Origines et évolutions d'une discipline de glisse
Le wakeboard est un sport nautique qui apparaît au début des années 1980 après l'avènement du skiboard (qui est désormais le snowboard) à partir d'une combinaison de techniques de ski nautique, de snowboard et de surf. Ce sport de glisse (de l’anglais “wake”, qui signifie sillage, et “board”, planche) puise ses racines dans le « skurf » (en anglais skurfing), qui fut créé en Nouvelle-Zélande par le façonnier de planches de surf Allan Byrne et ses amis dont Kevin Jarrett. De l'autre bout du monde en 1983, Howard Jacobs créa plusieurs wakeboards en montant des sangles de pieds de planche à voile sur une planche de surf. En 1984, il pouvait faire des sauts périlleux arrière (back flips) sur la rivière de St. Johns River à Jacksonville (Floride).
Le ski nautique, dont il est l'héritier, fut expérimenté en France dès 1920. Ce sont, dit-on, des chasseurs alpins, d’abord chaussés d’Hydroplans (planches), qui se font tracter par un bateau sur le lac d’Annecy. En 1922, l’américain Ralph Samuelson réussit le premier tour de ski Outre-atlantique sur deux planches de sa fabrication, où il a monté des fixations en cuir. Aujourd’hui, le Ski Nautique est un sport pratiqué et organisé sur les cinq continents avec plus de 30 millions de pratiquants estimés.
Le matériel et la technique : au cœur de la performance
Au lieu d'utiliser des skis, le glisseur utilise une planche qui lui assure plus de portance. Sur cette planche sont fixées deux chausses (fixations) pour les pieds dans le sens de la largeur comme pour un snowboard ou un skateboard. Cette planche flottante mesure en général entre 130 et 147 cm de long et jusqu'à 45 cm de large. Le wakeboard a depuis ses débuts énormément évolué : les premières planches de surf asymétriques sont devenues, à l'instar de l'évolution en skateboard, des planches symétriques (twin tips) dotées de dérives de chaque côté.
Les matériaux se sont aussi améliorés avec l'apparition du nid d'abeille ou du fusion core, réduisant le poids des planches. Les chausses, ou bindings, jouent un rôle déterminant. Dans les années 1980, elles relevaient du prototype, mais avec le développement de la discipline dans les années 1990, elles ont évolué vers les standards du ski nautique, en reprenant des matériaux comme le caoutchouc et le néoprène, assurant un contrôle précis.
Les bateaux, appelés wakeboard boats, sont équipés d'une tour permettant de fixer la corde de traction à 2 mètres de haut environ, ainsi que de ballasts pour alourdir la coque et générer des vagues plus hautes. La corde, quant à elle, varie entre 16 m et 24 m selon le niveau et le style du pratiquant. Comme dans de nombreux sports extrêmes tel que le snowboard ou le skateboard, il existe des termes spécifiques pour nommer les figures (backroll, frontroll, tantrum, elephant, whirlybird, 360, 720, 900, 1080…).
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La structuration du sport en France et à l'international
En 1946, la France participe à la création de l’Union Mondiale de Ski Nautique (qui devient en 1991 la Fédération Internationale de Ski Nautique - IWSF). Le 18 mars 1947, Maguy Savard crée la Fédération Française de Ski Nautique (FFSN). En 1996, la Fédération française de ski nautique reconnaît officiellement le wakeboard et crée une commission dont l’objectif est de structurer le développement de cette discipline. Des formations de juges et d’initiateurs sont mises en place.
Le développement du wakeboard est massif grâce à l’ouverture des téléskis nautiques, pylônes reliés par des cordes qui tirent le rideur sur l’eau, remplaçant ainsi le bateau. En 2019, plus de 100 téléskis nautiques ont été créés un peu partout en France. Cette croissance a favorisé la découverte de futurs jeunes champions. Historiquement, des noms comme Patrice Martin, surnommé le « Petit Prince » et huit fois champion du monde, ont marqué les esprits. Il a d'ailleurs créé avec son père Joël le trophée des « Petits Princes » pour détecter les futurs talents, incluant des épreuves de slalom, figures et de traversées de vagues.
Parcours de champions : du loisir à l'élite mondiale
Le wakeboard s’adresse à tout le monde. Comme l'explique Daniel Duquesnoy, champion d’Europe et du monde 2015, c’est une discipline artistique et intense. « C’est plus stylé que le ski nautique. On joue avec sa peur, on prend des risques. » Originaire d'Arras, Daniel Duquesnoy a commencé la discipline sur le tard, à 28 ans, après une carrière en roller acrobatique. Il souligne que « l’on réussit à s’amuser rapidement, à ressentir une sensation de glisse, quel que soit l’âge ou le niveau ».
L'accessibilité de ce sport est également démontrée par le parcours de Julie Dromer. À 40 ans, elle est devenue championne du monde de wakeboard en catégorie master sur le plan d’eau de Choisy-le-Roi en 2022. « Je voulais faire comprendre aux femmes de 30-40 ans que ça n’oblige pas à mettre sa vie sur pause quoi ! On peut le faire ! » Pour elle, la compétition est un accomplissement, un souvenir incroyable après avoir tout donné sur une minute trente de passage.
À l'autre extrémité du spectre, la jeune Lowa Vancutsem, à seulement 14 ans, est devenue championne du monde en Thaïlande. Son style a séduit le jury, lui permettant d’écraser toute concurrence. Ces parcours montrent que la discipline est ouverte à toutes les générations, du moment que la pratique est sérieuse et structurée.
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Sécurité, chutes et apprentissage
La pratique du wakeboard comporte des risques, comme toute discipline de glisse. Les chutes en wake peuvent être violentes, notamment en bateau où les vagues peuvent faire dévier la planche. « Se faire stopper net comme ça en wakeboard ça fait l’effet de se prendre un mur », explique un pratiquant expérimenté.
Pour progresser, il est impératif de respecter certaines règles de sécurité : porter un casque et un gilet, bien s'échauffer, et pratiquer des étirements. Le matériel doit être adapté : une planche correspondant à environ 75 % de sa taille et des chausses bien ajustées. L’apprentissage sur câble bi-poulie est souvent recommandé pour les débutants, car la vitesse est adaptée au niveau de chacun. Comme le souligne l'adage des riders : « Il faut tomber pour apprendre ».
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