Comprendre et prévenir les risques pulmonaires en plongée : Guide complet

La plongée sous-marine, qu'elle soit pratiquée en apnée ou avec scaphandre autonome, est une activité de loisir relativement sans danger pour les personnes en bonne santé qui sont bien informées et ont reçu un entraînement adéquat. Toutefois, le milieu dans lequel se déroule la plongée sous-marine demande une bonne condition physique, car les conditions pulmonaires aigues font partie des blessures de plongée les plus dramatiques et les plus menaçantes pour la survie. Il est vital que les professionnels de la plongée et les pratiquants puissent les reconnaître et réagir rapidement, car ces conditions peuvent mener à des séquelles sévères et de longue durée, nécessitant un traitement sans délai.

L’œdème pulmonaire d’immersion : mécanismes et symptômes

L’œdème pulmonaire d’immersion (OPI) est une accumulation de liquides dans les poumons causé en partie par l’immersion dans l’eau. Il survient lorsque le sang des jambes et de l’abdomen est redistribué aux poumons, ce qui augmente la pression dans les vaisseaux sanguins des poumons, provoquant ainsi une fuite de plasma dans les espaces respiratoires. Ce phénomène, appelé "blood shift", se traduit par un transfert de sang de 250 à 700 ml de la périphérie du corps vers le thorax.

L’œdème est consécutif à un déséquilibre des pressions liquides opposées situées autour des poumons, qui permet l’accumulation d’un excès de liquide dans les tissus pulmonaires. L’OPI se manifeste le plus souvent par une difficulté respiratoire (dyspnée) qui peut survenir dès l’immersion mais débute le plus souvent en profondeur et s’aggrave à la remontée. Les autres symptômes sont une toux et la présence d’expectorations mousseuses voire de crachats sanguinolents, marqueurs de lésions pulmonaires. Une oppression thoracique sans véritable douleur et/ou une sensation de mort imminente ont également été rapportées.

L’observation de cas d’OPI a permis d’identifier des facteurs pouvant favoriser la survenue de cet accident, parmi lesquels l’immersion dans de l’eau froide (<19 °C), l’effort physique et l’hypertension artérielle. L’âge semble jouer un rôle important chez les plongeurs en scaphandre autonome, la plupart des cas étant rapportés chez des individus de plus de 45 ans. L’obésité, le stress, une hyperhydratation ou encore la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) pourraient être également impliqués.

Le syndrome de surpression pulmonaire

Le syndrome de la surpression pulmonaire est typiquement dû à la dilatation d’air retenu dans les poumons lors de la remontée à la surface, par un blocage des voies respiratoires ou par la rétention de la respiration, menant au gonflage des poumons au-delà de leur capacité maximale. Ceci peut mener à un barotraumatisme pulmonaire qui peut se manifester par un pneumothorax, un emphysème sous-cutané ou du médiastin, ou à une embolie artérielle gazeuse.

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Accident de plongée des plus graves, la surpression pulmonaire provoque quasi toujours des complications respiratoires. Lorsque le plongeur se rapproche de la surface, la pression diminue et les gaz présents dans ses poumons augmentent de volume. Ils font gonfler les poumons comme des ballons. La meilleure façon de traiter ou soigner la surpression pulmonaire reste de ne pas subir la douleur et la dangerosité d'un tel accident ; la prévention repose sur l'apprentissage de la respiration normale et continue lors de la remontée.

Embolie pulmonaire : une menace distincte

Une embolie pulmonaire est une condition dangereuse qui peut survenir sans lien direct à la plongée mais qui peut imiter les symptômes d’une blessure liée à la plongée. Une embolie fait suite à un blocage de la circulation sanguine dans le système vasculaire des poumons, dû à une accumulation de tissus lipides ou à des caillots sanguins. L’embolie pulmonaire mène typiquement à une baisse significative de la tension artérielle et du débit cardiaque. Si l’embolie aigue donne souvent lieu à des symptômes visibles, l’évolution lente de l’embolie pulmonaire chronique peut passer inaperçue. Les facteurs de risques sont les suivants : maladies cardiaques, obésité, le tabagisme et l’hypertension.

Mesures de précaution et sécurité en plongée

Les plongeurs doivent prendre des précautions pour minimiser le risque de barotraumatisme et d’accident de décompression. Pour réduire ce risque, les plongeurs doivent égaliser la pression dans les divers espaces remplis d’air, notamment le masque et l’oreille moyenne. Il est impératif d’éviter de retenir sa respiration et de respirer normalement pendant la remontée, qui ne devrait pas dépasser 0,15 mètre par seconde. Cette vitesse permet d’expulser progressivement l’azote en excès et de vider les espaces remplis d’air. Il faut également respecter tous les paliers nécessaires selon la profondeur et la durée de la plongée, inclure un palier de sécurité de 3 à 5 minutes à 4,6 mètres de profondeur, et s’abstenir de prendre l’avion pendant 12 à 24 heures après une plongée.

Pour réduire les autres risques, les plongeurs doivent éviter de plonger en cas de mauvaise visibilité, de courants exigeant des efforts excessifs, de températures froides ou lorsqu'ils sont sous l'influence de drogues illicites, de sédatifs ou d'alcool. Les températures froides constituent un risque particulier car l’hypothermie peut se développer rapidement et compromettre les facultés mentales et la dextérité.

Contre-indications médicales à la pratique de la plongée

La plongée pouvant impliquer des efforts importants, les plongeurs doivent avoir une assez bonne capacité aérobique et ne doivent pas être limités par des troubles cardiaques ou pulmonaires. Les affections qui peuvent diminuer la conscience, l’attention ou le discernement, comme les convulsions et le diabète traité par insuline, empêchent en général la plongée. Les personnes ayant subi un collapsus pulmonaire spontané (pneumothorax) ne devraient pas pratiquer la plongée.

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Parmi les autres facteurs de risque médicaux, on retrouve :

  • Congestion nasale et des sinus chronique ou à court terme.
  • Médicaments causant de la somnolence.
  • Reflux gastro-œsophagien s’il est grave.
  • Troubles cardiaques (maladie des artères coronaires, insuffisance cardiaque, rythme irrégulier, valvulopathies).
  • Hernie inguinale non réparée.
  • Affections pulmonaires (asthme, kystes pulmonaires, BPCO, antécédents de pneumothorax).

Spécificités de l’apnée et sécurité en surface

En pratique sportive, l'apnée est un mode de plongée sous-marine qui se caractérise par un arrêt volontaire de la ventilation. Pour une bonne séance d'apnée, il est crucial d'être détendu. L’accident le plus courant et le plus redouté en plongée libre est la perte de connaissance (la syncope). La meilleure façon de l’éviter consiste à être conscient des règles de base, à se connaître et à respecter consciencieusement ses propres limites.

L’hyperventilation désigne le fait d’effectuer une série de respirations régulières afin de réduire la quantité de dioxyde de carbone présente dans le sang. Il est très important pour un plongeur en apnée d’être conscient de ce phénomène car il n’augmente pas la quantité d’oxygène dans le sang et ne présente dès lors aucun avantage. En fin de plongée, avoir le tuba en bouche oblige le plongeur à expirer au moment où il a les poumons vides et où il a justement besoin de refaire le plein d’oxygène.

Il est conseillé de respecter un repos en surface d’une durée deux fois plus longue que celle de la plongée pour favoriser la récupération. De plus, un examen médical détaillé permettra de s’assurer qu’aucun problème cardiaque, respiratoire ou métabolique ne mette en péril l’activité.

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