Guide Complet : Maîtriser la Planche à Voile et Bien Débuter

La planche à voile - aussi appelée windsurf - est l’un des sports de glisse les plus complets : tu glisses debout sur un flotteur, propulsé par une voile articulée que tu inclines pour avancer, virer, sauter. Discipline mythique née en 1962 dans les mains du pionnier américain Newman Darby, brevetée en 1968 par Hoyle Schweitzer et Jim Drake, popularisée en France dès 1979 par Bic Sport, olympique depuis Los Angeles 1984, la planche à voile a forgé une partie de l’imaginaire de la glisse française. En bref : la planche à voile combine un flotteur et un gréement complet. Tu la pratiques debout, en orientant la voile via le wishbone - sans gouvernail. Apprentissage des bases en 3-5 jours sur plan d’eau plat, autonomie en 15-20 sessions.

Comprendre l’équilibre et la pratique

Les deux remarques les plus souvent entendues sont : "Je n’arrive pas à comprendre comment on peut tenir en équilibre sur ce machin !" et "J’ai finalement réussi à partir mais impossible de revenir !". Elles tentent à prouver que tout est question d’équilibre et de technique. En fait, le problème est ailleurs. Quoiqu’en disent ceux qui ont abandonné un peu trop vite, la planche à voile est un des sports les plus faciles qui soit. Facile veut dire qu’au bout d’une petite semaine, on s’amuse comme un petit fou à condition d’avoir franchi au moins 3 obstacles : percevoir son corps dans l’espace, saisir le vocabulaire et ne pas oublier la sécurité.

Ceux qui n’ont jamais hissé une voile pourraient croire que la planche à voile n’est l’affaire que des experts du clapot, bronzés, gainés, propulsés à toute vitesse sur une mer légèrement moutonnée. Sous ses airs d’activité technique et exigeante, la planche à voile recèle une vérité moins spectaculaire mais autrement plus engageante. On peut tout à fait débuter la planche à voile sans sueurs froides ni culbutes interminables. C’est une affaire de méthode, de choix du bon équipement, du bon spot, du bon moment. Savoir lire le vent, comprendre la glisse, se familiariser avec l’équilibre et admettre, sans honte, que la chute fait partie du jeu.

Percevoir son corps dans l’espace et le vent

Le problème du vent, c’est qu’il est invisible ! De quel côté souffle-t-il ? Comment suis-je positionné par rapport à lui ? Comment est orientée ma planche par rapport au vent ? Tant qu’on n’a pas réussi à le sentir et à se repérer, on ne peut pas espérer faire des progrès rapides. Quelques conseils : allez une fois au bord d’un plan d’eau juste pour observer. Essayez d’abord de situer d’où vient le vent de la façon la plus précise possible. Regardez les planchistes sur l’eau en essayant de comprendre comment ils naviguent par rapport à ce vent. Déplacez-vous, marchez dans toutes les directions en essayant en permanence d’apprécier comment vous êtes positionnés par rapport à ce vent, au besoin en fermant les yeux.

La question cruciale du vocabulaire technique

Le vocabulaire utilisé en planche à voile est redoutable. Prenez la terminologie du monde de la voile, rajoutez-y les termes propres aux surfeurs, mélangez le tout avec une bonne grosse dose de termes anglo-américains au besoin franchouillardisés et ça vous donne le vocabulaire du véliplanchiste. Il y a deux types de moniteurs : l’amateur, qui vous donne une avalanche d’ordres confus, et le professionnel, qui utilise des termes précis comme "déclenche une abattée sans choquer mais méfie-toi de la contre-gîte". Le vrai moniteur vous fera pourtant progresser parce qu’il utilise des termes précis à défaut d’être clairs de prime abord. Comment voulez-vous qu’un débutant s’y retrouve ? En profitant du lexique du windsurfeur.

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Sécurité et respect de l’environnement

Même si la navigation sur mer plate avec peu de vent semble sécurisante, autant prendre tout de suite les bonnes habitudes. On finit toujours par casser du matériel sur l'eau et surtout au moment où l'on ne s'attend pas. Par ailleurs, pour les futures sorties, il faut savoir rester humble et respecter ses propres limites.

  • Porter un vêtement isothermique adapté à la saison.
  • Vérifier le bon état de l'équipement avant chaque départ, notamment le degré d'usure des bouts et du diabolo.
  • Relier systématiquement le gréement au flotteur par un bout de sécurité.
  • Avoir avec soi au moins un bout de rechange.
  • Il faut toujours garder à l'esprit que la planche à voile est considérée comme un engin de plage. Il est formellement interdit de s'éloigner à plus d'un mile du rivage.
  • Dans tous les cas, ne jamais sortir en mer avec un vent de terre.
  • En cas de problème, ne jamais quitter sa planche pour revenir au bord à la nage. Soit on utilise la planche comme une ancre et on attend les secours, soit on enroule la voile sur le mât, on pose le tout sur le flotteur et on s'allonge dessus pour rentrer en pagayant avec les mains.
  • L'idéal est d'attendre les secours qui viendront d'autant plus vite qu'on respecte cette recommandation primordiale : NE JAMAIS NAVIGUER SEUL.

L’art de la chute et la progression

La clé de la réussite s'il en existe une tient en une seule phrase : ne pas avoir peur de tomber à l'eau ! Le planchiste médiocre est celui qui, après une heure, se vante de ne pas être tombé une seule fois. C'est un planchiste qui ne progressera plus dans la mesure où il ne prend plus le risque de tomber. En regardant les experts, vous observerez rapidement que ceux qui maîtrisent le mieux leur engin sont également ceux qui passent le plus de temps dans l'eau. Pour progresser, il faut être mobile sur son flotteur et ne pas avoir peur d'expérimenter de nouvelles positions. La chute n'est pas une sanction, elle fait partie de la pratique.

Le matériel : choix et composants

Le matériel de planche à voile se compose de deux familles : le flotteur et le gréement. Côté flotteur : de 2,20 m à 2,90 m, volume de 60 L à 260 L. Règle clé : sous 100 L, le départ depuis la plage devient impossible, il faut maîtriser le water start. Côté voile : de 1,1 m² à 12,5 m², trois familles principales : slalom/race, vague et freeride. Le mât mesure de 3,40 m à 5,80 m. Le wishbone peut être en aluminium ou en carbone.

Il est recommandé de s'orienter vers la planche à voile modèle freeride pour débuter. Il est également important de choisir un flotteur adapté à son gabarit. Un flotteur de 150 L est adéquat pour un véliplanchiste de 70 kg. Pratiquer la planche à voile n'est pas évident et votre matériel risque de souffrir dans vos premières années. Il convient donc de choisir un flotteur thermoformé, voire ASA ou durathène. Un débutant devra plutôt s'orienter vers un modèle de voile freeride plus polyvalent et facile d'utilisation. Les voiles slalom et race sont trop lourdes pour commencer. Le véliplanchiste devra opter pour une voile qui correspond à son poids, ainsi qu'un mât adapté à l'initiation, c'est-à-dire époxy sans carbone. Pour le harnais, le débutant devra opter pour un modèle ceinture, voire freeride, avec des bouts de harnais longs.

Techniques de base pour les premières sessions

Pour débuter, choisissez un plan d’eau loin des rochers, sans vague, sans courant et pour plus de sécurité avec un vent léger (entre 6 à 10 nœuds) en direction de la terre. Dos au vent, montez sur la planche et placez vos pieds de chaque côté du pied de mât. Prenez votre tire-veille et progressivement, en vous penchant en arrière, relevez la voile de l’eau avec le poids du corps tout en fléchissant les jambes et en gardant le dos bien droit. Une fois la voile sortie de l’eau, attrapez le wishbone avec vos mains en vous redressant sur les jambes. Redressez la voile pour que le mât soit perpendiculaire à la planche.

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Lorsque vous maintenez le wishbone, bordez : je tire sur la main arrière pour enfermer le vent dans la voile et avancer. Pour ralentir il vous suffit de choquer : ouvrir la voile en relâchant la main arrière. Pour se diriger, il faut incliner votre gréement vers l’avant et votre flotteur ira à votre gauche sous le vent. Inclinez votre gréement vers l’arrière et votre flotteur se dirigera à droite, contre le sens du vent. Avec la puissance de votre gréement, vous allez subir une pression vers l’avant de votre corps, c’est pourquoi vous devez progressivement pencher votre corps en arrière pour équilibrer l’ensemble. Pour remonter au vent, il suffit de pencher la voile sur l'arrière, de déplacer le poids du corps sur la jambe arrière et de regarder là où vous souhaitez aller.

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