L'empannage est une manœuvre fondamentale en voile, essentielle pour tout navigateur souhaitant maîtriser son embarcation, qu'il s'agisse d'un monocoque ou d'un catamaran. Comprendre ses mécanismes, ses spécificités et ses exigences de sécurité est crucial pour naviguer efficacement et en toute sérénité. Ce guide détaillé explore l'empannage sous toutes ses facettes, en mettant un accent particulier sur sa pratique en catamaran, une expérience qui, bien que présentant des avantages uniques, requiert une attention particulière aux forces en jeu et à la coordination de l'équipage. Nous commencerons par les principes de base de cette manœuvre avant d'aborder ses applications plus avancées.
Fondamentaux de l'Empannage : Comprendre et Distinguer
Pour naviguer avec aisance et adapter sa route aux caprices du vent, il est indispensable de maîtriser l'empannage. Cette manœuvre permet de changer d'amure lorsque le vent souffle de l'arrière du bateau, offrant une alternative à la remontée au vent.
Qu'est-ce que l'Empannage et Pourquoi le Pratiquer ?
L’empannage se pratique quand nous sommes vent arrière et que nous voulons changer d’amure sans passer par le vent de face. C'est une stratégie clé pour maintenir une trajectoire optimale en navigation sous le vent. C’est-à-dire que nous voulons changer de cap de façon à ce que le vent vienne du bord opposé au bord actuel. Cette description simple cache une manœuvre dynamique qui, bien exécutée, garantit efficacité et sécurité. Pour illustrer, en langage non marin : le vent vient de mon arrière gauche, je veux changer de cap. Celui-ci va impliquer que le vent viendra de l’arrière droit après la manœuvre. En essence, empanner ou faire un empannage, c’est continuer d’être poussé par le vent en changeant les voiles de côté. Plus précisément, empanner consiste à passer d’un bord sur l’autre avec le vent dans le dos. Cette manœuvre est donc l'outil privilégié pour les navigations au portant, permettant d'adapter l'orientation du bateau sans perdre de vitesse ni remonter au vent inutilement.
Empannage vs. Virement de Bord : Une Distinction Cruciale
Il est primordial de ne pas confondre l'empannage avec une autre manœuvre fondamentale : le virement de bord. Bien que les deux permettent de changer d'amure, leurs conditions de réalisation et leurs implications diffèrent radicalement. Le virement de bord permet aussi de changer d’amure. Cependant, dans ce cas, le vent ne vient pas de derrière mais de face. Par conséquent, la manœuvre s’effectue donc face au vent. Cette différence d'allure rend le virement de bord généralement plus facile à maîtriser, notamment en cas de vent fort, car la bôme passe en douceur. En revanche, le virement de bord implique souvent une manœuvre beaucoup plus longue et peut nécessiter l'affalage du spi si celui-ci est en place. C'est pourquoi, pour une navigation au portant efficiente, la maîtrise de l'empannage est non seulement souhaitable mais souvent indispensable.
Les Dangers et la Sécurité de l'Empannage
L'empannage est une manœuvre qui demande concentration et coordination, principalement en raison des forces considérables qui sont mises en jeu. Une mauvaise exécution peut entraîner des dégâts matériels importants et, plus grave encore, des blessures sérieuses à l'équipage.
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Les Mécanismes de l'Empannage : Forces en Jeu et Risques
Pour comprendre les risques, il faut visualiser ce qui se passe concrètement. Au vent arrière, la Grand-Voile est complètement débordée sur un bord. Le voilier est poussé par le vent. C'est dans cette configuration que l'on initie l'empannage. Si je change de cap au point de changer d’amure, la Grand-Voile passera de l’autre côté du bateau. Le cœur du danger réside dans ce basculement. Sans réflexion ni anticipation, la bôme va décrire un demi cercle pour passer de la position initiale à la position finale. Cette rotation peut être extrêmement rapide et violente. Cette trajectoire va se produire à une vitesse proportionnelle au vent, et les forces déployées, le seront au carré de la vitesse. Cela signifie qu'une légère augmentation de la vitesse du vent peut démultiplier les contraintes sur le gréement et l'équipage.
Les conséquences peuvent être dramatiques. Attention les dégâts ! Tête d’un équipier, hauban, vit de mulet (fixation de la bôme au mât), il y a bien moyen de casser quelque chose ou quelqu’un ! En effet, dans un empannage, le vent va cueillir la grand-voile par l’arrière et accélérer le passage de la bôme d’un bord sur l’autre, parfois violemment. Ce phénomène est particulièrement redoutable et est à l'origine de ce que l'on appelle l’empannage sauvage. Aux allures portantes (lorsque le vent vient de l’arrière), le risque principal est que la bôme passe sans prévenir. Il est impératif d'anticiper et de contrôler chaque étape de la manœuvre pour éviter ces scénarios dangereux.
Mesures de Sécurité Impératives pour l'Équipage et le Matériel
La sécurité doit être la priorité absolue lors d'un empannage. Des règles strictes concernant le positionnement de l'équipage et la préparation du matériel doivent être appliquées scrupuleusement. Personne ne doit se trouver à hauteur de la bôme pendant toute la durée de la manœuvre. C'est une zone de danger critique. L’idéal est que les équipiers et passagers restent assis dans le cockpit. Le cockpit offre une protection relative et permet de rester à l'écart de la bôme en mouvement. Personne ne doit se trouver sur le pont pendant l'empannage, car la bôme balaye une vaste zone.
Les conséquences d'un impact sont claires : en cas de choc, les dégâts sur le corps humain, notamment sur la tête, peuvent être graves, voire mortels. Il ne s'agit pas d'une mesure facultative. De plus, la force du vent est un facteur déterminant : si le vent souffle à plus de 4 beauforts (à partir de 18 nœuds), cette manœuvre devient dangereuse et exige une vigilance accrue, voire l'adoption de techniques spécifiques ou la décision de reporter la manœuvre.
Concernant les passagers et l'équipage non directement impliqués, des consignes claires sont de mise. Les passagers qui ne participent pas à la manœuvre seront assis à l’arrière du cockpit ou à l’intérieur du bateau si l’on manque de place pour tout le monde. Il est de la responsabilité du chef de bord de s'assurer que chacun est en sécurité. Les équipiers doivent rester à tout instant vigilant au passage de la bôme. Cette vigilance collective est essentielle. Enfin, un point souvent sous-estimé : personne ne doit s’asseoir à proximité du chariot de grand-voile qui peut aussi faire mal quand la bôme passera d’un bord sur l’autre. Le chariot, en se déplaçant brusquement, peut également causer des blessures. Pour minimiser tous ces risques, accompagner la bôme sur tout son trajet (pas loin de 180°, elle balaye tout le bateau), c’est respecter l’équipage et le gréement. Un contrôle manuel et progressif est la clé d'un empannage sûr.
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Préparation du Bateau et de l'Équipage
Avant même de songer à empanner, il est impératif de bien préparer le bateau et de s'assurer que l'équipage possède les connaissances de base nécessaires. Cela passe par la bonne installation des voiles et la compréhension du langage marin.
Les Manœuvres Préliminaires : Gréer et Comprendre le Vent
La navigation commence par la préparation du gréement. Pour pouvoir avancer il faut gréer les voiles, c’est donc la première chose que vous allez apprendre sur un bateau. Cette étape fondamentale garantit que le bateau est prêt à prendre la mer. Il faut savoir une chose, peu importe l’embarcation : les voiles se gréent face au vent ! C'est une règle d'or pour éviter que les voiles ne faseyent de manière incontrôlable. Premièrement, il faut hisser la grand-voile ensuite vous pourrez hisser le génois/foc. Une fois ces étapes réalisées, une fois votre bateau gréé, à vous la mer et l’aventure !
Cependant, l'aventure sera d'autant plus agréable que les bases sont solides. Lors de votre première navigation c’est ce que vous allez apprendre en premier : les allures. La connaissance des allures est essentielle pour toute manœuvre. L'allure est la position de votre embarcation par rapport au vent et elles comportent des réglages de voile différents. Pour naviguer efficacement, pour pouvoir vous diriger correctement il faut, selon le vent, sans cesse border ou choquer ses voiles afin qu’elles soient le mieux réglées possible. Cette adaptation continue des voiles est la marque d'un bon marin.
Le Dictionnaire du Marin Débutant : Maîtriser le Vocabulaire
Le monde de la voile a son propre langage, riche et précis. Si vous n’avez pas fait “Marin LV2” voici un petit dictionnaire qui vous permettra de vous en sortir lors de vos premières sorties en bateau ! Maîtriser ces termes est indispensable pour communiquer efficacement en mer et comprendre les instructions.
Parmi les termes clés, on retrouve :
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- Border : action de tirer sur une écoute pour tendre une voile ou rapprocher la bôme du centre du bateau. Comme le moyen mnémotechnique l'indique, on “borde” le lit donc on tire sur l’écoute.
- Choquer : action de relâcher une écoute pour détendre une voile ou éloigner la bôme du centre du bateau. De manière un peu plus imagée, quand on est “choqué” on lâche tout.
- Louvoyer : terme marin pour désigner le fait de zigzaguer. Pour remonter au vent (avancer presque face au vent) il faut faire des virements de bord, c’est à dire zigzaguer de droite à gauche et inversement. Attention : en marin, zigzaguer se dit louvoyer !
- Amure : désigne le côté d'où vient le vent par rapport au bateau. Changer d'amure, c'est passer le vent de bâbord (gauche) à tribord (droite) ou inversement.
- Chute de grand-voile : la diagonale de la voile située entre le mât et la bôme. C'est un indicateur visuel clé lors de l'empannage. En passant sur l’autre bord, la chute de grand-voile annonce que la bôme va passer à son tour dans les deux secondes qui suivent.
- Tangon : espar utilisé pour écarter le point d'écoute d'un spi ou d'un génois.
- Écoute : cordage servant à régler l'angle des voiles.
- Drisse : cordage servant à hisser les voiles.
- Bras : dans le contexte du spi, une des écoutes qui le retient.
- Génois/Foc : voile d'avant. Le génois est plus grand et recouvre une partie de la grand-voile.
- Spi (Spinnaker) : grande voile d'avant légère et creuse, utilisée aux allures portantes.
- Grand-Voile : voile principale du bateau, fixée au mât et à la bôme.
- Bôme : espar horizontal articulé au mât, supportant le bas de la grand-voile.
- Vit de mulet : articulation entre la bôme et le mât.
- Hauban : câble métallique latéral soutenant le mât.
- Chariot de grand-voile : dispositif sur lequel la bôme peut être déplacée latéralement pour un réglage fin de la grand-voile.
- Balancine : drisse servant à soutenir la bôme lorsqu'elle n'est pas sous tension de la grand-voile ou de l'écoute.
- Palan d’écoute : ensemble de poulies et de cordages permettant de démultiplier la force pour border l'écoute.
- Lazy-bag : sac de rangement pour la grand-voile, intégré à la bôme.
- Ris : dispositifs permettant de réduire la surface de la grand-voile.
- Safrans : parties mobiles immergées à l'arrière du bateau, servant à le diriger.
- Gréement : ensemble des mâts, espars, voiles et cordages d'un bateau.
- Abattre : modifier le cap du bateau pour s'éloigner de la direction du vent.
- Affaler les voiles veut tout simplement dire les descendre.
La Procédure d'Empannage en Voilier Monocoque (Principes applicables au Catamaran)
Même si le catamaran présente des spécificités, les principes fondamentaux de l'empannage sont universels. Comment bien empanner ? C’est simple en agissant avec méthode ! Une bonne coordination entre le barreur et l'équipier de grand-voile est essentielle.
Le rôle du barreur : Abattre et Stabiliser
Le barreur est le chef d'orchestre de la manœuvre. Son action principale est d'orienter le bateau progressivement pour passer l'axe du vent par l'arrière. Le barreur abat d’avantage, il va chercher le vent arrière. L'objectif est d'atteindre une allure vent arrière franche ou légèrement au-delà, ce qui permettra à la grand-voile de basculer. Une fois l'empannage initié, il doit contrôler la réaction du bateau. Le barreur pour stopper tout élan de départ au lof intempestif. C'est crucial pour éviter que le bateau ne remonte brusquement au vent après l'empannage, ce qui mettrait le gréement sous de fortes contraintes.
Le rôle de l'équipier de Grand-Voile : Maîtrise de la Voile et de la Bôme
L'équipier de grand-voile joue un rôle tout aussi vital, contrôlant directement le mouvement de la bôme et de la voile. Sa tâche principale est de minimiser la vitesse de passage de la bôme et de gérer la tension de la voile. L’équipier de la GV borde très rapidement la GV pour la ramener vers le centre du bateau. Cette action réduit la surface exposée au vent avant le passage de la bôme et la ramène sous contrôle. Il est important de noter que si le bateau est au travers, l’équipier de grand-voile aura du mal à border son écoute pour l’empannage. Il est donc essentiel d'être bien à l'allure vent arrière pour que cette action soit efficace.
Une fois la grand-voile bordée au centre, l'équipier attend le basculement. Il embraque la GV. C’est la voile et elle seule qui avertira l’équipier que l’empannage touche à sa fin. Le marin doit ressentir le moment où la voile est prête à basculer. Lorsque le haut de la voile prend le vent de l’autre côté, l’équipier de GV choque rapidement mais progressivement la GV. Ce "choqué" contrôlé permet à la voile de s'établir sur la nouvelle amure sans à-coups violents. La contre-écoute, si elle est présente, laisse globalement choquée (la contre-écoute) pour permettre le passage de la bôme sans entrave. Enfin, bien choquer l’écoute de grand-voile en sortie d’empannage est fondamental pour donner à la voile son profil optimal à la nouvelle allure portante. Pour préparer la manœuvre en toute sécurité et efficacité, un autre équipier prépare le winch au vent avec deux tours d’écoute en sens horaire, tous les équipiers doivent maintenant être assis dans le cockpit pour la manœuvre. Pendant cette étape son regard surveille la chute de grand-voile (la diagonale de la voile située entre le mât et la bôme). L'anticipation visuelle est une aide précieuse. Comme mentionné précédemment, accompagner la bôme sur tout son trajet… reste une consigne de sécurité primordiale, la manœuvre ne consistant pas à la laisser claquer mais bien à la guider.
Spécificités de l'Empannage en Catamaran
Si les principes généraux de l'empannage restent valables, la manœuvre prend une dimension particulière sur un catamaran. La stabilité inhérente à ces multicoques et l'absence de gîte modifient certaines dynamiques et requièrent des ajustements spécifiques.
Préparer le Catamaran : Du Port à l'Allure Portante
La préparation est la clé. Une fois dégagé du port et de l’avant-port, on va envoyer les voiles et s’essayer à différentes allures. L'objectif est de se familiariser avec le comportement du bateau. Pour ce faire, on va le faire en utilisant le pilote. L'autonomie de navigation qu'offre le pilote permet de concentrer l'attention de l'équipage sur les réglages et les manœuvres.
Le processus d'envoi des voiles est méthodique. On partira face au vent (à 0° du vent) et puis on va abattre (faire passer le vent par le travers, puis l’arrière) en donnant des instructions au pilote : + 30°, + 50°, etc. Cette approche progressive permet de se familiariser avec les réglages à chaque allure. Pour sécuriser l'envoi de la grand-voile, on place le bateau face au vent, en avant lente - juste assez pour que les safrans mordent et maintiennent le bateau dans l’axe - et on enclenche le pilote automatique. Cette position neutre est idéale. De cette façon, les équipiers pourront sans danger s’appuyer sur la bôme pour ouvrir le lazy-bag, faire circuler les ris afin qu’ils ne bloquent pas l’ascension de la grand-voile, etc. La sécurité est maximisée. Pour intervenir sans danger sur la bôme, on l’a « verrouillée » en souquant légèrement le palan d’écoute tout en gardant la balancine en tension. Cette précaution empêche tout mouvement intempestif de la bôme.
Une fois la grand-voile hissée, le réglage est affiné. Une fois la grand-voile étarquée, c’est-à-dire mise sous tension dans la verticale, il est temps de soulager la balancine et éventuellement régler à l’écoute - le chariot restant au centre. A ce stade, vous pouvez faire route sous grand-voile et un seul moteur, par exemple si vous manquez de vent, ou si votre route vous oblige à le remonter au plus près.
Pour dérouler le génois, la manœuvre se fait par étapes. Le bateau est toujours en avant lente, sous pilote, à 0° du vent. On modifie l’instruction de cap en lui demandant 30° de plus. Le bateau va donc pivoter de 30° vers tribord, et abattre d’autant. Le génois ne se déroule pas face au vent mais plutôt à 30°, de façon à trouver immédiatement son incidence naturelle au près. La bosse d’enrouleur étant ouverte, il vous suffit de le faire venir avec l’écoute sous le vent, puis de le border sans forcer. Inutile puisque vous allez abattre de 30° supplémentaires. Vous vous retrouvez en route, sous voiles, à 60° du vent. Poursuivant cette progression, nous étions à 60° du vent, nous abattons jusqu’à nous retrouver à 150° du vent, c’est-à-dire vent portant. Cette succession d'étapes permet d'atteindre l'allure idéale pour l'empannage.
Les Avantages du Catamaran au Portant et les Précautions Spécifiques
Le catamaran offre des atouts significatifs pour la navigation au portant. Un avantage non négligeable du cata, c’est que cette réduction de voilure peut se faire au portant, sans faire faseyer les voiles et avec moins de vent apparent. Cela simplifie grandement la gestion des voiles en cas de vent fort. De plus, au portant, on a moins de vent apparent et de tension dans le gréement. Cette sensation de confort ne doit cependant pas masquer les risques.
En effet, le danger est précisément de sous-estimer les forces en jeu, notamment à l’empannage, et la toile que l’on peut se permettre de porter. La stabilité du catamaran peut donner une fausse impression de sécurité. Dans le cas de notre cata de croisière, c’est le passage de la bôme d’un bord sur l’autre qui doit nous préoccuper. Il peut être assez violent pour mettre à mal une partie de l’accastillage. La bôme d'un catamaran est souvent plus large et plus lourde, et son inertie, combinée à la puissance du vent, peut être dévastatrice si elle n'est pas contrôlée.
La gestion de la grand-voile en configuration vent arrière est également particulière. A 150° du vent, on peut faire tomber quelques mètres de grand-voile : elle glisse sans mal le long des haubans. C'est une opération facilitée sur un multicoque. Sur un cata, elle glisse gentiment sur les haubans. Cette capacité à réduire la voilure en douceur est un atout. Quant à la position de la bôme, on retrouve à peu près le même angle en bout de bôme qu'un monocoque, mais l'absence de gîte rend l'appréciation des tensions différente.
L'Empannage "en Ciseaux" : Une Technique Optimale pour le Catamaran
Pour maximiser la performance et la sécurité lors de l'empannage en catamaran, une technique particulière est souvent employée : l'empannage "en ciseaux". Pour garder le plus de vitesse possible dans l’empannage, il peut être intéressant de passer par une phase « voiles en ciseaux ». Cette méthode permet de maintenir le flux d'air sur les voiles pendant la manœuvre. Il faut pour cela que le barreur temporise en vent arrière, ou légèrement au-delà, tandis que l’équipier aide le génois (ou le gennaker) à passer, et le stabilise. La synchronisation est cruciale entre les actions du barreur et de l'équipier de la voile d'avant.
L'objectif principal de cette approche est de garder le plus de vitesse possible pour réduire le vent relatif et donc la pression sur la grand-voile. En maintenant une bonne vitesse fond, le vent apparent sur le gréement est moins intense, ce qui diminue les contraintes lors du passage de la bôme. Pour ce faire, il peut être intéressant de passer d’abord le génois ou le gennaker en « ciseaux » (2) avant de passer la grand-voile puis de la choquer sur sa nouvelle amure (3). Cette séquence ordonnée des voiles assure une transition plus douce et plus contrôlée, essentielle pour la longévité du matériel et la sécurité de l'équipage.
Maîtriser l'Empannage avec Spinnaker : Une Manœuvre Avancée
L'empannage sous spinnaker est une manœuvre plus complexe, réservée aux navigations au portant dans des vents légers à modérés. Elle exige une préparation minutieuse et une exécution précise.
L'Envoi du Spinnaker : Deux Méthodes
Avant d'empanner avec un spi, il faut bien sûr l'envoyer. Lorsque vous passez aux allures portantes, c’est-à-dire vent arrière ou au largue, c’est le moment d’envoyer le spi. C'est la voile de prédilection pour la vitesse au portant. L’envoi de spi comporte 3 étapes et 2 méthodes : la méthode “apprenti marin tranquille” et la méthode “voileux” ! Le choix de la méthode dépend du niveau d'expérience de l'équipage et des conditions de navigation.
Pour la version tranquille, conçue pour les débutants, la sécurité et la simplicité priment. Il faut : s’assurer que vous êtes bien vent arrière et fixer vos écoutes de spi. Une bonne position initiale est essentielle. Ensuite, vous devez prendre le tangon pour d'un côté l'accrocher au mât, de l'autre y faire passer une de vos écoutes (que l'on appellera le bras). Le tangon permet d'optimiser la portance du spi. Voici venu le moment de l’étape qui vous facilitera la vie : l’affalage du génois ! C’est notre petit tips pour les débutants et autres "touristes" de la voile, affaler le génois vous fera perdre de la vitesse, certes, mais vous pourrez facilement hisser le spi. Cette étape rend l'envoi du spi moins chaotique. La dernière étape : tirer vite et de toutes ses forces sur la drisse de spi ! Un hissage rapide aide le spi à se gonfler correctement.
La méthode “voileux”, plus orientée performance, diffère légèrement. Lors d’un envoi de spi dans les règles de l’art, il n’y a qu’une seule différence : afin de ne pas perdre de vitesse il faut hisser le spi et ensuite affaler le génois ! La manoeuvre doit être rapide, il faut vite affaler le génois pour laisser le spi se gonfler au vent. Cette technique exige plus de coordination et de rapidité, mais elle permet de minimiser la perte de vitesse, un avantage crucial en régate. Une méthode plus sport mais plus efficace lors d’une régate.
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