L'Art de l'Accrochage : Choisir le Bon Nœud pour Manille et Hook de Catamaran de Sport

La navigation, et plus particulièrement la pratique du catamaran de sport, exige une connaissance approfondie des nœuds marins. Maîtriser ces techniques n'est pas seulement une question d'efficacité ; c'est une condition sine qua non avant toute sortie en mer, garantissant la sécurité et la tranquillité d'esprit à bord. Un bon nœud marin doit être adapté à la situation, résistant et, surtout, pouvoir être exécuté rapidement et défait avec aisance, même après avoir été soumis à de fortes tensions. Ignorer les principes fondamentaux du matelotage peut entraîner des frustrations, des pertes de temps et, dans les cas les plus critiques, des catastrophes. De la fixation des écoutes aux voiles à l'amarrage au port, chaque connexion sur un catamaran de sport doit être pensée et réalisée avec précision.

Le monde des nœuds marins se divise en plusieurs catégories : les nœuds d’arrêt, les nœuds de boucle, les nœuds d’accroche et les nœuds d’amarrage. Chacun répond à des besoins spécifiques, et leur bonne utilisation est le reflet d'une expertise acquise et d'une compréhension des forces en jeu sur un voilier. Qu'il s'agisse de manilles, de taquets, de hooks ou d'autres pièces d'accastillage, le choix du nœud approprié est primordial pour assurer la performance et la fiabilité des équipements. L'ensemble des pièces et accessoires d'un bateau, et en particulier ceux que l'on trouve sur le pont (winchs, poulies, taquets, coinceurs, manilles…), constitue l'accastillage, dont l'intégrité dépend souvent de la qualité des nœuds employés.

Les Fondamentaux du Matelotage pour Catamaran de Sport

L'art du matelotage est une discipline nautique qui requiert une rigueur certaine si l'on souhaite éviter les désagréments et assurer la pérennité de son équipement. Apprendre à faire des nœuds marins est essentiel pour toute personne qui souhaite naviguer, d'autant plus si vous naviguez sans skipper. Ces connaissances de base vous permettront souvent de gagner du temps, d'économiser vos efforts et d'éviter bien des frustrations en mer.

Critères d'un Bon Nœud

Un bon nœud marin doit répondre à trois critères primordiaux : être adapté à la situation, résistant et enfin, pouvoir être exécuté rapidement. La connaissance des différentes familles de nœuds - nœuds d'arrêt, nœuds d'ajut, boucles et nœuds d'amarrage - est la première étape vers cette maîtrise. Les nœuds d’amarrage permettent de frapper un bout à un objet pour le soumettre à une traction, sans avoir à réaliser une épissure, ce qui offre la possibilité de régler ou de dénouer facilement la connexion. L'amarrage permet de créer avec un point fixe une connexion dynamique qui peut être mise sous tension, déplacée et relâchée, la charge étant alors transmise à l’objet.

Anatomie d'un Cordage : Dormant et Courant

Pour comprendre les instructions de nouage, il est essentiel de connaître les termes clés. Le "dormant" désigne la partie fixe, non mobile, du cordage, celle qui est sous tension ou qui représente la majeure partie de la longueur. Le "courant" est l'extrémité libre et mobile du cordage, celle que l'on manipule pour réaliser le nœud. Ces distinctions sont fondamentales pour suivre les étapes de création de chaque nœud et garantir leur efficacité.

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Les Nœuds Essentiels pour l'Accrochage et l'Amarrage

Certains nœuds sont considérés comme des bases indispensables pour tout marin, débutant ou confirmé. Ils sont le socle sur lequel repose toute la pratique du matelotage.

Le Nœud de Huit : Le Nœud d'Arrêt Indispensable

Le nœud de huit, également nommé nœud flamand ou de huit, est le premier nœud que l’on apprend lorsqu’on pratique la voile et le plus célèbre des nœuds d'arrêt. Ce nœud est un nœud d’arrêt par excellence que vous devrez apprendre quelle que soit la destination, que vous prévoyiez une location de voilier en Croatie l'été, ou aux Antilles l'hiver. Il est généralement fait à l'extrémité d’un bout afin de l’empêcher de glisser dans une poulie. Les marins l’utilisent pour empêcher les bouts ou drisses de passer à travers les poulies.

Le « nœud de 8 » est utilisé au bout de tous vos bouts, que ceux-ci soient petits ou gros. Le plus utilisé pour accrocher un bout et éviter qu’il se détache, tout en permettant d’être défait facilement. Il est extrêmement facile à faire et a l'avantage de ne pas trop abîmer le cordage, en plus d'être plus gros que le nœud simple. Pour ceux qui ont la fibre nautique et artistique, le nœud de huit double a exactement la même fonction que le nœud de huit mais donne seulement un rendu plus esthétique. Ses utilisations les plus courantes sont de terminer un cordage, éviter à un cordage de s’effilocher ou alourdir le bout d’un cordage.

Le Nœud de Chaise : La Boucle Incontournable

Le nœud de chaise, ou nœud de bouline, est le nœud de boucle le plus populaire et sans doute LE nœud à apprendre pour tout marin qui se respecte. Il permet de former une boucle fixe, ou œil, qui ne coulisse pas. On l’emploie pour frapper une écoute sur une voile, remplacer un mousqueton de drisse, fixer un palan, et il est souvent utilisé comme nœud d’amarrage. Le nœud de chaise est indispensable pour éviter que votre seau ne parte à la dérive lorsque vous avez à puiser de l’eau de mer, car avec le nœud de chaise, le bout ne se désolidarise plus de votre seau. Ce nœud marin permet de former une boucle qui ne se resserre pas, même lorsqu’on y applique une forte tension et donc un détachage sans effort.

Cependant, il convient d'être vigilant : lorsque le dormant est soumis à une importante tension, il est impossible de défaire le nœud. Très résistant, il est impossible à défaire sous tension, mais extrêmement facile à défaire sans tension. Prenez garde à ce qu'il ne se défasse pas tout seul en cas de manque de tension ; la solution est d'ajouter un petit nœud en fin de corde pour le compléter. Un nœud de chaise ainsi formé doit être correctement serré. Si vous faites un nœud de chaise à une extrémité de l’amarre, faites donc un nœud de taquet ou un tour mort et deux demi-clés à l’autre pour pouvoir la mollir mais aussi régler sa tension. Enfin, n’oubliez pas de laisser une longueur de dormant suffisante et serrez-le correctement pour que la boucle du nœud ne soit pas lâche. Pour le défaire facilement, même serré, une astuce consiste à pousser la boucle. Pensez à faire un tour-mort avant de nouer.

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Pour le réaliser, le moyen mnémotechnique le plus répandu est cette phrase : « le serpent sort du puits, fait le tour de l’arbre et rentre dans le puits ». Pour ce faire, formez une boucle avec le courant (le puits), le dormant étant l’arbre et le serpent le courant. Ensuite, faites passer le serpent (le courant) dans le puits (la boucle), obtenant ainsi une deuxième boucle. Puis, faites tourner le courant autour du dormant (l’arbre). Enfin, faites rentrer le courant dans votre première boucle. Tenez le dormant dans une main et le courant dans une autre et serrez.

Malgré ses avantages, comme sa facilité à se défaire même après une forte charge et sa polyvalence (attacher la drisse à la voile s’il n’y a pas de mousqueton, s’amarrer à une bitte saturée sur un quai, faire une boucle pour attacher différents objets), le nœud de chaise peut être jugé lourd et encombrant, avec un risque d'accrochage.

Le Tour Mort et Deux Demi-clés : La Fiabilité Sous Tension

« Un tour mort et deux demi-clés n’ont jamais lâché », comme le dit l'adage ! Ce nœud d’amarrage est un basique par excellence. Une demi-clé correspond à un « demi-nœud », ou « nœud simple », nouée sur un cordage sans passer autour d’un support. Mais associées à un tour mort, deux demi-clés sont d’un grand secours pour amarrer le bateau à un anneau ou à l’arceau en bout de catway. On fait un tour avec l’amarre autour du support et les demi-clés sont réalisées autour de l’amarre elle-même, sur le dormant. Ce nœud est d’une excellente tenue, à condition de bien serrer chacune des demi-clés, et il est possible de le dénouer sous tension. Il peut être utilisé pour attacher ou sécuriser un pare-battage.

Le tour complet initial répartit la charge sur une plus grande surface, réduisant la pression sur le support tout en augmentant la friction. L’ajout des deux demi-clés verrouille le bout en place, conférant à ce nœud une tenue très fiable même lorsque la direction de la traction varie. C’est donc un grand standard du matelotage, parfait pour amarrer un bout à une bitte, une pile ou un taquet. Cependant, comme il comporte trois tours, ce nœud utilise plus de longueur de corde qu’un simple nœud de cabestan. Pour des conseils d'utilisation, laissez un peu de longueur (environ 10 cm) après la dernière demi-clé et glissez-la sous le dormant pour éviter tout glissement. Sur du cordage synthétique très lisse, ajoutez une troisième demi-clé pour plus de sécurité.

Le Nœud de Taquet : La Référence pour l'Amarrage au Port

Le nœud de taquet est un nœud d’amarrage très efficace et la référence pour amarrer une aussière sur un taquet, aussi bien sur un ponton que sur le pont du bateau. Il est particulièrement solide, sa force de résistance demeurant même lorsque le nœud n’est pas achevé, ce qui permet d’ajuster la tension du dormant. De plus, qu'il soit extrêmement tendu, mouillé ou sec, ce nœud se défait avec aisance, évitant de nombreuses situations pénibles à bord.

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Pour un nœud de taquet réussi, il est primordial d’utiliser un cordage adapté à la taille du taquet. Lorsque le cordage est trop fin, le nœud a tendance à glisser. Quand le taquet est trop petit pour recevoir l’amarre, celle-ci risque de sauter. Une autre précaution concerne les amarres neuves glissantes : mieux vaut faire un « huit » supplémentaire avant de réaliser la demi-clé de blocage. Mais à part dans ce cas, la version la plus simple est la meilleure. On voit pourtant des nœuds de taquet avec empilement de croisements ; c’est superflu et même dangereux si l’amarre doit être larguée en urgence. Et si le taquet doit accueillir deux amarres, cela l’encombre inutilement. Ne faites pas l’impasse sur le tour mort complet autour du taquet : cela a un impact sur la tenue du nœud mais aussi sur la possibilité de le défaire.

Pour le nouer, faites un tour mort complet autour du pied du taquet, en insistant sur ce point. Passez l’amarre en diagonale puis sous l’oreille du taquet, en maintenant la tension. Croisez une deuxième fois l’amarre au-dessus du taquet ; le cordage forme ainsi un huit. Retournez votre main pour former une boucle : l’extrémité passe sous le courant. Passez la boucle dans l’oreille du taquet : le courant est parallèle au premier croisement. Ses deux boucles répartissent la charge de manière uniforme sur les deux cornes, assurant une tenue fiable même sous des charges modérées à fortes. Si les cornes du taquet sont usées ou arrondies, le nœud peut glisser. Après le serrage, tirez fermement sur le dormant pour l’éloigner du taquet ; cela permet de « verrouiller » les boucles en place. Pour plus de sécurité sur un taquet glissant, terminez par une demi-clé en double autour du dormant. Il n’est pas nécessaire d’ajouter davantage de boucles ou de croisements.

Le Nœud de Cabestan : L'Accroche Rapide pour Objets Cylindriques

Le nœud de cabestan figure parmi les nœuds d’accroche les plus courants, également connu sous les appellations de « nœud de batelier » et de « deux demi-clés à capeler ». Vous le connaissez peut-être pour ses “oreilles de Mickey” ! Il est rapide à mettre en place et très facile à déplacer simplement en donnant du mou sur le dormant. Ce nœud fonctionne particulièrement bien sur des objets cylindriques comme un mât, une bôme, un chandelier ou un rail.

Le nœud de cabestan consiste à réaliser deux demi-clés autour de l’objet. Faites un tour autour du point fixe et ramenez le courant vers vous. Passez ensuite par-dessus le dormant. Puis continuez à tourner le courant autour du point fixe parallèlement au premier tour. Passez enfin l’extrémité du courant sous le « croisement » et serrez le nœud fermement.

Il n’est toutefois sûr que lorsqu’il est en tension permanente. Sur des surfaces lisses ou coniques, le nœud peut se desserrer ou glisser, surtout si la charge n’est pas appliquée perpendiculairement à l’objet. Dans le cas contraire, il aura tendance à glisser. Cela dit, aucun risque qu'il ne se défasse sous la tension, et il saura vous garder en sécurité même lorsque le meltem, ou d'autres vents méditerranéens souffleront. Pour les supports lisses ou glissants, ou s’il doit y avoir des à-coups, sécurisez le nœud avec une demi‑clé autour du dormant. Ses utilisations les plus courantes sont de fixer les pare-battages aux filières, de s’amarrer à une bitte à quai ou de frapper une poulie à fouet.

La Tête d’Alouette : Le Nœud Compact pour Espaces Restreints

La tête d’alouette est un nœud compact et discret qui fonctionne bien lorsque l’espace est limité, par exemple, pour attacher un bout à un rail étroit ou à un espar fin. Pour le nouer, amenez le bout perpendiculairement autour du support (barre, rail, ou espar). Ramenez le courant au‑dessus du dormant, puis revenir sur vos pas : autour du point fixe, en hors de la boucle en « U » ainsi formée.

Cependant, sur des surfaces lisses ou coniques, ce nœud peut glisser, surtout si la traction n’est pas perpendiculaire à l’objet ou si elle n’est pas équilibrée entre les deux brins. Ce nœud provoque également moins de friction qu’un tour mort. Pour plus de sécurité, si l’objet est glissant, ajoutez une demi‑clé autour du dormant. Veillez à ce que la boucle soit aussi petite que possible, car une boucle plus serrée augmente l’adhérence et réduit le risque de glissement.

Nœuds Spécifiques pour Manilles et Écoutes sur Catamarans de Sport

Pour la fixation d'un bout sur une manille ou un hook de catamaran de sport, le choix du nœud peut varier en fonction du type de charge, de la nécessité de pouvoir défaire le nœud rapidement, et du matériau du cordage et de la manille.

Le Nœud de Drisse : Pour les Charges Verticales et les Manilles

Le nœud de drisse est particulièrement conçu pour les charges verticales. Son courant et son dormant parallèles sont pratiques, et il est spécifiquement mentionné pour être passé le bout à l’intérieur de la manille ou du mousqueton de drisse.

Pour le nouer, passez le bout à l’intérieur de la manille ou du mousqueton de drisse. Faites ensuite un premier tour autour du dormant, puis un deuxième tour au-delà du premier. Ramenez l’extrémité courante par-dessus les deux boucles et passez-la dans les tours. Elle doit « sortir » du nœud parallèlement au dormant. Tirez sur le dormant pour serrer le nœud.

Toutefois, sur des points fixes plus volumineux, le nœud peut glisser latéralement si la charge n’est pas parfaitement axiale. Le nœud de drisse offre également moins de friction qu’un tour mort et convient donc moins à des efforts conséquents dont la direction pourrait changer. Si l’espace le permet et que le bout utilisé est glissant, ajoutez un troisième tour pour plus de sécurité ; cela maximise l’adhérence. Dans le cas d’une drisse, il est préférable d’éviter de laisser trop de longueur sur le courant, car il pourrait s’accrocher dans les réas, poulies ou autre accastillage à proximité. La version la plus couramment utilisée du nœud de drisse a le courant qui sort sur le côté.

Le Nœud de Grappin : Sécurité et Résistance pour les Anneaux et Points Fixes

Le nœud de grappin est un nœud d’amarrage qui crée un œil solide et autobloquant qui résiste au renversement sous la charge. La charge est supportée par l’œil, conservant ainsi la résistance du cordage. Ce nœud est très proche du tour mort et deux demi-clés. La seule différence intervient après avoir fait le tour mort. Lorsque vous réalisez la première demi-clé, il faut passer le courant à l’intérieur du tour mort et non à l’extérieur. Terminez par une autre demi-clé et serrez en tirant sur le dormant.

Généralement, il sert à attacher un cordage à un anneau. Cependant, si le point fixe est très lisse, le nœud peut glisser avant que l’œil ne se mette en place. Sous forte charge, le nœud peut aussi avoir tendance à se souquer, et il peut se révéler très difficile à défaire, ce qui le rend parfait pour relier une ancre à une ligne de mouillage. Laissez toujours un bout d’au moins 15 cm et glissez‑le sous le dormant après le serrage. Sur des ancres en acier poli, enroulez d’abord un petit morceau de garcette autour de l’œil, la texture supplémentaire augmentant l’adhérence. Si vous avez besoin de le dénouer rapidement, terminez par une demi-clé gansée autour du dormant.

Le Nœud de Bosse : Pour les Efforts Parallèles le long d'un Support

Le nœud de bosse est idéal pour attacher un bout à une barre ou à un autre cordage lorsque vous devez tirer dans une direction sensiblement parallèle au support. C’est le nœud à privilégier pour dégager une écoute coincée sur un winch.

Pour le nouer, placez le dormant le long du support que vous souhaitez attacher (par exemple un espar ou une autre bout). Faites un tour autour de l’objet, puis ramenez le courant par-dessus le dormant et sous le premier tour, formant ainsi la première demi-clé. Répétez la même manœuvre une deuxième fois, en empilant la deuxième demi-clé directement sur la première. Tirez sur le dormant pour serrer.

Toutefois, sur des surfaces très lisses, le nœud peut glisser avant que les demi‑clés ne réussissent à « crocher ». Serrez bien les deux demi-clés et assurez-vous que la deuxième repose directement sur la première pour obtenir le « verrouillage » caractéristique. Sur du cordage synthétique, ajoutez une troisième demi‑clé pour renforcer la tenue.

L'Évolution des Connexions : Manilles Textiles et Dyneema

Avec les avancées technologiques dans les matériaux de cordage, les méthodes de fixation sur les catamarans de sport ont également évolué. Les fibres haute performance, notamment le Dyneema, ont révolutionné la manière de concevoir les liaisons, offrant des alternatives légères et résistantes aux manilles métalliques traditionnelles.

L'Avantage du Dyneema et des Fibres Haute Performance

Depuis l'introduction, dans les années 80, de la fibre haute performance dont le nom commercial est Dyneema, la gestion des suspentes est devenue beaucoup plus simple et efficace. La fibre synthétique, un dérivé du polyéthylène, est appréciée des navigateurs pour sa résistance à l'abrasion, aux rayons UV et à l'humidité. Surtout, elle est 15 fois plus solide que l'acier et bien plus résistante à la traction que les fibres de polyester ou même d'aramide comme le Kevlar.

Le Dyneema est particulièrement bienvenu là où un poids faible et une résistance élevée constituent une combinaison idéale, par exemple pour les drisses pour lesquelles une charge de rupture élevée et un faible allongement sont souhaités. Il en va de même pour les écoutes qui, fabriquées en Dyneema, nécessitent moins de réglages et peuvent être plus fines. Les écoutes sont assez faciles à épisser si l'on renonce à la gaine à l'extrémité, qui ne contribue de toute façon pas à la solidité d'un cordage de qualité. Il suffit de la repousser, de réaliser l'épissure, puis de traire à nouveau la gaine sur l'épissure et de la sécuriser avec un gréement. L'épissure d'Aug dans les écoutes ou les strops peut être réalisée en enfonçant simplement l'âme sur elle-même ou avec une épissure dite de Brummel, qui non seulement tient sur l'âme par contraction de la tresse environnante, mais empêche aussi mécaniquement celle-ci de glisser.

Les Manilles en Textile : Une Alternative Moderne

Le matériau Dyneema est également idéal pour les manilles de cordage, les strops et les loops, qui présentent de nombreux avantages par rapport aux raccords métalliques : une grande résistance à la traction, un faible allongement et une fabrication simple avec diverses possibilités d'adaptation individuelle. Le propriétaire peut ainsi choisir entre des manilles de différentes longueurs, ouvertes ou fermées, à plusieurs niveaux ou prolongées par un strop. Il est préférable de fabriquer les manilles, les boucles et les strops dans un matériau central qui se prête bien à l'épissure. Des gaines de protection partielles peuvent être appliquées ultérieurement sur les zones soumises à des contraintes mécaniques. Les manilles en textile sont également faciles à défaire, mais elles ne heurtent pas le mât ou le pont et sont non seulement faciles à trouver dans le commerce, mais aussi faciles à fabriquer soi-même.

Méthodes de Connexion Modernes avec Manilles et Épissures

L'intégration de ces matériaux et techniques modernes offre des solutions élégantes et fonctionnelles pour la fixation des bouts sur les manilles et autres points d'attache d'un catamaran de sport.

Connexion avec des Manilles de Cordage

La méthode consistant à utiliser deux écoutes avec des yeux épissés et des manilles de cordage est désormais courante. Si leur nœud en diamant est placé dans la manille, la liaison n'offre que peu de potentiel d'accrochage. Pour l'épissure, la gaine est repoussée en arrière et ensuite traire sur l'épissure. Cette approche offre une connexion relativement facile à défaire, avec un nœud qui se construit peu et une grande flexibilité grâce à l'utilisation de deux écoutes, constituant une méthode contemporaine élégante. Cependant, elle doit être renouvelée plus souvent, car les manilles de cordage se dégradent dans le Dyneema nu.

Connexion avec Épissure, Manilles Souples et Cosses en Aluminium

Une finition élégante et fonctionnelle peut être obtenue avec des cosses en aluminium qui protègent les manilles de cordage et les épissures. Pour l'épissure, il faut repousser la gaine et la traire ensuite sur l'épissure et la munir d'un gréement. Pour que le nœud se forme encore moins, il convient de faire glisser le nœud diamanté dans la gorge. Cette méthode offre les avantages d'un nœud qui se construit peu, une grande flexibilité grâce à deux écoutes, une connexion relativement facile à défaire, et l'absence de profilage pubien grâce aux cosses en aluminium, représentant une méthode contemporaine élégante. Les inconvénients résident dans l'ajout de métal qui peut battre au mât et des coûts plus élevés dus aux cosses. Une variante combine cette approche, mais avec une manille de cordage en moins, ce qui limite la flexibilité possible de deux écoutes, car les deux sont accrochées à une manille souple. Un nœud en diamant, placé dans la manille, diminue le risque d'accrochage.

Manille de Cordage Longue comme Prusik

Le nœud de Prusik, utilisé en montagne, est un nœud d'arrêt idéal. Il s'enroule en continu et se bloque parfaitement sur l'écoute. Réalisé avec une longue manille de cordage, il permet d'obtenir une liaison durable et élégante avec seulement de petites bosses. En plaçant le nœud diamant dans la gorge, il ne s'accroche nulle part. Cette méthode permet un nœud qui se construit peu, une connexion relativement facile à défaire, une longueur variable en fonction de la manille de cordage, et l'absence de filaments pubiens. Le seul inconvénient est sa faible flexibilité due à une seule écoute. Une autre méthode combine une boucle épissée fermée avec une manille souple, ces boucles étant également disponibles épissées prêtes à l'emploi. Le système est plus compliqué qu'une longue manille de cordage enroulée en nœud Prusik, mais encore plus variable en longueur. Bien que plus joli qu'un simple strop, il n'est pas supérieur sur le plan fonctionnel.

Épissures Professionnelles avec Manilles Souples

Les yeux avec gaine sont les épissures de la plus haute qualité pour ces applications. Plus difficiles à fabriquer, elles sont durables et protégées contre les feutres de honte. De plus, des manilles de cordage utiles avec des ouvreurs courts (rubans rouges) peuvent être utilisées, bien qu'elles puissent s'accrocher. Cette approche offre une connexion facilement détachable, une méthode contemporaine élégante, une grande flexibilité grâce à deux écoutes, des nœuds qui se construisent peu ou se cachent dans le point d'écoute, et une protection contre les frottements grâce à la gaine. Le principal inconvénient est une production plus coûteuse et le fait que les ouvre-manilles peuvent rester accrochés.

Considérations sur les Manilles Métalliques Traditionnelles

À l'heure des fibres haute performance et des tresses facilement épissables, les manilles en métal ne sont plus toujours la solution la plus moderne. Cet assemblage présente de gros inconvénients, mais il est résistant, éprouvé et durable. Une connexion facilement détachable et l'absence de filaments pubiens sont des avantages, et différents nœuds sont possibles, extensibles par des solutions stroppées. Cependant, la manille peut frapper le mât, le risque de blessure est plus élevé, les coûts sont plus élevés à cause des manilles, et la flexibilité est faible.

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