La Para Natation : Un Monde d'Excellence, de Défi et de Performances Historiques

La natation handisport, discipline emblématique du mouvement paralympique, représente un formidable terrain d'expression pour des athlètes dotés d'une détermination hors du commun. Au fil des décennies, cette discipline a non seulement révélé des talents exceptionnels mais a également construit une histoire riche, ponctuée de moments inoubliables et de performances qui repoussent constamment les limites du possible. Des bassins du monde entier, des championnats nationaux aux Jeux Paralympiques, les nageurs handisports continuent de captiver l'attention, démontrant la puissance de l'esprit humain face aux défis physiques. La France, avec sa délégation d'athlètes engagés et ses structures en constante évolution, tient une place significative sur cette scène internationale, comme en témoignent les récentes participations et les réussites accumulées lors des événements majeurs.

La Récente Performance Française aux Championnats du Monde de Para Natation à Manchester

Les Championnats du Monde de Para Natation ont vu l'élite mondiale s'affronter, et la délégation française a su y laisser son empreinte. Du 31 juillet au 6 août 2023, le Manchester Aquatics Centre a été le théâtre de compétitions intenses, rassemblant 600 nageurs issus de 70 nations. Treize Français ont eu l'honneur de disputer ces championnats du monde de para natation au Royaume-Uni. Cette participation, bien que marquée par le forfait médical de David Smétanine, constitue une nette progression par rapport aux éditions précédentes, avec cinq nageurs à Mexico en 2017, neuf en 2019 à Londres (Royaume-Uni) et onze à Funchal (Portugal) en 2022. Une telle augmentation de l'effectif a été perçue comme une « satisfaction » par les équipes techniques de la Fédération française handisport, soulignant l'élargissement de la base des athlètes de haut niveau.

Succès de l'Équipe de France en 2023

L'équipe de France de natation handisport a clos les championnats du monde 2023 avec un bilan impressionnant de 16 médailles, dont 4 en or, 6 en argent et 6 en bronze, se classant ainsi à la 12e position au tableau des nations. À Manchester, les nageurs français ont largement atteint leurs objectifs, galvanisés par des performances individuelles remarquables. Alex Portal a brillé en devenant triple champion du monde, tandis que Laurent Chardard s'est sacré champion sur 50 m papillon. Ugo Didier a démontré une régularité et une polyvalence exceptionnelles, en décrochant six médailles en autant de courses. Ces résultats sont d'autant plus notables que les Français avaient déjà excellé lors des championnats du monde de natation traditionnels, du 14 au 30 juillet 2023, à Fukuoka au Japon, terminant quatrièmes. La délégation handisport a, à son tour, relevé le défi avec brio.

Une Délégation Équilibrée : Entre Expérience et Jeunesse

La composition de l'équipe française pour les championnats de Manchester a mis en lumière un savant mélange de « maturité et jeunesse ». Outre la présence des cadres de l'équipe « habitués désormais aux rendez-vous internationaux », de nouvelles têtes sont venues étoffer les rangs tricolores. Parmi elles, des athlètes comme Hector Denayer, qui, par ses très belles performances réalisées à Limoges (lors de la compétition mondiale de para natation du 26 au 28 mai), est arrivé au niveau international élite par la grande porte. D'autres, à l'instar de Quentin Vieira, âgé de 19 ans, ont fait leurs premières armes sur un championnat du monde, comme l'a observé Guillaume Domingo, manager de l'équipe de France. Le retour de la championne paralympique de 2012, Élodie Lorandi, sur la scène internationale, a également ajouté une dimension d'expérience précieuse à la sélection.

Les Athlètes Français Engagés à Manchester en 2023

Voici la liste des athlètes français sélectionnés pour ces championnats, reflétant la diversité et le potentiel de l'équipe :

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  • Laurent Chardard - Guyenne handi nages
  • Hector Denayer - C.a.f dijon
  • Ugo Didier - Jeunesse sportive de Cugnaux omnisports
  • Élodie Lorandi - Handisport Antibes Méditerranée
  • Florent Marais - Handisport Antibes Méditerranée
  • Léane Morceau - Capo Limoges natation
  • Agathe Pauli - Handisport Antibes Méditerranée
  • Emeline Pierre - Dauphins section paloise
  • Alex Portal - Cno Saint-Germain-en-Laye
  • Kylian Portal - Cno Saint-Germain-en-Laye
  • Naëlle Roulet - Les sables-d'Olonne natation
  • Solène Sache - Cergy-Pontoise natation
  • David Smetanine - Grenoble alp'38 (initialement sélectionné, mais forfait médical)
  • Quentin Vieira - Racing club Bron Décines natation

Cette sélection visait à savoir si elle « crawlera » sous les titres, un pari relevé avec succès par les performances générales et individuelles à Manchester.

Un Regard Rétrospectif sur les Championnats du Monde de Londres (2019) : Vers les Jeux de Tokyo

Les Championnats du Monde de Londres en 2019 ont constitué une étape cruciale pour l'équipe de France de natation handisport, servant de « répétition générale pour les Bleus à un an des Jeux Paralympiques de Tokyo du 25 août au 6 septembre 2020 ». La délégation française, composée de huit nageurs dont deux femmes et six hommes, s'est frottée à l'élite mondiale dans le bassin olympique et paralympique des Jeux de 2012, cherchant à valider son travail et à préparer les échéances futures.

Les Objectifs Ambitieux et les Premiers Jours de Compétition

Avant le début des épreuves mondiales à Londres, Sami El Gueddari et son staff avaient clairement exprimé leurs attentes, considérant que gagner 9 médailles constituerait « vraiment une performance de choix ». Le début des championnats a montré une équipe française déterminée à se surpasser.

Journée 3 : Entrée en Lice et Nouveaux Records Nationaux

Le mercredi de la compétition à Londres, deux nageurs de l'équipe de France étaient en lice. Claire Supiot (S8) a pris la 5e place du 100 m papillon. Elle avait réalisé un bon temps le matin (1’16’’98), et malgré une petite gêne aux jambes, elle a couru la finale en 1’16’’01, établissant ainsi un nouveau record de France. Le directeur sportif de la natation française handisport, Sami El Gueddari, a développé que « un travail spécifique pour activer ses jambes a été mis en place lors de l’échauffement de l’après midi ». Il a reconnu que la concurrence était très forte mais a souligné que cette 5e place mondiale, avec ce chrono, représentait « un supplément de confiance pour Claire, dont le handicap, malgré le plaisir qu’elle prend en papillon, ne lui permet pas de rivaliser pour le moment avec les leaders de l’épreuve. Chaque profil de handicap a ses spécialités ». Claire Supiot a ainsi continué d'avancer dans ces championnats du monde londoniens de la meilleure des manières.

Florent Marais, effectuant son entrée dans la compétition, a terminé 8e du 400 m nage libre en classe S10. Sami El Gueddari a expliqué que « Entrer au jour 3 n’était pas simple. Ce matin, il était partagé entre la volonté d’assurer sa qualification pour la finale et celle de lâcher un peu les chevaux ». Le Granvillais, pour qui cette course n'était pas sa spécialité, a enfin pu goûter aux plaisirs d'un championnat du monde et d'une finale rondement menée, passant à un souffle de la 5e place en 4’18’’45. Il a également signé un nouveau record de France et amélioré sa marque personnelle de plus de 4 secondes, ce qui, selon Sami El Gueddari, était « vraiment une bonne entrée en lice » et très bien pour sa confiance, validant ainsi son travail de la saison. À l'issue de cette troisième journée, la France comptait quatre médailles.

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Journée 4 : L'Expérience des Finales et la Confirmation du Potentiel

Le quatrième jour des championnats du monde à Londres a vu trois Tricolores dans le bassin. Même si Théo Curin (S5) n'a pas réussi à se qualifier pour la finale du 50 m papillon, Claire Supiot et Jade Le Bris (S8) ont respectivement terminé 4e et 8e du 400 m nage libre. Tous les trois ont encore signé de nouveaux records de France et amélioré leur marque personnelle, sans aucun regret à avoir. C'est le grand enseignement de ce 4e jour de compétition, où l'équipe de France a encore été au rendez-vous, même si pour la deuxième journée consécutive, il n'y a pas eu de médaille. La journée a, une nouvelle fois, tenu toutes ses promesses.

Claire Supiot, après un temps en série de 5’02″59, a su trouver le bon dosage pour cacher un peu son jeu tout en mettant l'engagement indispensable pour prendre des repères dans l'optique d'une finale. Au terme d'une finale riche en émotion et rebondissement, l'Angevine n'a rien lâché et s'est battue jusqu'au bout pour boucler la distance en 4’52″07. Ce n'était pas suffisant pour monter sur le podium de cette course remportée par l'Anglaise Alice Tai (4’49″01), devant l'Italienne Francesca Palazzo (4’51″21) et l'Américaine Jessica Long (4’51″45). Guillaume Domingo a commenté : « Il n’y a pas de regret à avoir. Claire a fait sa course et le spectacle entre ces quatre nageuses fut à la hauteur de l’évènement. Les deux enseignements forts sont les suivants : Claire va au regard de sa performance du jour réellement pouvoir lutter à l’avenir pour le titre sur les grandes échéances internationales. Et avec Maxime Baudry, son entraîneur, ils ont trouvé les clés pour être prêts le jour J et performer lors des grands rendez-vous (moins 5 secondes sur son record personnel, troisième record de France déjà lors de ces championnats du monde)».

Jade Le Bris, 8e de la finale, a réussi son objectif d'intégrer le top 8. Après avoir signé 5’14″36 en série, la Tricolore, qui vivait ainsi sa première finale mondiale, a établi un meilleur temps (5’13″99). Guillaume Domingo a souligné qu'« Une finale mondiale est très importante pour l’expérience. Elle améliore deux fois ses temps et répond donc présente. Il faut de la maturité sur 400 m NL or elle n’a que 19 ans. Mais elle démontre un potentiel intéressant qui nous laisse à penser qu’elle pourra s’y épanouir et faire de bons résultats sur cette course à l’avenir ». Pour sa part, Théo Curin (S5) a également nagé un beau 50 m papillon en 40″05. Comme ses deux coéquipières, le nageur de Lunéville a abaissé son chrono personnel, sa prestation ouvrant « de vraies perspectives ».

Une Journée Historique : L'Éclat des Médailles Françaises

Le vendredi à Londres s'est avéré particulièrement fructueux pour la délégation française. Après deux jours sans médailles, « les Bleus, comme l’avait espéré le DS Sami El Gueddari, n’ont pas lésiné ce vendredi dans le bassin des Jeux de Londres 2012 ». La France a marqué de son empreinte ce vendredi londonien. Sami El Gueddari a fièrement déclaré : « Les nageurs sont récompensés de tout le travail effectué au quotidien dans leurs structures et ce depuis plusieurs années ».

Alex Portal (S13) s'est paré d'argent sur le 200 m 4 nages ce vendredi, améliorant son temps de 3 secondes pour un chrono de 2’12’’14. Il n'a été devancé que par le Biélorusse Ihar Boki, en or avec un chrono de 2’05’’04, mais a devancé l'Ukrainien Kyrylo Garashchenko, 3e à seulement 10 centièmes du Tricolore. Cette performance lui a permis, comme à Ugo Didier mardi sur 100 m dos, d'ouvrir un quota non-nominatif pour les Jeux Paralympiques de Tokyo. Guillaume Domingo a souligné qu'« Il a été à l’image de ce qu’il est depuis qu’il a rejoint l’équipe de France ».

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Ugo Didier (S9) a décroché le bronze sur le 400 m nage libre avec un chrono de 4’17″53, à un rien de l'Australien Brenden Hall (2e en 4’17″44) et très près du nouveau champion du monde, l'Espagnol Jacobo Garrido Brun, sacré en 4’17″17. Son record personnel sur cette course était de 4’26″06 avant ce rendez-vous anglais. Guillaume Domingo, entraîneur de l'équipe de France, a décrypté que « Cette finale a permis à l’équipe de très bien entrer dans les finales de cette journée que l’on avait annoncée décisive. Elle a aussi conforté les bonnes séries du matin qui avaient annoncé la couleur ». Les deux autres médailles de bronze ont été remportées par Claire Supiot (S8) et Laurent Chardard (S6), tous deux sur 50 m nage libre. Claire Supiot (S8), avec un chrono de 30″54, s'est classée 3e de la finale, derrière l'Anglaise Alice Tai (29″55), à nouveau championne du monde, et la Brésilienne Cécilia Jeronimo de Araujo (2e avec un chrono de 30″45). Sami El Gueddari a affirmé qu'« Elle est dans la lignée de ce qu’elle a fait durant ce championnat du monde. Très concentrée et très centrée sur sa perf. Cette médaille de bronze, sa deuxième depuis le début des épreuves londoniennes, est une source de satisfaction ».

Laurent Chardard (S6) a décroché une belle médaille de bronze pleine de promesse, après la disqualification du nageur chinois en finale. Le Français, qui a nagé la finale en 30″74, a été devancé par le Colombien Nelson Crispin Corzo (champion du monde en 29″19) et l'Italien Antonio Fantin (29″92). Sami El Gueddari a qualifié cette performance de « bonne surprise » et de « belle médaille », ajoutant que « C’est une performance encourageante qui doit l’encourager à gagner en continuité et en constance à l’entraînement tout au long de la prochaine saison, ce sera la clef pour rivaliser pour la médaille d’or ». Il a tout de même noté qu'« Il a encore éprouvé des difficultés pour enchaîner l’après-midi puisque son temps fut meilleur le matin ».

Florent Marais (S10) a terminé 6e de la finale du 100 m nage libre, remportée par l'Ukrainien Maksym Krypak (54″83), abaissant encore son temps à 59″48. Malgré une légère déception, son entraîneur Régis Gauthier et le staff étaient très contents de lui, estimant qu'il pouvait s'appuyer sur ses performances pour aborder avec envie et confiance le 100 m dos, sa course de prédilection, le lendemain. En S4, David Smétanine a terminé à la 5e place de la finale du 50 m nage libre (41″41), l'or revenant au Néo-Zélandais Cameron Leslie. Sami El Gueddari a expliqué que « Ça reste une 5e place mondiale. David a perdu beaucoup de poids et remis pas mal de choses en place dans sa préparation. Il est encore en quête de sensations et repères pour revenir au niveau des podiums internationaux. Il va lui falloir trouver les clés désormais pour pouvoir à nouveau rivaliser avec les meilleurs de sa classe ». Enfin, Anaëlle Roulet (S10) n'a pas réussi à intégrer la finale du 100 m papillon, mais a amélioré son record personnel en bouclant sa série en 1’13″37.

Les Dernières Performances : Persévérance et Préparation

Le samedi, avant-dernier jour de ces championnats du monde de Londres, la France nourrissait encore de solides espoirs, avec la conviction qu'« Il ne faudra encore rien lâcher. Cette journée, comme celle de vendredi, peut apporter de vraies satisfactions ». Laurent Chardard (S6), fort de sa première médaille mondiale, était au départ du 50 m papillon. Ugo Didier (S9), déjà médaillé d'argent et de bronze, s'attaquait au 200 m 4 nages. Florent Marais (S10) et Anaëlle Roulet (S10) prenaient part au 100 m dos, leurs courses de référence cette semaine. Alex Portal (S13) pouvait s'exprimer sereinement sur le 100 m papillon.

Le récapitulatif final des 8 médailles françaises à Londres s'établissait à 2 médailles d'argent et 6 de bronze, avec des performances notables : Ugo Didier (S9) avec l'argent sur 100 m dos et le bronze sur 400 m nage libre ; Alex Portal (S13) avec l'argent sur 200 m 4 nages et le bronze sur 400 m ; Claire Supiot (S8) avec le bronze sur 100 m nage libre et sur 50 m nage libre ; Laurent Chardard (S6) avec le bronze sur 50 m nage libre ; et Théo Curin (S4) avec le bronze sur 200 m nage libre. L'avant-dernière journée des championnats du monde de Londres avait permis au clan tricolore de décrocher une 9e médaille, la 3e d'argent de la semaine, une performance saluée par l'ensemble du staff.

Le Circuit National et les Futures Échéances en France

La dynamique de la para natation ne se limite pas aux grands rendez-vous internationaux. En France, un circuit national robuste et des compétitions régulières permettent aux athlètes de se préparer et de s'épanouir.

Ancrage des Para Swimming World Series en France

La Para Swimming World Series a confirmé son ancrage en France, avec deux éditions réussies à Limoges, suivies d'une première incursion en Île-de-France en 2025. Ces événements internationaux organisés sur le territoire français sont essentiels pour offrir aux nageurs des opportunités de compétition de haut niveau et pour populariser la discipline.

Le Calendrier des Championnats Nationaux (2025-2026)

Le calendrier des compétitions nationales est dense et structuré, offrant de multiples occasions de se mesurer :

  • Championnats de France 50m 2026 : Ils se dérouleront les 06 et 07 juin 2026 à Annemasse. Il est à noter qu'en raison de l'organisation du G7 à Evian-les-Bains, l'organisateur de cet événement a informé qu'une forte tension sur la disponibilité des hôtels pourrait survenir.
  • Championnats Interrégionaux 50m 2026 : Ils auront lieu du 14 au 15 mars 2026 à Sartrouville pour la Zone Nord/Ouest.
  • Championnats de France 25m 2025 : Prévus les 06 et 07 décembre 2025 à Istres.
  • Les grilles de qualification aux compétitions internationales de la saison 2025-2026, ainsi que l'officialisation des critères d'accès aux collectifs nationaux, sont régulièrement mises à jour pour encadrer la progression des athlètes.

Ces championnats nationaux sont d'une importance capitale, surtout dans une année post-paralympique où les collectifs évoluent et de nouveaux visages apparaissent, redistribuant potentiellement les hiérarchies. L'objectif est double : « défendre les médailles glanées la saison dernière, et tenter d’aller encore plus loin », comme le soulignent les managers techniques.

Les Fondements de la Para Natation : Histoire, Compétitions et Classification

Pour comprendre pleinement l'ampleur et l'importance de la para natation, il est essentiel d'en explorer les racines historiques, la structure des compétitions et les mécanismes qui assurent l'équité sportive.

Des Origines aux Jeux Paralympiques : Une Histoire Riche

L'histoire des compétitions sportives pour personnes handicapées est longue et inspirante. La toute première forme de compétition d’handisport dans l’Histoire remonte à 1924 avec la première compétition internationale de sport pour malentendants, organisée à Paris. Connue initialement sous le nom de « The Silent Games », elle est reconduite tous les 4 ans et est devenue par la suite les actuels « Deaflympics », démontrant une volonté précoce d'intégration et de reconnaissance des athlètes.

C'est en 1960 qu'apparaissent les Jeux Paralympiques, organisés à Rome, en parallèle des Jeux des valides. Cependant, ce parallélisme n'a pas toujours été systématique. Sur cinq éditions, les Jeux Paralympiques n'ont pas été organisés sur les mêmes lieux que les Jeux Olympiques, se déroulant à Tel Aviv en 1968, Heidelberg en 1972, Toronto en 1976, Arnhem en 1980 et New York en 1984, avant de retrouver une synergie avec les Jeux Olympiques plus récemment. Plus récemment encore, les Championnats du Monde de Natation Handisport ont été créés par le Comité international paralympique. Les premières éditions eurent lieu à La Valette, à Malte, en 1994, et se tiennent depuis tous les 4 ans, devenant un rendez-vous majeur pour l'élite mondiale.

Le Paysage des Compétitions Internationales en Natation Handisport

Au-delà des Jeux Paralympiques et des Championnats du Monde, le calendrier international de la para natation est enrichi par d'autres compétitions de grande envergure, répondant aux spécificités géographiques et régionales. Il existe ainsi des compétitions continentales telles que les Jeux Parapanaméricains pour l’ensemble du continent Américain, qui se déroulent tous les 4 ans. L'Euro de Natation Handisport est organisé tous les deux ans (les années impaires), tout comme les ASEAN ParaGames qui concernent les pays d’Asie du Sud-Est. Ces différentes compétitions constituent autant de plateformes pour les athlètes de mesurer leurs progrès et de représenter leurs nations sur la scène sportive.

Le Système de Classification : Assurer l'Équité Sportive

La para natation se caractérise par une grande diversité de handicaps, chacun présentant des spécificités uniques. Face à cet ensemble de différences, une préoccupation majeure est de « mettre tout le monde sur le même pied d’égalité au départ de chaque course ». C'est pourquoi un protocole d’évaluation rigoureux et détaillé est mis en place. Pour qu'une nageuse ou un nageur handisport puisse être classé dans l'une des nombreuses catégories, il doit passer par ce protocole. Celui-ci est composé d’un test médical approfondi, d’un test en situation dans l’eau pour évaluer les capacités fonctionnelles en milieu aquatique, et enfin d’une confirmation de ces deux derniers tests pendant une épreuve de compétition. C'est à l'issue de ce processus minutieux que la nageuse ou le nageur handisport sera officiellement classé dans une catégorie spécifique, garantissant ainsi une compétition juste et équitable, où la performance est jugée à travers le prisme des capacités propres à chaque catégorie.

Les Légendes de la Natation Handisport : Des Parcours Inspirants et des Records Inoubliables

L'histoire de la para natation est jalonnée de figures emblématiques dont les exploits ont marqué leur époque et continuent d'inspirer des générations d'athlètes. Ces nageurs et nageuses, par leur détermination et leurs performances exceptionnelles, ont prouvé que le handicap n'est pas un obstacle à l'excellence sportive.

Des Pionniers aux Multiples Médaillés Paralympiques

Parmi les noms gravés dans le marbre de la para natation, plusieurs se distinguent par un palmarès hors du commun :

  • Trischa Zorn, nageuse américaine aveugle de naissance, est la détentrice du plus grand nombre de médailles paralympiques de l'histoire, toutes disciplines confondues. Ses performances sont un témoignage éloquent de sa résilience et de son talent.
  • Michael Edgson, nageur canadien dont la vue est déficiente, a gagné pas moins de 18 médailles d’or Paralympiques entre 1984 et 1992, démontrant une domination impressionnante sur plusieurs éditions des Jeux.
  • Mike Kenny, nageur britannique paralysé des membres inférieurs, est l’athlète britannique le plus titré de tout temps aux Jeux Paralympiques. Avec dix-huit médailles, dont seize en or, glanées durant les Jeux de Toronto en 1976, ceux d’Arnhem en 1980, de New York en 1984 et ceux de Séoul en 1988, il a laissé une empreinte indélébile.
  • Mayumi Narita, nageuse japonaise atteinte de myélite depuis l’âge de treize ans et victime d’un accident de la route la rendant quadriplégique, est décrite par le Comité International Paralympique comme l’une des meilleures nageuses de sa catégorie. Elle a gagné 20 médailles paralympiques, dont 15 en or, entre 1996 et 2004, illustrant une carrière d'une longévité et d'une excellence rares.
  • Daniel Dias Da Silva, nageur brésilien né sans mains ni pieds, est un multiple champion : dix fois champion paralympique (à Pékin en 2008 et à Londres en 2012), 11 fois champion du monde de natation handisport et 19 fois champion aux Jeux Parapanaméricains. Son parcours est un modèle de persévérance et de réussite.
  • Erin Popovich, nageuse américaine atteinte depuis la naissance d’achondroplasie, une condition qui a empêché le bon développement de ses membres, a glané 19 médailles paralympiques, dont 14 d’or, durant une carrière encore active.
  • Matthew Cowdrey, le nageur australien handisport le plus titré de l’Histoire et détenteur du plus grand nombre de records du monde. Amputé de son bras gauche, il a remporté 23 médailles paralympiques, dont 13 d’or, entre 2004 et 2012, prouvant sa suprématie sur les bassins.
  • Ellie Simmonds, nageuse britannique atteinte de nanisme, est devenue la plus jeune championne paralympique à Pékin en 2008, où elle a remporté deux titres à l'âge de seulement 13 ans, un exploit qui a marqué les esprits.

L'Héritage des Nageurs Français

La France a également ses propres légendes et des athlètes qui ont marqué l'histoire de la para natation par leurs exploits :

  • Béatrice Hess, nageuse paraplégique française, se hisse parmi les plus grandes. Elle a remporté 4 médailles d’or aux Jeux Paralympiques en 1984, une en 1988, six autres en 1996 et enfin 7 en 2000 à Sydney, où elle a battu rien de moins que 9 records du monde ! Elle a conclu sa carrière sportive par 2 médailles d’or et 3 d’argent à Athènes en 2004, laissant derrière elle un palmarès inégalé.
  • Élodie Lorandi est également une figure emblématique de la natation handisport française. Elle a remporté plusieurs médailles aux Jeux Paralympiques : l’argent à Pékin en 2008 sur 200 mètres 4 nages, l’or sur 400 mètres nage libre, l’argent sur 200 mètres nage libre et le bronze sur le 50 et le 100 mètres nage libre à Londres en 2012, et le bronze sur les 100 et 400 m à Rio en 2016. Son retour récent sur la scène internationale est un signe fort de sa passion et de son engagement continu envers la discipline.

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