Le monde du bodyboard, souvent méconnu du grand public et éclipsé par la médiatisation de son grand frère, le surf, recèle pourtant des talents d'exception dont le succès dépasse largement les frontières. Au cœur de cette discipline exigeante se trouve Pierre-Louis Costes, affectueusement surnommé PLC, qui est unanimement reconnu comme LA référence internationale du bodyboard. Ses exploits sur les plus beaux spots de la planète, comme à Nazaré au Portugal, ont été visionnés par d'innombrables jeunes fans de sports de glisse à travers le monde. Pourtant, derrière les titres mondiaux et les performances époustouflantes, se cache une réalité économique souvent difficile pour ce "sport niche", qui bénéficie de moins de visibilité médiatique et, par conséquent, de moins de sponsors.
Pierre-Louis Costes : L'Apogée d'un Champion du Monde et la Quête de l'Excellence
L'ascension de Pierre-Louis Costes vers les sommets du bodyboard mondial est le fruit d'une détermination sans faille et d'un talent inné pour la glisse. Sa carrière est jalonnée de moments mémorables, dont son premier titre mondial à un âge précoce. C'est aux îles Canaries, sur l'un des spots les plus célèbres du monde, Fronton, que ce Français est devenu champion du monde de bodyboard. Âgé de 21 ans seulement, Pierre-Louis Costes a décroché le titre suprême de la discipline en remportant l'IBA world tour (IBA pour International Bodyboarding Association) à l'issue d'une dernière manche disputée. Le jeune Tricolore a assuré son triomphe en atteignant les demi-finales d'une épreuve finalement remportée par l'Australien Jason Finlay. Sa performance la plus emblématique lors de cette compétition fut sans doute sa résistance face à une vague de trois mètres de haut. "Ce fut la vague de ma vie", a confié le bodyboarder français, ajoutant : "Je n'oublierai jamais cette vague. Je n'oublierai jamais Fronton. J'adore cet endroit."
Son succès ne s'est pas limité à ce seul exploit. Quelques mois après ce sacre, on le sentait monter sûrement en puissance. Après s'être magistralement imposé au Encanto Bodyboard Pro, avant-dernière épreuve IBA de l'année, PLC devenait il y a tout juste une semaine Champion du Monde ISA aux Canaries. Qualifié pour les quarts de finales qui avaient lieu cet après-midi à El Fronton, aux Canaries, dans une houle dantesque de près de huit pieds, il ne restait à Pierre-Louis qu'une seule série à passer pour accéder au sacre. Ce heat qui l'opposait au Sud-Africain Jared Houston fut probablement le plus long de sa jeune carrière. Tandis qu'à dix minutes de la fin les deux hommes n'étaient toujours pas réellement départagés, PLC s'est élancé sur un monstre épais et a disparu au plus profond du tube. Il en est sorti in extremis le poing levé dans l'exultation générale, conscient qu'il venait de toucher là du doigt le titre qu'il convoitait tant. Pierre-Louis Costes est ainsi devenu Champion du Monde IBA 2011 et a succédé à son compatriote et ami Amaury Lavernhe, signant un doublé ISA/IBA historique. Malheureusement, le Français chuta en fin d'après-midi face à Mitch Rawlins dans les demi-finales d'une compétition qui fut finalement remportée par l'Australien Jason Finley.
L'engagement de Pierre-Louis Costes dans le bodyboard remonte à ses premiers pas sur les spots de Casablanca, au Maroc. Avant même de décrocher son premier titre mondial, son potentiel était déjà évident. En octobre 2010, avant la dernière épreuve du circuit IBA aux Canaries, Pierre-Louis Costes avait déjà assuré à 95 % un titre de vice-champion du monde. Mais le bodyboarder licencié à l'Ocean Roots Surf Club d'Arcachon ne s'en était pas contenté. À tout juste 20 ans, et après quatre saisons passées sur le tour, il se projetait déjà sur l'année suivante. Interrogé sur sa deuxième place, il avait déclaré : "Terminer juste derrière, à une place du titre, c'est toujours frustrant. C'est peut-être même la place la plus frustrante, alors bien sûr il y a quelques regrets. Malgré tout je sais qu'il faut relativiser, cela reste ma meilleure saison. Une 2e place au classement mondial n'est pas facile à atteindre et je n'aurais pas forcément imaginé y parvenir un jour quand j'ai commencé le tour il y a quatre ans. Finalement je pense que ça ne fera que renforcer ma motivation pour la prochaine saison. Sans compter le fait que j'ai remporté pour la première fois des étapes cette saison. C'est une grosse satisfaction et un moteur pour la suite." Il avait alors également identifié ce qui lui avait manqué pour le titre : "Je pense que je manque encore un peu d'expérience, que j'ai manqué de concentration et peut-être d'agressivité sur les étapes clés. Mais je n'ai que 20 ans…". Cette analyse témoigne de la maturité et de la perspective d'un athlète de haut niveau, constamment en quête d'amélioration.
Le Bodyboard : Caractéristiques, Histoire et Attrait d'un Sport de Glisse
Pour apprécier pleinement les performances de ces athlètes, il est essentiel de comprendre ce qu'est le bodyboard. La première particularité de cette discipline est de se pratiquer allongé sur la planche, à la différence du surf classique. Il peut également se pratiquer debout ou avec un genou sur la planche et l'autre pied à plat. On parle alors de "dropknee", une technique qui possède son classement spécifique sur le IBA World Tour, démontrant la diversité des styles et des approches possibles. En dehors des positions, l'autre spécificité majeure du bodyboard tient à la nature de la planche elle-même. Celle-ci est plus petite qu'une planche de surf traditionnelle, mais aussi beaucoup plus souple, ce qui la rend plus maniable et réactive dans les vagues. Enfin, chaque bodyboarder dispose de palmes pour faciliter le départ sur la vague, offrant une propulsion supplémentaire pour attraper les déferlantes.
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Le bodyboard est un sport relativement récent, né après le surf dans les années 1960-1970. Comparé au surf, il est souvent perçu comme un sport plus accessible, avec une prise en main plus simple, ce qui ouvre la discipline à un public plus large. Cette facilité relative permet à un plus grand nombre de personnes de "surfer toutes les vagues", qu'elles soient petites ou grandes, creuses ou molles. Bien que jeune, le bodyboard est déjà très reconnu dans certains pays, comme l'Australie. Il a été popularisé dans les années 1990 par l'Hawaïen Mike Stewart, qui, du haut de ses neuf titres de champion du monde, peut être considéré comme le Kelly Slater du bodyboard, une figure emblématique dont les prouesses sur des vagues immenses, comme à Teahupoo, ont marqué l'imaginaire collectif et inspiré des générations de riders.
La France, Terre de Champions : Une Domination Discrète mais Incontestable
Le succès de Pierre-Louis Costes symbolise la vitalité de ce sport en France, mais il n'est pas le seul à hisser le drapeau tricolore au sommet. L'Hexagone est, en effet, au sommet de la planète bodyboard, même si la France ne le sait pas. Le double champion du monde réunionnais, Amaury Lavernhe, surnommé "Moz", et le landais Pierre-Louis Costes exercent depuis quelques années un quasi-monopole sur le Tour mondial. Leur renommée est d'ailleurs plus célèbre au pays des kangourous qu'en France même. Amaury Lavernhe, en tant que numéro un mondial (à une certaine période), a souvent survolé la compétition, comme lors d'une étape au Brésil et d'une excellente entame de la seconde étape au Chili, où il s'est qualifié pour la finale en 2015. Sur des vagues de plus de trois mètres, "Moz" a obtenu les meilleurs scores tout au long de la compétition, avec notamment deux vagues notées dix par les juges, récompensant son engagement total dans l'eau. Son compatriote Pierre-Louis Costes, champion du monde en 2011 et alors numéro deux mondial, fut éliminé en quarts de finale par le Canarien Diego Cabrera, particulièrement en forme. Mais le Landais de 25 ans n'avait pas démérité en réalisant plusieurs backflips impressionnants, des figures acrobatiques où le corps effectue un saut périlleux arrière.
La relève est également assurée par des talents prometteurs, à l'image de Louka Zaninotto. Ce Testerin, du club Ocean Roots, a remporté le championnat du monde junior de bodyboard sur le spot de Frontón, aux îles Canaries. À seulement 16 ans, Louka Zaninotto est devenu champion du monde junior de bodyboard, après sa victoire en finale face à l'Espagnol Alberto Pérez. Ce jeune prodige a brillé en glissant sur ces vagues mythiques à l'occasion du Frontón King, dernière étape et grande finale de l'International Bodyboarding Committee World Tour. La finale s'est déroulée dans des vagues de trois ou quatre mètres, offrant un très beau spectacle devant un public nombreux sur la falaise. Son concurrent ayant fait une chute, Louka avait ses points, scellant ainsi une "superbe performance". Louka Zaninotto est membre d'Ocean Roots, le club de surf et bodyboard de La Teste-de-Buch, depuis l'âge de six ans. C'est là, sur les plages océanes de La Teste, qu'il a appris et progressé, jusqu'à atteindre ce niveau qui le place parmi les meilleurs mondiaux.
Son sacre s'est déroulé en plusieurs étapes, avec un circuit junior international débutant par une épreuve qualificative par grande région du globe. Celle-ci s'est déroulée au Maroc et Louka l'a largement emporté, lui ouvrant les portes de la Grande Canarie où tout s'est joué en quelques jours avec 40 compétiteurs venus du monde entier. La particularité du spot de Fronton, avec son niveau d'eau bas, tire le niveau de tous vers le haut, exigeant une grande expérience pour surfer cette vague, une expérience que Louka a su démontrer. Louka Zaninotto avait d'abord commencé par le surf avec son frère et son père avant de passer au bodyboard, qu'il trouve "plus aérien". Son titre n'a pas été une surprise pour ceux qui le suivent depuis longtemps à Ocean Roots, ni pour lui-même, qui a toujours montré une ambition à la hauteur de son potentiel : "Je pensais que c'était possible, dans mes capacités, d'être champion du monde. J'étais confiant. Lorsque j'ai commencé plus petit, ce titre était un rêve." Cette nouvelle génération de champions confirme la place prépondérante de la France sur la scène du bodyboard mondial.
Les Spots Mythiques et l'Intensité de la Compétition Mondiale
Les compétitions de bodyboard se déroulent sur certains des spots de vagues les plus redoutables et spectaculaires de la planète, exigeant des athlètes une maîtrise technique et un courage hors du commun. Le spot de Fronton, aux îles Canaries, est fréquemment cité comme un lieu emblématique des championnats du monde, tant pour le circuit senior que junior. Sa réputation n'est pas usurpée, comme le témoignent les descriptions des conditions rencontrées par les compétiteurs. Lors du sacre de Pierre-Louis Costes, il fut question d'une houle dantesque de près de huit pieds, des vagues massives qui défient les limites de l'endurance et de l'habileté des riders. De même, la victoire de Louka Zaninotto en junior s'est déroulée sur des vagues de trois ou quatre mètres, conditions exigeantes pour un jeune athlète. Le spot de Fronton se caractérise également par le fait qu'il y a "peu d'eau", ce qui "tire le niveau de tous vers le haut", forçant les bodyboarders à une précision et une réactivité extrêmes pour éviter les rochers et maximiser chaque section de vague. "Il faut de l'expérience pour surfer cette vague de Fronton et Louka en a", a souligné son entraîneur, illustrant la spécificité de ce site.
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Au-delà de Fronton, le circuit mondial emmène les compétiteurs dans des destinations variées et exigeantes. Pierre-Louis Costes, par exemple, a remporté des étapes à Buzios (Brésil) puis à Lima (Pérou), avant que le tour ne revienne en Europe avec des compétitions en Espagne, à Sopelana, et au Portugal, à Sintra. Ces différentes étapes testent la capacité des athlètes à s'adapter à des types de vagues et des environnements marins distincts. La compétition est intense, comme le montrent les descriptions des finales et demi-finales où chaque vague compte et où les juges attribuent des notes précises. Les scores peuvent atteindre le maximum, comme les "deux vagues notées dix par les juges" qu'Amaury Lavernhe a obtenues, récompensant "son engagement dans l'eau". Les athlètes s'affrontent non seulement contre leurs adversaires, mais aussi contre la mer, cherchant le "tube", cette cavité parfaite au cœur de la vague, ou réalisant des figures "aériennes" comme les "backflips". Le niveau de l'élite mondiale est tel que chaque détail, chaque choix de vague, chaque manœuvre peut faire la différence entre la victoire et l'élimination, comme l'a vécu Pierre-Louis Costes en quart de finale face à Diego Cabrera, ou en demi-finale face à Mitch Rawlins, dans des heats qui s'annoncent comme "le plus long de sa jeune carrière". L'affrontement entre "Moz" et Jared Houston, un Sud-Africain au "style explosif, souple et particulièrement aérien", illustre également cette haute intensité et la diversité des styles dans le bodyboard professionnel.
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