Guide Complet pour Devenir Plongeur Professionnel : Parcours, Spécialisations et Réalités du Métier

Le monde sous-marin fascine et attire de plus en plus de passionnés désireux de transformer leur amour de la plongée en une véritable carrière. Quand nous pensons “job dans la plongée” nous pensons rapidement Divemaster, instructeurs ou responsables de centre de plongée. Pourtant, la plongée professionnelle est un terme qui englobe un spectre remarquablement très large d’activités. Elle implique une variété de métiers et de savoir-faire, lesquels sont compliqués par l’environnement hostile dans lequel ils doivent être exécutés. Dans le domaine professionnel, la plongée est un outil de travail. Être plongeur signifie exercer son activité sous l’eau, que l’on soit soudeur, démineur, sportif, photographe ou moniteur de plongée sportive et de loisirs.

La réalité du métier de scaphandrier (Plongée Industrielle)

Le plongeur professionnel ou scaphandrier effectue des explorations et des travaux en eaux profondes. Il intervient en milieu hyperbare (milieux où la pression est supérieure à la pression atmosphérique) en immersion ou non. Le scaphandrier est un plongeur professionnel (parfois appelé plongeur industriel pour le distinguer du moniteur de plongée) qui est apte et formé pour intervenir en milieu hyperbare. Ainsi, il doit connaître et respecter les procédures pour accéder au chantier, travailler en profondeur et remonter en toute sécurité.

Il ou elle peut exercer pour le compte de secteurs très variés : travaux maritimes, opérations de génie civil, industrie nucléaire ou pétrolière, archéologie sous-marine. Il réalise sous l’eau des tâches qui se font généralement à l’air libre : soudage, découpe de métaux, raccords de tuyauterie, travaux de maçonnerie ou encore inspection de barrages ou d’épaves, le tout à des profondeurs qui peuvent atteindre 150 à 200 mètres. Ces interventions en milieu marin ne doivent pas excéder trois heures par jour et s’effectuent toujours en équipe pour assurer la sécurité de celui qui travaille dans l’eau.

Le plongeur professionnel dispose d’un équipement spécifique pour évoluer en profondeur (bouteilles, combinaison avec casque narguilé, etc.) et communique régulièrement avec les ingénieurs et techniciens restés en surface par un système de communication audio et vidéo. Pour ce métier, la pratique de la plongée et de ses règles ne suffit pas : des compétences et une excellente condition physique sont indispensables. Cette dernière est d’ailleurs appréciée chaque année au cours d’une visite médicale très poussée. Les conditions de plongée sont bien souvent loin d’être idéales : mauvaise visibilité, eau froide, polluée, avec du courant.

Les classifications et mentions des plongeurs professionnels

Pour devenir plongeur industriel (scaphandrier), il faut obtenir une formation spécifique qui définit à la fois la profondeur à laquelle le plongeur peut évoluer et le type de travaux qu’il peut réaliser.

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Les zones de profondeurs (classes) autorisées sont :

  • Classe 0 pour travailler jusqu’à 12 mètres de profondeur ;
  • Classe I pour travailler jusqu’à 30 mètres de profondeur ;
  • Classe II pour travailler jusqu’à 50 mètres de profondeur ;
  • Classe III pour travailler au-delà de 50 mètres de profondeur.

Les types de métiers (mentions) autorisés sont :

  • Mention A pour les travaux subaquatiques (activités de scaphandrier) : travaux maritimes, pétroliers, industriels, opérations de génie civil (BTP), etc. Seule cette mention valide les compétences professionnelles de scaphandrier.
  • Mention B : il s'agit d'une autorisation administrative accordée à certains métiers, les autorisant à plonger (activités physiques ou sportives ; archéologie sous-marine ; arts, spectacles et médias ; cultures marines et aquaculture ; défense ; pêche ; secours et sécurité ; techniques et sciences).
  • Mention C : pour les interventions sans immersion (personnels affectés à la mise en œuvre des installations hyperbares médicales).
  • Mention D : pour les travaux sans immersion concernant les autres personnels intervenant en milieu hyperbare (tunneliers, soudeurs hyperbares, tubistes, agents des centrales nucléaires).

La Classe 2b, quant à elle, s’adresse aux plongeurs opérant en milieu hyperbare, jusqu’à 50 mètres, souvent dans des conditions nécessitant l’utilisation de mélanges gazeux autres que l’air, pour des travaux plus techniques ou de longue durée. Ces plongeurs professionnels doivent bien souvent avoir un mental d’acier. Devenir plongeur à saturation nécessite une formation avancée en plongée professionnelle, l’obtention de certifications spécifiques, une expérience en plongée profonde et une formation médicale poussée pour gérer les conditions extrêmes et le confinement prolongé.

La filière du monitorat de plongée sportive

Si vous souhaitez en faire un métier, vous devrez ensuite choisir entre une formation de plongeur professionnel menant au métier de scaphandrier et la filière menant à la profession de moniteur de plongée. En France, les diplômes permettant d’exercer comme moniteur de plongée sont délivrés par le Ministère chargé des sports.

Depuis 2011, le principal diplôme menant à la fonction de moniteur de plongée est le Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS) : mention « Activités de plongée subaquatique ». La possession du DEJEPS atteste des compétences à gérer une structure de plongée proposant les accompagnements en plongée en scaphandre à l’air et au nitrox en milieu naturel ou artificiel et entre 0 et 40 mètres de profondeur.

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Il existe également un brevet professionnel de la jeunesse de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS) spécialité « éducateur sportif » mention « plongée subaquatique ». L’option A « en scaphandre » permet l’enseignement de 0 à 20 mètres et l’encadrement de 0 à 40 mètres sous l’autorité d’un moniteur titulaire a minima d’un Brevet d’État ou d’un DEJEPS. L’option B « sans scaphandre » permet professionnellement et en autonomie l’encadrement, l’enseignement et l’entraînement en plongée subaquatique sans scaphandre, visant notamment les activités d’apnée, de pêche sous-marine ou de nage avec palmes.

Le Diplôme d’État supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (DESJEPS) est quant à lui un niveau d’expertise qui atteste d’une qualification professionnelle en matière d’aménagement et de gestion de sites de plongée subaquatique : expertises techniques, pédagogiques et environnementales, direction technique, et formation de formateurs.

La plongée scientifique et militaire

La plongée subaquatique à vocation scientifique désigne toute plongée dont le but est le recueil de données, d’échantillons ou d’informations à des fins de recherche ou d’enseignement. Elle concerne toutes personnes dont la profession principale n’est pas d’effectuer des travaux subaquatiques en permanence. C’est la raison pour laquelle la plongée scientifique relève de la mention B, généralement un CAH de classe IB suffit. Depuis 1979, COLIMPHA, l’association française des plongeurs scientifiques, œuvre pour que les scientifiques reçoivent des formations adaptées à leurs besoins.

L’armée propose différents contrats d’engagement. La formation est assurée par l’école militaire de plongée de Saint-Mandrier dans le Var. Le plongeur-démineur dans la Marine nationale recherche et neutralise les engins explosifs détectés en mer, et aussi dans les ports, sur les terrains militaires ou sur les plages. En dehors de son activité de déminage, il doit aussi effectuer divers travaux subaquatiques comme la soudure.

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