On ne devrait jamais avoir à réprimer une envie de baignade à cause de nos menstruations. Et pourtant, près d’une femme sur trois a déjà été empêchée de se baigner en période de règles. Cette situation, souvent vécue comme une contrainte sociale ou physique, repose en grande partie sur des malentendus et une méconnaissance des options disponibles. Nager en période de règles est non seulement possible, mais peut s’avérer très avantageux : cela permet de libérer des endorphines qui peuvent atténuer les crampes menstruelles, tout en profitant des bienfaits apaisants de l’eau.
Démystifier la baignade et les règles
Il est temps de déconstruire les mythes qui entourent la baignade menstruelle. Une croyance très répandue suggère que le sang menstruel attirerait les requins. Bien que ce mythe soit encore très largement répandu, il n'y a aucune preuve scientifique pour l'appuyer : on ne risque a priori pas plus d’attirer les requins avec ou sans ses règles. Même s’ils sont attirés par le sang, le flux menstruel perdu dans l’eau est minime et n’est pas comparable à une plaie.
Un autre mythe tenace concerne l'impact de l'eau sur l'écoulement. Est-ce vrai que l'eau froide coupe complètement l'écoulement des règles quand on nage ? C'est un mythe bien ancré ! Scientifiquement, se baigner ne coupe pas les règles. C'est en réalité la pression de l'eau qui peut simplement ralentir temporairement l'écoulement. Même si la pression de l'eau ralentit le débit du flux, elle ne l’arrête pas pour autant. Soyez très vigilante : dès que vous sortez du bassin ou de la mer, cet effet de pression disparaît immédiatement et l'écoulement reprend normalement. C'est pourquoi une protection reste indispensable pour éviter les désagréments.
Pourquoi éviter les protections classiques dans l'eau ?
Une serviette hygiénique jetable se gorge rapidement d’eau lorsqu’elle est entièrement plongée dans un tel liquide. Ultra-absorbante, elle gonfle, s’épaissit et s’alourdit, devenant alors inconfortable. Saturée, elle dégouline d’eau lorsqu’elle n’est plus immergée et ne peut plus absorber le flux menstruel, ce qui la rend inefficace. De plus, la colle sur les ailettes qui permet de maintenir la serviette en place peut s’altérer avec l’eau et perdre en adhérence. De même, les serviettes ne sont pas vraiment conçues pour absorber autant de liquide qu’elles le feraient dans l’eau. Les serviettes hygiéniques et les protège-slips jetables ne sont donc absolument pas adaptés à la baignade.
Il en va de même pour les culottes menstruelles classiques du quotidien. Une culotte menstruelle classique n'est pas conçue pour l'immersion : elle absorbe l'eau, gonfle et perd son efficacité. Vous pourriez avoir la tentation de vous baigner avec une culotte menstruelle, mais on vous le déconseille, tout simplement parce que c’est un sous-vêtement qui n’a pas été conçu pour la baignade.
Lire aussi: Tout savoir sur le planning en planche à voile technique
Les alternatives pour une baignade en toute liberté
Si les protections classiques sont proscrites, d'autres solutions permettent de profiter de la baignade.
Le tampon hygiénique
C'est souvent la protection hygiénique choisie par les personnes qui refusent de porter des tampons pour des raisons écologiques ou de santé. Pourtant, la majorité des femmes qui se baignent pendant leurs règles optent pour le tampon. Pratique, efficace et discret, il continue d’assurer sa fonction absorbante dans l’eau. Toutefois, se baigner avec un tampon, c’est en effet contraignant : il faut trouver un endroit pour en changer, on peut avoir peur du fil qui dépasse ou qu’il soit rempli et soit à l’origine d'une fuite. Il faut le retirer et le changer rapidement après la baignade pour éviter les irritations dues au sel de mer ou au chlore de la piscine. De plus, il y a un grand nombre de parents qui ne souhaitent pas que leur enfant porte un tampon, parce qu’ils ont peur que cela soit douloureux. Il faut noter également que les tampons et les serviettes hygiéniques contiennent des produits chimiques nocifs. On peut notamment retrouver, dans la longue liste de composants toxiques des tampons, du lindane et du quintozène, du glyphosate, des phtalates, etc. Enfin, le tampon fait également courir le risque du Syndrome du Choc Toxique qui, bien qu’il soit rare, peut se révéler extrêmement grave.
La cup menstruelle
Le plus souvent composée de silicone médical, elle adhère aux parois vaginales grâce à sa forme d'entonnoir. Vous n’aurez qu’à vider votre cup après votre baignade, tout simplement ! Moins fréquemment utilisée, la cup fait également partie des protections périodiques qui fonctionnent en milieu aquatique. Elle est réutilisable, économique sur le long terme et a une capacité de rétention supérieure à celle des tampons.
L'éponge de mer naturelle
C’est une éponge de mer qui est naturelle et qui nécessite d’être humidifiée avant d’être pressée entre les doigts puis de l’insérer dans le vagin. Il faut régulièrement la rincer pour extraire le sang avant de la réinsérer. Elle est confortable, réutilisable, pratique et zéro-déchet. C'est l'option dorénavant souvent choisie par et pour les ados, mais également par les femmes. Si l’on a un flux abondant, il suffit de réduire son temps de port à un maximum de 3 heures.
Le maillot de bain menstruel
Inspiré de la culotte menstruelle, il permet de se baigner en toute liberté pendant ses règles. Le tissu étanche empêche l’eau de s’infiltrer, et absorbe le sang menstruel. Cette protection invisible et réutilisable absorbe efficacement le flux tout en restant parfaitement étanche, vous offrant ainsi une liberté de mouvement totale dans l'eau. Le secret réside dans une superposition intelligente de tissus techniques. La membrane imperméable et respirante agit comme une barrière anti-fuite infranchissable. La technologie est conçue pour ne retenir que le sang, un liquide plus visqueux que l'eau. Résultat, le tissu reste parfaitement ajusté et invisible.
Lire aussi: Tutoriels pour attacher un voile
#
Lire aussi: Techniques Avancées de Surf