L'Île des Pins, souvent surnommée l'« île la plus proche du paradis », offre aux plongeurs une diversité de sites sous-marins éblouissante. Les plongeurs apprécient particulièrement cette île pour la richesse et la variété de ses spots. Parmi eux, la Vallée des gorgones se distingue comme un site exceptionnel, présentant des forêts luxuriantes de gorgones, une multitude de failles, et une faune marine d'une abondance rare. Un très joli tombant tapissé de coraux intacts complète ce tableau idyllique. C'est dans ce cadre spectaculaire que l'on peut commencer à appréhender l'extraordinaire potentiel de la Nouvelle-Calédonie pour la plongée sous-marine.
Ce n’est pas un mythe : la plongée en Nouvelle-Calédonie est exceptionnelle ! Avec la deuxième plus grande barrière de corail au monde, s'étendant sur 1600 kilomètres autour du continent, et un lagon d’une superficie de 24 300 km², inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, le territoire calédonien est reconnu internationalement comme une réserve de biodiversité. Cette immense étendue sous-marine constitue un écosystème d'une richesse et d'une complexité fascinantes, faisant de la Nouvelle-Calédonie l'une des destinations de plongée les plus belles et les plus variées du Pacifique. Les plongeurs peuvent s'attendre à des eaux d'une clarté remarquable et à une vie marine foisonnante, incluant de grands poissons pélagiques, des dugongs, des requins, des raies manta et une vie macro fascinante. La diversité est un atout majeur de la destination, tant sur terre que sous l'eau : passes, failles récifales, massifs coralliens, grottes et cavités, tombants, épaves, à l’intérieur du lagon ou en dehors de la barrière, sans mentionner une faune et flore exceptionnelles, il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux.
Nouméa : Porte d'Entrée Vers l'Aventure Subaquatique
Point de départ privilégié pour tout séjour plongée en Nouvelle-Calédonie, la ville de Nouméa mérite bien quelques nuits sur place. Capitale aux 7 baies et 7 collines, elle offre un premier aperçu des richesses culturelles et naturelles. Pour se remettre du décalage horaire, les visiteurs peuvent choisir de passer la journée sur l'Île aux Canards ou sur l'Îlot Maître, en face des plages de l'Anse Vata. Une visite à l'Aquarium des Lagons permet également de découvrir les écosystèmes et les poissons de Nouvelle-Calédonie avant même de se jeter à l'eau. Pour une immersion culturelle, le centre culturel Tjibaou propose de s'imprégner de la culture kanak.
Autour de Nouméa, les sites de plongée les plus connus incluent les passes de Boulari et Dumbéa, ainsi que l’épave de la Dieppoise. Le site de Dumbéa, proche de l’Îlot Signal, est très escarpé avec des canyons et des failles, et réputé pour abriter un banc de requins gris. L'épave de la Dieppoise, intentionnellement coulée en 1988, repose par - 26 mètres et abrite mérous, carangues, perches et nudibranches, offrant un spectacle fascinant pour les plongeurs.
L'histoire de la plongée touristique à Nouméa est intimement liée à Raoul MONTHOUEL. En 1992, après avoir construit et mis à l'eau une vedette rapide de 9 mètres, en aluminium, homologuée pour 16 plongeurs, il crée le centre de plongée "NOUMEA DIVING", la première structure touristique basée à Nouméa. En 1995, le CLUB MED approche Raoul MONTHOUEL pour développer une activité originale de marche sous-marine en casque de scaphandrier, baptisée "OCEAN WALK". Par la suite, le Club Med lui confiera toutes ses activités de plongée en bouteille pendant six ans, pratiquement jusqu'à la fermeture du village de Nouméa. Raoul MONTHOUEL est également un pionnier du numérique, créant en 1996 le premier site Internet de Nouvelle-Calédonie entièrement dédié aux activités de plongée, un site qui deviendra une référence, traduit en quatre langues et référencé sur tous les moteurs de recherches. Ce site Internet, riche en images et en informations, a mis en lumière la réalité des moyens exceptionnels mis en œuvre par NOUMEA DIVING face à une concurrence parfois sous-équipée, déplaçant le marché traditionnellement détenu par les agences de voyage. En 1997, il imagine et construit une plate-forme servant de base de plongée à l'Île aux Canards, dotée d'un ascenseur pour les mises à l'eau, créant un véritable aquarium naturel. Cette réalisation inspirera des prestataires étrangers qui la reproduiront près de la grande barrière en Australie, ainsi que dans les lagons de Moorea et de Bora Bora. En 1999, Raoul MONTHOUEL achète et reconstruit un navire de 20 mètres, 54 tonneaux, qu'il baptise "IMPERATOR", démontrant qu'une (très) grosse unité de plongée pouvait être exploitée en Nouvelle-Calédonie. En mars 2003, l'exploitation commence et Raoul MONTHOUEL propose les premières sorties journée de trois ou quatre plongées successives, permettant la découverte de sites de plongée jusqu'alors inaccessibles en raison de leur éloignement. Ce choix était motivé par une animosité concurrentielle croissante sur les sites de plongée aux abords de Nouméa et de ses passes. En 2003, Raoul MONTHOUEL crée le Syndicat des Plongeurs Professionnels de NC (SPPNC), dont il devient le président. Il est à noter qu'en octobre 2013, Raoul MONTHOUEL fut relaxé des accusations qui lui avaient valu d'endosser les responsabilités d'une monitrice japonaise à l'origine d'un accident de plongée survenu en 2008.
Lire aussi: Conseils de navigation en Nouvelle-Calédonie
Les Trésors Subaquatiques de Grande Terre : De la Côte Ouest à la Côte Est
Après cette première mise en palmes autour de Nouméa, l'aventure se poursuit sur Grande Terre, le « Caillou », offrant des expériences de plongée variées. Un circuit typique mène les plongeurs vers Bourail, Hienghène et Poindimié, ainsi que Koumac.
La route vers Bourail, située à environ deux heures au Nord de Nouméa, sur la côte Ouest de Grande Terre, dévoile le « far-west calédonien », avec ses plaines et ses savanes où l'élevage de bétail et de chevaux est l'activité principale. À Bourail, les sites de plongée, dont la plupart se trouvent à vingt minutes de bateau, les plus éloignés étant à quarante-cinq minutes, sont tous abrités des alizés. Les fonds marins y surprennent par leur diversité : failles, grottes, canyons, tombants, et tunnels sont tapissés de coraux et abritent une multitude d'habitants tels que poissons-papillons, poissons-perroquets et poissons-clowns. Dans les passes, la concentration de poissons est plus élevée, et leur taille plus imposante, permettant d'observer des barracudas, diverses espèces de requins (pointes blanches, gris et léopards), des tortues, de gros bancs de vivaneaux, et des raies pastenagues, fréquemment accompagnées de raies-léopards. À vingt minutes de bateau de Bourail, le site de Dosdane, à l'extérieur du lagon, est bien abrité de l'alizé par la barrière de corail. Cette fausse passe offre une zone très poissonneuse dans une eau peu profonde et turquoise. Selon la période, ce site est fréquenté par des requins pointes blanches, requins-léopards, raies pastenagues, raies-léopards, bancs de carangues, napoléons, tortues et dugongs. Les extérieurs de la passe sont très tortueux avec des canyons et des grottes éclairées, entièrement couvertes de corail.
Poursuivant vers le Nord et la côte Est, en empruntant la route transversale entre Koné et Tiwaka, on atteint Hienghène et Poindimié. La ville de Hienghène est une destination où tant le niveau terrestre que sous-marin émerveillent, laissant des souvenirs fabuleux. Avec ses formations de calcaire noir spectaculaires, elle offre une grande diversité de plongée, avec une visibilité dépassant trente mètres dans de bonnes conditions. Les grottes, les tunnels et les traversées de nage regorgent de coraux durs et mous de toutes les couleurs. Les plongées de Hienghène sont réputées pour être sauvages et très riches en flore et en faune : gorgones et alcyonaires aux couleurs vives tapissent plusieurs secs et tombants, servant de terrain de jeux aux thons, thazards, barracudas, requins (albimarginatus, nourrices, léopards, gris), raies et autres poissons pélagiques. Une quinzaine de sites sont répertoriés dans cette région.
Un arrêt à Poindimié, située à environ une heure et quinze minutes de route au Sud de Hienghène, et à quatre heures de Nouméa, s’impose pour plonger sur le récif du même nom. Poindimié, très peu peuplée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, a connu un développement axé sur les activités minières et agricoles, avant de s'orienter vers la pêche industrielle et le tourisme.
Au nord de la Grande Terre, Koumac réserve de jolies surprises sous-marines. Les plongeurs devront s’équiper d’une lampe torche pour explorer les failles de Deverd, un véritable dédale de grottes et de cavités. Plus au Nord, dans la baie de Santal, plusieurs formations de corail sont reliées entre elles par des arches couvertes de gorgones géantes, offrant un spectacle féérique.
Lire aussi: Choisir sa piscine hors sol : conseils d'experts
Les Joyaux Insulaires : Lifou et l'Île des Pins
L'exploration sous-marine calédonienne ne serait pas complète sans les îles Loyauté et l'Île des Pins.
Lifou, ou Drehu en langue locale, est la plus connue et la plus étendue des îles Loyauté, située à quarante minutes de vol de Nouméa. C’est un paradis de la plongée, réputée pour ses plongées colorées et sauvages, regorgeant de trésors sous-marins. Ses eaux cristallines révèlent des tunnels et des arches, des grottes, et d’immenses gorgones colorées. Au milieu de ces formations, il est possible d'apercevoir une faune et une flore marines typiques de Nouvelle-Calédonie : requins gris, requins pointes blanches, thons, langoustes, bonites, ainsi que des coraux durs et mous. L’île est caractérisée par ses côtes entaillées de longues baies, offrant des paysages à couper le souffle aussi bien au-dessus qu'en dessous de la surface.
L'Île des Pins, située à vingt-cinq minutes de vol de Nouméa, est un autre joyau insulaire où la diversité des sites de plongée éblouira les visiteurs. Outre la Vallée des gorgones, on peut y découvrir une faune variée, avec des rencontres probables avec des requins-léopards, des hippocampes-pygmées, des poissons-sangliers, des tortues, ou encore les fameux tricots rayés, ces serpents marins et terrestres endémiques de Nouvelle-Calédonie. Les fans de plongée spéléo apprécieront le spot incroyable de Dosdane, un site spectaculaire et renommé où les plongeurs évoluent entre les failles et les tunnels avant de déboucher sur un tombant tapis de gorgones aux couleurs vives. La formation rocheuse de Dosdane prend racine à trente-huit mètres de fond et s’élève à deux mètres sous la surface de l’eau, découlant d'une résurgence d'eau douce.
Un Écosystème Sous-Marin d'Exception
La faune et la flore abondent en Nouvelle-Calédonie. Le territoire calédonien permet d'admirer les plus beaux spécimens parmi plus de 1 500 espèces de poissons, 350 espèces de coraux et au moins 20 000 espèces d’invertébrés, dont les coquillages forment de splendides collections. La richesse de cet écosystème est telle qu'elle justifie pleinement son statut de Patrimoine mondial de l'UNESCO.
On distingue la multitude de poissons qui vivent dans le lagon des poissons pélagiques qui se rapprochent des passes et des tombants pour se nourrir, et s’aventurent parfois à l’intérieur du lagon. Parmi les espèces emblématiques, on trouve des bénitiers, poissons-papillons, napoléons, lutjans, becs-de-cane, balistes, poissons-chirurgiens, poissons-perroquets, thazards, et bien sûr, des tortues. Les rencontres avec des raies-aigles, raies-mantas, requins pointes blanches, requins pointes noires, requins gris de récif, et requins-léopards sont fréquentes et mémorables. Sans oublier les majestueux dugongs, les dauphins, et les baleines à bosse qui croisent dans les eaux calédoniennes pendant l'hiver austral. En fonction des marées, une concentration de faune va et vient, et il est même possible de voir des requins et pélagiques comme des loches, des napoléons, des thazards, des barracudas, des raies mantas, des raies aigles, des requins gris, des requins pointes blanches et même des requins marteau.
Lire aussi: Où faire du canoë kayak en Nouvelle-Aquitaine ? Notre guide complet