L'éclosion d'un talent précoce sur les côtes bretonnes
Tout a commencé à Lancieux, sur l’un des spots les plus réputés de la côte de la Bretagne. Basile Serre, jeune prodige originaire des Côtes-d’Armor, a fait ses premiers pas dans le monde du kitesurf à l'âge de neuf ans. "J’ai commencé à neuf ans, enfin presque neuf, il me manquait une semaine," rectifie-t-il avec précision. À cette époque, le jeune garçon, avec son teint halé, ses cheveux blonds et son poids plume, avait déjà l'allure d'un jeune surfer, ou plutôt d'un kitesurfeur en devenir.
Étant donné que les écoles de kitesurf en France acceptent rarement les enfants de moins de 14 ans pour des raisons de sécurité, le sport étant considéré comme une discipline extrême, Basile a dû compter sur un apprentissage familial. C'est son père, Jean-Louis Serre, qui lui a transmis les bases dans la baie de Lancieux. Ce soutien parental a été crucial, nécessitant un temps et un investissement personnel considérables, comme le souligne son père : "C’est vrai que dans les écoles de Kite en France, on apprend rarement aux jeunes de moins de 14 ans parce qu’en termes de sécurité, ça reste un sport extrême donc on voit très peu de très jeunes commencer le kite. Sinon ce sont les parents qui leur apprennent mais ça nécessite beaucoup de temps, beaucoup d'investissement personnel."
La rigueur technique et le déclic de la compétition
Très vite, le déclic s'est produit pour Basile : "Dès que j’ai tiré mes premiers bords, je savais que j’allais accrocher, que je voulais faire ça dans la vie !" Pour parfaire sa technique, il a rapidement été coaché par Jonathan Glais, figure locale du kite. Ce dernier ne tarit pas d'éloges sur son élève : "Il est très très fort techniquement. Il est encore très léger donc dans le vent très fort c'est dur pour lui de tenir des ailes dans les tempêtes. Il tire son épingle du jeu dans les vents légers. Mais il est très bon."
Cette excellence technique a été forgée par une pratique intense et une soif de sensations. "J'aime la sensation de glisse et la sensation que tu peux avoir quand tu sautes et que tu fais des figures en l'air", confie le jeune champion. Son ambition est claire, et il repousse sans cesse ses limites : "C'est 15,50 mètres mon record, c'est haut !" Cette progression n'a pas été linéaire, marquée par des moments de découragement qu'il a su surmonter. "Ma première compèt’, j’avais 11 ans, je n'avais pas fait un bon résultat… J’étais dégoûté. Mais je me suis accroché et là, ça a payé", explique-t-il.
Le sacre mondial en Allemagne
Dimanche dernier, les championnats du monde de Kite Surf se sont déroulés en Allemagne. Dans la catégorie des moins de 14 ans, le jeune Breton s'est imposé dans la cour des grands en décrochant le titre de champion du monde. À peine quatre ans après ses débuts avec son papa dans la baie de Lancieux, il se hisse au sommet mondial de sa discipline.
Lire aussi: Les Héros de la Natation Olympique
La compétition a été particulièrement intense, comme le raconte Basile : "Je m'y attendais un peu mais pas totalement parce qu'il y en a un qui est vraiment très fort, assure le jeune prodige. Donc je me suis dit qu'il fallait que je me concentre. Premier saut je me suis crashé mais au bout du deuxième saut, j'ai réussi à me concentrer, à bien me poser." Guidé par le vent, Basile ne cesse de virevolter entre le ciel et la mer au large d'Erquy dans les Côtes d'Armor, une pratique qui l'a préparé à affronter les conditions exigeantes des championnats internationaux.
Concilier une vie de jeune athlète et la scolarité
Pour concilier sa passion dévorante et ses obligations scolaires, Basile suit le CNED (centre national d'enseignement à distance). Ce choix lui offre une flexibilité indispensable à son emploi du temps d'athlète de haut niveau : "C’est pas mal, parce que l’après-midi, je peux aller kiter. Ma rentrée, c’est une semaine après les autres !"
Cet équilibre repose également sur un soutien familial indéfectible. Ses parents sont toujours derrière lui, organisant ses déplacements, parfois longs et éprouvants, à travers l'Europe. "C’est grâce à eux que je peux faire tout ça. M’emmener pour une compèt’ avec 13 heures de route, c’est super gentil," reconnaît Basile avec gratitude. Son père, qui pratique lui-même cette discipline, ne regrette absolument pas cet investissement. Pour le jeune Basile, le regard est déjà tourné vers l'avenir : "J'aimerais bien faire une carrière pro, ça serait bien."
#
Lire aussi: Étoiles montantes de la natation en France
Lire aussi: Surf : Kauli Vaast, fierté française