Guide complet : Tout ce que tu dois savoir sur les combinaisons de surf éco-responsables

Si tu établissais une liste des dix mots à la mode au cours des 20 dernières années, le terme "écologique" figurerait parmi les trois premiers. C'est pourquoi on a parfois l'impression que ce terme est utilisé avec trop de désinvolture. Si certaines marques privilégient réellement le développement durable et le caoutchouc naturel pour la conception d'une combinaison de surf écologique, beaucoup utilisent simplement la promesse d'un respect de l'environnement comme argument marketing. Choisir sa combinaison est bien plus qu'une question de taille ou de couleur ; c'est choisir un équipement qui déterminera ton confort, ta mobilité et ton plaisir dans l'eau pour des centaines de sessions. Le vestiaire des surfeurs fait partie des plus nocifs pour l'environnement, mais il est possible d'être beau dans l'eau tout en portant des combinaisons éco-responsables.

Définir la combinaison éco-responsable

Le mot éco-responsable regroupe des valeurs environnementales mais également sociales. Le premier critère qu'une combinaison doit remplir est la durabilité. Pour qu'une combinaison soit durable, il faut premièrement qu'elle réponde à tes attentes de rider avec de bonnes performances techniques. Ainsi, tu disposeras d'un confort maximal (souplesse, chaleur, absence d'irritation au niveau du cou) et tu ne chercheras pas à changer de combinaison après la deuxième session. Pour durer le plus longtemps possible, elles doivent aussi être fabriquées avec une qualité irréprochable. Un soin particulier doit être apporté aux zones sensibles avec notamment la réalisation de coutures robustes, le renfort des zones exposées comme les genoux ou encore un zip solide.

La grande majorité des combinaisons de surf sont fabriquées en néoprène d'origine pétrochimique. Ce caoutchouc synthétique est fabriqué à partir de pétrole, qui émet des toxines dans l'environnement pendant la production et crée des produits chimiques qui peuvent être dangereux pour la vie marine et l'homme. Le noir de carbone est un produit chimique qui donne au néoprène sa couleur noire. Pour fabriquer ce matériel, il faut soumettre le caoutchouc à un processus de vulcanisation. Cette opération rend notamment le matériau plus élastique, mais nécessite des matériaux toxiques et émet beaucoup de CO2 dans l'atmosphère.

Une combinaison de surf éco-responsable se doit d'être fabriquée dans des conditions de travail qui respectent les droits sociaux des travailleurs. Protéger l'environnement sans protéger les hommes et les femmes qui fabriquent nos produits de consommation n'a aucun sens.

Les alternatives au néoprène traditionnel

Jusqu'à peu, il n'existait que peu d'options pour éviter l'utilisation du néoprène. Aujourd'hui, il existe deux alternatives écologiques principales au néoprène traditionnel. La première consiste en des combinaisons fabriquées à partir de caoutchouc naturel. Cette technique, inspirée de l'industrie du pneumatique, consiste à récolter puis transformer le latex de l'hévéa pour en faire un matériau de substitution naturel et renouvelable. Le néoprène Yulex, par exemple, est fabriqué à partir d'un caoutchouc naturel appelé guayule ou hévéa, ce qui le rend exempt de dérivés du pétrole. Utiliser cette matière naturelle entraîne des émissions de CO2 70% plus faibles que lors de la conception de combinaisons en néoprène.

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La seconde alternative regroupe les combinaisons fabriquées à partir de matières premières naturelles et renouvelables comme le Bioprène ou l'Oysterprene. Chez Soöruz, par exemple, le procédé consiste à substituer le calcaire de type "limestone" par une poudre naturelle, recyclée et renouvelable issue du broyage des coquilles d'huîtres. Cette mousse est biosourcée à 60%. L'Eicoprène, de son côté, est une mousse composée de 70% de calcaire et 30% de pneus recyclés. Si tu cherches une alternative écologique au néoprène qui ne te coûtera pas une fortune, l'Eicoprène est une solution, bien que son processus de production consomme beaucoup d'énergie.

Il est important de noter que le Limestone n'est pas la "matière éco-responsable" que clament beaucoup de marques. Ce néoprène intègre des ingrédients pétrochimiques, le calcaire utilisé est bien naturel mais non renouvelable et la transformation de la matière demande énormément d'énergie. On est clairement à la limite du greenwashing.

Paramètres techniques et choix de l'équipement

L'épaisseur est toujours exprimée en deux chiffres (ex: 3/2 ou 4/3), le premier correspondant au torse et le second aux membres. En France, deux configurations couvrent la majorité des besoins : le 3/2 mm pour les eaux tempérées (au-dessus de 14°C) et le 4/3 mm pour les eaux entre 11°C et 18°C.

Deux types de coutures dominent le marché. Les coutures "flatlock" sont cousues à plat : robustes mais laissant passer l'eau. Les coutures GBS (Glued and Blind Stitched) sont collées puis cousues avec des points invisibles, limitant drastiquement les entrées d'eau. Le "back zip" (fermeture dorsale) est idéal pour le confort et l'enfilage, tandis que le "chest zip" (fermeture poitrine) offre une meilleure étanchéité au prix d'une technicité plus grande lors de l'habillage.

Acteurs du marché et marques engagées

Patagonia est souvent considéré comme le gold standard en matière de combinaisons écologiques. La marque utilise du caoutchouc naturel Yulex certifié FSC, réduisant les émissions de CO2 jusqu'à 80%. Ils pratiquent une politique de lutte contre le gaspillage et proposent un service de réparation via Worn Wear.

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Soöruz, marque française, innove avec le Bioprène et l'Oysterprene. Depuis 2019, ils ont mis en place le programme "Second Life" qui permet de recycler 95% des combinaisons usagées. Wildsuits, une autre marque française, utilise une mousse en calcaire (70%) et pneus recyclés (30%), garantissant une fabrication éthique et des certifications environnementales poussées comme le Global Recycled Standard et la norme ISO 9001.

Saint Jacques, également française, propose des combinaisons en néoprène biosourcé. De leur côté, des marques comme Rip Curl, O'Neill, Quiksilver et Billabong proposent des gammes étendues. Rip Curl, avec ses modèles Omega, Dawn Patrol et E-Bomb, structure son offre par niveau de performance. O'Neill est renommé pour ses technologies ultra-stretch comme le TechnoButter, tandis que Prism se positionne sur une offre essentielle, à prix juste, sans les coûts de marketing superflus.

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