L'Empreinte des Pierres dans le Monde de la Voile : Un Éventail de Talents et de Passions
Le monde de la course au large et de la navigation est peuplé de figures emblématiques, dont de nombreux marins nommés Pierre ont marqué et continuent de marquer leur territoire par leurs exploits, leur expertise technique, leur détermination inébranlable ou leur passion communicative. Qu'il s'agisse de jeunes talents gravissant les échelons avec une constance remarquable, de skippers chevronnés accumulant les victoires et les expériences, d'espoirs prometteurs issus de filières d'excellence, ou de figures clés dans l'ombre assurant la performance et la sécurité des géants des mers, les contributions de ces individus sont diverses et essentielles. Cet article explore les parcours de plusieurs de ces navigateurs d'exception, chacun apportant sa pierre à l'édifice de la voile moderne. Leurs histoires témoignent d'une dévotion sans faille à la mer, d'une quête constante de performance et, parfois, d'un sens aigu de la camaraderie et de l'aventure humaine, démontrant l'étendue et la richesse de leurs engagements dans un sport exigeant et fascinant.
Pierre Casenave-Péré : L'Ascension Discrète et Déterminée en Class 40
Parmi les jeunes prodiges qui émergent sur la scène de la course au large, Pierre Casenave-Péré, skipper caennais, se distingue par une trajectoire marquée par sa constance. À seulement 23 ans, il comptabilise déjà quatre ans d'expérience significative en mer, une période durant laquelle il a su démontrer son potentiel et sa détermination. Sa découverte de la course au large remonte à 2019, lorsqu'il a participé à la Mini-Transat, un événement qu'il considère comme sa première véritable année dans cette discipline exigeante. Pour se préparer et se qualifier à cette course formatrice, il avait pris une année de césure dans ses études, une décision qui s'est avérée fructueuse et qui lui a permis de plonger pleinement dans cet univers.
Depuis cette première expérience fondatrice, Pierre Casenave-Péré a poursuivi son parcours académique et professionnel avec succès, obtenant son master en Ingénierie à terre. Parallèlement, sa carrière en mer a pris une dimension nouvelle. Il a terminé l'an passé sa première saison à plein temps en Class 40, se classant à une impressionnante 5e place au championnat. Cette performance a été consolidée par une solide huitième place décrochée sur la dernière Transat Jacques Vabre, prouvant sa capacité à rivaliser avec des marins plus expérimentés sur des épreuves de grande envergure. En toute discrétion, le skipper caennais gravit les échelons avec une constance remarquable, affirmant son talent et sa persévérance.
Cette année, Pierre Casenave-Péré s'attaque avec gourmandise à la Route du Rhum, une course mythique qui fait rêver de nombreux navigateurs depuis leur plus jeune âge. Il confie que sa présence sur la ligne de départ n'était pas forcément attendue ou espérée pour lui. Quatre ans auparavant, il avait été sur le village de la précédente Route du Rhum, se sentant alors "à des années-lumière de se douter qu'il serait ici cette année". Cependant, "de fil en aiguille, pas après pas, on se retrouve en Class 40 puis tout seul à la barre du Class 40". Cela suit son cours, et il nourrit l'ambition de "faire quelque chose de bien". Il reconnaît que l'année dernière fut vraiment la découverte de cette classe de bateaux. Cette année, l'objectif a été de se perfectionner un petit peu. Malgré le fait de naviguer sur "un bateau qui n'est pas aussi récent et aussi performant qu'une bonne partie de la flotte", il n'exclut pas de tirer son épingle du jeu. Son objectif principal pour cette Route du Rhum sera de naviguer "propre" et surtout "être fier de sa navigation à l'arrivée". Un défi supplémentaire qu'il se fixe est d'être le premier parmi les bateaux d'ancienne génération de la Class 40, une ambition qui illustre sa compétitivité et son sens tactique.
Pierre Brasseur : Le Navigateur Chevronné et Partenaire de Choix
Le monde de la voile compte également des figures dotées d'une expérience considérable et d'un palmarès éloquent, à l'image de Pierre Brasseur. Ce marin chevronné, dont la carrière de skipper a démarré en Mini 6.50, dispose d’une solide expérience sur de nombreuses classes de bateaux. Ses compétences s'étendent des Class40, où il a connu de grands succès, aux monocoques plus imposants comme les IMOCA, et aux multicoques rapides tels que les Ocean Fifty. Sa polyvalence et sa capacité à naviguer et à performer sur des supports variés font de lui un navigateur très respecté dans le milieu.
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Parmi ses victoires notables, Pierre Brasseur a notamment remporté la Transat Jacques Vabre 2015 en Class40, une performance remarquable réalisée aux côtés de Yannick Bestaven, un marin qui sera, cette année, son concurrent en IMOCA. Cette victoire témoigne de son talent et de sa capacité à mener un bateau à la victoire sur des courses transocéaniques exigeantes. Au-delà de ses succès en tant que skipper, Pierre Brasseur est également un coéquipier apprécié et recherché pour sa complémentarité et son expertise. Après une première expérience réussie aux côtés d’Isabelle Joschke sur la Transat Jacques Vabre 2017 - au cours de laquelle le binôme a décroché une très belle huitième place -, les deux skippers n’ont pas hésité à renouveler l’expérience pour la saison 2023.
Pierre Brasseur exprime son enthousiasme pour cette nouvelle collaboration, confiant être "vraiment très heureux qu’Isabelle [l']ait demandé de la rejoindre pour cette saison de courses en double". Il souligne la longue connaissance mutuelle et apprécie "vraiment sa façon de naviguer", notant qu'ils partagent "la même vision de la course et de la performance". La familiarité de Pierre avec le bateau d'Isabelle est un atout, puisqu'ils avaient déjà participé ensemble à la Transat Jacques Vabre en 2017. Il met en avant l'intelligence de navigation d'Isabelle, citant sa neuvième place lors de la dernière Route du Rhum comme preuve de son engagement et de sa capacité à "savoir où placer le curseur". Pour Pierre Brasseur, naviguer avec Isabelle sera "un réel plaisir", une perspective partagée par Isabelle Joschke elle-même. Forte de la confiance engrangée lors de sa précédente collaboration avec le skipper, Isabelle envisage le retour de la navigation en duo avec enthousiasme, estimant qu'entre leurs affinités et ses expériences, Pierre est "vraiment un co-équipier parfait" pour elle. Cette synergie prometteuse illustre l'importance des relations humaines et de la compréhension mutuelle dans la recherche de la performance en course au large.
Pierre Rhimbault : L'Étoile Montante de la Course au Large Française
Le dynamisme de la voile française est également alimenté par de jeunes talents comme Pierre Rhimbault, le skipper Espoir de la Filière d’excellence de course au large Bretagne-CMB. À 24 ans, ce Rochelais a déjà démontré des qualités de leadership et de performance exceptionnelles, notamment en dominant largement les débats lors de sa sélection. Il a remporté les six premières courses, ne laissant ainsi que des miettes à ses deux adversaires, Gautier Thomas et Loïs Berrehar. Cette victoire écrasante lui offre l'opportunité précieuse de disposer, durant une année (renouvelable), d'un Figaro Bénéteau et d'un budget de fonctionnement conséquent. Ces ressources lui permettront de disputer le circuit du Championnat de France de Course au Large dans les meilleures conditions possibles.
Au-delà de la mise à disposition d'un bateau et d'un budget, Pierre Rhimbault bénéficiera, pendant cette période, d’une intégration au Pôle Finistère Course au Large. Cette opportunité lui garantira une formation professionnelle sérieuse et un apprentissage inestimable au contact des meilleurs navigateurs français, un environnement propice à l'épanouissement de son talent. Pierre exprime sa satisfaction face à cette situation, déclarant que c'est "super quand les choses se passent de cette manière". Il admet qu'il ne pensait "évidemment pas dominer les épreuves en individuel sur l’eau à ce point-là", mais que cela "fait plaisir".
Son parcours dans la voile est une illustration de persévérance et d'adaptation. D'origine Niortaise, il n’a pas grandi près de la mer, mais a commencé la voile par l’Optimist vers l’âge de 8-9 ans. Très vite, il a fait ses débuts en régate, bien que sans véritables résultats significatifs au départ, jusqu’à ce qu’il passe sur dériveur double et intègre la section sport-études de La Rochelle. Il a longtemps fait équipe avec Hugo Feydit, développant ainsi des compétences en navigation en double. Par la suite, il s'est initié au match-racing, une discipline qui affine la stratégie et la réactivité en course. Actuellement étudiant à l'EIGSI, une école d’ingénieur généraliste à La Rochelle, Pierre Rhimbault aspire à présent à "faire ses armes en Figaro Bénéteau et retrouver, à plus grande échelle, ce qu'il faisait en olympisme". Ses cours se termineront le 15 décembre, date à laquelle il pourra se "concentrer pleinement sur ce nouveau projet". Il retrouvera, dès que possible, son nouveau partenaire d’entraînement, Sébastien Simon, le skipper Bretagne - CMB Performance. Un marin qu’il connaît bien puisque, à ses côtés en 2013, il a décroché une belle troisième place au mondial de 420. Sébastien Simon saura, à coup sûr, lui donner de précieux conseils pour aborder au mieux son programme de 2017 et au-delà, consolidant ainsi la trajectoire prometteuse de Pierre Rhimbault.
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Pierre Antoine : Le Vainqueur Altruiste de la Route du Rhum
L'histoire de Pierre Antoine, skipper amiénois et géologue de métier, est un témoignage éclatant d'humanité et de performance dans le monde de la course au large. Licencié à l'Amiens Voile, il a réalisé un exploit mémorable en remportant la Route du Rhum, non seulement sur le plan de course, mais aussi en gagnant les cœurs par un acte de courage et d'altruisme : son déroutement pour porter assistance à Lalou Roucayrol. Sa victoire, enregistrée en 15 jours, 21 heures, 15 minutes et 5 secondes, est l'aboutissement d'une stratégie audacieuse et d'une gestion remarquable de sa course et de son bateau.
Pierre Antoine décrit sa victoire comme un succès à trois : "le bateau, le routeur et le skipper". Il exprime une immense fierté pour son bateau, Olmix, qu'il décrit comme un navire de 25 ans, construit en bois et époxy, "un peu lourd, résistant et aimant le gros temps". Avec Dominic Vittet, son routeur, ils ont délibérément misé sur le mauvais temps, une décision stratégique audacieuse. La robustesse d'Olmix, qu'il qualifie de "tank", a permis de faire un premier décalage avec les autres bateaux dans des conditions difficiles, notamment "sept jours de vent dans le nez", des circonstances peu évidentes. En approchant des Alizés, ils ont fait le choix tactique de descendre plus au sud pour aller chercher du vent de force 5/6, des conditions "mieux pour Olmix, même si plus éprouvantes". Pierre Antoine a navigué avec "au moins 20 nœuds de vent", ce qui était "idéal pour Olmix".
C'est alors que l'incident majeur s'est produit : le trimaran Multi50 Arkema de Lalou Roucayrol a chaviré. Lalou se trouvait à 260 miles. Pour Pierre Antoine, "il n’y a aucune question à se poser à cet instant, on ne discute pas, je suis le plus proche et donc on y va !". Ce fut un "rendez-vous de cosmonautes", deux bateaux "au milieu de nulle part à se trouver", avec les GPS pour guide, créant une atmosphère "magique". Après une tentative de sauvetage dans la nuit, la décision a été prise de rester "à la cap" à proximité et d’attendre le matin, une approche qui a finalement abouti. Pierre Antoine connaissait un peu Lalou pour avoir déjà navigué contre lui sur des courses. Ils ont passé "deux jours à discuter de tout", une "expérience agréable" malgré les circonstances dramatiques. Le "transbordement" avec le remorqueur a ensuite eu lieu.
Après cet acte héroïque, Pierre Antoine a repris la course avec, selon ses dires, "moins de pression", car "l'avance était là". Son objectif s'est alors concentré sur la gestion du matériel pour éviter la casse. La dernière nuit fut difficile, notamment le contour de l'île. Il a délibérément évité de se "mettre dans une position physique confortable pour éviter de s'endormir". Concernant la pénalité d'Alex Thomson, il l'a trouvée "dure", considérant Thomson comme "le vainqueur". La ligne d'arrivée franchie, Pierre Antoine a eu droit aux célébrations traditionnelles : "le ti-punch, la bouteille de rhum et à ouvrir le champagne !". L'épouse de Lalou Roucayrol était présente et l'a remercié chaleureusement. Le comité de course lui a offert un "steak frites" comme premier repas, un moment de réconfort après l'effort. Sur Olmix, il a "bien mangé", car avec le poids du bateau, ils n'étaient "plus à 10 kg près", ce qui lui a permis d'emporter des bocaux. L'importance de la bonne alimentation pour le moral de l'homme en mer est cruciale. Il est à noter qu'Olmix avait déjà remporté le Rhum par deux fois (avec Escoffier en 1998 et 2002), et Pierre Antoine l'avait lui-même gagné une fois dans une autre classe (classe 3 en 2006), une victoire où seul son bateau avait franchi la ligne en raison de l'abandon des autres marins de sa classe. Cette victoire est donc une consécration pleine et entière. Pierre Antoine sera de retour à Amiens d'ici une semaine, porteur d'une histoire qui restera gravée dans les annales de la Route du Rhum.
Pierre-Yves Moreau : L'Expert Technique au Cœur des Maxi-Trimaran
Dans l'univers de la course océanique, où la technologie de pointe et la performance mécanique sont aussi cruciales que le talent des skippers, des figures comme Pierre-Yves Moreau jouent un rôle essentiel. À 41 ans, Pierre-Yves Moreau est le « boat captain » de Banque Populaire V, une fonction synonyme de responsable technique du maxi-trimaran, un navire d'exception conçu pour battre des records. Ce spécialiste des composites est également régleur à bord de ce géant des mers, participant activement à la navigation et à l'optimisation des performances du bateau. Ce père de quatre enfants, né à Neuilly-sur-Seine, exerce également le rôle de régleur dans le quart dirigé par Yvan Ravussin, soulignant son implication directe dans la marche du navire.
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Son rôle de responsable technique est de veiller à ce que le bateau "soit et reste en bon état". Il possède une connaissance intime du navire, affirmant "oui, je le connais bien !". Cependant, il doit appréhender "tous les aspects du bateau en coordination avec Ronan Lucas, le directeur technique", démontrant l'ampleur et la complexité de ses responsabilités. Son implication sur Banque Populaire V a débuté "en fin de construction du bateau", d'abord pour s'occuper "d’une partie de l’accastillage du bord". Son parcours professionnel est riche et varié, fruit d'une "belle opportunité" et d'un ensemble de choses. Il travaille depuis plus de dix ans sur la construction de bateaux et sur la navigation. Ses débuts remontent à la construction de son propre prototype pour la Mini-Transat, où il a terminé deuxième derrière Sébastien Magnen. Par la suite, il a participé à la mise en œuvre du 60 pieds IMOCA de Thierry Dubois et a construit un petit catamaran de sport pour traverser l’Atlantique Nord avec Benoît Lequin.
Pierre-Yves Moreau a également participé à des tentatives de records majeurs, dont la première tentative du Trophée Jules Verne avec Pascal Bidégorry, qui s’est malheureusement achevée dans l’océan Indien l’année précédente. Il y a "pratiquement pas de différences dans la façon de mener Banque Populaire V" entre les skippers de haut niveau. Il décrit Pascal Bidégorry comme "quelqu'un de très performant et techniquement très fort". Cependant, il est clair que "les deux personnages [Pascal Bidégorry et Loïck Peyron] ont des approches distinctes dans leur rôle de skipper". Avec Pascal, il y avait "des moments plus tendus qu’avec Loïck", mais toujours "dans le but de performance maximale", comme en témoignent les records de l’Atlantique ou des 24 heures.
Au 34e jour de son tour du monde, au large de l'Argentine, le maxi-trimaran de Loïck Peyron et ses équipiers possédait 1 023 milles d'avance sur le chrono de Groupama 3, illustrant l'efficacité de l'équipage et la qualité de la préparation technique assurée par des professionnels comme Pierre-Yves Moreau. Responsable technique du maxi-trimaran, « PYM » en est aussi l'une des chevilles ouvrières sur le pont, son expertise étant capitale pour la bonne marche du bateau dans les conditions extrêmes des océans. Il apprécie les rares moments de liberté à bord, même s'il n'est "pas toujours simple d'accéder à l'ordi" en raison du grand nombre d'équipiers. Ce qui est agréable lorsqu'il est hors-quart et qu'il a un "tout petit moment de libre", c'est de pouvoir "lire ses messages et envoyer un petit mot à sa famille", car même si le voyage ne dure qu'environ 45 jours, ce contact est important pour le moral de chacun à bord.
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