Née dans une famille de sportifs, ses parents sont maîtres-nageurs, Charlotte Bonnet sait nager dès l’âge de 4 ans et débute la natation en club, deux ans plus tard. La nageuse française est une férue de compétition et toujours en recherche de performance. Cette précocité et cette volonté constante de progresser ont dessiné les contours d'une carrière exemplaire, marquée par une longévité rare au plus haut niveau international.
L'éclosion précoce et l'affirmation sur la scène mondiale
En 2012, à Londres, elle participe à ses premiers Jeux Olympiques et remporte une médaille de bronze à seulement 17 ans, sur le relais 4x200 m nage libre, aux côtés de sa grande amie, Camille Muffat, d’Ophélie Etienne et de Coralie Balmy. Sa plus belle émotion ? "Le podium avec le relais [composé de Camille Muffat, Ophélie Etienne, Coralie Balmy] aux Jeux olympiques de Londres. Ça reste ma première médaille olympique, elle a une saveur très particulière."
Double médaillée de bronze aux championnats du monde, Charlotte est également championne d’Europe du 200 m nage libre, du 4x100 m nage libre et du 4x100 m nage libre mixte, en 2018, à Glasgow. Ces résultats témoignent de sa capacité à s'imposer sur plusieurs distances et formats de compétition, consolidant son statut de pilier au sein de l'équipe de France.
Évolutions structurelles et recherche de renouveau
Après les Jeux de Tokyo, la nageuse originaire d’Enghien-les-Bains change de structure et quitte son entraîneur, Fabrice Pellerin, avec qui elle évoluait depuis 2010. Elle rejoint alors Philippe Lucas pour deux ans, avant d’intégrer le groupe d’entraînement de Clément Bailly à Genève, aux côtés de son mari, le nageur suisse, Jérémy Desplanches. Entraînée par Philippe Lucas (l'ex-entraîneur de Laure Manaudou) depuis 2021, la sportive a en ligne de mire Paris 2024.
En s’adjugeant le titre de championne de France du 200 m nage libre en 1’56’’47, Charlotte Bonnet, 27 ans, a fait plus qu’ajouter une nouvelle ligne à son palmarès domestique. La figure de proue de la natation féminine a, en effet, profité des championnats de France de Limoges (5-10 avril) pour renouer avec des sensations qui la fuyaient depuis de longs mois. A commencer par le plaisir.
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« Ça n’est jamais facile de gérer des épreuves qualificatives. Il faut en passer par de l’appréhension et du stress, mais je suis heureuse de renouer avec le plaisir. Vous parlez de sensations. Ce matin, en séries, j’en ai gardé sous le pied (1’58’’43). Je me sentais bien, à l’aise. Ce soir, j’ai réussi à accélérer (1’56’’47). Mais je suis encore loin de ce que je peux exploiter. A l’issue de ce championnat, on va se poser avec Philippe (Lucas) pour voir ce qu’il reste à travailler. J’aurais aimé nager plus vite, mais ça ne fonctionne pas en claquant des doigts. Il y avait du stress parce que ça fait quinze ans que je nage des 200 mètres et que je connais la douleur qu’ils provoquent. Malgré tout, j’étais sereine après les séries et puis le discours de Philippe m’apaise énormément. Philippe est dans le dialogue et dans l’échange. J’avais vraiment besoin de ça à ce moment de ma carrière et à mon âge (27 ans). Je ne pourrais jamais changer ma façon d’être, le doute, le stress et l’angoisse que j’éprouve parfois. Il est trop tôt pour parler d’objectifs. J’avance petit à petit. Je nage. Je reprends plaisir et je retrouve des sensations. »
Diversification des performances et engagement environnemental
Si son expertise sur le 200 mètres est établie, son spectre de compétences s'est élargi au fil des années. Avec quatre titres (sur 50 m, 100 m et 200 m brasse puis sur 200 m nage libre) et deux records de France (50 et 100 m brasse) lors des championnats de France, elle a démontré une polyvalence impressionnante. Cette montée en puissance sur la brasse, parallèlement à ses épreuves de prédilection en nage libre, souligne une adaptation constante à l'exigence du sport de haut niveau.
Au-delà des bassins, elle s'investit pour des causes qui lui sont chères. Le samedi 16 septembre 2023, Charlotte Bonnet était présente sur les plages de Corbière et du Fortin, à Marseille. L'objectif : honorer un engagement qui lui tenait particulièrement à cœur. En effet, en juin dernier, lors des championnats de France de la discipline, la Team Lucas Sport Planète, dont elle fait partie, s'est lancée dans le dispositif "Chaque médaille compte" créé par la MAIF. Le principe est simple : les médailles remportées par les athlètes de Philippe Lucas (18) et les records de France battus (3) lors de la compétition ont été convertis en temps de ramassages de déchets : 36 heures au total.
Charlotte Bonnet, également marraine de l'événement, a grandement contribué à la réussite du projet : "En tant qu'athlète, nous avons un rôle important à jouer, car notre voix porte. Mais nous pouvons tous-tes agir à notre échelle pour l'environnement. Les petits gestes comptent !"
L'excellence au niveau européen
Son parcours international est marqué par des moments de grande intensité, notamment lors des Championnats d'Europe. Charlotte Bonnet a remporté la médaille d'argent sur le 100 m nage libre des Championnats d'Europe en 53''62. Une petite déception pour l'Enghiennois (Val d'Oise) qui n'a pu améliorer son temps réalisé en demi-finale (53''56). En tête aux 50 mètres, elle s'est inclinée face à la Néerlandaise Marrit Steenbergen, victorieuse en 53''24. Malgré tout, cette médaille marque le retour au premier plan de la jeune femme de 27 ans. Elle décroche sa première médaille internationale individuelle depuis les Championnats d'Europe de Glasgow en 2018.
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