Navigation en catamaran dans les latitudes extrêmes : Guide pratique et conditions

La navigation dans les régions polaires, qu’il s’agisse de l’Arctique ou de l’Antarctique, représente l’un des défis les plus exigeants et les plus gratifiants pour tout marin. Si la tradition maritime privilégie souvent le monocoque en acier pour sa supposée robustesse face aux glaces, l’expérience moderne prouve que le catamaran, bien préparé, offre des perspectives d’exploration uniques. Passionné de montagnes et du Grand Nord, j'ai pu expérimenter cette réalité avec le Lagoon 450 F nommé l’Arctic Princess. L’esprit Natur’all est avant tout de regrouper des personnes unies par des passions communes, une certaine vision du voyage et des valeurs fortes telles que le respect de l’environnement. Les récits et écrits vous diront que pour ce genre de latitude, il vaut mieux naviguer en monocoque et en acier de préférence, mais j’opte pour tout à fait autre chose, un catamaran.

Le choix du catamaran pour les hautes latitudes

Le catamaran apporte un espace de vie important, des cabines spacieuses et confortables, une ambiance chaleureuse, une stabilité et un panorama à 360° par ses ouvertures. D’un point de vue technique, le Lagoon 450 F a totalement répondu à nos exigences lors du séjour Ski & Voile, que ce soit pour entreposer le matériel que nous avions mis sur le pont arrière à l’abri, grâce à des toiles de tour de cockpit, le fermant intégralement. L’isolation et son chauffage puissant pour rendre l’habitacle agréable et faire sécher nos affaires. La ventilation efficace permet d’éviter la condensation et nous permet de rester au sec.

Le poste de pilotage abrité et fonctionnel est un atout pour le skipper, lui permettant d’agir rapidement, efficacement et en toute sécurité. Des petites choses qui facilitent la vie à bord. Il est important de noter que les catamarans composites sont fabriqués à partir de divers matériaux, notamment la fibre de verre, la fibre de carbone et le kevlar, et sont conçus pour être solides, légers et rapides. Cependant, avant d’embarquer pour un tel voyage, il est important de s’assurer que le catamaran est correctement équipé avec des éléments de sécurité adéquats tels que les combinaisons de survie, les radeaux de sauvetage et les dispositifs de communication d’urgence.

L'expérience antarctique : entre défi et découverte

Naviguer en Antarctique est une expérience unique et palpitante pour de nombreuses raisons. C’est le continent le plus froid, le plus sec et le plus venteux de la planète. La navigation en Antarctique vous permet d’explorer cet incroyable continent comme peu de gens l’ont fait. Vous pouvez passer devant d’imposants icebergs, observer la faune marine de près et être témoin de la beauté de la nature vierge de l’Antarctique. En outre, naviguer en Antarctique peut offrir un sentiment d’aventure et de défi, en naviguant dans les eaux glacées et les conditions météorologiques imprévisibles de cette région isolée.

C’est un choix délibérément provocateur que Dominique et Christine ont fait à l’époque en naviguant en Antarctique avec leur Outremer 45 Danson, de 2007. Une fois partis, en commençant par la Mer Rouge et l’Océan Indien, leur trajet s’est construit de rencontres, d’opportunités, d’envies, de chemins originaux et atypiques. La traversée du Drake, les mouillages restreints, le vent, les glaces, le froid, l’humidité, le brouillard sont autant de facteurs à maîtriser. Naviguant à 7-10 nœuds, la fenêtre météo semble bonne malgré de fortes houles, rendant la traversée inconfortable. Le troisième jour de navigation, en fin de journée, un brouillard, ou plutôt une brume, obscurcit l’horizon. Lorsque le ciel s’éclaircit, un énorme mur blanc semble apparaître. Impressionnant, irréel, magique.

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Défis techniques et gestion de l'environnement polaire

L’ancre tient rarement bien. Les amarres à terre ripent ou se cisaillent sur les rochers acérés. Le vent a tourné de 180° en moins de 10 minutes. La glace, d’apparence lente, envahit un mouillage en à peine 2 heures. Difficile de se sentir en sécurité. Il leur faudra, à plusieurs reprises, abandonner rapidement les lieux. La descente de l’équipage passera par Cuverville, port Lockroy, Pleneau et Vernadsky à un peu plus de 65° sud. L’ascension sera plus difficile. Les vents avaient modifié la position de la glace et rassemblé les growlers. Certains passages se font au ralenti pour traverser les couloirs de glace en toute sécurité.

Un coup de vent est annoncé. L’équipage se réfugie dans une baie proche de la base espagnole Juan Carlos. Une poignée d’heures plus tard, le vent se lève et tourne régulièrement à 180°. Les rafales sont de plus en plus violentes. L’anémomètre ne suit plus. 40 kts déjà. Il affichait bien plus ! Trop de tourbillons. La mer fumait. Ce sont les 10 dernières heures. 10 heures d’inquiétude, de stress et d’interrogations ! Le bateau allait se briser ou littéralement s’envoler ! L’équipage ne peut que se blottir et attendre l’accalmie, subissant les assauts du vent.

Préparation et vie à bord : guide de survie et confort

Comme la plupart des expériences les plus enrichissantes de la vie, une expédition en Antarctique nécessite une certaine préparation et des connaissances. C'est pourquoi nous avons conçu ce guide pour vous aider à préparer votre voyage. La vie à bord de nos navires est suffisamment importante pour mériter sa propre liste de A à Z. Certaines de ces directives sont destinées à la sécurité, d'autres à la protection de l'environnement.

N'oubliez pas que vous ne vous contentez pas de lutter contre le froid. Le "facteur de refroidissement éolien" mesure la part de votre chaleur qui peut être emportée par le vent par rapport au seul refroidissement de l'air immobile. C'est pourquoi nous suggérons humblement que votre couche extérieure soit un coupe-vent, de préférence imperméable. En dessous, vous aurez besoin de couches amples - les vêtements serrés ne permettent pas de laisser une couche d'air entre votre peau et le vêtement. Essayez d'éviter le coton si vous le pouvez. Il est préférable de superposer les vêtements plutôt que de porter un ou deux vêtements très lourds.

Les mains et les pieds représentent une grande surface pour une faible masse corporelle, ce qui signifie qu’ils ont tendance à dégager de la chaleur. Si vous avez l’intention de prendre beaucoup de photos, nous vous suggérons de porter des gants fins en polypropylène sous vos moufles - vous pourrez les enlever et prendre vos photos tout en étant protégé. Vos pieds seront très probablement mouillés lors de votre croisière en Antarctique, alors n'oubliez pas d'en emporter des paires supplémentaires. Les bottes en caoutchouc sont très importantes ! Lorsque vous descendez d'un Zodiac sur la terre ferme, vous êtes sûr de marcher dans l'eau. Il est très important de garder vos pieds au sec.

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Responsabilité et éthique dans les zones fragiles

Il existe toute une série de traités et de contrats entre plusieurs nations qui régissent l’activité humaine dans l’Antarctique. La conservation de la nature sauvage et de la faune est une préoccupation majeure - nous sommes des visiteurs, pas des propriétaires. Les personnes qui effectuent une croisière en Antarctique doivent savoir que l’environnement dans ces régions est particulièrement vulnérable. Les oiseaux, les mammifères et les plantes survivent tous dans la zone d’existence marginale. Ne pas nourrir, toucher ou manipuler les oiseaux ou les phoques, ni les approcher ou les photographier de manière à modifier leur comportement.

L’Antarctique reste relativement vierge, c’est la plus grande zone sauvage de la planète. Il n’a pas encore été soumis à des perturbations humaines à grande échelle. Ne jetez pas de détritus ou d’ordures sur la terre ferme. Ne pas perturber ou polluer les lacs et les cours d’eau. Vérifiez que l’équipement et les bagages que vous prévoyez d’emporter sont propres et exempts de terre et de graines. Connaissez vos capacités, les dangers posés par l’environnement antarctique et agissez en conséquence. N’attendez pas de service de secours.

Dynamique de la navigation océanique et circumnavigation

Le tour du monde en catamaran n’a rien d’un rêve fou : des couples, des familles avec trois ou quatre enfants embarqués en Nautitech 40 ou 46 prouvent en ce moment même que l’aventure est à portée d’étrave. Parce qu’elle ne présente pas, loin de là, le même degré d’exigence sportive, physique et mentale qu’un Vendée Globe. Parce qu’il est tout à fait possible, comme l’ont raconté de nombreux navigateurs, de réaliser la grande boucle en voilier sans rencontrer la moindre tempête, voire le plus léger coup de vent. Simplement des orages ou des grains parfois précédés de bonnes rafales.

À l’évidence, lorsqu’on explore sur la carte la meilleure route possible autour du monde en catamaran à voile, la première question qui se pose, outre celle du budget, n’est pas tant où aller, mais quand partir pour ce voyage d’une vie ? Ce qui conduit tout naturellement à un préalable : de combien de temps dispose-t-on ? Embarquée sur leur catamaran Nautitech 46 Open Kumbaya, la famille Dolley était partie pour un voyage de trois années. Elle en mettra quatre. Ainsi, même s’il est toujours possible de lutter contre le chronomètre, comme on n’est pas exactement lancé dans un Trophée Jules Verne ni dans un record du monde, mieux vaut compter large en voilier même si on ne part pas pour une croisière : trois ans constituent une durée raisonnable, nous verrons pourquoi.

Autre évidence, le meilleur itinéraire autour du monde en catamaran est celui où le vent souffle toujours dans la bonne direction, autant dire celle vers laquelle on se dirige. Avec la mer de l’arrière. Poussés par les vagues et le vent, les catas sont faits pour abattre leurs 160 à 200 milles par vingt-quatre heures en moyenne. Or, la nature étant bien faite, cette route existe, c’est celle des alizés. Dans l’hémisphère nord, les vents tournent dans le sens des aiguilles d’une montre autour de ces bulles de haute pression, et en sens inverse dans l’hémisphère sud. Si bien qu’en suivant une route au sud des anticyclones dans l’hémisphère nord et au nord de ceux-ci dans l’hémisphère sud, on est assuré de bénéficier de cette merveilleuse trouvaille de la nature que sont les alizés, un véritable itinéraire tout tracé.

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Météorologie et planification des routes arctiques

Les mois d’été pendant lesquels nous naviguons (de fin mai à début septembre), il fait presque jour 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec de longues heures dorées qui éclairent le paysage d’une lumière à couper le souffle. Les températures peuvent varier de 18°C (64°F) dans le sud à 3°C (38°F) au Svalbard, ce qui en fait un endroit beaucoup plus tempéré que ce que l’on croit souvent. Si l’eau reste froide, l’air est souvent vif et rafraîchissant plutôt que rude et mordant.

Le soleil de minuit est l’une des grandes merveilles de la navigation dans l’Arctique. De fin mai à fin juillet, le soleil ne se couche jamais complètement, créant une lumière dorée surréaliste et permettant de naviguer et d’explorer vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La navigation dans les hautes latitudes nécessite également une planification minutieuse, car les compas magnétiques ne sont plus fiables et les cartes peuvent être obsolètes ou incomplètes.

L’Arctique abrite une faune parmi les plus extraordinaires de la planète, chaque espèce étant adaptée de manière unique aux conditions difficiles et isolées de la région. L’un des habitants les plus emblématiques est l’ours polaire, le prédateur arctique par excellence, que l’on voit souvent rôder sur la glace au Svalbard. Ces créatures majestueuses dépendent de la glace de mer pour chasser les phoques et sont un véritable symbole de la nature sauvage de l’Arctique. Tout aussi impressionnants sont les morses, de grands mammifères marins sociaux qui se rassemblent sur la banquise et les côtes rocheuses. Leurs défenses distinctives et leur taille en font l’un des animaux les plus fascinants à observer dans la nature.

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