Guide complet sur l'art du foil : de la navigation tractée aux innovations navales

Le monde de la glisse a été bouleversé par une innovation technologique majeure : le foil. Ce dispositif, qui semble défier les lois de la gravité, permet de soulever une embarcation ou une planche au-dessus de la surface de l'eau, transformant radicalement notre manière d'interagir avec les éléments. Qu'il s'agisse de pratiquer le wake foil derrière un bateau ou de comprendre les enjeux technologiques qui poussent les grands yachts à "voler", cet article explore l'univers du foil dans toutes ses dimensions.

Introduction à la pratique du foil tracté

La pratique du foil s’étend vers de nouveaux horizons. Aujourd’hui, il est possible de se mettre à l’eau peu importe les conditions de vent ou de mer. Le foil tracté peut également, dans une dynamique de performance, permettre l’accès au tow-in, vous donnant accès au surf de vagues qu’il serait impossible d’attraper à la rame. Donc, apprendre le foil tracté est un point d’entrée à pleins de nouvelles activités. Enfin, quand on parle foil tracté, il faut parler de Wake foil. C’est une discipline en plein essor et nul besoin d’avoir un gros bateau.

Le foil tracté est une activité tractée par une embarcation motorisée. Pour votre équipement personnel, il est important de vous protéger car le foil reste une pratique à risque. Nous vous recommandons de porter un gilet ou un gilet d’impact, un casque et des chaussons néoprènes.

Comme mentionné précédemment, la sécurité est primordiale. Le pilote du bateau doit être conscient des dangers et attentif à ce qu’il se passe devant et derrière lui. D’un point de vue réglementaire, vous devez être toujours au minimum deux dans un bateau qui tracte, un pilote et une personne qui surveille le rider derrière ! Pour le choix du spot et des conditions, privilégiez un plan d’eau calme sans obstacles (autres usagers, rochers, bouées de mouillage…). Plus le plan d’eau sera plat et plus il sera facile de voler.

Premiers pas sur l’eau : équilibre et posture

Lors de la phase d’apprentissage du foil tracté, il est recommandé de garder les pieds dans l’axe de la planche ou de les excentrer en mettant le pied avant plus proche du rail côté talon et le pied arrière plus proche du rail, là où se trouvent les pointes de pieds. Être équilibré est fondamental pour apprendre rapidement. Pour maintenir une bonne posture, il est conseillé de regarder loin devant soi, à environ 5 à 10 mètres. Ne regardez pas vos pieds. Si vous ne vous sentez pas à l’aise pour débuter debout, nous vous recommandons de commencer à genoux.

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Pour bien contrôler votre foil, il est important de transférer votre poids sur la jambe avant et arrière plutôt que d’appuyer sur l’une ou l’autre des jambes. Pour ce faire, tenez votre palonnier et regardez devant vous. Coulez votre planche et venez la positionner sous vos pieds. Avec la main avant, tenez le palonnier et l’avant de la planche, et avec l’autre main, tenez l’arrière de la planche. Fléchissez bien les jambes et gardez une position groupée. Cette position ressemble à celle d’une personne accroupie sous l’eau lors d’un waterstart en wake. Maintenez l’équilibre tant que le bateau n’avance pas. Une fois que le bateau démarre, la pression du foil et de la planche va plaquer cette dernière à vos pieds. Orientez le nez de la planche vers la surface de l’eau et progressivement, remontez à la surface de l’eau. Quand vous êtes à la surface de l’eau, la procédure est la même qu’avec une planche plus volumineuse.

Maîtriser la poussée et la gestion de l'ailette

Une fois que vous sortez de l’eau, votre foil vous portera de plus en plus fort à mesure que la vitesse du bateau augmente. Cette force sera d’autant plus importante avec des foils plus grands (ailette avant). Pour compenser cette pression croissante, il est nécessaire d’appuyer un peu plus sur la jambe avant. Pour voler à l’horizontale, il est important que votre poids soit égal à la poussée du foil. Pour cela, trois choses sont essentielles : la vitesse du bateau. Elle ne doit pas être élevée.

Plus votre foil est avancé dans le boîtier, plus la pression sous le pied avant sera importante. Cela augmente la probabilité de se faire éjecter. Plus il est reculé, plus vous pourrez contrôler l’assiette si vous allez plus vite. Donc dans un premier temps, nous vous préconisons de mettre votre boitier au centre des rails US. Le placement des pieds est un élément clé pour maintenir l’équilibre sur la planche. Le foil pousse vers le haut, votre poids appuie sur la planche. Le poids du rider doit être égal à la poussée du foil. Dans le cas contraire, le foil va faire que de monter ou inversement. Par conséquent, le positionnement du poids du rider doit être à peu près au-dessus du centre de poussée de l’ailette avant (1/3 du bord d’attaque de l’ailette avant).

Pour compenser une pression trop importante sous le pied avant, avancez-vous. Pour ce faire, il est essentiel de supprimer tous les problèmes d’équilibre pouvant entraver votre progression. Mettez un mât court, et mettez-vous à genoux bien équilibré sur la planche, cela facilitera votre apprentissage. Placement sur la planche : à genoux, cela permet d’appréhender plus facilement l’équilibre de la planche et du foil. Positionnez-vous au centre de la planche, restez équilibré sur la planche en particulier dès que le bateau va commencer à avancer. Contrôlez votre stabilité latérale en essayant de répartir la même pression sur les 2 genoux. Si votre planche se cabre trop, appuyez un peu plus sur l’avant des genoux. Si votre planche ne se lève pas du tout, basculez votre poids un peu plus sur les talons tout en restant à genoux. Vous êtes bien équilibré quand vous volez à l’horizontale sur l’eau.

Techniques avancées et progression en vol

Privilégiez une plus grande longueur de corde pour votre palonnier. Lorsque vous arrivez à voler sans problème à genoux, enclenchez le moteur et dès que la planche avance un peu, commencez par mettre le pied avant sur la planche, puis montez et mettez votre pied arrière sur la planche. Une fois en vol, le contrôle de son vol passe par le transfert du poids entre la jambe avant et arrière (et non d’une pression sur la jambe avant et arrière). Redressez votre buste, gardez les bras tendus.

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Si vous commencez à être à l’aise, commencez à faire des courbes et vous éloigner de l’axe du bateau. Appuyez sur la pointe de pied ou sur les talons pour changer de trajectoire. Lâchez la corde et essayez de rester dans le creux de la vague du sillage du bateau. Si vous commencez à maîtriser le foil derrière le bateau, l'idée ici n’est pas de fournir un tutoriel complet sur les sauts en tracté et en foil, cela fera peut-être l’objet d’un prochain article. Le saut simple est un bon début. Le rider pousse sur le pied arrière pour faire sortir le foil de l’eau, groupe en l’air, et réceptionne en faisant rentrer l’ailette avant en premier, en appuyant rapidement sur son pied arrière pour inciter le foil à voler le plus rapidement possible. Il est important d’essayer de profiter d’un effet ressort, en enfonçant le foil dans l’eau avant d’appuyer sur le pied arrière pour sauter. Conservez toujours un réglage vous donnant de la pression sous le pied avant. Pour débuter, nous vous conseillons de partir sur la pocket 4’0 qui sera un bon compromis pour débuter en Wake foil avec un S-Foil en 1750 pour les débutants complets.

L'histoire et l'évolution technique des foilers

On les entend à peine et on ne les voit que brièvement. Ils passent avec un léger sifflement et ne laissent qu'une trace discrète à la surface de l'eau avec leurs échasses filigranes. Celui qui maîtrise le dériveur filigrane en fibre de carbone Moth peut atteindre une vitesse de pointe de 30 nœuds - et ce avec un petit bateau de 3,30 mètres de long et de 35 kilos seulement. Dans aucune autre classe, le thème du foiling n'a eu un impact aussi impressionnant et durable que sur l'International Moth. En l'espace de quelques années, cette classe de construction à une main s'est presque entièrement métamorphosée, passant du planeur au foiler. Près de 5000 unités sont aujourd'hui enregistrées dans le monde, dont beaucoup sont des foilers, notamment tous les nouveaux bateaux.

Dès huit nœuds de vent, un navigateur de 80 kilos peut décoller avec un Moth moderne, c'est la règle d'or dans cette classe. La dérive et le safran sont des foils en T avec des ailes montées à l'horizontale. La profondeur du profil est réglable sur les deux foils. Le foil de gouvernail est réglé par la rotation de la barre franche, le foil principal sur la dérive par un capteur de résistance automatique.

L'engouement pour les foils et les voiliers "volants" ne fait que commencer. Pourtant, la technologie des ailes portantes, qui semble aujourd'hui encore étrangère, voire farfelue, à la plupart des navigateurs, a derrière elle une étonnante histoire de développement. Dès 1861, l'Anglais Thomas William Moy installe deux ailes fixes sous un sloop qu'il fait tirer par un attelage de chevaux le long d'un canal. Cette invention révolutionnaire est suivie par toute une série de véhicules expérimentaux motorisés, souvent à vocation militaire. En 1906, le constructeur italien Enrico Forlani met au point le premier hydroptère à propulsion autonome. L'engin inspire ensuite l'inventeur américain Alexander Graham Bell pour la construction de son "HD-4", qui établit en 1919 un nouveau record mondial qui durera plus d'une décennie : 61,6 nœuds.

La première utilisation connue d'hydrofoils sur des voiliers remonte à 1938. Les Américains Robert Gilruth et Bill Carl se construisent un petit catamaran de 3,65 mètres de long avec une grande aile en forme de V fixée à une structure sous l'eau. Avec le véhicule expérimental "Monitor", Gordon Baker va encore plus loin. Le Français Éric Tabarly joue un rôle important dans le développement de foils pour les voiliers. En 1976, il transforme une coque de Tornado en un petit trimaran et construit des ailes pour les flotteurs latéraux ainsi que pour le gouvernail. Son compatriote Alain Thébault a pris une part similaire au développement de Tabarly avec le triple foiler "Hydroptère". En 2009, "Hydroptère" établit deux records : 51,36 nœuds de moyenne sur 500 mètres et 50,17 nœuds sur le mille marin.

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Principes hydrodynamiques du vol marin

Depuis des lustres, on a imaginé utiliser des foils porteurs sur les bateaux dans le but de sortir la coque hors de l’eau et de réduire ainsi la résistance à l’avancement. Les travaux sur les ailes d’avions ont montré que la portance d’une aile est proportionnelle à sa surface alaire et au carré de sa vitesse de déplacement. La difficulté première pour un navire sera d’atteindre une vitesse qui générera suffisamment de portance pour soulever la coque.

Contrairement à un avion, un navire change de milieu conceptuel entre le moment où il flotte et le moment où il vole. Pour un navire motorisé, il suffit d’avoir une vitesse de propulsion pour que la surface active, associée à un profil adéquat du foil, génère une force ascensionnelle supérieure à la masse du bateau. Sur un voilier, c’est beaucoup plus compliqué car la propulsion longitudinale est obtenue par un ensemble de voiles qui introduisent un paramètre complexe : le couple de chavirement.

Pour contrecarrer ce couple de chavirage et augmenter la puissance, l’architecte va déplacer au vent le centre de gravité du voilier en utilisant une quille pendulaire ou des ballasts liquides. Si l'on veut de la puissance, il faut de la surface de voilure, mais la force propulsive créée par la voilure va produire une force dans l’axe du voilier, celle qui donne la vitesse, mais aussi une force non négligeable qui va vouloir faire chavirer le voilier. L’équation commence à être compliquée pour installer des foils. Alors pourquoi les utiliser ? Pour créer de la portance antidérive en plus de la portance verticale de manière à supprimer les dérives transversales. Il est évident que la conception d’un foil qui remplit ces fonctions ne sera pas une entreprise simple.

Types de foils et intégration structurelle

Dans la construction de bateaux, les foils ne peuvent pas être adaptés sans autre. Comme l'explique Hugh Welbourn, inventeur du Dynamic Stability System (DSS), un foil génère davantage de moment de redressement et donc des charges nettement plus élevées dans la coque et le gréement. Pour compenser ces charges, il faudrait intégrer des renforts structurels complexes. De ce fait, les coûts seraient nettement plus élevés que pour un bateau sans foils.

Il existe divers types de foils pour les monocoques modernes :

  • L-Foils : Les bateaux à quille de cantonnement, comme l'Imoca Open 60, ont besoin d'un foil qui produit de la portance et empêche la dérive latérale. Les foils coudés à l'extrémité produisent les deux.
  • DSS-Foils : Si le bateau a une quille fixe, un foil DSS droit est suffisant. Il produit beaucoup de portance et moins de traînée.
  • Chistera-Foils : Utilisés sur la Figaro 3, ces foils courbés offrent un compromis en générant une portance verticale et une force contre la dérive.

Les catamarans de la Coupe de l'America sont des foilers à trois points, tandis que les fabricants s'orientent vers des foilers à quatre points pour une plus large clientèle, offrant une position de vol plus stable.

Démocratisation et accessoires : du nautisme à la décoration

La pratique se démocratise désormais pour un public amateur de nouvelles sensations fortes. Si sa pratique peut s'avérer un peu technique, les sensations sont décuplées et inédites. Toutefois, il faut quelques pré-requis. Il faut déjà être à l’aise et autonome sur des supports tels que le stand up paddle, le surf, le kitesurf, le windsurf ou le catamaran. Faire appel à un moniteur ou suivre un stage spécialisé permettra de progresser et se faire plaisir rapidement.

En complément de cette révolution nautique, le terme "foil" s'est également invité dans l'univers de la mode et de l'esthétique, notamment avec le "foil ongle". Ce matériau décoratif permet de créer des effets spectaculaires sur les ongles. Très populaire, il est facile à appliquer, même pour les débutantes. Le procédé consiste à préparer un morceau de foil, appliquer une colle spéciale sur l’ongle préparé et durci au gel, poser le foil côté mat, puis transférer le motif en appuyant légèrement. C'est une illustration intéressante de la manière dont une technique de transfert de surface peut traverser des domaines très différents.

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