Un Phare du Surf Mondial : Biarritz et Ses Championnats d'Exception

La planète surf a les yeux braqués sur Biarritz et sa grande plage, un site emblématique qui réaffirme régulièrement sa position de capitale européenne du surf. Cette cité impériale, reconnue comme le berceau du surf français et européen, est le théâtre d'événements majeurs qui façonnent l'histoire de la glisse, attirant des milliers de passionnés et des compétiteurs d'élite du monde entier. L'accueil de ces championnats s'inscrit dans la célébration des soixante ans de l'apparition du surf sur les vagues des côtes locales, un anniversaire qui confirme Biarritz comme un point central pour le développement sportif, culturel et identitaire du surf entre les années 50 et aujourd'hui.

Les ISA World Surfing Games 2017 à Biarritz : Le Triomphe de la France et l'Éclat International

Biarritz a retrouvé les ISA World Surfing Games vingt-sept ans après avoir déjà accueilli les surfeurs du monde entier en 1980, marquant un retour significatif pour cette compétition d'envergure. En mai 2017, la grande plage de Biarritz a été le centre d'attention de la communauté internationale du surf, où se sont déroulés les Championnats du Monde de Surf jusqu'au 28 mai. Cet événement revêtait une importance particulière en tant que premiers Championnats du Monde de surf par nation depuis l’introduction du surf au programme des Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Près de 300 athlètes issus de près de 50 nations ont participé à la 30e édition de ces Mondiaux, sous le parrainage de Tom Curren, champion emblématique de la discipline. L'affluence fut considérable, avec près de 300 000 visiteurs attendus, témoignant de l'engouement suscité. Michel Veunac, Maire de Biarritz, a souligné que cette compétition était une occasion exceptionnelle de promouvoir le surf en Europe et dans le territoire, faisant de Biarritz, l'espace d'une dizaine de jours, la vitrine pour les meilleures nations du surf mondial. La planète surf avait les yeux fixés sur le site unique de la Grande Plage, véritable amphithéâtre dédié à la glisse.

Le déroulement des championnats fut riche en rebondissements et moments marquants. La cérémonie d'ouverture de ces championnats du monde et les premières épreuves dames ont eu lieu le samedi 20 mai sur le spot de la Grande Plage de Biarritz. La compétition dames s'est poursuivie le dimanche 21 mai, avec la 2ème journée de compétition où les surfeuses ont disputé les 1/8 puis les 1/4 de finales après les séries. Le lundi 22 mai fut un jour de gloire pour la France, avec les demi-finales et la finale pour les dames, culminant avec le sacre de Pauline Ado et la seconde place de Johanne Defay. Les séries du premier tour de la compétition masculine ont débuté le mardi 23 mai, suivies le mercredi 24 mai par la suite de la compétition messieurs avec la fin du 1er tour et le début du second. Un imprévu a marqué le jeudi 25 mai, où, faute de vagues suffisantes, les épreuves n'ont pu se disputer. Le vendredi 26 mai a été une journée intense, caractérisée par de grosses chaleurs et une tempête en fin de journée, mais aussi par une performance remarquable de l'ensemble des concurrents français qui se sont qualifiés. Le samedi 27 mai a vu l'équipe de France remporter le titre de Championne du Monde par équipe de surf, un moment historique. Ce même dimanche, la France a également remporté le titre dans l'Aloha Cup, le relais par équipe, grâce aux performances de Jérémy Flores, Joan Duru, Justine Dupont et Vincent Duvignac. Cette semaine de rêve à Biarritz pour le surf français s'est conclue par un véritable Petit Chelem, la France remportant 3 des 4 titres : individuel féminin, relais et, pour la première fois, le classement général par équipe dont elle avait fait son objectif. Chez les hommes, Joan Duru a pris la 2e place, tout comme Johanne Defay chez les filles.

Cette victoire collective s'est appuyée sur les talents individuels d'une équipe française d'exception. Jérémy Florès, à 28 ans, est reconnu comme le plus grand surfeur français de tous les temps. Il a été champion du monde ISA en 2009, le plus jeune qualifié pour le tour mondial (à 17 ans), et vainqueur des deux plus prestigieuses compétitions : Pipeline à Hawaii (2020) et Teahupoo à Tahiti (2015). Joan Duru, 27 ans, champion d’Europe en 2015, s’est qualifié pour le tour mondial professionnel CT après dix années sur le circuit de qualification. À 27 ans, le Landais, passé par le Pôle France, est un des surfeurs les plus doués de sa génération. Dimitri Ouvré, 25 ans, deux fois champion d'Europe espoirs en 2008 et 2010 et 8e mondial juniors en 2010, s’est forgé une réputation de surfeur de grosses vagues avant d’être stoppé par les blessures. Le surfeur de St Barthélémy a su revenir au meilleur de son niveau en 2015, retrouvant l’équipe de France pour l’Euro (médaille d’argent) puis les Mondiaux 2016 (16e). Vincent Duvignac, 29 ans, capitaine de l’équipe de France depuis 2012, est champion d’Europe Open en 2009 et a récupéré son titre continental en 2013. Surfeur élégant et photogénique, « Duvi » s’est fait un nom en publiant des clips soignés sur les plus belles vagues du monde, et a décroché un 3e titre national à Biarritz en 2016, avec deux quarts de finale sur des QS à Caparica (Portugal) et Zarautz (Espagne). Johanne Defay, 23 ans, N.5 mondiale trois ans après son entrée sur le tour mondial professionnel CT, a connu une accession fulgurante, détectée au Pôle espoir de La Réunion et ayant suivi la filière fédérale avant d’accéder au CT en 2014. Pauline Ado, 26 ans, brillante sur les vagues comme à l’école (championne du monde junior et Bac S avec mention), a retrouvé le tour mondial professionnel CT cette saison deux ans après l’avoir quitté. Justine Dupont, 25 ans, aussi à l’aise sur un shortboard que sur un longboard, est avant tout connue pour son audace à chasser les plus grosses vagues du monde : Jaws, Mavericks, Belharra ou encore Nazaré ! Ayant participé au CT durant la saison 2012 et été N.3 mondiale de longboard en 2013, elle sait s’adapter quel que soit le support et la taille des vagues, et a pris la 4e place des ISA World Surfing Games 2016 au Costa Rica. Alizé Arnaud, 27 ans, double championne d’Europe en titre (2013 et 2015) et championne du monde junior (2008), est un modèle de pugnacité malgré l'oubli des sponsors qui l'empêche de suivre le tour mondial, sans que cela ne l'empêche de prendre les 5e places au QS de Caparica (Portugal) et de Zarautz (Espagne) récemment. Les quatre meilleurs français du moment - Jérémy Florès, Joan Duru, Johanne Defay et Pauline Ado - avaient été sélectionnés pour représenter la France aux ISA World Surfing Games 2017, avec Justine Dupont participant à l'épreuve du relais et prête à remplacer Defay ou Ado en cas de forfait. L’équipe de France, qui participe aux Mondiaux depuis 1964, a vu Jérémy Florès (2009) et Cannelle Bulard (2011) comme les deux seuls surfeurs à avoir remporté le titre de champion du monde de surf ISA* avant cette édition. L’équipe avait terminé à la 4e place des World Surfing Games 2016 disputés en août précédent au Costa Rica devant 200 000 spectateurs, où la Française Pauline Ado avait pris la médaille de bronze chez les dames. Il est à noter que le Territoire d’outre-mer dispose depuis 1990 de sa propre Fédération et de sa propre équipe aux ISA World Surfing Games, une spécificité partagée dans d'autres sports et compétitions internationales.

Biarritz, Scène des Championnats de France : Un Rendez-vous Annuel Incontournable

Au-delà des compétitions internationales, Biarritz est également un lieu privilégié pour les Championnats de France de surf, qui font leur grand retour dans la ville pour la deuxième année consécutive. Ces championnats se tiendront du 28 octobre au 5 novembre 2023, la rédaction de Surf Session étant sur place toute la semaine pour couvrir l’événement. Ces 11e championnats de France de surf dans la ville viendront clôturer une saison surf déjà bien remplie qui s’ouvre traditionnellement avec la Quiksilver Maider Arosteguy en avril, avant d’enchaîner avec la Belza Classic, les Têtards, la Queen Surf Festival, la Rat’s Cup, la Marbella Tag Team. La Fédération Française de Surf est ravie de retrouver Biarritz cette année pour la tenue des championnats dont l’édition précédente fut une réussite. Jacques Lajuncomme, le président de la Fédé, affirme : « C’est avec une grande joie que la Fédération retrouve Biarritz, berceau du surf français, qui s’apprête à accueillir les championnats de France by Banque Populaire pour la 11e fois en 59 éditions. La qualité des vagues de l’automne, le stade de surf naturel de la Grande Plage, le patrimoine historique de la Côte des Basques, l’hospitalité de la Cité impériale et le dynamisme des clubs biarrots nous font envisager de beaux championnats en ce mois d’octobre. »

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Ces championnats nationaux connaissent une participation record, avec 560 compétiteurs inscrits, toutes disciplines confondues, un record battu cette année. Plus de 500 compétiteurs venus de toute la métropole et des outremers s’affronteront pendant neuf jours dans les vagues biarrotes, répartis en neuf disciplines différentes. La Fédération affirme sa volonté de mettre en lumière toutes les disciplines, et pas uniquement le shortboard qui, pour l’instant, est la seule à figurer aux Jeux Olympiques. Plus de 500 compétiteurs, sélectionnés au regard du classement national et des quotas délivrés pour les ligues régionales et comités départementaux, se disputeront les 45 titres nationaux mis en jeu dans les neuf disciplines. Parmi les têtes d’affiche de cette édition, nous retrouverons notamment Jorgann Couzinet, Maud Le Car et Justin Becret en shortboard, Alice Lemoigne et Edouard Delpero en longboard, Ethan Capdeville en bodyboard, Benoit Carpentier et Camille Dubrana en stand up paddle, Nathan Lehoux en bodysurf, Rico Leroy et Sarah Burel en surf tandem, Beryl Besseau en skimboard ainsi que toute l’équipe de France de para surf avant son départ pour les Mondiaux. Vahiné Fierro et Kauli Vaast, tous deux qualifiés pour les Jeux Olympiques 2024, participeront également à l’événement qui sera, cette année, aux couleurs tahitiennes.

Le berceau du surf français et européen a déjà accueilli les Championnats de France à dix reprises par le passé : en 1967, 1971, 1974, 1984, 2007, 2010, 2011, 2015, 2016 et 2022. Les Championnats de France se disputent chaque année à la Toussaint, une date retenue comme idéale pour la qualité et la fréquence des vagues grâce aux longues houles d’automne. Cependant, de très grosses conditions sont parfois annoncées le long de la Côte Basque. Quant au climat, les précédents étés indiens laissent espérer de belles journées ensoleillées sur la capitale européenne du surf. Les compétiteurs proviennent de diverses régions, incluant la Nouvelle-Aquitaine, les Pays de la Loire, la Bretagne, la Normandie, l’Occitanie, la PACA, la Corse, la Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Nouvelle-Calédonie, soulignant la portée nationale de l'événement.

Pour cette édition, la Fédération innove avec une émission en direct de Biarritz tous les soirs de 18h30 à 19h30, proposant au menu le replay de chaque journée, la présence des champions de France en plateau, des invités et des jeux concours. Au-delà de la compétition, des animations et des concerts auront lieu tout au long de la semaine, enrichissant l'expérience pour les participants et le public.

Biarritz, Berceau Historique et Capital Européenne du Surf

Biarritz est bien plus qu'un simple lieu de compétition ; c'est un site imprégné d'histoire de la glisse, reconnu comme le berceau du surf français et européen. C'est sur la plage de la Côte des Basques, en 1957, que le réalisateur américain Peter Viertel, venu tourner « Le Soleil se lève aussi », découvrit les vagues de la région. Surpris de ne voir personne à l’eau, il alla directement chercher ses planches et, à son départ, en laissa certaines, dont une à Joseph Moraiz, dit « Jo » Moraiz, qui allait devenir le fondateur de la première école de ce sport de glisse en France. Certains de ces précurseurs, les fameux « tontons surfeurs », se sont pris de passion pour le surf et se sont transmis cette pratique par bouche-à-oreille. La Fédération Française de Surf elle-même a été créée en 1964 sur cette même Côte des Basques.

Le spot principal et le village des championnats de France se situent sur la Grande Plage de Biarritz. Encadré par le Casino et le Palais de la Reine (l'Hôtel du Palais), ce site apparaît comme un véritable amphithéâtre, une enceinte naturelle dédiée aux compétitions de surf, et c’est la plage la plus populaire de toute la région. La vague y est un beach break avec quelques rochers, droite et gauche, mais elle est capricieuse en fonction des marées. D’autres spots alentours de la commune de Biarritz sont également utilisés, comme la célèbre Côte des Basques. Longue plage de sable ouverte vers le sud, la Côte des Basques est connue pour son atmosphère californienne où les adeptes du longboard se retrouvent pour de longues sessions sous la protection de la célèbre Villa Belza. Les vagues y sont plus petites et moins puissantes qu’à la Grande Plage, le spot étant naturellement protégé par les falaises. Il convient cependant de noter qu'en cas de forte houle, le beach break peut devenir sauvage et les bowls très creux. Un autre spot notable est Miramar, situé à 300 mètres au nord de la Grande Plage. C'est un spot de rocher et de sable, avec, en toile de fond, le rocher dit de « la roche percée », qui, suivant l’orientation de la houle, forme un bowl propice aux take off dans le creux.

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L'Évolution du Surf à Biarritz : Entre Démocratisation, Passion et Inclusion Sociale

Du haut du muret surplombant la plage de la Côte des Basques à Biarritz, la vue dévoile un spectacle à la surface de l’eau, au tumulte parfaitement synchronisé. Au premier rang, chaque apprenti surfeur se place en ligne, parallèle aux vagues qui défilent. Ces longues traînées de mousse sont le terrain de jeu parfait pour les débutants, qui tentent tant bien que mal de se lever sur ce tapis roulant. Derrière, les plus expérimentés attendent « la » vague, celle qui leur procurera l’adrénaline dont ils raffolent tant. Deux mondes cohabitent, celui des locaux et celui des touristes, soulevant la question d'une simple différence de niveau ou d'un sentiment d’animosité.

Avec l’accès au matériel tout public durant la fin des années 1990 et l’implantation de multiples surf shops, la pratique a explosé. Aujourd’hui, l’offre de cours est souvent supérieure à la demande. Cette démocratisation du surf est perçue de manière ambivalente. Solal Depaire, jeune vingtenaire ayant appris à Biarritz, regrette la forte attractivité touristique du spot, attisée par l’image branchée du surf : « C’est devenu l’usine ces dernières années. Les écoles accueillent toujours plus de monde. On fait passer des gens et des gens, sur toujours plus de vagues. » Nicolas Pinot, lui, enseigne ce sport à l’année et tient une école de surf thérapie. Il travaille également à Hastea, une des dix écoles de la Côte des Basques en période estivale, et reconnaît cette forte démocratisation depuis une dizaine d’années, tout en affirmant : « On ne peut pas limiter l’accès à l’océan. Si les gens veulent surfer, ils ont le droit. » Pour ce professionnel, l’école de surf est indispensable dans la gestion de ce flux. « On fait attention à ce qu’il n’y ait pas d’accident, par l’enseignement des règles de sécurité, et on s’organise entre moniteurs pour ne pas se gêner. » Il est évident qu'un surfeur expérimenté ne va pas se diriger vers la Côte des Basques : « Je ne vais pas donner des cours ailleurs, là où sont les bons peaks [point où la vague se casse] réservés aux confirmés. On ne veut pas gâcher leurs vagues. » Le nerf de la guerre est, selon ce professionnel, moins la place prise par les débutants que celle des simples loueurs venus s’essayer sans être encadrés. « Même si on peut être critiqué vis-à-vis de la fréquentation des spots, on reste indispensables. Certaines personnes vont se mettre elles-mêmes, et les autres, en danger en allant au large, alors qu’elles n’ont pas le niveau. » Une affirmation qui semble faire l’unanimité. Julien Roulland, gérant de la Maison du surf, souligne toutefois la difficulté de réglementer ce type d’espace naturel : « Il existe une forme d’autorégulation. Si l’expérience a été mauvaise, alors les gens ne reviennent pas. » Face au rôle des professeurs dans la surfréquentation des spots, il souligne un certain paradoxe : « Ils ont décidé de gagner leur vie de leur passion. Moi-même, j’écris pour un magazine de surf. Tout cela participe pourtant à sa démocratisation. »

Au-delà des enjeux de fréquentation, le surf à Biarritz et en France s'ouvre également à des dimensions sociales et inclusives. L’Association Nationale Handi Surf, créée en 2012, a reçu l’agrément de la Fédération Française de Surf pour développer sur tout le territoire français la pratique du surf et des disciplines qu’elle reconnaît, par des personnes en situation de handicap. Elle est aujourd’hui la seule entité reconnue par l’État pour le développement et la promotion du Para Surf et du Surf Adapté. Elle a permis à plus de 5 000 personnes en situation de handicap de surfer, et a organisé la catégorie Para Surf lors des championnats de France en 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2021 et 2022. L'association a également participé aux sélections et aux déplacements de l’équipe de France aux championnats du monde « Adaptive Surfing » en 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2022. Parallèlement, l'association Surf Insertion, créée en 1997, met en œuvre des actions favorisant la pratique des sports de vague et d’actions d’éco-citoyenneté sur le littoral français en faveur des jeunes des cités et des zones rurales habituellement exclus de cette pratique. La dynamique que cette belle aventure sportive apporte à la ville de Biarritz consolide la place qu’elle occupe dans le développement de l’économie régionale, car l’activité surf est unique dans la vie sportive, économique et culturelle de cette région.

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