s'intéresse en profondeur au fonctionnement du corps humain, ce qui l'a amené à explorer des disciplines plus techniques et analytiques. Il enseigne aussi, depuis peu, l’AFCMD (analyse fonctionnelle du corps en mouvement dansé), une discipline qui permet d’aborder le corps et la posture. Cette approche est fondamentale pour la prévention des blessures et l'optimisation de la performance technique. En comprenant la mécanique des articulations et des chaînes musculaires, le danseur gagne en fluidité et en conscience corporelle. L'AFCMD offre des outils précieux pour personnaliser l'enseignement et répondre aux besoins spécifiques de chaque morphologie. Cette expertise renforce la crédibilité de Frédéric Cano en tant que formateur de formateurs. En effet, depuis quelques années, au travers de différentes missions d’enseignement artistique « danse », conjointement avec le CEA (Communauté Européenne d’Alsace), il met en place des formations de professeurs afin de transmettre, encore et toujours. Son action s'inscrit donc dans une volonté de structurer et d'élever le niveau de l'enseignement de la danse à l'échelle départementale.

Un écosystème de collaborateurs spécialisés

Le succès des projets menés par Frédéric Cano repose également sur un réseau de collaborateurs hautement qualifiés. Actuellement tous en poste dans des établissements d’enseignement artistique, nos chargés de missions partagent bien souvent vos problématiques, peuvent vous aider et se tiennent à votre écoute. Parmi eux, on retrouve des figures comme Orianne Zaepffel, qui apporte sa rigueur mélodique. Depuis une quinzaine d’années, Orianne Zaepffel enseigne la formation musicale à des élèves de 6 à 90 ans. Titulaire d’un diplôme d’état en direction d’orchestre, elle dirige actuellement une harmonie dans le Sundgau, illustrant parfaitement la diversité des talents impliqués. Sylvain Rebillat est musicien, formé au Music Academy International de Nancy et professeur diplômé d’État spécialisé dans les musiques actuelles. Sa présence garantit une approche moderne et vivante de la musique de scène. De même, la dimension théâtrale est portée par des professionnels reconnus. Titulaire de l’Agrément Départemental d’Enseignement Théâtre, Anne Koehrlen enseigne depuis 8 ans au Foyer Saint Erasme à Uffholtz et à l’École de Musique Danse Théâtre du Sundgau à Altkirch. Elle a enseigné le théâtre dans sept structures appartenant au schéma départemental. Parallèlement, elle est comédienne et metteur en scène au sein de la Compagnie Versatile. Cette collaboration pluridisciplinaire enrichit les spectacles de la MJC et de la Compagnie Ose.

L'apport instrumental et bibliothécaire dans la création

L'intégration de musiciens classiques et de spécialistes de la documentation apporte une profondeur supplémentaire aux recherches artistiques de l'équipe. Jean-Baptiste Guigue a commencé l’apprentissage du cor dès ses 9 ans, et a obtenu le diplôme du CNSMDP sur cet instrument, tout en jouant régulièrement en orchestres d’harmonie, symphoniques, baroques, ou en musique de chambre. Son expertise musicale est un atout précieux pour les créations chorégraphiques qui nécessitent une oreille attentive aux structures complexes. Il a parallèlement effectué des études de documentation et de gestion de médiathèque, qui lui ont permis de devenir bibliothécaire musical. Cette double compétence est rare et permet d'ancrer les spectacles dans une recherche historique et documentaire rigoureuse, en lien direct avec les sources musicales. C'est ce souci du détail et cette exigence intellectuelle qui font la force des projets coordonnés par Frédéric Cano. Chaque intervenant, qu'il soit musicien ou bibliothécaire, contribue à la richesse du terreau dans lequel puisent les danseurs.

Esthétique et scénographie : L'imaginaire de La Hurlante

Le volet visuel et scénographique des productions est souvent le résultat de rencontres avec d'autres compagnies et artistes plasticiens. Metteur en scène, auteur et interprète, elle participe à plus de neuf créations de la Cie les Boucans aux univers poétiques où l’on croise : masque, marionnettes, danse, théâtre burlesque, théâtre dans les bars, théâtre de rue. Cette diversité d'influences nourrit l'univers de la Compagnie Ose. En 2010-2011, elle est co-auteur et interprète de la création « Dernier Palier » mis en scène et co-écrit par Émilien Urbach (Cie Sîn). Elle fonde au printemps 2011 la Cie La Hurlante et écrit la pièce jeune public « La Dame aux Poupons ». L’envie de mêler dans le jeu : le corps abstrait, le texte réaliste, le mobilier urbain, l’humour et le quotidien décalé sont des axes de recherche pour ses prochains projets. Ces préoccupations esthétiques se retrouvent dans le travail de Christophe Pujol. Aujourd’hui comédien, auteur, artificier et musicien, il commence son expérience théâtrale par le café théâtre. Il poursuit ses recherches dans le théâtre comique en travaillant sur le clown avec la Cie Bruit qui Court avec le metteur en scène Luc Miglietta dans « Le dompteur des Zonimos » spectacle jeune public. Il a également collaboré à des œuvres comme « La Création en Marche », « La Baignoire aux Illusions », ou « L’incroyable cirque du Farfalle » dont il est co-auteur.

La matérialité du spectacle : Costumes et décors

La construction d'un spectacle passe par une transformation des matériaux du réel. Pour « La Dame aux Poupons », Christophe Pujol tire dans la trame l’essence du spectacle afin de toucher les enfants et les plus grands. « La Dame aux Poupons est l’occasion pour moi d’effectuer ma seconde création de décor et accessoires pour le théâtre. Peindre, dessiner, sculpter, détruire, construire, déchirer, recréer, on prend les matériaux du réel, on les éreinte et on les étreint pour les mettre à la rencontre de l’imaginaire de l’art et du sien propre. Cette vision de la scénographie est partagée par des spécialistes du costume comme Anysia. Elle a découvert la couture et le costume à travers sa passion pour la danse tribal fusion. Des compagnies de danse montpelliéraine à certaines danseuses centre atlantique internationalement reconnues, le travail d’Anysia s’est fait une place sur les scènes de spectacle. Son talent a été remarqué bien au-delà des frontières locales. Avec ces créations et d’autres accessoires plus connus, elle a participé à de nombreux salon en exposition comme le Free Market à Montpellier, le souk du Aiwah Festival à Nîmes ou encore Finessr’art, exposition d’art contemporain en Catalogne. Pour la Cie La Hurlante et en collaboration avec le plasticien Mathieu Renault, elle réalise une création à l’opposé de son travail habituel, prouvant ainsi sa capacité d'adaptation et son désir de recherche constante.

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