Kauli Vaast: Champion Olympique de Surf, Une Histoire Française à Teahupo'o

Le 5 août 2024 restera gravé dans l'histoire du surf français. Sur la vague redoutable de Teahupo'o, en Polynésie française, Kauli Vaast a remporté la médaille d'or olympique en s'imposant en finale face à l'Australien Jack Robinson. Ce triomphe offre à la France son tout premier titre olympique dans cette discipline. Devant un public local acquis à sa cause, le jeune Tahitien a fait preuve de maîtrise et d'audace sur le spot qui l'a vu grandir, marquant ainsi de son empreinte cette journée historique des Jeux de Paris 2024.

Quelques minutes plus tôt, Johanne Defay s'était hissée sur la troisième marche du podium, au terme d'un parcours remarquable, marqué notamment par une blessure à la tête lors de la première journée. Sa médaille de bronze vient couronner une carrière déjà exceptionnelle et souligne, elle aussi, l'excellence du surf tricolore sur la scène mondiale.

Ces performances uniques sont le fruit de longs mois de préparation et le résultat de la force d'un collectif mis en place par le manager de l'équipe de France, Jérémy Florès. Il faut ainsi associer à Vaast et Defay leurs coéquipiers Joan Duru (5e) et Vahine Fierro (9e), qui ont eux aussi marqué les Jeux de leurs empreintes, sans oublier un staff technique en mission pour amener les quatre athlètes vers les sommets.

Une Victoire Historique à Domicile

Kauli Vaast, âgé de 22 ans, rapporte à la France la première médaille d'or de son histoire en surf, face aux meilleurs surfeurs de la planète. "Il l'a fait, tout le monde attendait ça et ce n'était pas si facile. Mais en même temps, il habite à 8 kilomètres de cette vague de Teahupo'o, il la connaît très bien. Il a démarré le surf à l'âge de 4 ans et à 8 ans il surfait cette vague", explique Bixente Lizarazu. "C'est fabuleux pour Tahiti, la Polynésie, pour lui. Tout le monde l'attendait et il a supporté cette pression qui était énorme. C'est fou d'être champion olympique et d'avoir réussi à faire ça."

La finale olympique a vu Vaast dominer l'Australien Jack Robinson avec un score de 17.67 contre 7.83. Dès sa première vague, notée 9.50, il a pris l'ascendant, ne laissant que des miettes à son concurrent. "J'ai mis un beau score sur ma première vague et ensuite, c'étaient les 15 minutes les plus longues de ma vie, a reconnu Vaast. Par la suite, il n'y a pas eu beaucoup de vagues. Le mana était avec moi."

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Sa victoire a suscité des démonstrations de joie un peu partout sur l'île, faisant de lui le premier Polynésien champion olympique.

Johanne Defay: Le Bronze pour Couronner une Carrière

Chez les femmes, Johanne Defay a remporté la médaille de bronze. La Réunionnaise de 30 ans s'est imposée face à la Costaricienne Brisa Hennessy. "Cela fait deux belles médailles pour l'équipe de France de surf. C'est chouette que la Polynésie participe à toute cette histoire des Jeux olympiques 2024. C'est une histoire fantastique."

L'Ascension d'un Prodige

Alors qu’il ne s’est pas encore imposé en WSL (World Surf League), le top mondial de la discipline, il a déjà une breloque dorée autour du cou. Série après série, que ce soit face à Griffin Colapinto, Jack Robinson ou encore Joan Duru, lors des JO de Paris 2024, le jeune prodige n’a pas tremblé. Mieux, il a plié le concours en finale avec deux vagues notées à 8.17 et 9.50.

Un Début Précoce

Kauli Vaast a commencé à surfer dès l'âge de quatre ans, en duo avec son père. Son nom, qui signifie « celui qui va dans l'océan » en hawaïen, semblait le prédestiner à une carrière dans le surf. À six ans, il a surfé seul pour la première fois, avant de s'attaquer à la vague de Teahupo'o à l'âge de huit ans. "Une compétition pour les enfants du coin a été organisée, et j'ai gagné, se souvient-il. À partir de ce jour, j'ai su que je voulais faire ça de ma vie. J'ai commencé à voyager en France pour y faire des compétitions et je n'ai jamais arrêté."

Une Affaire de Famille

Dans la famille Vaast, le surf est une véritable religion. « Ma mère fait du longboard, mon père du shortboard, mon frère Naiki a 16 ans et commence à prendre des vagues à Teahupo'o. Il surfe très bien. C'est aussi un excellent pêcheur. Ma sœur Aelan a 18 ans, et elle commence à participer aux Qualifying Series et cherche à entrer dans les Challenger Series. À chaque fois que Teahupo'o déferle, ils m'accompagnent et je les pousse à prendre des vagues de plus en plus grosses.

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Son entraîneur, Baptiste Gossein, a joué un rôle crucial dans son développement. « Il s'occupe de moi depuis que je suis jeune, il a toujours été là », confie Kauli. "Il m'a aidé à trouver des sponsors, il s'est occupé de moi à Teahupo'o, il a été mon deuxième père. Je lui dois beaucoup. Et puis Baptiste Gossein a toujours été mon partenaire, c'est le meilleur pour lire les vagues ».

Des Modèles et des Inspirations

Kauli a également été inspiré par d'autres surfeurs locaux tels que Matahi Drollet, Kevin Bourez, Heirari Williams et Michel Bourez. « Michel Bourez, évidemment, c'est un Pipe Master et il vient de Tahiti. Il a gagné en France, à Tahiti, il a été deux fois Pipe Master… il n'y a pas mieux. Je l'ai rencontré pour la première fois quand j'étais jeune, à 11 ou 12 ans, je traînais avec lui chaque fois qu'il était à Teahupo'o. Je l'embêtais tout le temps et je surfais avec lui. La première fois que je suis allé en Australie, je suis resté avec lui, c'était vraiment cool, je suis tellement content qu'il ait été là quand je me suis qualifié pour les Jeux en juin dernier. Je suis vraiment reconnaissant de l'avoir dans ma vie, c'est mon autre grand frère".

Gabriel Medina est une autre source d'inspiration pour le jeune champion. « C'est quelqu'un d'incroyable, je ne loupe jamais ses séries. Gabriel, Michel et Jérémy, ce sont mes trois gars.

Le Tahiti Pro 2022: Un Tournant

Bien que Jeremy Florès l'ait emporté, Kauli n'a pas eu à rougir et a mis tout le monde d'accord malgré sa neuvième place.

« C'était incroyable », explique-t-il. « Les vagues étaient parfaites. J'ai gagné les trials et j'ai obtenu une wildcard. Au premier tour, j'ai rencontré Italo Ferreira puis au troisième, j'ai affronté l'actuel numéro un mondial, Kolohe Andino, et j'ai trouvé la vague parfaite à la fin du heat pour me qualifier. Ensuite, Jeremy et moi avons surfé une grosse vague et je me suis mis en mode "charge". Il a obtenu un 9,98 pour commencer, mais n'avait pas de back-up, alors que j'avais un 6 et un 7, donc il a dû chasser le score. Il a obtenu le score à la fin et m'a battu, mais c'était quand même une compétition incroyable. Surfer contre Jeremy était un rêve. Dans ma tête, je me disais que même si je perdais, c'était déjà dingue. Si l'événement avait mal commencé (Kauli s'est blessé au dos pendant les essais), cela n'a fait qu'aiguiser sa concentration jusqu'à la finale.

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Il raconte également sa victoire contre Kelly Slater en demi-finale : « J'ai battu Kelly Slater en demi-finale », raconte-t-il. « C'était la première fois que je surfais contre lui, c'était fou. En finale, j'ai trouvé la vague que je cherchais au départ. J'aurais pu faire un 9, mais je suis tombé. Ensuite, j'ai complètement perdu mon rythme, Miguel a trouvé le sien et c'est tout. C'est comme ça ».

Objectifs et Perspectives d'Avenir

Kauli Vaast a commencé l'année 2023 avec deux objectifs en tête : surfer suffisamment bien sur les Challenger Series pour passer sur le Championship Tour et se qualifier pour les Jeux. Alors qu'il suit solidement le premier objectif, il a accompli le second en juin en décrochant une place dans l'équipe de France pour les Jeux olympiques 2024.

« Il y a quelques années, j'ai été surpris d'apprendre que le surf allait faire partie de ces Jeux », explique-t-il. « C'est la plus grande chose que l'on puisse accomplir en tant qu'athlète et ce n'est que tous les quatre ans. Ensuite, quand j'ai appris que les épreuves de surf se tiendraient à Teahupo'o, ça a été la consécration. Tout de suite, c'est devenu un objectif. Je savais que la qualification serait très difficile, mais j'ai fait tout ce que j'ai pu pour y arriver. Ensuite, lorsque j'ai participé à l'événement au Salvador, on m'a dit que j'étais le dernier Européen encore en lice pour gagner mon ticket. Et j'ai réussi. Mais je sais que ce n'est qu'une première étape.

Malgré les voyages et les compétitions, Kauli reste attaché à ses racines. « Pas du tout, je le fais depuis l'âge de neuf ans ! Je me débrouille seul dans les grands aéroports avec deux boardbags, une valise, mon sac à dos. Et puis on rencontre de nouvelles personnes, on se fait des amis dans le monde entier et on découvre de nouveaux endroits et de nouvelles vagues. J'adore ça. »

À seulement 21 ans, Kauli Vaast s'est fait une place de choix sur le circuit mondial du surf. « Je suis un mec des îles, je pêche tout le temps, je surfe avec mes amis et je participe à des compétitions. Voilà ma vie. »

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