L'ascension du surf en France : de l'éveil des pionniers à la structuration régionale et nationale

L’éveil du surf en France et la figure des pionniers

L'histoire du surf français est indissociable de l'Aquitaine, terre d'accueil des premières planches et des premiers passionnés. Parmi les figures qui ont marqué les débuts du surfing en Aquitaine, le Dacquois Jacky Rott se lança plage Nord à Hossegor au printemps 1957 et créa dès 1958 la première marque de planche française, "Neptune". Il remportera le championnat de France de surf et le championnat d'Europe en 1961 à Biarritz, avant de participer aux Championnats du monde au Pérou en 1962 avec Jo Moraiz, qui est "guide-baigneur" (maître-nageur sauveteur). Michel Barland conçoit dans le même temps une planche en mousse de polyuréthane (au lieu du bois) recouverte de fibre de verre/résine de polyester. Il gagne les championnats d'Europe en 1962 et s'associe en 1960 avec Jacky Rott. Les premières planches ressemblaient un peu aux longboards d'aujourd'hui, sans la forme très optimisée et surtout beaucoup plus lourdes, de 20 à 25 kilos.

Le mouvement s'organise alors autour de personnalités emblématiques surnommées les "Tontons surfeurs". Le président de la FFS, de 1973 à 1976, est Jacques Fagalde, qui commença à surfer en 1961 à Anglet et y ouvrit en 1969 un club de surf. Il fait partie de cette génération pionnière. Jacques Fagalde raconte : "À l'époque, la piscine d'eau de mer était un endroit très mondain, beaucoup de Parisiens y venaient. Une famille belge passait aussi ses vacances à Anglet. Ils avaient les toutes premières planches de surf. Un jour, en 1961, ils m'ont laissé essayer." Ces "Tontons Surfeurs" créent les premiers clubs de la Côte Basque : en 1959 le Waikiki Surf Club à Biarritz, en 1963 le Surfing Club de la Chambre d'Amour à Anglet qui devient l'année suivante le Surf Club de France, en 1964 le Surf Club de France à Biarritz ou encore en 1965 le Bidassoa Surf Club à Hendaye et en 1966 le Surf Club de Guéthary.

La genèse du Championnat de France

Le Championnat de France de surf existe depuis 1960 et se déroule depuis 1965 sous l'égide la Fédération Française de Surf (FFS). Joël de Rosnay remporte le premier titre de champion de France à Biarritz le 12 septembre 1960, et sera champion de France master en longboard en 1986. Philippe Gérard est champion de France en 1964. Les 1er et 2 septembre 1973, Seignosse accueille les championnats de France de surf-riding. Après des séries qualificatives, une épreuve finale a lieu en 1973 à Seignosse. Sur les 75 concurrents inscrits, un contingent vient de Polynésie française, en particulier Tahiti, d'où est issu le champion 1973 : Claude Laurent (Central Surf-Club de Tahiti), ainsi que le troisième. C'est un Landais qui est second : Gérard Dabbadie, qui est devenu "shaper" (conception et dessin de la planche) chez BIC Sport. L'épreuve est co-organisée par le surf-club de Seignosse, dont le président, Jean-Pierre Bianco, sera président de la FFS de 1985 à 1988.

L'influence et l'essor du surf polynésien

Avant 1989, le surf en Polynésie française était géré par le comité polynésien de surf riding, une ligue de la Fédération Française de Surf. La Fédération Tahitienne de Surf (FTS) est créée en 1989 sous la présidence de Patrick Juventin et est reconnue, en 1990, par l'ISA (International Surfing Association), ce qui lui permet de participer aux Championnats du monde en tant que Nation à part entière. Parmi les succès, citons : en 1986 en Angleterre, Vetea David, plus connu sous le nom de Poto, est champion du monde dans la catégorie junior ; en 1990 au Japon, Heifara Tahutini et Eimata Carroll sont champions du monde open ; en 1992 en France, Teva Noble est champion du monde longboard ; en 1994 au Brésil, Michel Demont est champion du monde longboard ; en 2004 en Equateur et en 2010 au Pérou, Hira Teriinatoofa est champion du monde ISA open. On compte en 2011 19 clubs affiliés.

Structuration fédérale et développement national

Jacques Hèle (né en 1929 à Mérignac), issu de Lacanau, est élu président de l'ISA en 1990 ; sont organisées en Aquitaine les championnats du monde amateur, en 1980 à Hossegor et en 1992 à Lacanau. Jacques Hèle obtient la reconnaissance de l'ISA par le CIO en juin 1995. Le grand essor du surf en France a lieu dans les années 1980 et 1990, qui voient la création de 91 % des clubs actuels en France. Parallèlement, l'élite mondiale s'organise, et se structure un cadre de compétitions professionnelles, dont fait partie Lacanau Pro depuis 1979.

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Ces différents classements doivent permettre de générer une saine émulation entre les compétiteurs, les clubs et aussi d’aider à identifier les dynamiques locales, départementales et régionales du Surf et du SUP Race. En surf comme en SUP Race chaque participant marque un nombre de points qui dépend de son résultat à la compétition. Les compétiteurs participant à des « coupes fédérales de niveau régional » (Breizh Surf Tour, Breizh SUP Tour) marquent des points pour leur club et leur comités. Le top 5 individuel de chacune des catégories des compétitions concernées se voit attribuer des points en fonction de son résultat. Un très bon article sur le site de la Fédération Française de Surf détaille le fonctionnement du classement fédéral national.

L’engagement régional et le terreau des talents actuels

La Bretagne est une terre de surf dynamique, représentée par des athlètes marquants. Alexis Deniel, c’est une figure incontournable du surf Breton. Comme nombre de champions il a fait de sa passion son métier. Depuis son premier titre de champion de France de longboard en 2007, Alexis a toujours fait une à deux finales (longboard et/ou Sup) lors de chaque édition des championnats nationaux. De même, Ian Fontaine propose un surf millimétré, puissant, engagé et en constante évolution pour toujours rester au top niveau. Au-delà du surfeur, il y a l’humain. Ian « is a giver » comme il le répète souvent : toujours prêt à aider autrui, il est très proche des nouvelles générations de surfeurs Bretons. Martin Letourneur est le breton le plus titré en SUP Race. Vice-champion de France en 2016, le malouin d’origine prend part chaque année aux courses les plus prestigieuses du circuit international pour défendre les couleurs de la Bretagne.

Le réservoir de talents bretons s'illustre également par des parcours inspirants. Atteinte d’une maladie génétique neuromusculaire depuis son enfance, une athlète sublime merveilleusement son handicap en mettant toute sa force et sa détermination dans chacun de ses sports. Dès lors, elle a poursuivi son entraînement jusqu’à ce 26 octobre 2017 où elle a été sacrée championne de France handisurf (PS1, debout/à genou) à Hossegor. En 2016 et en 2017 elle a réussi l’exploit d’être présente sur 2 podiums aux championnats de France. La Bretagne sera bien représentée aux championnats de France de surf à travers le Collectif Bretagne mis en place par la Ligue. Pendant 1 an, le réalisateur Christian Roche a suivi les jeunes sportifs du Pôle espoir de Surf de Bretagne, incluant Theo Julitte en shortboard open, Benoit Carpentier en stand up paddle, Hugo Losetti en long board.

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