Pour un profane, le monde du surf de compétition peut paraître assez déroutant. Comme dans la plupart des sports professionnels, il existe des ligues et des instances dirigeantes, des règles et règlements, des termes et expressions étrangers… et la liste est longue. Une fois la terminologie expliquée, tout semble se comprendre - et une bonne compréhension des compétitions de surf vous permettra d'apprécier ce sport d'autant plus. Afin de vous accompagner dans cet apprentissage, nous avons décidé de vous présenter les bases du surf de compétition. Le surf est une discipline qui pour bon nombre d'entre nous rime avec liberté et harmonie avec la nature. Mais le surf en compétition suit de nombreuses règles, obligeant les athlètes à se dépasser sur leur planche pour montrer aux juges leur meilleur surf, alliant style, puissance et qualité du choix de la vague, entre autres. Shortboard, longboard ou body board, la discipline change, mais l'esprit reste le même.
Les origines historiques : du sport des rois à la professionnalisation
Le surf en tant que pratique remonte à des centaines d'années et a des origines polynésiennes, particulièrement à Hawaï. Tous les indices historiques laissent à penser que le surf est né à Hawaï. Pour faire une brève définition, le surf serait une évolution de son vieux cousin tahitien, le « debout sur une planche polynésien », ancêtre du paddle. Au XVe siècle, le surf ne représentait pas qu’un simple divertissement dans l’archipel hawaïen. Cette pratique, profondément ancrée dans le tissu social, constituait un véritable « sport des rois ». Les cérémonies de surf, intimement liées aux rituels religieux, suivaient un protocole strict. Les kahuna (prêtres) bénissaient les planches et invoquaient les dieux pour obtenir des conditions favorables.
La planche de surf la plus ancienne connue à ce jour a été retrouvée en 1905 à Ko’Okena, sur Big Island, à Hawaï, dans le tombeau d’une « chefesse » du XIVe siècle nommée Kaneamuna. Cette planche, sculptée dans le bois d’un arbre à pain, est bien différente du matériel actuel, mais témoigne d'un niveau technique comparable aux premiers skis. Le surf fut un temps interdit au XIXe siècle à Hawaï par les colons américains, car il était généralement pratiqué nu, et alors considéré comme « dépravant ». Au début du XXe siècle, Duke Kahanamoku, natif d’Honolulu, devient l’ambassadeur inattendu qui métamorphose la perception mondiale du he’e nalu (surf en hawaïen). Dès 1907, Duke initie une véritable révolution culturelle en présentant des démonstrations spectaculaires, notamment en Californie et en Australie. Les années 1920 marquent un tournant décisif quand Duke organise les premières compétitions structurées sur les plages de Waikiki.
La première compétition de surf officielle a eu lieu à Corona del Mar, en Californie, en 1928. C'était un événement organisé par le Pacific Coast Surf Riding Championships. La compétition comprenait des épreuves de natation et de paddleboard, en plus du surf. En 1957, lors d'une escale à Biarritz, le scénariste américain Peter Viertel a introduit le surf en France, marquant le début d'une nouvelle érot pour le surf en Europe. Le surf est devenu un sport mondial avec la création de la World Surfing Championship en 1964. L'instance dirigeante originelle du surf professionnel était l'International Professional Surfers (IPS), fondée en 1976. C'est ainsi que le surf professionnel est né. Puis, l'Association of Surfing Professionals (ASP) a été fondée en 1983. C'est ainsi que naquit la philosophie actuelle du surf professionnel : « les meilleurs surfeurs du monde, les meilleures vagues du monde ».
La World Surf League et les circuits internationaux
La World Surf League (WSL) est une entreprise américaine chargée de l'organisation de toutes les compétitions professionnelles de surf dans le monde. La Ligue se divise en plusieurs tournées. Le Championnat du Monde Hommes et Femmes, aussi appelé Championship Tour (CT), qui réunit les meilleurs surfeurs du monde sur les meilleures vagues du monde, est le plus élitiste des circuits de surf professionnels et l'endroit où sont couronnés les champions du monde de surf hommes et femmes. Chaque année, les 34 meilleurs surfeurs et les 17 meilleures surfeuses du monde participent au Championnat du monde WSL. Les épreuves du Championship Tour se déroulent partout dans le monde, sur les meilleures vagues du monde, et le calendrier des épreuves peut potentiellement changer chaque année. Le championnat a lieu généralement entre les mois de février et de décembre.
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Il existe également des wildcards pour le Championship Tour. Ces wildcards sont des surfeurs soigneusement sélectionnés, soit des professionnels locaux de la vague, soit des surfeurs susceptibles d'exceller dans une région donnée, soit des surfeurs qui n'ont pas pu se qualifier pour le Championship Tour l'année précédente en raison d'une blessure. À la fin de chaque épreuve, les surfeurs reçoivent des points en fonction de leur classement. Plus ils sont performants, plus ils cumulent de points. Ces points sont additionnés pour créer le classement du Championship Tour. Le champion du monde n'est pas nécessairement désigné en fin de saison : en 2008 par exemple Kelly Slater a engrangé assez de points pour être couronné dès l'étape de Mundaka au Pays basque espagnol, de même pour John John Florence en 2016.
En dessous du CT, les World Qualifying Series (QS) regroupent les surfeurs souhaitant se qualifier pour le World Championship Tour. Il est la deuxième division du surf mondial. Le circuit Challenger Series (CS) comprend 6 étapes (parfois plus selon les saisons) pendant lesquelles les surfeurs et les surfeuses donnent le meilleur d’eux-mêmes. Seuls les 4 meilleurs résultats sont conservés pour établir le classement général. Au final, le Top 10 messieurs et le Top 5 Dames de la saison accèdent au CT l'année suivante !
Rôles de l’ISA et les Jeux Olympiques
Bien que moins influente sur la scène internationale que la WSL, l'ISA (International Surfing Association) entretien néanmoins des liens étroits avec le Comité International Olympique (CIO) et les fédérations nationales de surf. Elle est, en effet, la seule reconnue par le CIO en tant qu'autorité d'administration mondiale pour le surf. L’ISA est l’autorité régissant le monde pour le surf et toutes ses disciplines, y compris le bodyboard, le kneeboard, le longboard, le tandem, le skimboard, le bodysurf et le Stand Up Paddle. Depuis 2016, le surf est intégré comme discipline olympique. Il a fait ses grands débuts aux JO de Tokyo en 2020. Les championnats du monde des nations de l’ISA sont considérés comme des Jeux olympiques du surf. Les médailles or, argent, bronze et cuivre y sont décernées. Les athlètes sont en compétition pour l’honneur de représenter leur pays et leurs couleurs nationales. Les championnats du monde ISA, à la différence de la WSL, offrent aux surfeurs une seconde chance s'ils se font éliminer, grâce au repêchage.
Fonctionnement technique d’une série de compétition
Une série est le format sur lequel se base le surf de compétition. Les surfeurs vont à l'eau par groupe de quatre, voire de trois. Ces groupes sont des séries. Les concurrents se distinguent par des tee-shirts de couleurs différentes. Ils évoluent dans une zone limitée, pendant un temps limité (d'un quart d'heure à une demi-heure en moyenne). L'objectif d'une série est d'obtenir le meilleur total combiné des deux vagues à la fin de ces 35 minutes. Le nombre de vagues notées est illimité, mais les deux vagues les mieux notées (sur 10) sont additionnées pour constituer le total de vagues du surfeur (sur 20).
Chaque étape du Championship Tour se déroule pendant une période d'attente. Les périodes d'attente durent généralement environ deux semaines, ce qui laisse largement le temps d'attendre les conditions idéales. Les épreuves de surf se déroulent en plusieurs tours. La compétition commence par un tour de qualification de 12 manches, avec trois surfeurs par manche. Le tour éliminatoire se déroule en quatre manches, avec trois surfeurs par manche. Le surfeur classé dernier sera éliminé. Les seizièmes de finale se déroulent en 16 manches individuelles. Vient ensuite le tour des huitièmes de finale, avec huit manches individuelles. Ensuite, nous passerons aux quarts de finale, aux demi-finales et enfin à la finale.
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Système de notation et règles de priorité
Un panel de juges évalue les performances des surfeurs. Pour chaque vague notée, les scores les plus élevés et les plus bas (parmi les cinq juges) sont déduits et le surfeur reçoit la moyenne des trois scores restants. Les critères de notation comprennent la difficulté des manœuvres et la qualité des enchaînements, la vitesse, le style, la variété des mouvements et la taille des vagues surfées. Les notes données par les juges sont comprises entre 0 et 10. Un enchaînement de figures parfaitement réalisées à la suite d'un Take Off parfait et engagé rapproche les surfeurs de la note ultime.
La priorité est essentiellement celle qui a la priorité sur l'eau. Pour établir la priorité, un surfeur doit arriver à la file d'attente avant l'autre. Si une vague se présente, le surfeur prioritaire pourra choisir la vague qu'il souhaite. La base de la priorité est «une vague, un seul surfeur, le mieux placé au moment du déferlement». Une interférence survient lorsqu'un surfeur non prioritaire gêne un surfeur prioritaire. Si l'un d'entre eux ne respecte pas la priorité d’un autre, les juges peuvent le pénaliser en retirant tous les points reçus sur sa 2ème meilleure vague. Les surfeurs ne doivent pas gêner les autres, couper la route, ne pas les heurter et ne pas les mettre en danger.
Les manœuvres et figures de performance
Le surf de compétition pousse les athlètes à démontrer une maîtrise technique avancée à travers des manœuvres spécifiques :
- Le Take-off : La première étape cruciale, où le surfeur passe de la position allongée à debout sur la planche pour commencer à glisser sur la vague.
- Les Airs : Figures très impressionnantes pendant laquelle le surfeur utilise la puissance et la lèvre de la vague pour s'élever dans les airs avec sa planche. Couplés avec une ou plusieurs rotations, les airs sont parmi les figures qui marquent le plus de points lorsqu'ils sont exécutés correctement.
- Les Tubes : Le Graal de tout surfeur pour la sensation de communion avec la nature qu'il procure, le Tube consiste à se retrouver au cœur de la vague qui déferle, pour ne faire qu'un avec elle.
- Le Bottom turn : Virage en bas de la vague, permet au surfeur de changer de direction et de gagner en vitesse pour attaquer la section suivante.
- Le Cutback : Manœuvre qui ramène le surfeur vers la partie plus puissante de la vague après s'en être éloigné.
- Le Snap : Virage serré et rapide sur le haut de la vague, permettant de changer brusquement de direction.
Le panorama du surf français
Le circuit Français est structuré par des compétitions fédérales se déroulant sur 3 niveaux : le niveau départemental (Open Local et championnat départemental), le niveau régional (Open Territoriaux et championnats régionaux) et le niveau national (Special Events, Open de France, la finale Open de France et les championnats de France). Le championnat de France de surf est un événement se déroulant chaque année et attirant des compétiteurs et des amateurs de surf de tout le pays. Du shortboard au longboard, en passant par le bodyboard, les championnats de France de surf englobent une variété de disciplines pour s'assurer que tous les styles de surf sont représentés.
L'Open de France, anciennement Coupe de France, est une compétition se déroulant tout au long de la saison, en parallèle des compétitions départementales et régionales. Il regroupe quatre compétitions franco-françaises professionnelles et trois autres réservées à la catégorie espoirs. Ainsi, depuis 2022, 32 hommes et 24 femmes s'affrontent dans un circuit fermé sur les meilleurs spots français. En fin de saison, au mois d'octobre, la finale du circuit couronne le meilleur surfeur et la meilleure surfeuse.
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Équipement et choix du matériel
Un surfeur n’est rien sans sa planche. C’est l’objet de toutes les convoitises, tel un bijou il la chérit et lui voue un véritable culte. Il existe toutes sortes de planches : longboards, évolutives, fun board, short boards, soft boards. Le shortboard est la planche généralement la plus commune pour les surfeurs de niveaux intermédiaires jusqu’à professionnels. Aux formes plus fines, courtes et étroites (1,5 à 2 m pour 44 à 49 cm de large), elle offre un maximum de radicalité à ses utilisateurs. Le longboard, aussi appelé malibu, a une longueur de 9 pieds (2,75 m) minimum, 56 cm de large et une épaisseur importante. C'est la planche la plus lourde et la plus difficile à manœuvrer. Le gun est la planche réservée aux surfeurs experts souhaitant s’attaquer à des murs d’eau géants.
La combinaison protège du froid et des irritations. Son épaisseur variera selon la température de l'eau. Pour trouver la combinaison parfaite afin d’être à l’aise comme un poisson dans l’eau, il faut qu’elle soit adaptée à ta taille, ton poids et ta morphologie. Il existe deux types de fermeture : frontale (front zip) ou dorsale (back zip). La wax est de la cire que l’on met sur notre planche de surf pour augmenter l’adhérence du pied et permettre un meilleur équilibre sur l’eau. Le leash est le cordon qui relie la planche à ton corps, très utile en cas de chute pour éviter de perdre ta planche. Sur les spots de reef, il est conseillé d’opter pour un leash plus court pour ne pas rester accrocher et bloquer à un rocher/récif de corail. Dans un spot de grosse vague il faudra utiliser un leash plus long pour ne pas être percuté par le retour de sa propre planche dans les rouleaux.