Systématique et diversité des espèces subaquatiques : un monde à explorer

Le terme « subaquatique » définit tout ce qui existe sous l'eau, sous la surface de l'interface air/eau. Les animaux subaquatiques concernent tout organisme vivant sous l'eau. Appliqué au milieu marin, l'organisme aquatique est plutôt dit sous-marin. Les poissons et les mammifères marins sont les animaux subaquatiques par excellence. Par exemple, un sous-marin est un appareil subaquatique. Mais personne ne s'offusquera de l'emploi simplifié du mot aquatique, comme des animaux aquatiques quand ils sont semi-aquatiques ou subaquatiques, et surtout pour désigner des milieux aquatiques par exemple. Est qualifié de semi-aquatique toute plante poussant aussi bien dans ou à côté de l'eau.

Les habitats naturels : le théâtre de la vie subaquatique

La typologie Eunis est une classification des habitats naturels, semi-naturels et anthropiques des secteurs terrestres et marins d'Europe, utilisable dans tout l'Hexagone. En fonction de la nature du substrat, de la température de l'eau, de l'ensoleillement, des mouvements de l'eau (vagues, courants, marées), de la profondeur, les habitants seront différents. Les plongeurs rencontreront donc des populations différentes en fonction des habitats disponibles sur chaque site de plongée. N'hésitons pas à changer d'habitat au cours de la plongée, afin de rencontrer des animaux et végétaux différents, et rendre ainsi la plongée plus diversifié et intéressante. C'est cela, entre autres, que l'on apprend pendant les cours des cursus bio : qui habite où, qui mange qui, qui vit avec qui ?

Des fonds meubles aux structures rocheuses

Les fonds sableux et vaseux se caractérisent par des grains d'une taille inférieure à 2 mm. Les fonds sableux et vaseux sont habités par de nombreux organismes qui y sont enfouis en raison du manque d'autres cachettes. Les vers, échinodermes, mollusques et crustacés y sont nombreux et y laissent des traces de leur passage ou de leur repère. Les graviers, mesurant entre 2 mm et 2 cm, sont souvent mélangés avec des coquillages brisés. Ils présentent de nombreux interstices où de petits organismes peuvent vivre, se cacher, se reproduire. Lorsque les graviers sont plus gros et deviennent des galets, une vie riche existe sous ces cailloux, à l'abri de la lumière. Les retourner sans précaution mettra à la lumière et à portée des prédateurs tous ces organismes dit sciaphiles (qui aiment l'ombre) et les tuera irrémédiablement.

La roche, lorsqu'elle est calme, permet à de nombreux organismes de lutter pour trouver une place. Les algues, les éponges, les cnidaires, les vers, les bryozoaires, les tuniciers s'y affrontent pour pouvoir s'y accrocher, s'y étaler (espèces encroûtantes) ou y creuser son trou. Le tombant est un habitat vertical, souvent exposé au courant, où les espèces animales fixées doivent se déployer perpendiculairement pour capter les particules nutritives. Le sec, habitat isolé dans un environnement sableux ou végétal, offre une face à l'ombre et une face à la lumière, augmentant la biodiversité locale.

Végétation marine et milieux complexes

Les herbiers sont composés de posidonies, de cymodocées et de zostères. Ce milieu est un abri pour beaucoup d'espèces animales, surtout juvéniles, qui viennent y trouver protection et nourriture. C'est aussi un lieu privilégié de reproduction. Les posidonies, légalement protégées en France, forment des mattes qui protègent les rivages des vagues. Le coralligène est fragile, très sensible au réchauffement climatique et aux chocs. À la différence de l'herbier, les champs d'algues sont composés de plusieurs espèces végétales cohabitant. Les algues pratiquent la photosynthèse et ont donc besoin de lumière ; on les trouvera plutôt en plein soleil, sur les versants sud des reliefs sous-marins.

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Les grottes ont pour caractéristique une baisse ou une absence de lumière. La lumière manquant, la plupart des végétaux seront incapables de s'y installer. Les grottes permettent de rencontrer des espèces profondes voire inatteignables en plongée, mais il faut faire attention à ne pas libérer de bulles d'air au plafond, ce qui ferait mourir les espèces aquatiques qui y résident. Les passes, passages entre l'océan et le lagon, sont caractérisées par des courants intenses, tandis que les récifs coralliens des zones tropicales sont faits de coraux durs qui s'empilent génération après génération.

Organisation et classification du vivant

Le besoin de classer et de répertorier existe depuis toujours et le règne animal n’échappe pas à cette règle. Il existe deux règnes principaux, celui des végétaux et celui des animaux. Le règne végétal regroupe des organismes autotrophes, capables de produire leurs constituants en utilisant l'eau, le gaz carbonique, les sels minéraux et la lumière du soleil comme énergie.

Embranchements et diversités animales

Les éponges ou spongiaires sont des animaux primitifs pluricellulaires qui filtrent l'eau grâce à des pores pour y trouver leur nourriture. La plupart des cnidaires sont carnivores et se nourrissent des proies qui passent à proximité de leurs tentacules. Les vers plats peuvent être prédateurs ou détritivores. Les bryozoaires ou ectoproctes sont des colonies de petits animaux peu évolués essentiellement marins. Les mollusques sont des animaux au corps mou, tandis que les crustacés appartiennent à l'embranchement des Arthropodes. Ce groupe représente plus de 80% des espèces, soit près de 2 millions d'espèces, dont le squelette externe peu extensible rend nécessaire le recours à des mues pour réaliser la croissance linéaire.

Les échinodermes sont des animaux exclusivement marins, bien connus des plongeurs pour leur squelette calcaire. Les tuniciers ou urochordés sont également exclusivement marins, présents dans toutes les mers du globe et à toutes les profondeurs. Les poissons sont parmi les plus anciens vertébrés : les agnathes sont des poissons primitifs sans mâchoires, les poissons cartilagineux (raies, requins) possèdent un squelette souple et une peau recouverte de petites plaques, tandis que la classe des poissons osseux regroupe la plupart des espèces à écailles, équipées d'une vessie natatoire pour s'équilibrer. Les reptiles marins, les siréniens et les cétacés complètent ce panorama de la faune aquatique.

Systématique, taxonomie et méthodes scientifiques

Dans les sciences du vivant, la classification scientifique des espèces correspond à l'association de la systématique, qui est la méthode ou ensemble de méthodes permettant de classer le vivant, et de la taxonomie, qui est le résultat de la méthode de classification. C'est par l'observation des organismes vivants et par leur comparaison que les naturalistes ont défini des taxons élémentaires correspondant souvent au genre et à l'espèce. Continuellement enrichie depuis sa création au XVIIIe siècle par le suédois Carl von Linné, la classification traditionnelle est fondée sur des caractères multiples (biologiques, phénotypiques, physiologiques).

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Au cours du dernier quart du XXe siècle, la classification traditionnelle a été supplantée par la classification phylogénétique, qui est uniquement fondée sur le modèle évolutif et la notion d'ascendance commune. Les taxons sont désormais classés par la méthode cladistique, où chaque taxon est une ramification de taxons subordonnés appelée clade. La langue utilisée par les scientifiques pour décrire et nommer les taxons est le latin. Une espèce est désignée par un nom binominal, combinant un nom de genre commençant par une majuscule suivi d'une épithète spécifique. Bien qu'elles ne figurent pas dans le tableau classique, la plupart des combinaisons reçoivent également une terminaison latine plus ou moins codifiée selon les disciplines.

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