La gestion d'un parcours de régate de voiliers radiocommandés (RC) représente un défi logistique majeur pour les clubs. Historiquement, la mise en place, le repositionnement et la maintenance des bouées sous des conditions météorologiques difficiles - vent soutenu, houle ou pluie - constituaient une tâche épuisante, nécessitant l'utilisation d'ancres lourdes et de chaînes fastidieuses. Aujourd'hui, l'évolution technologique et les astuces de terrain permettent de transformer radicalement cette expérience.
L'avènement des bouées robotisées et pilotées par GPS
Une avancée majeure dans le domaine est l'apparition de bouées de régates pilotées par GPS. Développé par Alain et Philippe du club de Choisy (CNCR), ce système permet au mouilleur de piloter les bouées directement depuis un téléphone. Une fonction logicielle lie les bouées entre elles, permettant de déplacer la bouée au vent et de reconfigurer tout le parcours automatiquement si le vent tourne. L'idée est de s'inspirer des drones et d'adapter leur système à la configuration d'une telle bouée.
La conception de ces dispositifs robotisés est pensée pour la robustesse. La bouée est constituée d'un disque de polystyrène de 25 cm d'épaisseur et de 50 cm de diamètre. Un boîtier d’électricien étanche permet de loger l’électronique dans un compartiment protégé, tandis qu'un saladier en plastique coloré chapeaute la bouée pour la rendre visible de loin. Pour la partie supérieure, une couronne gonflable prédomine pour un effet visuel permettant de repérer une bouée au vent distante de 1,2 mille nautique du départ. La bouée, motorisée en électrique, possède pour base des boudins gonflables comme une structure de catamaran.
À l'intérieur, en son centre et près du moteur, est fixée une boîte étanche de type "pellicase" qui embarque un téléphone équipé d'une puce GSM ainsi qu'une grosse batterie capable de générer assez d'énergie pour faire fonctionner le moteur par 30 nœuds de vent durant toute une journée et par très forte houle. Une fois les bouées mises à l'eau, elles sont tractées jusqu'à la zone de course ou bien directement pilotées vers la zone par un support (tablette, un téléphone ou un ordinateur ayant une connexion internet). La vitesse de déplacement est d'environ 4 à 5 nœuds suivant l'état de la mer.
Le fonctionnement est simple : à l'étape 1, on met en marche la bouée en la branchant à sa batterie. À l'étape 2, on arme la bouée, ce qui ne peut se faire que sous deux conditions : le GPS a un fix et les joysticks sont tous les deux au milieu. Au chapitre coûts, environ 200 euros sont nécessaires pour le prototype, incluant l’électronique, les moteurs avec les ESC, le boîtier étanche et les petites fournitures. Ce système met fin au mal de dos lorsqu'il faut remonter et changer plusieurs fois le parcours de 5 à 6 bouées par forte houle et sous une pluie battante, supprimant l'usage d'ancres de 4 kg, de chaînes en acier de 5 mètres et de bouts de 50 à 150 mètres.
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Méthodes artisanales de fabrication de bouées
Pour les clubs ne disposant pas de systèmes robotisés, de nombreuses solutions artisanales ont été éprouvées. Pour le flotteur, le choix dépend de ce que chacun a sous la main : bouées de plongée, frites de piscine coupées ou simples bouteilles de soda. Un diamètre de 30 cm est souvent considéré comme un minimum, à vérifier en fonction du plan d'eau. Il est conseillé d'ajouter des rayures verticales contrastées pour visualiser une rotation lors de contacts.
Une méthode efficace pour maintenir une bouée en place malgré les variations du niveau d'eau consiste à utiliser une poulie sous le flotteur. Dans celle-ci passe une drisse reliée à une extrémité au poids posé au fond, et à l'autre à un contrepoids plus léger. En réglant la longueur de drisse à 1,3 fois la hauteur d'eau, la bouée reste en place quelles que soient les fluctuations. Pour le lest, des disques de freins récupérés en centre auto sont une astuce économique, tout comme les lests "made in Corto" réalisés avec du mortier, un piton fermé et une chute de PVC de 80 mm de diamètre.
Il est impératif d'éviter l'usage de chaînes lourdes près du flotteur, car les dérives des voiliers RC ne les apprécient pas, notamment lors des virements serrés à la bouée. Si les dérives se prennent dans les chaînes, c'est que le barreur est trop près de la bouée. La solution recommandée est d'utiliser des chaînes uniquement au fond pour le poids, avec un contrepoids sous forme d'anneau coulissant sur le bout de base.
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