L'Ondulation en Natation : Clé de la Performance et Héritage des Champions Olympiques

Nager en ondulation représente une facette de la natation souvent perçue comme hautement technique, pouvant décourager les nageurs débutants qui y voient un exercice très difficile à réaliser. Cependant, il n'y a pas de panique à avoir ! Nager en ondulation n’est pas si compliqué et est à la portée de tous avec un peu d’entraînement. L'intérêt de nager en ondulation est multiple et fondamental pour atteindre l'excellence dans les disciplines aquatiques de compétition.

Principes et Intérêt de l'Ondulation

L'ondulation est une technique capitale dont l'importance ne saurait être sous-estimée. Elle est indispensable pour maîtriser la nage papillon, car elle facilite le passage des bras vers l’avant et favorise une meilleure propulsion. Au-delà du papillon, l’ondulation est aussi pratiquée lors des coulées en dos crawlé et en crawl si le nageur le souhaite, démontrant sa polyvalence et son efficacité trans-styles. D’ailleurs, il a été démontré grâce à différentes études que les nageurs se déplaçaient plus vite sous l’eau à condition de nager en ondulation, la rendant plus efficace que les simples battements de jambes.

Le mouvement d'ondulation est une chaîne cinétique fluide et puissante. Il part de la tête et se termine au niveau des pieds, impliquant une coordination parfaite de l'ensemble du corps. Lors de son exécution, le corps ne déplace que très peu d’eau, ce qui réduit considérablement la résistance à l’avancement et optimise la glisse. Pour exécuter ce mouvement efficacement, il est primordial de savoir que l’impulsion initiale part de la tête pour être transmise ensuite aux épaules, au bassin et se terminer dans les jambes. Concrètement, pour initier une ondulation, le nageur doit rentrer la tête entre les épaules et faire remonter le bassin vers la surface de l’eau tout en pliant légèrement les jambes. Puis, il relève la tête en rabaissant simultanément le bassin et réalise un fouetté énergique sur l’eau avec ses pieds. Une technique d'entraînement répandue pour assimiler le mouvement est de combiner les bras en brasse avec les jambes en ondulation : en effectuant un mouvement de brasse avec les bras, le nageur peut bien sortir son buste de l’eau, facilitant ainsi une meilleure replongée tête la première pour entamer l'ondulation. Afin d'évaluer les progrès et la régularité de cette technique, il est possible de compter le nombre d’ondulations réalisées par longueur de bassin.

La Nage Subaquatique : Vitesse, Hydrodynamisme et ses Avantages

La supériorité de la nage subaquatique, et par extension de l'ondulation sous l'eau, est une vérité établie dans le monde de la natation de haut niveau. Si vous avez déjà regardé des courses de nageurs contemporains tels que Jérémy Stravius ou Michael Phelps, vous conviendrez que cette différence de vitesse n’est pas ténue, elle est même très facilement constatable. Cette technique, expérimentée par certains nageurs, observée par une multitude d’entraîneurs et approfondie par de nombreux scientifiques, ne revêt quasiment plus aucun mystère. La conclusion est donc indiscutable : on nage plus vite sous l’eau qu’en surface.

À titre de comparaison, une coulée bien exécutée, propulsée par une ondulation efficace, est plus rapide que la vitesse de pointe qu’arrivera à atteindre un nageur en crawl sur 50 mètres. Le crawl étant la plus rapide des quatre nages en surface, on imagine l’atout majeur que peut représenter une coulée performante, utilisée à bon escient au départ ou après chaque virage.

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Plusieurs raisons fondamentales expliquent cette vélocité accrue en milieu aquatique. Premièrement, une nage en profondeur permet d’éviter de nombreux freins à l’avancement, permettant ainsi de nager rapidement en modérant ses efforts. Dans l’eau, le corps est en effet soumis à plusieurs forces contraignantes. La première d’entre elles est liée au frottement de l’eau sur le corps. Ces frottements sont notamment créés par les mouvements de nage en surface, qui mettent le corps du nageur en contact avec une surface d’eau plus importante. Le deuxième obstacle présent en milieu aquatique est ce que l’on nomme “la traînée de forme”, que l’on pourrait associer à l’hydrodynamisme. L’eau étant bien plus dense que l’air, sa résistance est environ 1000 fois plus forte que celle de l’air. La position profilée d’un nageur en coulée favorisera une pénétration optimale des masses d’eau et profitera donc à une glisse plus efficace qu’en surface. Enfin, le dernier frein, et non des moindres, est la traînée de vague. C’est précisément ce dernier que les nageurs de profondeur, généralement à plus de 50 centimètres sous la surface, évitent. En effet, l'énergie dissipée par les vagues de surface freine l’avancement du nageur. En passant en dessous de ces turbulences créées par le mouvement en surface, la coulée gagne considérablement en efficacité. Ainsi, à l'instar de l'homme de l'Atlantide, si un nageur souhaite rivaliser avec les poissons en termes de vitesse, il doit privilégier la nage subaquatique et l'ondulation.

La profondeur des bassins joue également un rôle dans l'optimisation de la glisse. En se déplaçant, le nageur crée une vague qui le ralentit. Celle-ci peut aller vers le fond de la piscine et revenir vers lui, augmentant la résistance. C'est pour cela que l'on préfère des bassins profonds, par exemple les 3 mètres recommandés, même si certains bassins de compétition comme celui de La Défense-Arena ne font que 2,15 mètres de profondeur. Afin de limiter l'ampleur de la vague et ses effets néfastes sur l'avancement, il existe une technique, simple en apparence, qui consiste à nager sous l'eau, à peu près à deux ou trois épaisseurs du corps sous la surface. Il pourrait être tentant de se dire : pourquoi ne pas nager toute la longueur sous l'eau ? Effectivement, ce serait la meilleure façon de battre des records. Cependant, la Fédération internationale de natation (FINA) a réglementé les coulées en 1991, fixant une limite à 15 mètres pour la portion subaquatique, reconnaissant ainsi l'avantage considérable qu'elle procure.

L'Avènement du "Dolphin Kick" et ses Légendes

L'histoire de l'ondulation, souvent appelée "ondulation dauphin" ou "dolphin kick", est fascinante et témoigne de l'innovation constante dans la natation. À l’origine, ce mouvement était utilisé uniquement en papillon. Cependant, un nageur américain, Jesse Vassallo, a décidé dans les années 70 de l’utiliser pendant ses coulées, marquant une étape importante dans l'évolution de la technique. Cette approche a connu une adoption massive aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988, où de nombreux nageurs ont pleinement compris l’intérêt du mouvement durant les coulées, ce qui était particulièrement visible durant la finale du 100m dos. Le magazine américain Swimming World a d'ailleurs consacré un long article à la technique de « l’ondulation dauphin » en 2023, soulignant son impact durable.

Depuis, d’immenses stars de la natation ont continué à utiliser le « dolphin kick » durant leurs courses pour maximiser leur avantage, notamment Michael Phelps, détenteur de 23 médailles d’or olympiques à son palmarès, qui est réputé pour la puissance et l'efficacité de ses coulées.

Léon Marchand : La Maîtrise Moderne de l'Ondulation

Le nageur français Léon Marchand est l'incarnation contemporaine de l'excellence en matière d'ondulation et de nage subaquatique. Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, il a déjà remporté trois médailles d’or. On ne se lasse pas des coulées de Léon Marchand, le Français, avec ses trois médailles d’or au compteur depuis le début de ces JO 2024, ressort systématiquement la tête de l’eau à quelques dizaines de centimètres de la ligne des 15 mètres, après avoir augmenté son avance sur ses adversaires sous l’eau. Ses concurrents, tous de niveau mondial, ont souvent été relégués loin derrière, parfois à plus de cinq secondes du champion français, un exploit notamment lié à son mental d'acier et à sa technique hors pair.

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Comme d’autres nageurs, Léon Marchand utilise la technique dite « ondulation dauphin » ou « dolphin kick », mais il l’exploite mieux que la plupart de ses adversaires. Plusieurs parties du corps participent au mouvement d’ondulation, qui se fait sous l’eau, au départ ou après un virage : la tête, les épaules, le bassin, les jambes et les pieds. La morphologie de Léon Marchand, grand et plutôt filiforme - musclé mais pas trop - est parfaitement adaptée. Elle lui permet d'être hydrodynamique, c'est-à-dire de limiter la formation de vagues qui ralentissent. Sa technique de nage sous l'eau est excellente, et elle se pratique dans ces fameux 15 mètres de la coulée. Léon Marchand, doté d’une grande souplesse articulaire, avait d’ailleurs expliqué que la forme de ses pieds lui procurait un avantage certain dans les coulées. « Ils ne sont pas si grands que ça, puisque je chausse du 46, mais ils sont flexibles et cela m’aide dans les coulées : d’ordinaire, les pieds sont droits, les miens vont vers l’intérieur, ce qui permet de prendre plus d’eau dans les ondulations », peut-on lire dans L’Équipe. Sa grande souplesse lui permet d'onduler énormément. Amandine Aftalion, mathématicienne et chercheuse au CNRS, spécialiste de la performance sportive, a observé que beaucoup de nageurs pratiquent l'ondulation à partir des hanches, en se servant très peu du haut du corps. Si l'on observe bien Léon Marchand, on note qu'il ondule à partir de la tête, son dos s'arrondit ensuite, puis ses jambes, illustrant une ondulation complète et puissante.

Cette capacité à dominer sous l'eau est un facteur décisif dans ses performances. Dans certaines courses, c'est lors des coulées qu'il a gagné un temps précieux sur tous ses adversaires. À l'arrivée du 400 mètres 4 nages, le champion français a parfois eu un tiers de bassin d'avance sur son adversaire le plus proche, ce qui lui a permis de battre le record légendaire de Michael Phelps sur la distance.

Sa soif de victoire et sa technique sont cultivées aux États-Unis. En 2021, il a quitté la France pour être entraîné par Bob Bowman, le même mentor qui a façonné la carrière de Michael Phelps. Avec Bowman, Léon Marchand a appris la technique de nage très singulière qui permettait jadis à Phelps de reléguer ses adversaires loin derrière. Au départ de la course et à chaque virage, il utilise « l'ondulation dauphin », en restant plus profondément et plus longtemps sous l'eau que tous les autres. Cette propulsion est considérée par certains comme la « cinquième nage » de la discipline, lui donnant un avantage décisif sur quelques mètres. Pour tenter de la comprendre, Malia Metella, ancienne championne française de natation, a décrypté sa course, soulignant ce qui se passe sous l'eau. « Il sait à quelle profondeur il faut aller exactement pour être efficace dans sa coulée et pour aller le plus vite possible », a-t-elle expliqué. La coulée, c'est le demi-tour que le nageur fait entre deux longueurs, et celle de Léon est plus longue et plus efficace que celle de ses concurrents, ce qui lui fait gagner un temps précieux.

En plus de sa technique et de sa morphologie, les performances de Marchand s'expliquent par un mental de champion, une technique de nage parfaite et un rare niveau d'anaérobie qui lui confèrent des capacités supérieures à tous ses adversaires. Léon Marchand est incroyablement performant en anaérobie, c'est-à-dire que son métabolisme, la façon dont l'organisme fournit de l'énergie aux muscles pendant l'effort, fonctionne de manière très efficace sans aucun apport d'oxygène. Quand il est sous l'eau et qu'il ne peut respirer, en particulier quand l'effort à fournir est intense, il trouve les ressources nécessaires pour maintenir une performance élevée. Un dernier atout pour la réussite de ses coulées est qu'il produit très peu de lactate, comme l'ont révélé les petites prises de sang sur l'oreille à la sortie du bassin. Or, si cet acide présent dans l'organisme est nécessaire au bon fonctionnement des muscles, un excès peut aussi entraîner des douleurs et un défaut d'oxygénation des tissus, un facteur limitant que Marchand minimise.

Michael Phelps : L'Héritage du "Baltimore Bullet"

Avant Léon Marchand, Michael Phelps a établi des standards inégalés dans le monde de la natation. Michael Phelps ne mérite pas seulement la première place au classement des meilleurs nageurs de tous les temps : du haut de son mètre 93, l’Américain domine toute l’histoire du sport mondial. Athlète le plus titré des Jeux olympiques, et de très loin, avec 28 médailles dont 23 en or, celui que l’on surnomme The Baltimore Bullet - la balle de Baltimore - est une légende vivante. De son premier titre de champion du monde, obtenu en 2001, jusqu’à sa retraite en 2016, après les JO de Rio, le nageur a brillé sur tous les bassins de la planète.

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C’est en 2008, aux Jeux de Pékin, qu’il a réalisé sa moisson la plus extraordinaire : il a glané huit médailles d’or, un record lors d’une même édition des Jeux. Plusieurs facteurs ont contribué à son succès phénoménal. On peut se demander si c'est son immense envergure de deux mètres, qui lui a permis de s'imposer face à tous ses concurrents, ou si c'est son entraînement drastique, lors duquel il avalait 13 kilomètres par jour, sous la houlette de son entraîneur Bob Bowman. Il semble que ce dernier soit déjà en train de transmettre la "recette magique" à son nouveau poulain, un certain… Léon Marchand, garantissant la perpétuation de ces techniques d'excellence.

Les Pionniers : Grandes Figures des Jeux Olympiques

L'histoire de la natation olympique est jalonnée de figures emblématiques qui, par leur talent, leur style ou leurs performances, ont marqué leur époque et inspiré les générations futures. Bien avant l'ère des "dolphin kicks" et de la science de l'hydrodynamisme moderne, des athlètes exceptionnels ont fait l'histoire des Jeux.

George Hodgson : L'Éclat Canadien de 1912

Le nageur canadien George Hodgson a à peine 18 ans lorsque les Jeux de 1912 surviennent, et il va brièvement mais de manière tonitruante imprimer sa marque. Il a gagné deux médailles d’or et a placé sous l’éteignoir un certain nombre de ses adversaires bien plus huppés. L’exploit de Hodgson est l’un des plus surprenants que l’on ait vus, tous Jeux confondus, notamment parce qu'il n’a pas bénéficié d’un entraînement formel, se rabattant sur son talent pur.

Ce qui frappe les esprits concernant George Hodgson, c’est sa nage peu orthodoxe baptisée la « trudgen », véritable mélange de crawl et de nage indienne. Cela faisait de Hodgson un concurrent fascinant dans les épreuves de nage libre. En 1911 déjà, il avait battu le détenteur du record du monde du mile, le Britannique Sydney Battersby, sur sa propre distance lors du championnat interempire. Avant les Jeux de Stockholm, Hodgson était en fait invaincu depuis deux ans aux championnats du Canada. Il était le seul nageur de la délégation canadienne et s’alignait sur 400 m et 1 500 m nage libre.

La dernière épreuve, le 1500 m, a débuté le 6 juillet, et 19 nageurs se sont présentés au départ. Comme l’écrit de façon pittoresque le rapport officiel, Hodgson « a gagné à sa main » la troisième série, en établissant un nouveau record du monde de 22’23’’0. Trois jours plus tard en demi-finale, le jeune Canadien va nettement accélérer après le deuxième virage pour devancer le Britannique Jack Hatfield. Hodgson était bien évidemment l’homme à battre en finale et il va le prouver de manière spectaculaire. Il s’est élancé en adoptant un train surprenant, et après le premier virage, il comptait déjà 10 mètres d’avance. Au passage aux 500 m, l’écart s’était accentué jusqu’à 25 mètres, et au dernier virage, il caracolait 40 mètres devant Hatfield. Son chrono de 22’22’’0 était tout simplement un autre record du monde. Mais ce n’est pas tout : au lieu de s’arrêter, il a continué à nager jusqu’à la marque du mile pour essayer de battre le record du monde de la distance, ce qu’il réussit comme à la parade.

Dans le 400 m, Hodgson a remporté assez aisément la première série devant William Foster après un faux départ initial. En demi-finale, il a retrouvé Hatfield et, en 5’25’’4, il s’en est allé battre le record du monde que Cecil Healy avait amélioré au premier tour. La course a cependant été très serrée et Hodgson n’a pris le large que dans la dernière longueur de bassin. En finale, le match Hodgson - Hatfield a connu un nouvel épisode. Le Canadien a mené de bout en bout mais a manqué de se faire rattraper par son grand rival dans les dernières longueurs. Il s’est imposé encore en coiffant l’Anglais de 1’’4 et en établissant un nouveau record du monde de 5’24’’4. Le jeune virtuose venait d’éblouir le monde à la vitesse de l’éclair. Rentré chez lui, Hodgson rejoindra l’université McGill tout en continuant à nager et à briller en water-polo. Il est retourné aux Jeux Olympiques en 1920, cette fois sans se mêler à la lutte pour le podium. Après avoir servi dans le Royal Air Naval Service durant la Première Guerre mondiale, il créera plus tard sa propre affaire de courtier en investissement.

Johnny Weissmuller : De la Piscine aux Écrans d'Hollywood

Il faut remonter encore plus loin dans le temps pour évoquer la première star de la natation olympique, et plus précisément un siècle avant les performances de Marchand et Phelps, en 1924, lors des premiers Jeux olympiques organisés à Paris. Cette année-là, Johnny Weissmuller, considéré comme apatride car né dans un village en Hongrie (aujourd’hui en Roumanie) et exilé aux États-Unis, a dû emprunter l’identité de son frère cadet pour pouvoir participer à la compétition. Il était déjà connu pour avoir été le premier à nager le 100 mètres nage libre en moins d’une minute, à l’âge de 17 ans.

Malgré sa situation particulière, il a confirmé son incroyable talent lors des Jeux en France, en remportant trois médailles d’or et une de bronze. Il a également décroché deux nouveaux titres olympiques lors des Jeux d’Amsterdam, quatre ans plus tard. Mais c’est un tout autre exploit qui le fera passer, pour de bon, à la postérité : celui d’incarner le rôle de Tarzan au cinéma à douze reprises, dans les années 1930 et 1940. Il est ainsi associé à tout jamais à ce rôle mythique du cinéma hollywoodien. À la fin de sa vie, loin des projecteurs, le sportif-acteur a toutefois connu une vraie descente aux enfers : criblé de dettes, dépendant à l’alcool et proche de la folie, il s’est éteint en 1984, à l’âge de 79 ans.

Mark Spitz : Le Style Inimitable des Jeux de Munich

Au Panthéon des nageurs, un autre Américain tient une place unique : Mark Spitz, aujourd’hui âgé de 74 ans, originaire de Modesto en Californie. Évoquer le palmarès de ce champion, c’est faire un saut dans une autre époque. Nous sommes en 1972, à Munich. Le nageur californien se présentait à cette édition olympique avec une forte détermination. Quatre ans plus tôt, à Mexico, il avait dû se contenter de deux médailles d’or, alors qu’il en visait six.

Dès sa première épreuve - le 200 mètres papillon, nage qu’il affectionne particulièrement -, il a écrasé la concurrence et a réalisé un record mondial. Mais, presque autant que sa performance, c’est son style à nul autre pareil qui a marqué le public : sans bonnet de bain ni lunettes, Spitz arborait une superbe moustache, à faire pâlir de jalousie Freddie Mercury. Cet attribut était la clé de son succès, confiera plus tard le nageur, qui est reparti d’Allemagne avec sept médailles d’or sur sept épreuves disputées, un exploit qui a longtemps été un record avant d'être surpassé.

Les Prodiges : Krisztina Egerszegi et Kuzuo Kitamura

L'histoire olympique de la natation a aussi été marquée par la précocité de certains champions, dont la jeunesse n'a pas empêché l'atteinte des sommets.

La Hongroise Krisztina Egerszegi est un véritable prodige de la natation. Alors qu’elle n’avait que 14 ans, elle a participé à ses premiers Jeux olympiques à Séoul, en 1988. Après une première médaille d’argent décrochée à l’issue du 100 mètres dos, elle est parvenue à s’imposer sur le 200 mètres dos, devant les Allemandes de l’Est, pourtant favorites. Elle est ainsi devenue la plus jeune nageuse à décrocher une médaille d'or olympique - avant d’être détrônée quatre ans plus tard par la Japonaise Kyoko Iwasaki, également en natation. Egerszegi a toutefois réalisé le plus beau palmarès de sa carrière aux JO de Barcelone, en 1992, en récoltant trois médailles d’or supplémentaires. Elle a obtenu son cinquième titre olympique quatre ans plus tard, à Atlanta, devenant l’une des nageuses les plus titrées de tous les temps. L'histoire de la discipline continue cependant de s'écrire, et une athlète, actuellement au sommet de son art, l’Américaine Katie Ledecky, est bien décidée à battre tous les records.

Bien avant elle, le jeune nageur japonais Kuzuo Kitamura avait marqué les annales olympiques par sa précocité exceptionnelle. À 14 ans et 309 jours, Kitamura est devenu le plus jeune champion olympique de natation, un record qui ne sera battu qu’en 1988 par la nageuse hongroise Krisztina Egerszegi. C’est dans le 1 500 m nage libre que Kitamura a obtenu sa médaille d’or, en nageant en 19’12’’4, une démonstration d’endurance étonnante pour un jeune adolescent qui n’avait vraisemblablement pas encore terminé sa croissance. Malgré son jeune âge, Kitamura prendra sa retraite sportive après les Jeux Olympiques de 1932 et obtiendra plus tard un diplôme de l’université impériale de Tokyo. Après avoir combattu en Birmanie durant la Seconde Guerre mondiale, il deviendra le premier non Américain à être intronisé au Hall of Fame de la natation internationale en 1965 et occupera également divers postes au sein de la Fédération japonaise de natation. Il s’éteindra en juin 1996, à l’âge de 78 ans.

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