Le surf dépasse largement le cadre du simple sport extrême ; il s'agit d'une discipline ancrée dans une histoire culturelle profonde, née dans les eaux sacrées d'Hawaï. Cet article vous propose de plonger dans l'univers des légendes qui ont façonné cette pratique, des pionniers aux champions du monde actuels, tout en explorant l'évolution des structures compétitives et l'héritage d'un lifestyle devenu mondial.
Aux origines : De la royauté hawaïenne au surf moderne
Le surf a été découvert pour la première fois par les anciens habitants de l'île d'Hawaï, qui vivaient il y a des siècles. Les Hawaïens utilisaient des planches en bois massif appelées "Alaia" pour surfer sur les vagues. Ces planches étaient généralement faites à partir de bois de koa ou de wiliwili et mesuraient environ 2 à 4 mètres de long. À l'époque, le surf était considéré comme une activité royale et était réservé aux membres de la noblesse hawaïenne. Les surfeurs étaient considérés comme des experts et étaient respectés pour leur habileté à naviguer sur les vagues.
C'est au début du XXe siècle que le surf moderne a commencé à prendre forme quand les Hawaïens ont commencé à partager leur passion pour le surf avec les touristes et le reste du monde. Duke Paoa Kahinu Mokoe Hulikohola Kahanamoku est considéré comme une personnalité importante du surf car c’est lui qui a fait découvrir sa pratique sur la westcoast américaine et en Australie. Dans les années 1950, le surf est devenu un phénomène culturel important aux États-Unis. Les surfeurs ont commencé à explorer des spots de surf en dehors d'Hawaii, notamment en Californie, en Australie et en Afrique du Sud. Les Californiens ont rapidement adopté le surf comme un mode de vie et ont commencé à construire leur propre culture autour de ce sport.
En raison de cette popularité croissante, les fabricants de planches ont commencé à expérimenter de nouveaux matériaux pour améliorer les performances des planches. Dans les années 1950, la mousse de polystyrène est devenue un matériau populaire pour la fabrication de planches de surf. Les planches en mousse étaient plus létères, plus solides et plus faciles à manier que les planches en bois massif. Dans les années 1960, le surf est devenu un symbole de la culture hippie et de la contre-culture américaine. La première organisation de surf, nommée la "International Surfing Association", est créée en 1964. Aujourd'hui, le surf est devenu un sport international et une industrie commerciale importante, avec des milliers de personnes pratiquant le sport chaque jour et des marques de surf bien établies telles que Quiksilver, Rip Curl et Billabong.
L'émergence du professionnalisme : De l'IPS à la WSL
La World Surf League ou WSL (en français : Ligue mondiale de surf) est une entreprise américaine chargée de l'organisation de toutes les compétitions professionnelles de surf dans le monde. Le championnat a lieu généralement entre les mois de février et de décembre. Le classement est réalisé grâce à un système de points acquis par les surfeurs à chaque épreuve. Les deux moins bonnes manches de la saison de chaque athlète sont retirées du décompte final de points. Le champion du monde n'est pas nécessairement désigné en fin de saison : en 2008 par exemple Kelly Slater a engrangé assez de points pour être couronné dès l'étape de Mundaka au Pays basque espagnol, de même pour John John Florence en 2016 qui a été couronné champion du monde après avoir gagné l'étape de Meo Rip Curl pro Portugal.
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Au milieu des années 70, à l’automne 1976 exactement, les Hawaïens Fred Hemmings et Randy Rarick eurent l’idée de créer les prémices d’un circuit professionnel mondial en regroupant des épreuves déjà existantes et en instaurant un véritable classement, avec des points à la clé. Ainsi était né l’IPS, l’International Professional Surfers. Mais après cinq années d’existence, de nombreuses critiques venues entre autres des Australiens se firent entendre car l’IPS stagnait et notamment concernant les prize money. En 1982, Ian Cairns décida de faire un « coup d’état » en formant une institution alternative, l’ASP, l’Association of Surfing Professional.
L’ASP lancée par Cairns fit main basse sur toutes les épreuves de l’IPS qui l’intéressait et s’imposa immédiatement comme le nouveau référent en terme de surf professionnel. Mais Hemmings et Rarick n’ont pas lâché le morceau et, pour sauver les trois épreuves hawaïennes - le Pipeline Masters, le Duke Kahanamoku Classic et la World Cup -, ils décidèrent de les rassembler au sein d’un grand chelem prestigieux. La Triple Crown était née. Fonctionnant comme un mini-championnat, le Triple Crown dispose d’un « roi », couronné à l’issue des trois compétitions. En 2023, la World Surf League annonce une nouvelle politique pour les athlètes transgenres : les surfeurs nés hommes, sous certaines conditions, pourront participer à des compétitions féminines.
Les icônes hawaïennes et le North Shore
Le North Shore d'Oahu est le cœur battant du surf mondial. Ryon Makuahanai Aikau, surfeur Hawaïen populaire, a remporté le Duke Kahanomoku Invitational Surfing Championshop en 1977 à Sunset beach. Il disparait en mer le 17 Mars 1978 à 31 ans. Un autre surfeur hawaïen de grosse vagues, Mark Foo, n’a jamais participé à des compétitions officielle mais s’est incarné comme étant un waterman de renom avec ses performance médiatique en surfant Teahupoo en Aout 2000.
Le « Petit Prince de Tahiti » originaire de l’archipel était un free-surfeur spécialise du big wave riding. Il remporte d’ailleurs le prix Billabong XXL Heaviest Tube en 2003 et le Monster Tube Award l’année suivante. Il nous quitte en 2005 emporté par une vague sur le spot de Banzai Pipeline sur le North Shore de Oahu. John John Florence, né à Hawaï en face du spot de « Banzai Pipeline », d’une mère elle-même surfeuse (Alexandra Florence), était prédestiné à passer sa vie sur une planche. L’Américain surfe ses premières vagues à l’âge de 3 ans, est sponsorisé par une marque à 6 et remporte sa première compétition à 7. En 2011, John John Florence intègre à 18 ans la plus prestigieuse des compétitions, le Championship Tour de la World Surf League. Il est sacré champion du monde en 2016, puis à nouveau en 2024 après avoir surmonté de nombreuses blessures aux ligaments croisés.
Andy Irons était l’un des meilleurs surfeurs du monde. Triple champion du monde de surf de 2002 à 2004, il était du pro-team Billabong et un sérieux rival face à Kelly Slater. Il a rejoint le paradis des surfeurs en 2010. Les frères Ho, Michael et Derek, sont également des figures incontournables de la Triple Crown, alignant 6 couronnes à eux deux entre 1983 et 1990.
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La scène australienne : Dominance et technique
L’Australien Mick Fanning, trois fois champion du monde en 2007, 2009 et 2013, reste une référence absolue, sponsorisé par Rip Curl et Red Bull. Taj est un surfeur Australien reconnu pour avoir été le plus jeune surfeur à remporter le championnat WQS en 1996 à seulement 18 ans. L’australienne Sally Fitzgibbons est une légende dans le monde du surf. Elle a remporté plusieurs titres de championne du monde et elle aussi sponsorisée par Roxy et FCS.
Layne Beachley a marqué l'histoire en remportant sept titres de championne du monde, ce qui fait d'elle la femme la plus titrée dans l'histoire du championnat du monde de surf. Une autre australienne, Stephanie Gilmore, est entrée dans la légende en étant élue Rookie of the Year en 2007. Elle gardera son titre de championne du monde de surf jusqu’en 2010 soit 3 années d’affilée et en 2012 également.
L'hégémonie américaine et l'innovation technique
Comment ne pas faire un article de surf sans mentionner the King ? Kelly Slater est incontestablement le meilleur surfeur du monde. 11 fois champion du monde de surf, il a une maitrise totale de ce sport et d’ailleurs il peut surfer autant goofy que regular. Surfeur pro américain, Andy Irons a été un rival de taille pour Slater. Pat Curren, pionnier du surf hawaïen, a transmis sa passion à son fils Tom Curren.
Rob Machado est un surfeur américain connu pour son style libre (freesurf) et son implication dans la réalisation d’équipements de surf comme les modèle de fins FCS Rob Machado collection ou le modèle Seaside de la marque Firewire. Jack O'Neill est l'inventeur américain qui a popularisé les combinaisons en néoprène pour les surfeurs, tandis que son fils Pat O'Neill développe également le premier leash de surf.
Le surfeur américain Mark Foo, connu dans les années 1970 pour ses talents de surfeur et de shapeur, Mr Pipeline, a construit sa réputation sur ce spot mythique mais a aussi beaucoup voyagé, notamment en découvrant G-land en Indonésie. Carissa Moore, surfeuse américaine, remporte le titre de championne du monde WSL en 2015 et devient la première femme de l’histoire à décrocher une médaille d’or en surf aux JO de Tokyo en 2020. Malik Joyeux, surfeur américain, a fait sa réputation grâce à la vague de Mavericks en Californie avant de rejoindre le paradis des surfeurs en 2001.
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Le rayonnement français : Des légendes nationales
La surfeuse française Johanne Defay fait déjà partie des légendes du surf. Sa participation aux Jeux Olympiques de surf à Tokyo la fait entrer dans la légende. Originaire de l’ile de la Réunion, cette surfeuse professionnelle a été la surfeuse française et européenne n°1 en 2014 et se classe 8ème du WCT.
Spartan, de son vrai nom, est un surfeur professionnel français ayant participé à de nombreuses compétitions de surf, avec pour meilleur titre Pipe Master en 2016 à Banzai Pipeline. Il a plusieurs fois été sur le podium et fait briller la France dans le monde du surf. Justine Dupont est une surfeuse française plusieurs fois championne du monde des WSL XXL Awards. Elle est l’une des surfeuses les plus polyvalentes et elle a été à la tête de la commission des athlètes de l’ISA pour les JO de 2020.
Jezza, le Français originaire de la Réunion, est connu comme étant le plus jeune surfeur de l’histoire à se qualifier pour le WCT. Vahine Fierro représente l’espoir féminin de la jeunesse française dans le monde du surf. Elle est déjà une surfeuse talentueuse avec de nombreux titres de championne du monde. Elle a même battu Johanne Defay et Carissa Moore lors d’une compétition (Tahiti Pro). Benjamin Sanchis, surfeur français, est une star du big wave riding pour ses nombreuses récompenses au XXL Big Wave Awards de Billabong. Il a plusieurs fois chevauché Belharra mais aussi Nazaré. Enfin, rappelons que le longboard est une discipline emblématique du monde du surf et de la culture hawaïenne prônant la glisse, très pratiqué par les surfeurs français spécialisés.
La montée en puissance du surf brésilien
Le Brésil a bousculé la hiérarchie mondiale ces dernières années. Italo Ferreira, de nationalité brésilienne, devient champion du monde WSL en 2019 et devient le premier champion olympique de surf en 2021 à l’occasion des Jeux Olympiques d’été de 2020. Gabriel Medina est un surfeur pro brésilien sacré champion du monde de surf en 2014, 2018 et 2021. En 2015, Time Magazine lui donne une place parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde. Filipe Toledo, jeune surfeur brésilien exceptionnel, a également marqué le classement WSL ces dernières années, confirmant l'incroyable vivier de talents sud-américains.
Waterman, gros surf et innovateurs
Kai Lenny est un nom incontournable dans le milieu de la glisse et particulièrement dans le surf où il ne cesse de surprendre par sa technique. Depuis l’arrivée du surf-foil, c’est quasiment exclusivement dans cette discipline qu’on peut l'apercevoir. GMAC, le surfeur de grosses vagues, est le premier à avoir dompté Nazaré au Portugal. Il détient aussi le record de la plus grosse vague jamais surfée. Il a reçu énormément de récompenses dans les Billabong XXL Awards. Ces watermen ne se contentent pas de surfer, ils repoussent les limites de ce qui est possible, en utilisant le foil ou en affrontant des montagnes d'eau dépassant les 20 mètres.