La vérification de la présence de l’ensemble du matériel de plongée et de son bon fonctionnement avant l’immersion est un élément INDISPENSABLE de la sécurité en plongée. Véritable outil de prévention des accidents, ce Buddy check doit devenir un réflexe. Or, on remarque que très peu de plongeurs se prêtent à cet exercice rapide et simple avant leur plongée. On se retrouve avec trop peu de lestage, un masque oublié ou encore une bouteille fermée ou à moitié vide au moment de se mettre à l’eau. Tous ces petits problèmes peuvent déboucher sur des paniques, des incidents ou de véritables accidents de plongée. Aussi, il est important de consacrer du temps lors des formations de plongées à l’apprentissage d’une méthode de Buddy check.
La philosophie du contrôle pré-plongée : Le Buddy check
L’idée d’un Buddy check est de s’assurer ensemble du bon fonctionnement du matériel et de la compréhension de la plongée par tous les membres de la palanquée. Le postulat est que nous plongeons en équipe et que chacun et chacune va participer au bon déroulement de l’immersion. La plongée sous-marine est une activité sûre et qui ne présente pas de risques particuliers, mais c'est aussi parce qu'elle s'accompagne de précautions. Comme pour un pilote d'avion avant le décollage, il s'agit de s'assurer que tout l'équipement est bien en place et en parfait état de marche.
C'est une véritable routine qui est effectuée dans la plupart du temps avec son binôme, d'où le terme de "buddy check". Cela permet également de vérifier que l'on connait le fonctionnement du matériel de ce dernier, car celui-ci peut légèrement différer du vôtre. Si les plongeurs expérimentés effectuent la manœuvre de manière presque automatique, il faut souvent quelques essais pour ne rien oublier. Il s'agit d'ailleurs d'une des étapes importantes de la formation Open Water SSI.
Méthodes de vérification : De la rigueur technique à l’acronyme simple
Il existe différentes méthodes pour effectuer cette vérification croisée, selon les organismes de formation. Nombre d’entre nous connaissent la méthode BALLO, mais il en existe d’autres.
La méthode complète en 5 points
La méthode complète présentée ci-dessous est une méthode en 5 points. Durant chaque étape du buddy check, vous allez passer en revue l’ensemble de votre équipement, mais également des procédures. La vérification du matériel de plongée est le premier point indispensable du Buddy check. Il doit s’effectuer sans traîner, mais avec toute l’attention nécessaire. L’idée est de s’assurer que l’équipement de plongée de chacun soit complet et fonctionnel.
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- Bouteilles : Capacité (12 litres, 15 litres, bi-bouteilles ?), gaz (air, NITROX, ou autre mélange), et pression (quelle est la pression de ta bouteille ?).
- Détendeur principal : Montrer qu’il est libre, effectuer un test du détendeur dans l’eau (3 respirations en se regardant les uns les autres).
- Gilet stabilisateur : Vérification de la connexion de l’inflateur et de son bon fonctionnement (gonfler et dégonfler le gilet). S’assurer que la purge rapide soit libre et dégagée.
- Sécurité spécifique : Attention, pour les plongées en mer, il est prudent et recommandé d’avoir un parachute par personne !
- Vérification croisée : Lors de cette étape, chacun présente un par un son dos à un des membres de la palanquée en plaçant ses vannes et ses premiers étages dans l’eau. La vérification effectuée, celui qui observait aide son binôme à se redresser en poussant vers le haut l’arrière du robinet.
À la fin de la vérification, le chef de palanquée énonce la règle d’or de toute plongée en posant trois questions :
- Qui peut arrêter la plongée ? - N’importe qui !
- À quel moment ? - À n’importe quel moment !
- Pour quelles raisons ?
La méthode minimaliste : BALLO et AGLLO
Je conçois que certains plongeurs et plongeuses sont désireux d’adopter des méthodes plus simples. C’est le cas par exemple de la méthode plus minimaliste proposée par PADI sous l’acronyme BALLO. Vous pouvez procéder chacun à votre tour, chaque plongeur check son binôme, ou ensemble en vous regardant et en nommant les actions à voix haute.
- B (BCD / Bouée) : Le gilet est-il gonflé ? Les purges sont-elles fonctionnelles ?
- A (Air) : Le bloc est-il ouvert ? La réserve d’air est-elle suffisante ? Chaque plongeur vérifie son manomètre (ou son ordinateur pour ceux qui utilisent une sonde de pression). Effectuez 2 à 3 inspirations avec votre détendeur principal et observez votre manomètre. Si votre manomètre tombe à zéro, demandez à votre binôme de vérifier que vos robinets soient complètement ouverts. Profitez de ce moment pour vérifier le bon fonctionnement de votre deuxième source d’air.
- L (Lestage) : Le lestage est-il présent ? Est-il adapté à la plongée que l’on prévoit de faire ? En fonction de votre équipement, vous allez adapter votre lestage.
- L (Largage) : Le lestage est-il largable ? Le gilet peut-il se retirer aisément ? D’une part, cela concerne les plombs (ceinture, poches largables ou harnais). Vous devez vous assurer que le système de lestage peut être facilement largué.
- O (OK final) : Ici vous allez vérifier que vous avez l’entièreté de votre équipement de plongée : palmes, masque, ordinateur, lampe, boussoles, parachute de palier. Profitez-en pour remettre en place d’éventuels tuyaux pour éviter qu’un manomètre vienne racler le fond.
Si vous plongez à l'étranger, vous pourrez entendre parler du BWRAF, utilisé par les plongeurs anglophones, qui suit une logique similaire. Ces étapes paraissent fastidieuses, mais après quelques plongées, vous effectuerez la manœuvre de façon instinctive en quelques minutes.
L’entretien du matériel : Garantir la longévité et la sécurité
Plonger avec son propre équipement permet une meilleure connaissance de celui-ci, un meilleur confort grâce à un réglage personnalisé, et une meilleure sécurité grâce au contrôle de l’utilisation et de la maintenance. Un entretien régulier ne doit pas s’en tenir qu’à un simple rinçage à l’eau douce, surtout en ce qui concerne le matériel technique.
Les règles d’or de l’entretien
- Rinçage : L’eau salée peut être corrosive. Rincez tout votre matériel à l’eau douce après chaque plongée. Portez une attention particulière aux détendeurs, aux dispositifs de contrôle de la flottabilité (BCD) et aux ordinateurs de plongée. Utilisez une vieille brosse à dents pour frotter votre embout, le tuyau de gonflage et le pourtour de l’oculaire du masque.
- Séchage : Après l’avoir rincé, laissez-le sécher complètement avant de le ranger dans un endroit bien ventilé et à l’abri de la lumière directe du soleil. Gonflez votre BCD et retournez-le, en ouvrant la valve de dégonflage pour voir s’il y a de l’eau coincée à l’intérieur de la vessie. Conservez le BCD partiellement gonflé pour éviter que les vessies ne se collent.
- Stockage : Rangez votre matériel dans un endroit frais et sec. Suspendez les combinaisons sur des cintres larges. Sortez le matériel que vous n’utilisez pas régulièrement tous les deux mois pour l’inspecter.
- Protection : Investissez dans des étuis de protection pour le matériel délicat comme les ordinateurs, les appareils photo et les lampes. Enlevez les piles avant le stockage prolongé.
La révision technique et professionnelle
La partie interne des détendeurs doit être contrôlée par un service technique officiel. Toutes les marques (TDS, Scubapro, Mares, Aqualung, Cressi, Poseidon, Apeks) proposent des formations permettant de former un technicien à leur maintenance. Il est primordial de procéder à une révision dans un atelier agréé tous les ans ou toutes les 100 plongées. Cette révision consiste en un nettoyage complet par ultrasons, au changement des joints et à une vérification du réglage grâce à un poumon artificiel.
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Concernant le bloc de plongée, la requalification est imposée par la loi. Lorsqu’un bloc est recensé dans un club, il doit être requalifié tous les 6 ans, avec une inspection visuelle annuelle (TIV). Si le bloc vous appartient, la requalification doit avoir lieu tous les 2 ans.
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