Nouria Newman : La Pionnière du Kayak Extrême en Himalaya et au-delà

Nouria Newman incarne l'esprit indomptable de l'exploration et le dépassement de soi dans le monde exigeant du kayak extrême. Originaire de Savoie, la jeune femme a débuté la discipline dès l'âge de 5 ans, se souvenant s'être entraînée grâce à ses Playmobil. Âgée de 33 ans, puis 34 ans lors de ses projets les plus récents, Nouria Newman est déjà une légende dans le monde du kayak extrême, une discipline qui ne compte qu'à peine une centaine de pratiquants dans le monde, dont seulement une poignée de femmes. Elle a su apprivoiser les rapides les plus engagés et les cascades les plus vertigineuses du globe, repoussant constamment les limites de son sport et définissant de nouvelles normes pour ce qui est possible sur l'eau vive.

Une Trajectoire Époustouflante : Des Titres Mondiaux aux Expéditions Pionnières

La carrière de Nouria Newman est jalonnée de succès retentissants, tant sur la scène compétitive que dans l'univers de l'exploration. Elle a notamment décroché trois titres de championne du monde en kayak extrême, en 2013, 2014 et 2017, attestant de sa maîtrise technique et de sa force mentale en compétition. Plus récemment, elle a été sacrée championne du monde de kayak enduro en Colombie, une discipline nouvelle mêlant endurance, stratégie et engagement technique sur plusieurs heures de descente. « Ce n’est plus une course de quelques minutes, mais un vrai marathon », explique-t-elle, soulignant l'intensité de cette épreuve où tous les athlètes partent en même temps et où le placement au départ est crucial car « une fois dans les rapides, doubler devient très difficile ». Nouria avoue avoir failli exploser dès les premiers instants, mais son expérience a pris le dessus.

Après avoir brillé dans les compétitions officielles, Nouria Newman a fait un choix audacieux en décidant de quitter le circuit compétitif pour se consacrer entièrement au kayak d'expédition, qu’elle pratiquait déjà en parallèle. C'est là que sa véritable aventure a commencé, la menant vers des expéditions pionnières sur des rivières hostiles. En 2014, elle est devenue la première femme à descendre le Grand Canyon de la Stikine, considéré comme l'un des plus difficiles et dangereux au monde. Elle a également parcouru 375 km en solitaire sur les rivières Tsarap et Zanskar au Ladakh, survivant à des situations périlleuses. En 2019, Nouria a rejoint une expédition en Patagonie avec d'autres kayakistes renommés, réalisant plusieurs premières descentes mondiales. Parmi ses exploits notables, elle a également descendu cinq fois d'affilée le passage pentu et technique du "Devil's slide" sur la Sorba en Italie.

Le 4 février 2020, Nouria Newman a franchi le Saut du Doubs, devenant la première femme à le faire, quelques mois après qu'une équipe de kayakistes français l'ait descendu pour la première fois. Mais son exploit le plus remarquable a eu lieu le 19 février 2021, lorsqu'elle est devenue la première femme à descendre une chute de 100 pieds (soit 30,5 mètres) en kayak sur la Pucuno Waterfall en Équateur, repoussant une fois de plus les limites de son sport et s'inscrivant dans l'histoire comme la première femme à franchir une chute de cette hauteur. Cinq fois championne du monde de kayak extrême et quatre fois sacrée Female Paddler of the Year, Nouria Newman ne cesse de repousser les limites de son sport, démontrant une résilience et un courage extraordinaires.

L'Himalaya et le Projet Ladakh : Une Plongée au Cœur de l'Action

De ses voyages à l’autre bout du monde, la kayakiste Nouria Newman ramène des images à couper le souffle. C’est encore le cas de « The Ladakh Project », sa dernière vidéo réalisée dans le Nord de l’Inde sur le Zanskar et l’Indus, deux rivières convoitées par les kayakistes les plus aguerris. « The Ladakh Project » est le récit en vidéo d’une semaine de kayak intense dans les rapides himalayens. Avec sa caméra embarquée, Nouria Newman nous plonge dans l’action à travers les paysages inouïs qu’elle traverse. Seule face à la nature, l’experte française du kayak extrême a dompté les éléments et ses émotions dans cette aventure mémorable.

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Ces sept jours d’expédition sont restés gravés dans la mémoire de Nouria, d’une part parce que ce fut son premier trip en solo, et aussi parce que les conditions furent particulièrement rudes. L'altitude était inhabituelle, avec un départ à plus de 4100m et une arrivée à 2700m, où la raréfaction de l'oxygène rend tout effort beaucoup plus compliqué. L'eau était glaciale, les rapides étant formés par la fonte des glaciers, avec une température moyenne de l'eau de 5°. De plus, son kayak était surchargé, lesté de matériels et de provisions, son embarcation pesait plus de 30 kg. Sur terre comme sur l’eau, le maniement de son kayak a représenté un véritable défi.

Au deuxième jour d’expédition, Nouria s’est fait très peur : « C’est le pire scénario de mon sport, surtout quand on est seule ». Coincée dans un siphon, elle a dû se séparer de son kayak dans les rapides, un risque conséquent quand on est isolée. C’est dans ces situations que la maîtrise et le sang-froid d’un athlète de haut niveau changent la donne. Nouria s’est sortie de ce faux-pas critique avec quelques mauvais souvenirs et une bonne dose d’enseignements pour la suite de ses aventures. Cet incident rappelle la descente du « Grand Canyon d’Asie », dans l’Himalaya indien, en 2018, où elle avait failli perdre la vie après être restée coincée dans un siphon. Avec le recul, elle analyse l’accident avec lucidité : « J’étais jeune et un peu à la ramasse. J’ai fait trop d’erreurs en amont : je n’avais pas assez étudié les topos, je n’avais pas fait de repérage… Je manquais vraiment d’expérience. Mais ça a été un bon apprentissage. » Aujourd’hui, face à un projet aussi engagé, le regard a changé. « Quand tu sais que c’est compliqué, tu es beaucoup plus concentré. Tu sais que tu n’es pas invincible et que rien n’est garanti. Il y a beaucoup de doute, beaucoup de peur. Je pense que justement, en 2018, je n'en avais pas assez. Et là, peut-être que j'en ai un peu trop. Mais je pense que c'est une bonne chose. »

Gérer la Peur : Une Alliée Essentielle pour la Progression

Dans une discipline aussi engagée que le kayak extrême, la peur n’est pas un ennemi, mais une alliée. « Il faut avoir peur pour rester vigilant. C’est un signal essentiel », confie Nouria. Connaître ses limites, renoncer quand c’est nécessaire, anticiper les échappatoires : telles sont les clés d’une pratique sûre. Elle évoque aussi les fameuses sections « must run », ces passages obligatoires où l’on ne peut pas sortir de la rivière, souvent coincés entre deux parois. « Dans ces moments, il faut savoir dans quoi on s’engage. » Nouria rappelle qu'il faut commencer le kayak sur un lac calme, et que l’engagement vient progressivement, avec le respect de la rivière comme boussole. La Française, qui s'est spécialisée dans le kayak extrême, raconte dans ce nouveau numéro, son rapport à ses limites. Cette gestion du risque et cette compréhension profonde de la peur sont des piliers de sa philosophie sportive, lui permettant de progresser tout en assurant sa sécurité dans des environnements parmi les plus inhospitaliers du globe.

Le Processus de Préparation : La Face Cachée de l'Exploration

Pour Nouria, la préparation d’une expédition est une étape cruciale, souvent la face cachée mais la plus importante d’un projet. Elle commence par la recherche et la sélection du lieu, ainsi que l'analyse minutieuse du terrain. Sa préparation logistique est méticuleuse. Arriver sur le lieu de l'expédition une semaine avant le départ est la norme pour Nouria. Cette période lui permet de s'acclimater à l'environnement et de se préparer mentalement à l'aventure qui l'attend, mais aussi et surtout de connecter avec les kayakistes locaux qui connaissent le mieux les lieux. La préparation mentale, la visualisation, la cohérence cardiaque et les techniques de respiration sont des parties intégrantes de sa routine.

La préparation physique, quant à elle, est plus classique : musculation, endurance… et surtout portage de kayak. « Une ou deux fois par semaine, je remonte des kilomètres avec mon kayak sur le dos, comme une tortue. Les gens me regardent en se demandant si je suis complètement débile », raconte-t-elle en rigolant. Mais la préparation mentale est tout aussi cruciale. « Si tu arrives devant un gros rapide au milieu de nulle part et que tu as été hyper conservateur pendant trois mois pour éviter de te blesser, ton niveau de confiance n’est pas optimal. C’est toujours dur de faire ces arbitrages. » Nouria s’entraîne sur les torrents alpins entre Val d’Isère et Tignes avant de s’attaquer aux plus grandes rivières du monde, consolidant ainsi sa condition physique et mentale.

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S'inspirer de l'alpinisme l’a aidée à penser autrement ses projets. « Le fait de m’intéresser à ce qui se fait en montagne me permet de réfléchir différemment, d’être peut-être plus créative dans le choix des expéditions. » Car « toutes les rivières évidentes sur une carte ont déjà été faites, raconte-t-elle. Dans les années 2000, l’âge d’or du kayak d’expédition, une génération de pagayeurs au niveau technique exceptionnel - comme Scott Lindgren, Alan Ellard ou Mikey Abbott - a parcouru certaines des rivières les plus emblématiques du monde. Ils ont placé la barre très haut. Aujourd’hui, ce qui reste à explorer, c'est souvent des rivières qui n'ont pas été faites. Soit parce qu'elles se situent dans des zones de conflit, soit parce qu'elles sont jugées trop techniques, trop dangereuses, ou simplement parce que l’accès et la logistique rendent toute tentative extrêmement complexe. Et moi, j’essaie d’aller vers ça. »

Au-delà des Compétitions : L'Ambassadrice de la Nature et du Cinéma

Au-delà des compétitions, Nouria partage son amour du kayak et de la nature à travers le cinéma. Son dernier film, Big Water Theory, réalisé par Emile Dominé, retrace une expédition engagée sur l’Indus, dans l’Himalaya. Une aventure humaine et sportive qu’elle présente actuellement dans les festivals d’aventure. « C’est le premier film d’Émile, on est contents qu’il tourne en salle et qu’il touche le public », dit-elle avec simplicité. Nouria espère désormais que le printemps, avec ses fontes de neige et ses pluies, offrira de belles conditions pour de nouvelles descentes. Elle est bien plus qu'une kayakiste d'élite ; elle est une véritable aventurière, explorant certaines des régions les plus reculées et spectaculaires du monde. Figure majeure du kayak extrême, elle revient sur cette nouvelle discipline, sa gestion du risque et son film tourné sur le fleuve Indus en Himalaya, offrant une perspective unique sur le kayak d'expédition et son impact personnel et environnemental.

L'Odyssée du Sikkim : Une Exploration en Terre Inconnue

L’année dernière encore, Nouria Newman enchaînait les pays : Portugal, Madagascar, Chine, Mexique, Norvège, Colombie… La kayakiste, considérée comme la meilleure du monde, a connu une saison particulièrement dense, parcourant certaines des rivières les plus exigeantes de la planète, alternant compétitions, passages techniques et expéditions engagées. Le tout pour se préparer à son nouvel objectif : tenter l’exploration d’une rivière encore largement inconnue dans le Sikkim, une région de l’Himalaya. Le 20 mars, la franco-britannique, à 34 ans, s’envolera pour le Sikkim, dans le nord-est de l’Inde, avec son kayak, un topo suisse… et devant elle, beaucoup d’inconnues. Après deux ans et demi de préparation assidue, son rêve est enfin à portée de main.

L’idée est née presque par hasard, raconte-t-elle. « Je regardais beaucoup les rivières dans les grandes chaînes de montagne. Parce que là où il y a de grosses montagnes, en général, il y a aussi de grosses rivières. » Avec l’alpiniste française Tiphaine Duperier, qui fera partie de l’expédition, les deux femmes ont commencé alors à éplucher cartes et images satellites à la recherche de lignes potentielles. C’est au cours de ces recherches qu'un article publié dans le Himalayan Journal a retenu leur attention. Son auteur, Anindya, y raconte une tentative d’exploration à pied des vallées le long des affluents du Grand Canyon du Sikkim. « Tiphaine est tombée sur cet article… et il y avait une photo de rivière juste incroyable. » Intriguée, la kayakiste n’a pas tardé à prendre contact avec lui.

Au-delà de la rivière, c’est surtout l’approche de l’explorateur qui l’a séduite. « À une époque où beaucoup d’expéditions se focalisent uniquement sur l’altitude et sur l’idée d’atteindre un sommet coûte que coûte, lui choisissait ses objectifs avant tout pour sa connaissance personnelle de la montagne. Il essayait de faire des boucles, de franchir des cols, de gravir des sommets sans nom, avec une démarche presque géographique de la découverte, encore très présente chez les explorateurs indiens. » Les échanges ont alors commencé il y a plus de deux ans, et l’idée d’une descente en kayak de la rivière a pris peu à peu forme. « Je lui ai demandé où ils avaient dû s’arrêter et s’il pensait que la rivière pouvait être navigable. Quand quelqu’un que tu ne connais pas te dit “oui, je pense que ça peut passer”, en kayak… on ne sait jamais trop. »

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Le problème principal est simple : personne ne sait vraiment ce qui se trouve dans cette vallée. Le seul document disponible est une ancienne carte topographique suisse. Quant aux images satellites, elles s’avèrent presque inutilisables : « Tout est flou. Les montagnes font n’importe quoi, la rivière monte, elle descend… c’est trop profond, il y a trop d’arbres, trop d’ombres. Sur la carte, c’est un trou. On ne sait vraiment pas dans quoi on s'engage. » Quelques récits évoquent de possibles passages dans la vallée dans les années 1930, peut-être par des explorateurs tentant de contourner le Kangchenjunga, troisième plus haut sommet du monde, à la frontière entre l’Inde et le Népal. Mais rien de précis. La montagne la plus proche de la rivière, le Siniolchu, est sacrée et interdite d’ascension.

Les Défis Logistiques et Physiques d'une Exploration Inédite

Avant même de toucher l’eau, l’expédition devra franchir un premier obstacle de taille : atteindre la rivière. Le plan prévoit d’abord une première phase d’approche de sept jours de trek. L’équipe rejoindra un glacier, accompagnée de porteurs qui transporteront une partie du matériel et permettront aussi une acclimatation progressive à l’altitude. Viendra ensuite une section plus engagée : environ cinq jours d’alpinisme pour franchir un col situé à 5 000 mètres, avant de redescendre vers le glacier et de remonter la moraine. Au total, douze jours seront nécessaires pour atteindre la source de la rivière - le tout en transportant les kayaks. Les bateaux pèsent environ 21 kilos à vide, mais leur poids pourra atteindre près de 35 kilos une fois chargés pour l’expédition (tentes, cordes, équipement d’alpinisme, matériel de sécurité et nourriture pour douze jours d’autonomie). Un vrai défi, sachant que Nouria ne mesure que 1,63m. « Un kayak, c’est super chiant à porter, vu leur taille… ça tape le talon tout le temps, sourit Newman. J'ai bon espoir de pouvoir les tirer sur la neige par endroits, un peu comme une pulka. » Même si une équipe de Sherpas aidera à transporter une partie du matériel, la kayakiste préfère porter son propre bateau autant que possible. « Les porteurs, leur travail, c'est le matériel. Mais porter des kayaks… c’est autre chose. »

Une fois la rivière atteinte, l’expédition se divisera en deux groupes. La première - celle des kayakistes - sera composée de trois pagayeurs : Nouria Newman, le Néo-Zélandais Sandy McQuarrie, avec qui elle avait déjà mené une expédition en Équateur en 2021. Une aventure au cours de laquelle ils étaient restés bloqués vingt-huit jours dans la jungle, une expérience qui a scellé leur confiance mutuelle : « C’est quelqu’un avec qui tu sais que, quand les conditions sont pourries, il ne va pas dire que c’est relax », dit-elle. L’Américain Eric Parker, qui a beaucoup navigué avec McQuarrie, complétera le trio et participera aussi à la réalisation des images : un film Red Bull est prévu autour de l’expédition. La seconde équipe - composée d’Anindya, de Tiphaine Duperier et d’un cadreur - suivra un itinéraire différent à pied, à travers la jungle, avec l’objectif de rejoindre les kayakistes plus bas dans la vallée. Une fois les chemins séparés, chacun avancera de son côté. « Eux vont faire leur truc, nous le nôtre. On ne saura pas où ils sont. »

Une fois sur la rivière - si l’équipe parvient à l’atteindre - les difficultés resteront nombreuses. Les premières estimations suggèrent environ quinze kilomètres particulièrement complexes, avec des rapides de classe IV à V (sur une échelle de VI) dans un canyon très encaissé. Mais la véritable inconnue reste le débit. « J'ai zéro info sur cette zone, explique Nouria. J’ai fait tous les relevés hydrologiques possibles : les bassins versants, les niveaux d’eau enregistrés par les barrages situés en aval… Ma grande peur, c’était d’avoir trop d’eau. Dans un canyon, si les rochers sont recouverts, tu ne peux même plus t’arrêter. Mais à l’inverse, j'espère qu'il y aura assez d’eau pour pouvoir descendre en kayak. » La pente de la rivière l’inquiète aussi. À partir de 5 %, la navigation devient déjà compliquée. Là aussi, tout dépend du débit. « Avec beaucoup d’eau, même à 1 ou 2 %, tu peux déjà avoir des passages monstrueux. Je sais d’avance qu’il y aura des sections à 10% qui ne passeront pas. » Dans ces portions les plus engagées, les trois kayakistes devront systématiquement délaisser leurs bateaux pour inspecter les rapides. « Quand c’est très encaissé et complètement inconnu, on est obligés de sortir tous les trois, de regarder, de prendre les décisions ensemble, de trouver des contournements quand ça ne passe pas. Ça peut être extrêmement lent. » Sur une rivière relativement facile, Newman estime pouvoir progresser facilement à environ trois kilomètres par heure. Dans un environnement comme celui-ci, dans la jungle et qui s'avère très technique, la progression peut tomber à… un kilomètre par jour. D’où les douze jours prévus pour la descente. « Normalement, avec ce qu’on a prévu, on est censés s’en sortir. Mais le problème, c’est si tu as une grosse galère et que tu dois abandonner ton kayak pour avancer plus vite… »

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