Le kitesurf a explosé, clairement. Il y a 10 ans, nous étions peu sur les spots, aujourd'hui c'est la fête à la saucisse. La pratique s'est complètement démocratisée et de plus en plus de personnes rentrent dans cet univers qui ne cesse de s'agrandir. Certains briscards ne voient pas ça d'un bon œil, mais soyons objectifs : l'attrait croissant pour notre sport pousse les marques à innover constamment. Le kite évolue dans le bon sens. Et puis, plus on est de fous plus on rit, non ? Le kitesurf, ce sport de glisse né dans les années 90, séduit chaque année de plus en plus de passionnés à travers le monde. Sensations de liberté, vitesse, adrénaline, cette discipline aquatique coche toutes les cases pour celles et ceux qui souhaitent profiter pleinement de l’océan.
Le coût reste la grande barrière à la pratique. On ne va pas se cacher, le kitesurf est un sport aisé qui nécessite un certain budget. Il faut le reconnaître, le matériel de kitesurf coûte de plus en plus cher. Si l’on pouvait encore acheter une aile de kitesurf complète pour quelques centaines d’euros il y a 10 ans, le prix du neuf avoisine aujourd’hui le montant du salaire minimum mensuel français. Un kit complet neuf (aile, barre, planche, harnais, leash, pompe) se chiffre entre 2 500 et 5 000 €. Mais l'explosion du nombre de pratiquants et l'engouement pour les dernières nouveautés en terme de matériel par certains, ont créé un marché parallèle : celui de l'occasion.
Comprendre le marché de la seconde main
Aujourd'hui, on note un nombre incalculable d'ailes, boards et barres de seconde main en vente. Sur internet, dans les shops, voire même sous forme d'annonces sur les spots, on en voit de partout. Le marché français se répartit sur trois canaux : marketplaces particuliers, sites revendeurs et bourses physiques des clubs FFVL. Leboncoin domine en France (60 à 70 % du marché de l'occasion), suivi des sites spécialisés type KiteParadise, Glisshop ou Compétences à Hossegor pour le reconditionné. Le kitesurf est rattaché à la Fédération Française de Vol Libre (FFVL), au même titre que parapente, deltaplane et cerf-volant. Les clubs organisent des bourses d’occasion au printemps et à l’automne, calendrier sur ffvl.fr.
Le matos neuf est cher, c'est un fait. Dès l'achat du neuf la décote est importante, c'est un autre fait. Il est donc bien normal d'essayer de revendre le plus cher possible. Ce que je constate c'est que ça fonctionne mal. L'offre de matériel d'occasion est pléthorique. Le prix indiqué par le vendeur, s'il est parfois justifié, est souvent trop élevé pour susciter un intérêt immédiat. Souvenez-vous que plus vous mettez de temps à vendre, plus votre matos se décote… et souvent au final, vous baissez le prix de façon à ce qu'il puisse trouver acquéreur. Les prix observés sur le marché français s'organisent par tranches d'usure lisibles. Excellent état (saison 1-2) : décote 30 à 40 %, soit 1 500 à 2 000 €. Usé fonctionnel (saison 5 et plus) : décote 60 à 75 %, soit 500 à 900 €. Très usé ou pièces incomplètes : moins de 500 € pour un kit complet annoncé.
Stratégies pour une vente efficace
Si vous souhaitez vendre votre matériel, sachez qu'il est très difficile de vendre sans photo. De nos jours, aucune excuse pour ne pas montrer le matos. Un défaut de photo met la suspicion sur l'annonce, au même titre que des photos prises à la va-vite, sans intention précise ou des photos de catalogue piquées sur le Net. Les prises de vues se font aile gonflée. Si vous ne pouvez publier que 3 photos, faites-en une d'ensemble de l'extrados, une de détail et une de l'intrados. Si vous avez une réparation, utilisez une des photos pour la montrer.
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Si vous ne publiez pas votre annonce sur DEALkites, commencez votre titre par « kitesurf ». Ensuite indiquez successivement la marque, le modèle, la taille et l'année. Évitez de faire des phrases. Soyez le plus pragmatique, concis et complet possible : état général, première main ou pas, nombre approximatif de sorties, réparations, composition de la barre, localité, frais de port, accessoires inclus. Soyez transparent sur le réel état de votre matos. Omettre de signaler une réparation ou un défaut notable est équivalent à un mensonge, donc à une escroquerie. Chacun voit midi à sa porte mais avoir à gérer un acheteur mécontent parce qu'il s'estime abusé peut s'avérer fort pénible.
Une négociation se prépare simplement : il faut trouver son prix plancher (celui en deçà duquel vous refusez de descendre). Fixez-le pour une période donnée. Si vous ne vendez pas, reconsidérez la question. Pour réaliser une vente dans de bonnes conditions, il est important que chaque partie comprenne bien les motivations de la partie adverse. N'oubliez pas que pour lui aussi ça représente un travail conséquent de chercher, d'appeler, de visiter, etc. Vos deux intérêts sont convergents : il faut que cette aile change de main. Entendez-vous sur le prix et passez à autre chose.
Critères de choix pour l’acheteur
Le kitesurf est un sport technique où la sécurité repose entièrement sur le matériel : une aile qui se déchire, des lignes qui cèdent ou un quick release défaillant transforment une session en accident. Acheter d’occasion exige donc une vigilance particulière sur l’aile, le bridage, les lignes, la barre et le leash. Premier élément à prendre en compte : votre budget. Un étudiant n'aura pas les mêmes exigences financières qu'un cadre. On peut trouver du matériel correct à un tarif intéressant. Pour faire simple, plus le matos est vieillissant, plus le prix sera bas. Logique.
Quand on débute, on ne sait pas forcément quel type de planche ou d’aile conviendra le mieux à son style de glisse. Acheter en seconde main offre la possibilité de tester différentes configurations sans y consacrer trop d'argent. Il est possible de trouver des équipements de qualité à des prix beaucoup plus abordables, vous permettant ainsi de tester le sport sans avoir à faire un gros investissement initial. Quelques noms historiques se distinguent par leur durabilité éprouvée et leur disponibilité en seconde main en France : Cabrinha, North Kiteboarding, Naish, F-One, Slingshot et Duotone Kiteboarding.
Inspection technique de l’aile
Les ailes sont les éléments que l'on retrouve le plus en occasion. Attention, quand on dit occasion on ne dit pas forcément mauvais état. Vu le prix neuf des kites, de nombreux pratiquants renouvellent régulièrement leur matos pour éviter de perdre trop d'argent lors de la revente. On se retrouve donc souvent avec du matériel de seconde main en très bon état. L'aile est l'élément que l'on change le plus en kitesurf. Parce qu'on a une pratique différente, parce qu'on a progressé, parce qu'on veut les dernières nouveautés… Bref, tous les prétextes sont bons pour acheter un nouveau jouet !
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Demander toujours à gonfler l’aile. Cela doit être votre premier réflexe quelques minutes après avoir rencontré le vendeur. Premièrement, cela vous permettra d’avoir un premier aperçu de son état général. Deuxièmement, vous aurez beaucoup plus de temps pour contrôler si celle-ci garde bien la pression à l’intérieur de ses diverses chambres à air. Pour vous en assurer, tâtez le boudin central et assénez une pichenette sur celui-ci. S’il est bien gonflé, il sera dur au toucher et vous entendrez un petit bruit clair.
Portez également votre attention sur le bord d’attaque et recherchez des traces de frottement ou de déchirures. Soyez très méticuleux concernant cette partie du kitesurf, car elle encaissera l’ensemble des chocs frontaux en navigation. Si celle-ci comporte des réparations ou montre des signes des faiblesses apparentes, n’insistez pas. Analysez le bord de fuite, regardez que le spi ne se craquelle, ou pire, ne se déchire pas. Étudiez son usure. Si les dessins commencent à s'effacer, l'aile a vécu. Renseignez-vous sur ses éventuelles réparations. S’il en a subi, analysez-les. En fonction de comment celles-ci ont été faites, le comportement de l'aile peut être altéré.
Les valves ont tendance à se décoller avec le temps. On parle de maladie des valves. Soyez donc vigilant. Regardez bien que tout est correctement en place. Vérifiez les valves de gonflage et de dégonflage. Elles doivent fonctionner correctement, tout comme les clips de gonflage entre le bord d'attaque et les lattes. Étudiez la connexion à la pompe. Le cran de verrouillage ne doit pas être rongé. Les fuites sont à scruter : une aile de kitesurf s'analyse gonflée. Assurez-vous qu'il n'y a pas de fuite au niveau du bord d'attaque et des lattes. Scrutez les zones fragiles telles que les connexions et les coutures entre boudins.
Vérification des lignes et du bridage
N'oublions pas les lignes. Assurez-vous de leur bon état de marche. Les lignes ne doivent pas être usées, ni rongées par le sel. Regardez qu'elles ne présentent aucun nœud. Pour contrôler la longueur de vos lignes, démêlez votre barre, donnez ensuite les extrémités au vendeur. Demandez-lui de les tenir fermement ensemble au même niveau. Prenez maintenant la barre comme si vous alliez naviguer et relâchez le système de Trim. Tendez les lignes doucement jusqu’à la butée du chicken loop et vérifiez que la barre est parfaitement parallèle à l’axe que forment vos épaules.
Les bridages ne doivent pas présenter de traces d’usure et leurs ancrages doivent être solidement cousus dans la structure de l’aile. S’ils comportent des poulies, contrôlez chacune d’elles. Elles doivent tourner correctement dans leur logement et ne pas être rongées par le sel. Portez également votre attention sur la ligne de sécurité. Elle doit être en parfait état, sans nœud et coulisser sans forcer dans l’ensemble de ses guides. Optez toujours pour un système dont la ligne de sécurité est reprise sur un seul avant ou sur une 5e ligne. Celui sur les 2 avants a en effet prouvé à maintes reprises son inefficacité dans des conditions soutenues.
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Analyse de la barre et du système de sécurité
La barre est l'élément de pilotage et de sécurité. Vérifier son matériel avant chaque session est primordial pour limiter les gros pépins en pleine session. C'est à la barre que nous sommes accrochés et avec elle que nous pilotons. Tout doit fonctionner parfaitement. Assurez-vous que le chicken loop, le tchouch et le système de largage fonctionnent parfaitement. Faites attention au sel !
Concernant le bout de border/choquer, vérifiez son état général. Si celui-ci n’est pas gainé, contrôlez qu’il ne présente pas de traces de brûlure dues au frottement et qu’il n’est pas effiloché. Pour tester le chicken loop qui assurera votre sécurité en navigation, passez 2 doigts dans la boucle comme pour simuler un crochet et actionnez sa sécurité pour le libérer. L’ouverture et la fermeture du système d’armement doivent se faire sans forcer et le plus simplement possible. Une barre sans quick release moderne (antérieure à 2010-2012) est inutilisable en sécurité et refusée en école.
Choix et entretien de la planche
Concernant les planches d'occasion, moins de critères rentrent en jeu dans leur sélection. Toutefois, on note quelques points importants. Renseignez-vous sur les éventuelles restaurations et analysez-les. Assurez-vous de l'étanchéité parfaite de la board. Ainsi, vous évitez les pénétrations d'eau. Important : démontez les footstraps. Assurez-vous que rien ne soit rongé ni bloqué par le sel. Les réglages doivent se faire correctement. Le pas de vis ne doit pas être explosé. N'hésitez pas à mettre du frein filet sur les vis pour les empêcher de se desserrer naturellement plus tard.
Regardez que les ailerons ne soient pas abîmés. Si c'est le cas, un petit coup de papier à poncer et le tour est joué. Pour un surf directionnel, même topo. Surveillez les réparations antérieures. Assurez-vous qu'elles soient bien faites, propres et surtout, que la board soit étanche. Attention, une board non hermétique sera propice aux entrées d'eau. Le bois ou le pain de mousse va ensuite gonfler et éclater à terme. Renseignez-vous sur sa construction. Les futures réparations seront différentes si la board est en époxy ou en polyuréthane.
Gestion des réparations et précautions
Les réparations sont source d’hésitation pour beaucoup d’acheteurs. Je ne pourrais d’ailleurs que vous conseiller d’éviter autant que possible le matériel d’occasion qui a déjà été réparé. Cependant, toutes les réparations ne sont pas identiques et certaines n’influent en rien sur le comportement de l’aile. Les patchs servent principalement à boucher un micro-trou avec un bout de spi autocollant. Ils ne portent pas préjudice au comportement de l’aile à condition qu’ils fassent moins de 3 centimètres et ne soient pas nombreux. Pour être efficaces, ils doivent cependant avoir été proprement découpés et leurs bords doivent avoir été arrondis.
Les déchirures les plus communes sont celles en forme de « L ». Elles nécessitent bien souvent l’intervention d’un réparateur spécialisé. Si leur taille est inférieure à 15 cm par 15 cm, elles n’auront aucun impact sur le maniement de votre aile. Les éclatements sont généralement occasionnés par une surpression dans le bord d’attaque ou dans les lattes. Dans le cas d’une ligne de kitesurf ou d’un border/choquer cassé, aucune réparation n’est possible. Les lignes doivent être changées par paire pour garder une symétrie dans le pilotage. Le border/choquer quant à lui devra avoir été remplacé par un cordage identique.
Sécurité et vigilance accrue
Faites attention aux ailes de kitesurf volées. Les kitesurfeurs sont de plus en plus nombreux à être victimes du vol de leur matériel. Soyez donc très vigilant lorsque vous vous rendrez sur certains sites de petites annonces. La plupart de l’équipement dérobé sur les plages s’y retrouve. Il y est souvent proposé à très bas prix afin d’être revendu le plus rapidement possible. Si l’annonce vous semble suspecte (par exemple « A vendre cerf volant de plage »), n’hésitez pas à prévenir l’association de kitesurf la plus proche. N’achetez jamais un équipement volé, celui-ci est marqué lors de l’achat initial.
Si malgré tous ces conseils, vous n’êtes pas sûr de vous, rendez-vous chez un professionnel. Certains magasins de kitesurf proposent en effet un service « Dépôt-Vente » où vous pourrez acheter votre matériel d’occasion. Les ailes de kitesurf y sont généralement inspectées par le personnel avant d’être déposées en magasin. Le prix est souvent un peu plus élevé qu’entre particuliers, mais vous bénéficierez d’une certaine garantie à l’achat.