Le Manta : Une Innovation Majeure pour la Dépollution des Océans et la Valorisation des Déchets Marins

La pollution plastique représente une menace mondiale de grande ampleur pour nos océans et nos écosystèmes marins, aggravant une situation déjà critique. Face à cette menace mondiale, il faut agir sans tarder. Chaque minute, dix-sept tonnes de déchets plastiques sont rejetées en mer, soit dix à douze millions de tonnes par année. Yvan Bourgnon a fait face le long des côtes indonésiennes, de Sri Lanka et des Maldives, aux plastiques « qui ont été vraiment omniprésents dans mon quotidien pendant près de deux mois », a-t-il expliqué. « Et c’est là que j’ai pris conscience de la dégradation du fait que c’est ma génération, que cela s’est passé dans les 30 dernières années. Il a donc fallu que j’attende 2015 pour constater vraiment le cœur du cyclone sur cette pollution des plastiques », a-t-il raconté. C’est dans ce contexte alarmant et fort de cette expérience personnelle que le navigateur Yvan Bourgnon s’est lancé dans une initiative audacieuse : la construction d’un catamaran géant, baptisé le Manta, conçu pour collecter les déchets plastiques qui souillent les mers et les océans. Cette vision pour la préservation des océans est globale, à long terme et d’envergure planétaire. Elle intègre des perspectives économiques, sociétales, humaines, pédagogiques et scientifiques dans une dynamique solidaire, offrant ainsi une réponse concrète et innovante à la crise de la pollution marine.

La Genèse d'un Projet Ambitieux : L'Impulsion d'Yvan Bourgnon et The Sea Cleaners

Le projet Manta trouve son origine dans l'engagement d'Yvan Bourgnon, un navigateur de renom qui a notamment été vainqueur, en 1997, de la Transat en double Jacques-Vabre, avec son frère Laurent, aujourd’hui disparu. Son expérience en mer l'a confronté de manière directe et saisissante à l'ampleur de la pollution plastique. Lors d'un tour du monde en catamaran entre 2013 et 2015, il a été témoin de cette omniprésence des plastiques, une révélation qui a catalysé son action. De cette prise de conscience aiguë est née l'idée d’aller collecter les déchets « non pas au milieu des océans mais aux embouchures des fleuves, dans les mangroves, etc. ». C’est pourquoi le navigateur Yvan Bourgnon s’est lancé dans la construction d’un catamaran géant, le Manta, visant spécifiquement la collecte des déchets plastiques.

Son association, The Sea Cleaners, basée à La Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan, a été fondée pour concrétiser cette initiative. Le projet MANTA, porté par Yvan Bourgnon et ses équipes, vise à nettoyer les océans avec le navire MANTA. Ce projet se distingue par son approche holistique de la lutte contre la pollution plastique, une démarche qui va bien au-delà de la simple collecte.

Le Manta : Un Catamaran Géant et Multifonctionnel pour la Dépollution

Le Manta est une prouesse d'ingénierie navale, spécialement conçu pour la collecte à grande échelle des déchets plastiques qui flottent sur les océans. Le navigateur Yvan Bourgnon vient de dévoiler la maquette du Manta, le futur quadrimaran géant collecteur de déchets plastiques dans les océans, marquant une étape importante dans la concrétisation de ce projet. Long de 56,5 m, le Manta, destiné à la collecte des déchets en mer, devrait être opérationnel en 2024. Le Manta devrait être mis à l’eau dès l’année prochaine, selon des prévisions antérieures.

Dans sa version initiale, le catamaran mesurera 56,5 m de long, 26 m de large (et 46 m avec les tangons) et 62 m de haut, pour un poids de 1800 t. Dans sa version finale, le Manta mesurera 70 mètres de long, pour 49 m de large et 61 m de haut, démontrant une ambition et une capacité croissantes. Le Manta est ainsi le premier navire hauturier capable de collecter une grande quantité de macro-déchets plastiques qui flottent sur les océans, représentant un outil sans précédent dans la lutte contre cette pollution. Telle la raie manta qui se nourrit en filtrant l’eau de mer, le Manta avalera les déchets plastiques flottants pour les transformer en énergie, ou les rapporter à terre, afin de les valoriser, explique le porte-parole de l’association The Sea Cleaners. Le Manta sera un navire imposant et robuste, doté d'une capacité unique.

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Mécanismes de Collecte Innovants et Complémentaires

Pour accomplir sa mission de dépollution avec une efficacité maximale, le Manta sera équipé d'une série de dispositifs de collecte sophistiqués et adaptés à différentes tailles et types de déchets. Le catamaran sera en mesure de collecter les petits déchets, à partir de 10 mm, grâce à trois chaluts adaptés à cette mission. Ces chaluts spécifiques sont conçus pour filtrer l'eau de mer et retenir les particules plastiques les plus fines sans perturber l'écosystème marin.

Pour les gros débris flottants, tels que les filets dérivants ou les containers perdus par les navires, des solutions robustes sont prévues. Il sera également équipé de deux grues destinées à récupérer les gros déchets comme les filets dérivants, par exemple. Ce sont deux grues puissantes qui les sortiront de l’eau, permettant la récupération de macro-déchets encombrants et potentiellement dangereux. Acheminés dans le Manta par un système de tapis roulants, les matières plastiques valorisables seront séparées des autres débris et compactées en balles de 1 mètre cube, facilitant leur gestion à bord.

En complément de ces systèmes embarqués directement sur le catamaran principal, deux petits bateaux d’appoint, appelés Mobuila, seront affectés à des missions spécifiques. Ces Mobuila, embarqués à bord du navire, seront dédiés à la collecte des déchets plastiques et des hydrocarbures dans les eaux côtières peu profondes, ainsi que dans les estuaires. Ces bateaux d’appoint permettent une action ciblée et efficace dans des zones moins accessibles au catamaran géant, optimisant ainsi la couverture des zones polluées. Le projet utilise des technologies innovantes telles que les bateaux Mobula pour nettoyer les déchets.

Stratégie Opérationnelle et Zones d'Intervention Ciblées

La stratégie opérationnelle du Manta est pensée pour maximiser son impact en se concentrant sur les zones où la concentration de déchets est la plus critique. « Le Manta agira surtout aux débouchés des grands fleuves, dans les estuaires, près des littoraux, ainsi qu’aux abords des grandes villes côtières », a précisé le porte-parole de l’association The Sea Cleaners. Cette approche ciblée est fondée sur l'idée d’aller collecter les déchets « non pas au milieu des océans mais aux embouchures des fleuves, dans les mangroves, etc. », ce qui représente une méthode pragmatique et efficace pour intercepter la pollution à sa source, avant qu'elle ne se disperse davantage dans les océans.

En termes de capacité, « Le Manta sera capable de ramasser jusqu’à trois tonnes de déchets par heure », indique l’association. Notre capacité de collecte, c’est 600 m3 en stockage mais notre objectif c’est 1600 m3 de ramassage par campagne, ce qui souligne l'ampleur des opérations envisagées. Les campagnes de collecte sont prévues pour durer entre quinze jours et un mois. Le projet MANTA permettra de collecter les déchets plastiques à grande échelle dans les océans. En nettoyant les déchets, en soutenant le recyclage local, en favorisant le changement de politique et en impliquant les communautés, le projet Manta s’inscrit dans une démarche durable et globale.

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Autonomie Énergétique et Valorisation des Déchets à Bord

Une des caractéristiques les plus innovantes du Manta est sa capacité à transformer une grande partie des déchets collectés directement en énergie, assurant ainsi une autonomie opérationnelle significative et réduisant son empreinte écologique. Les déchets collectés serviront, pour la plupart, de carburant au bateau. Les autres seront triés, puis ramenés à terre pour y être recyclés ou détruits, maximisant ainsi leur valorisation.

Le Manta sera équipé d’un four à pyrolyse capable de porter à haute température 95 % des déchets collectés, pour les transformer en gaz de synthèse. Ce gaz permettra, ensuite, de chauffer un fluide qui alimentera un turbo-alternateur, afin de produire l’électricité pour assurer, notamment, la propulsion du bateau. On va installer des pyrolyses à bord, des incinérateurs qui transforment le plastique en gasoil dont on va se resservir, ce qui illustre un modèle d'économie circulaire embarquée.

Ce dispositif de production d'énergie à partir des déchets sera complété par plusieurs batteries de panneaux solaires, des éoliennes et des hydro-générateurs associés aux hélices, afin de maintenir les batteries en charge. Des groupes électrogènes viendront également compléter cet arsenal énergétique pour assurer une fiabilité totale. L’enjeu pour les concepteurs du Manta était de mesurer combien on pouvait collecter mais aussi de le faire avec une empreinte carbone à zéro. On a maintenant une bonne idée du bateau en dissociant la propulsion quand on convoie et celle quand on collecte. Avec les tapis roulant dans l’eau, à 3 nœuds on sait qu’on consomme 20 fois moins d’énergie que si on était à 10 nœuds. Les éoliennes marchent très bien en produisant 400 KW. Cette synergie de technologies permet au Manta d'opérer avec une efficacité énergétique remarquable et une empreinte environnementale minimale.

Une Plateforme Scientifique et un Vecteur de Connaissance

Au-delà de sa fonction primaire de collecteur de déchets, le Manta est également conçu pour servir de plateforme scientifique et éducative essentielle. Le Manta pourra accueillir trente-quatre personnes à son bord, dont douze passagers, des places étant réservées à des scientifiques. Ces scientifiques disposeront d'installations de travail à bord, leur permettant de mener des recherches directement sur les zones de pollution. Sur le bateau on aura 12 membres d’équipage et 2 équipes de 6 pour trier les déchets.

Selon ses concepteurs, le bateau doit aussi servir de plateforme de travail pour des équipes de recherche dans le but, selon l’association, de faire progresser les connaissances scientifiques en matière de géolocalisation, quantification et caractérisation de la pollution plastique. Le projet MANTA permettra aussi d’analyser les morceaux de plastique récupérés afin de mieux comprendre l'origine des déchets et leur impact sur l'environnement marin. Cette dimension scientifique est cruciale pour une meilleure compréhension des mécanismes de la pollution et le développement de solutions plus efficaces et ciblées.

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L'Approche Holistique de The Sea Cleaners et l'Impact Global

L'initiative du MANTA et l'action de The Sea Cleaners s'inscrivent dans une démarche plus large, caractérisée par une approche holistique de la lutte contre la pollution plastique. Le projet MANTA ne se limite pas à la collecte des déchets plastiques, il vise également à collaborer avec les communautés côtières et les acteurs locaux. En sensibilisant les populations locales aux dangers de la pollution plastique, The Sea Cleaners encourage une prise de conscience collective et des actions concrètes. Chaque mission est conçue pour durer et permet aux populations locales de maintenir l'élan longtemps après notre départ, favorisant ainsi un changement durable.

L'association s'engage sur plusieurs fronts : que ce soit par des campagnes de sensibilisation, des nettoyages, des initiatives éducatives, l'engagement communautaire, des événements, la création de contenu, des partenariats ou en appliquant vos compétences uniques : choisissez l'action pour un impact réel ! Le bilan 2025 de notre action en Malaisie est un exemple concret de cette approche. Le Mobula 8.2 a transformé 135 000 débris marins en biens communautaires à Kota Kinabalu. Ce navire de nettoyage côtier a collecté 2 tonnes de déchets, formé des équipes locales et transformé 630 kg de plastique en 61 mètres de passerelles. La preuve que l'interception de la pollution à proximité de la source a un impact mesurable. Un bon départ a été observé à Kota Kinabalu, où, en trois mois, Mobula 8.2 a collecté plus de 53 000 déchets plastiques. Entre mer agitée, équipes à renforcer et partenariats qui se mettent en place, le défi maintenant est de transformer cette collecte en véritable circuit de recyclage local. Les Bali Ocean Days 2026 ont réuni des acteurs publics, des scientifiques et des entreprises pour discuter de solutions marines concrètes. Nous expliquons pourquoi l'innovation ne compte que si elle se traduit par des tonnes interceptées et un impact durable.

Financement, Partenariats et Perspectives d'Avenir du Manta

Le développement et la mise en œuvre du Manta représentent une entreprise de grande envergure qui nécessite un financement conséquent et le soutien de nombreux partenaires. L'association The Sea Cleaners a déjà réuni quelque 7 millions d’euros, sur les 25 indispensables pour achever le projet, grâce au soutien d’une vingtaine de grands mécènes, ainsi que de plusieurs milliers de petits contributeurs. Plus récemment, l'association Seacleaners d'Yvan Bourgnon a réuni 10 millions d'euros sur les 30 millions nécessaires pour construire un premier bateau. Le bateau n’est cependant pas encore totalement financé, et elle demande donc de l’aide pour atteindre son objectif financier. Notre budget c’est 1 M€ de fonctionnement par an et 25 M€ la construction du bateau, ce qui illustre l'ampleur des fonds nécessaires. L’initiative du MANTA est déjà soutenue par de nombreux partenaires et sponsors, y compris des institutions internationales telles que l'ONU. The Sea Cleaners remercie ses partenaires, car leur soutien est essentiel à leurs missions, puisqu'il les aide à protéger les océans et à susciter des changements réels et durables.

En présentant la maquette du Manta, l'objectif était aussi de tenir informé nos 7000 contributeurs qui nous ont suivi sur la phase de crowdfunding et les nombreux mécènes qui nous accompagnent. On avance, il y a eu énormément de travail de fait. Au début on a lancé l’idée. Elle est maintenant validée avec cette maquette. L'association prévoyait de le mettre en construction en 2020, pour effectuer ses premières missions dès 2022.

Malgré l'enthousiasme général suscité par le projet, des voix s'élèvent pour nuancer l'impact potentiel de telles initiatives à l'échelle planétaire. Pour François Galgani, responsable de projet à l'Ifremer, associé au projet, cela permettra de récupérer des déchets ayant de la valeur, comme les filets de pêche, et de les recycler. Cependant, "l'idée est de nettoyer les océans, c'est noble mais ce n'est pas possible", tempère-t-il, estimant qu'il faut réduire au maximum la pollution à terre. "Ce projet permet de faire avancer les consciences", juge Stéphane Bruzaud, chimiste et chercheur au CNRS, qui n'est pas associé au projet. Ces perspectives soulignent l'importance d'une action complémentaire et coordonnée à la source de la pollution.

L'Appel à l'Action : Le Rôle de Chaque Individu

Le navigateur Yvan Bourgnon met en avant l'importance de l'engagement individuel dans la lutte contre la pollution plastique des océans. Il insiste sur le fait que des gestes simples tels que l'utilisation de sacs réutilisables, l'abandon des pailles en plastique et la participation à des opérations de nettoyage des plages peuvent avoir un impact significatif. L'initiative du MANTA est un exemple d'action concrète qui inspire et montre la voie.

Rejoignez notre mission pour des océans sans plastique : soutenez nos actions en devenant partenaire ou en faisant un don. Ensemble, agissons concrètement dès aujourd'hui. Devenez bénévole : rejoignez notre équipe de bénévoles passionnés et agissez pour des océans plus propres. Votre temps, vos compétences et votre énergie peuvent faire une réelle différence. Nettoyons ensemble ! The Sea Cleaners remercie également ses ambassadeurs : leur engagement est essentiel à leur mission, car il inspire l'action et amplifie leur lutte contre la pollution plastique des océans.

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