Dans le discours ambiant, que ce soit en famille, dans les médias, au travail, ou parfois même dans la bouche des politiques, il est de bon ton de s’émouvoir, de s’insurger ou d’alerter sur les usages numériques des jeunes, sur leur prétendue paresse, ou leur manque d'engagement. Ces représentations simplistes et souvent négatives constituent une cible facile et contribuent à forger une image déformée d'une catégorie démographique en réalité plurielle et dynamique. Loin de cette vision réductrice, diverses initiatives, des recherches scientifiques approfondies et des voix éclairées s'attellent à démonter ces clichés en donnant la parole aux jeunes eux-mêmes et aux professionnels de terrain. L'objectif est de valoriser leurs compétences, leur esprit critique et leur engagement, et de replacer le débat dans une perspective factuelle et nuancée.
Une Critique Millénaire : La Jeunesse, Éternelle Cible des Préjugés
L'examen des clichés entourant la jeunesse révèle une constante historique étonnante : la critique à l'égard des jeunes de la part des plus âgés est millénaire. Comme l'explique la journaliste Salomé Saqué, autrice de l'essai "Sois jeune et tais-toi", on retrouve des écrits déplorant le comportement de la jeunesse jusque sur les tablettes babyloniennes, et bien sûr au Moyen Âge, à la Renaissance, et jusqu'à aujourd'hui. Ce phénomène transcende les époques et les cultures, suggérant que chaque génération a eu tendance à projeter ses propres craintes et incompréhensions sur la suivante.
Cette persistance des préjugés met en lumière ce que d'aucuns appellent le "complexe de supériorité des aînés", où des expressions telles que « Tu ne peux pas savoir parce que tu es étudiante » sont monnaie courante, créant un sentiment d’infantilisation. Les jeunes sont alors confrontés à la difficulté de se faire une place et de voir leur parole légitimée, les clichés étant profondément enracinés dans les mentalités. Or, comme le soulignent les acteurs de l'initiative « Stop aux Clichés sur les jeunes dans les médias », portée par des associations telles que l’Anacej, Animafac, le collectif Arrêtez de nous mettre dans vos cases !, Jets d’encre et le Réseau national des Juniors Associations, la discrimination sociale, bien que non encore officiellement reconnue parmi les dix-huit discriminations listées par la loi, affecte quotidiennement les jeunes et leur crédibilité. La réalité de la jeunesse, complexe et hétérogène, se heurte ainsi à des raccourcis stigmatisants qui la présentent souvent comme « brouillonne », « moins cultivée », « paresseuse », ou « accro à son smartphone », pour n'en citer que quelques-uns.
L'Écriture au XXIe Siècle : Une Créativité Multiforme Loin de l'Image de l'Inculte
L'idée que les jeunes seraient incultes, qu'ils liraient moins qu'avant, et qu'ils seraient finalement moins curieux ou ouverts sur le monde, est un cliché "totalement erroné", comme le démontre Salomé Saqué en s'appuyant sur des faits et des études. En réalité, les jeunes se cultivent beaucoup, y compris à travers de nouvelles manières d'appréhender le savoir et l'art. Le Centre national du livre, dans une étude publiée en mars 2022, a par exemple montré que les 20-25 ans consacrent en moyenne trois heures et deux minutes par semaine à la lecture de livres, un chiffre en hausse par rapport à 2016, et que 84 % d’entre eux déclarent aimer ou adorer lire.
Mais au-delà de la lecture, la jeunesse actuelle n'aurait jamais autant écrit. La linguiste Anne Abeillé l'affirmait : « Il n'y a jamais eu autant d'écrits en français. On n'a jamais autant produit de textes, de messages, de pages Internet ». Loin d'être de simples consommateurs passifs de contenus numériques, les jeunes produisent eux-mêmes énormément de culture, qu’elle soit numérique ou non. Ils figurent d’ailleurs parmi les populations les plus adeptes des pratiques artistiques amateurs, avec la généralisation des tutoriels et la facilité de partage des contenus ayant fait exploser ces pratiques individuelles, la musique étant en tête.
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Une nouvelle enquête, « Les adolescents et leurs pratiques de l’écriture au XXIe siècle : nouveaux pouvoirs de l’écriture ? », réalisée par l’association Lecture Jeunesse et l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire, vient renforcer ce constat. Compilant les réponses de 1 500 jeunes Français âgés de 14 à 18 ans et les données issues d’une cinquantaine d’entretiens individuels, cette étude a analysé toutes les formes possibles d’écriture. Un chiffre particulièrement éloquent en ressort : au total, 92 % des jeunes ont une activité de scripteur déclarée, le terme « scripteur » étant compris comme « l’émetteur » d’un message écrit.
Pourtant, ces nouvelles façons d’écrire, comme l'envoi d'un message privé sur Instagram (un "DM"), bénéficient de moins de reconnaissance que les formats considérés comme plus scolaires. L’enquête révèle ainsi qu'il existe chez de nombreux jeunes un sentiment d’illégitimité et une réticence à se définir comme « scripteur » dès lors qu'il ne s'agit pas d'une activité d’écriture encadrée, telle que la rédaction d’une lettre, d’un essai ou d’une carte. Les écrits qu'ils publient sur les réseaux sociaux sont souvent moins valorisés par leurs aînés, malgré leur grande créativité. Près de 40 % des jeunes interrogés inventent ainsi, occasionnellement ou régulièrement, des paroles de chansons ou de rap. Plus de quatre sur dix élaborent des histoires ou des fanfictions, et environ un tiers participe à l’écriture de traductions de mangas. Ces données témoignent d'un investissement notable des 14-18 ans dans la pratique de l’écriture fictionnelle. Lors des entretiens, des mots comme « effort », « s’appliquer » ou « faire attention à » reviennent pour exprimer leur implication et la satisfaction qu'ils tirent de créer un texte dont ils sont fiers, fruit d'un travail assidu. Pour bon nombre d'entre eux, l’application « Notes » du smartphone apparaît comme un outil indispensable, toujours à portée de main pour stocker les idées qui surgissent et les ébauches qui prennent forme, plus facilement que dans un carnet traditionnel.
Malgré l'omniprésence du numérique, les jeunes n’ont pas complètement délaissé l'écriture manuscrite, puisque 81 % d’entre eux considèrent qu’écrire à la main est toujours utile, notamment pour mieux mémoriser un texte ou une leçon, contrairement à la retranscription sur ordinateur. Les jeunes rencontrés en entretien individuel évoquent même la complémentarité des deux techniques d’écriture, à l'image de Tia, 16 ans, qui confie : « Je me rends compte que quand j’écris des messages, j’ai tendance à faire des fautes. J’ai toujours eu un bon niveau en français, mais quand j’écris par SMS, je ne fais pas attention, j’essaie d’aller au plus vite, avec des abréviations, tout ce que je ne fais pas quand j’écris pour mes livres. » Cette capacité à utiliser différents codes de langage, jonglant entre les écrits scolaires et ceux dédiés aux réseaux sociaux, apparaît comme primordiale dans leur quotidien. Au regard des résultats des évaluations nationales de 4e en français, considérés comme « inquiétants » par le ministère de l’Éducation nationale (avec 32,5% des collégiens ayant un niveau faible et 38,5% un niveau fragile), une meilleure appréhension par les enseignants des pratiques de l'écriture des adolescents pourrait s’avérer utile au développement de leurs apprentissages.
Engagement et Citoyenneté : Loin des Stéréotypes de Paresse et d'Égoïsme
Les clichés présentant les jeunes comme paresseux, égoïstes ou narcissiques sont également largement réfutés par les faits. Salomé Saqué s’est attachée à démontrer, avec des chiffres et un travail académique, que ces accusations sont "complètement fausses". Concernant l'accusation de paresse, souvent entendue à l'approche de l'été pour expliquer les difficultés à trouver des saisonniers, elle explique que le vrai problème réside dans la transformation du marché du travail, qui s'est précarisé. En 1982, 17 % des emplois des jeunes étaient précaires (CDD, intérim). Aujourd'hui, ce chiffre atteint 52 %, incluant également le statut d'auto-entrepreneur. Ces emplois sont souvent moins bien rémunérés et leur précarité perdure sur le long terme.
Quant à l'engagement, il ne se manifeste pas toujours par les voies traditionnelles. Si beaucoup de jeunes rejettent la politique institutionnelle, ce n'est pas par désintérêt du collectif. Ils sont nombreux à penser que les partis politiques traditionnels ne constituent plus la seule, ni la bonne façon de s'exprimer démocratiquement. Le fort taux d'abstention chez les jeunes s'explique par plusieurs facteurs : une période de formation politique, des contraintes matérielles, un lieu d'inscription électorale différent du lieu de vie, une méconnaissance des institutions, et un manque de représentation. L’âge médian des députés français en 2022, de 49,6 ans, illustre ce décalage avec une classe politique parfois encline à critiquer les jeunes.
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Loin d'un égoïsme supposé, l'engagement des jeunes est en fait différent des générations précédentes. Ils privilégient un engagement de courte durée et ciblant un objectif atteignable rapidement, plutôt que de s'investir dans des partis politiques, des syndicats ou des grosses structures associatives. Cet engagement prend de nouvelles formes de mobilisation citoyenne, comme les manifestations, le militantisme sur la Toile, ou encore une volonté de consommer de manière plus éthique, qui constituent un réel espoir. Il est important de noter que si tous les jeunes ne sont pas engagés, une bonne part d’entre eux s'investit activement dans le collectif, réinventant l’action politique en dehors des élections.
Les chiffres de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dressent un constat de recul général de la participation électorale entre 2002 et 2022, plus marqué encore chez les jeunes de 18-24 ans (-16 points). Le vote systématique s’effrite au profit du vote intermittent et de l’abstention systématique, même si l’élection présidentielle semble davantage préservée. Cependant, les comportements de vote sont différenciés selon le diplôme, la situation professionnelle, et surtout le sexe : en 2022, l'abstention systématique concernait 27 % des jeunes hommes contre 20 % des jeunes femmes de 18 à 29 ans. Il est intéressant de noter un rebond pour les législatives de juin 2024, où les 18-25 ans ont davantage voté (57 %) que pour celles de 2022 (31 %), à l'instar de l'ensemble de la population. En outre, établir une procuration de vote est plus courant chez les 18-24 ans (10 % des votants de cette tranche d'âge) et les 25-39 ans (9 %) que chez les 40-79 ans (6 %) et au-delà (4 %).
L'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP), dans une étude d'avril 2024, propose des interprétations de ce différentiel de participation, insistant sur le processus de socialisation politique qui s’opère durant la jeunesse. Les jeunes se montrent ainsi davantage enclins aux formes d’actions concrètes, voire contestataires, que les plus âgés. Les enquêtes de valeur menées entre 1990 et 2018 révèlent que si les moins de 30 ans sont légèrement moins nombreux à se déclarer intéressés par la politique (36 % contre 38 % en moyenne), ils sont en revanche plus nombreux à estimer que la politique est un domaine important de la vie (44 % contre 40 %), avec des niveaux nettement supérieurs à ceux observés dans les années 1990. Par ailleurs, une enquête Young Elect suggère que les valeurs culturelles (opinions sur les minorités sexuelles, l'autorité, l'immigration, la religion) déterminent désormais plus fortement les choix de vote des jeunes que les valeurs socio-économiques traditionnelles, accentuant la polarisation du champ politique perçu chez eux.
L'Analyse des besoins sociaux (ABS) 2022 de la Ville de Grenoble a interrogé 280 jeunes, révélant que 30 % des jeunes qui n'avaient pas voté aux élections présidentielles se déclaraient tout de même intéressés par la politique. L'enquête met aussi en évidence des différences selon l’âge (les 16-18 ans montrant un intérêt plus faible) et l’origine sociale (les personnes d'origine modeste déclarant un intérêt faible pour la politique à 38 %). Beaucoup de jeunes partageaient le sentiment de ne pas être considéré-es comme des citoyen-nes à part entière, dénonçant l’infantilisation de certains adultes et le sentiment que leur parole compte peu. Comme le formule une participante de 16 ans : « Non la politique j’y comprends rien (…) j’ai l’impression que y a une idée générale qui fait que la droite c’est un peu raciste, et la gauche c’est un peu écolo… je sais pas si c’est juste. (…) Je me suis sentie concernée [par les élections] mais je me suis dit, déjà, j’ai pas de pouvoir, parce que je peux pas voter, donc en soit je me renseigne mais ça sert un peu à rien. Et en fait je me suis sentie un peu impuissante par rapport à ça, parce que ma parole de jeune, elle compte pas trop. »
Un Rapport à l'Information en Phase avec l'Époque, entre Réseaux Sociaux et Méfiance
Les pratiques d'information des jeunes sont également souvent sujettes à des stéréotypes. Or, l'enquête ABS grenobloise a montré que les jeunes s’informent très majoritairement via les réseaux sociaux, notamment les chaînes YouTube de certains médias indépendants, des influenceurs ou les publications Instagram de certains médias. Ils témoignent d'une « méfiance » généralisée quant au manque d’indépendance de la plupart des médias traditionnels. Pour D., 20 ans, ce sont « des choses qui viennent à moi un peu naturellement par les réseaux sociaux. Après tu vois, j'essaye de suivre plus ou moins les trucs. … Enfin ce que je sais aujourd'hui, c'est que les médias … ils sont contrôlés en fait et je sais que tu vois chaque chaîne télévisée elle a son patron et que c'est des gens privés, tu vois […] Du coup moi pour m'informer, bah j'essaie d'avoir des chaînes … Je suis sur les réseaux principalement. Moi y a un gars que j'aime bien, je trouve qui a un avis archi neutre à chaque fois et en fait ça se voit, il donne pas son avis, juste, il dit. Il s'appelle [nom de l’influenceur]. Et juste pour être au courant de l'actualité de ce qui se passe comme ça, autant que ça soit la guerre en Ukraine … Je suis pas le journal ou des trucs comme ça. Enfin je sais que tu sais que je lis pas le journal, personne a le journal. » Ce témoignage est représentatif d'une génération qui recherche l'information là où elle la perçoit comme plus directe et moins influencée, et qui a intégré une logique de vérification et de recoupement des sources, même si celle-ci s'opère sur des plateformes différentes.
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Réinventer la Participation Citoyenne Locale : Les Expériences de Grenoble
Au-delà des urnes, des formes de participation citoyenne plus directes et concrètes attirent davantage les jeunes. La Ville de Grenoble a mis en place des dispositifs innovants pour encourager cette participation. Le budget participatif, qui permet aux associations et à toute personne de plus de 16 ans de proposer des projets à Grenoble et de bénéficier d’un budget d’investissement et d’un accompagnement, voit la participation des 16-18 ans en hausse. Ils étaient 215 à voter lors du budget participatif de 2020, contre 190 en 2019. Bien que les jeunes votants restent sous-représentés (15 %) par rapport à leur poids démographique (20 %), la tendance est positive, et lors du Forum des idées de 2022, les 16-18 ans représentaient près de 10 % et 11 % des participants, contre 2 % et 9 % environ lors des éditions précédentes.
Le tirage au sort pour rééquilibrer la participation intergénérationnelle est une autre approche novatrice. La Ville de Grenoble a constaté une meilleure représentativité de la population grâce à ce mode de recrutement des participants, impliquant davantage de jeunes que par les dispositifs classiques de volontariat, et se rapprochant ainsi de la structure par âge de la population. Des entretiens menés en 2024 avec des participants tirés au sort pour la Convention citoyenne métropolitaine pour le climat (CCC) révèlent un doute initial, mais aussi une curiosité face au dispositif. F., 28 ans au moment de la CCC, raconte : "J'ai été tiré au sort à partir de listes téléphoniques. C'était la première fois que quelque chose comme ça m'était proposé. Je ne m'étais jamais engagé avant, je ne voyais pas ce que je pouvais changer à mon échelle. Le tirage au sort était plutôt bien fait, il y avait des gens de toutes les générations, de tous les milieux sociaux, des personnes avec des expériences très différentes. Moi j'ai posé des questions par rapport à la convention nationale, pour accepter d'être dans la liste. […] J'étais un peu sensibilisé [à l'écologie] mais pas engagé, parce que je n’avais pas l’impression de pouvoir faire quelque chose. Je n’ai pas fondamentalement changé d’avis mais ça m’a fait prendre conscience de l’ampleur de certaines choses. L’impact de la viande ou de la voiture en particulier." De même, A., 25 ans au moment de la CCC, a accepté de remplacer son frère tiré au sort : "c’est pas avec des petits gestes qu’on va beaucoup bouger, moi je m’intéresse au côté politique. Je ne me faisais pas d’illusion non plus, j'étais un peu méfiant suite à l'exemple de la convention nationale. Mais j'étais curieux de vivre ça, de voir la méthode."
Ces participants sont lucides sur les limites de l'exercice, tant sur la forme (prise de parole par les plus à l'aise, temporalité contrainte, difficulté à s'accorder sur le niveau d'ambition) que sur le fond (propositions réduites, cadre réglementaire). Cependant, ils soulignent la grande plus-value de la discussion intergénérationnelle, tout en évoquant des difficultés : "En étant jeune j’ai l’impression qu’on a plus de mal à s’affirmer. J’ai l’idée qu’on devient plus sûr de soi avec l’âge, pour parler en public, pour parler posément. Parmi les personnes qui parlaient le plus, il y avait peu de jeunes, que les boomers. J’ai peut-être un biais. Faut remettre dans le contexte, les délais étaient super serrés et on avait très peu de temps [de débat] par proposition," explique A. F. ajoute : "Je m’autocensure, je suis impressionné par ceux qui arrivent à faire des grands discours. Ce n’est pas qu’une question d’âge. […] Je pense que les jeunes avaient moins d’habitudes, ou de peur de changement. C'est moins difficile d’envisager le changement quand on est jeune. Moi je n’ai pas peur du changement. Je n’ai pas d’idée pourquoi. J'ai beaucoup discuté, j’ai essayé d’échanger avec tout le monde, il y avait des groupes qui se formaient. C’était intéressant d’apprendre ce qui motivait les autres. Je suis rentré en empathie avec ceux qui estimaient ne pas pouvoir changer leur confort." Ces témoignages illustrent une jeunesse consciente des enjeux, désireuse d'agir, mais confrontée à des obstacles liés à l'expression et à la reconnaissance de sa légitimité. Plus largement, si de nombreux jeunes rencontrés pour l'ABS de Grenoble déclarent ne pas s’intéresser à la politique, beaucoup manifestent un avis argumenté sur des débats législatifs, des mesures gouvernementales ou des enjeux sociétaux, démontrant une conscientisation notable au-delà des déclarations formelles.