Catamaran : Maîtriser le Dessalage et Confectionner une Capote de Roof Durable

La navigation en catamaran, qu'elle soit sportive ou de plaisance, offre des sensations uniques et une habitabilité appréciée. Cependant, ces multicoques, malgré leur stabilité apparente, sont confrontés à des défis spécifiques, tant en termes de sécurité en mer que d'entretien à long terme. Comprendre les dynamiques de leur comportement en navigation, notamment les risques de dessalage, est fondamental pour tout navigateur. Parallèlement, assurer le confort et la protection à bord passe souvent par la mise en place d'équipements adaptés, tels qu'une capote de roof, dont la confection relève parfois d'un art artisanal nécessitant savoir-faire et matériaux de qualité. Cet article explore ces deux facettes essentielles de la vie d'un catamaran : la prévention et la gestion du dessalage, ainsi que les clés pour fabriquer une capote de roof robuste et pérenne.

Comprendre et Prévenir le Dessalage en Catamaran

Naviguer en toute sécurité sur un catamaran implique une connaissance approfondie de ses réactions face aux forces naturelles. Le terme "dessaler" ou "chavirer", si l'on navigue en eau douce, décrit la situation où le voilier se couche sur l'eau. Il existe principalement deux types de dessalage qui peuvent affecter un catamaran, chacun présentant ses propres dangers et caractéristiques.

L'un des scénarios les plus critiques est l'enfournement, qui se produit lorsque le bateau plonge dans la houle puis dessale par l’avant. Ce phénomène est particulièrement dangereux car le bateau s'arrête net, augmentant considérablement le risque de blessures pour l'équipage. Un autre type spécifique aux multicoques est ce que l'on appelle la "cathédrale". Dans ce cas, le dessalage se fait par l’arrière, avec les deux coques qui se lèvent pour former une silhouette de cathédrale dans le ciel. Comprendre ces mécanismes est la première étape pour les anticiper et les éviter.

L'inclinaison transversale du bateau, appelée gîte, est un indicateur clé du risque de dessalage. L'assiette, quant à elle, représente l'inclinaison longitudinale. En termes simples, un bateau gîte lorsque son flanc s'incline d'un côté ou de l'autre. Généralement, le bateau gîte du côté où les voiles sont poussées par le vent. Si le vent vient de la gauche et que le bateau est en tribord amure, les voiles seront tendues en bâbord, entraînant une gîte sur ce même bord. Deux facteurs principaux expliquent cette inclinaison : le vent et le poids. Un vent fort exerce davantage de force de poussée sur les voiles, faisant gîter le bateau. De même, le poids des équipiers et du matériel peut alourdir le bateau, influençant sa gîte.

Pour maîtriser cette inclinaison et éviter le dessalage, plusieurs techniques peuvent être employées. La répartition du poids de l'équipage est primordiale. En déplaçant tous les équipiers à la contre-gîte, c'est-à-dire du côté opposé à l'inclinaison, le bateau gîtera significativement moins. Une autre méthode consiste à réduire la voilure. Si le bateau gîte beaucoup, voire dessale, c’est sans doute un signe de surpuissance. À terre, il est aisé de prendre un ris sur la voile, ce qui a pour effet de la rendre plus petite. En revanche, sur l’eau, cette manœuvre n'est pas toujours simple ou opportune. Pour contrer une gîte forte en navigation, l'idée est de faire contrepoids pour redresser le bateau. Cela peut impliquer de sortir au trapèze si le bateau le permet, ou de faire du rappel contre les filières, en sortant les jambes du bateau.

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En outre, une gestion fine de la grand-voile (GV) peut limiter la force de propulsion. En ouvrant davantage la GV, on réduit la poussée exercée par le vent. Il suffit de choquer la GV ou d'ouvrir le chariot de quelques centimètres - 15 à 20 cm sont souvent suffisants, il n'est pas nécessaire de lâcher 2 mètres d'écoutes. Il est intéressant de noter qu'en catamaran, la vitesse maximale est atteinte lorsque la coque au vent est à fleur d'eau. Cette approche contraste avec les dériveurs (lestés ou non) ou les quillards, où l'objectif est de minimiser la traînée dans l'eau ; plus la poupe du bateau est enfoncée, plus la traînée est importante.

Le dessalage n'est pas toujours le résultat d'une force majeure mais peut découler d'un manque d'attention. Un exemple éloquent est celui où, en tête d'une régate, l'équipage discute avec le jury d'arrivée alors que de grosses rafales de vent se manifestent, la grand-voile étant laissée au taquet. Par inattention, la rafale suivante n'est pas anticipée, conduisant inévitablement au dessalage. Cet incident souligne l'importance d'une vigilance constante et d'une gestion proactive des voiles en toutes circonstances.

Techniques de Redressage et Préparation

Lorsque, malgré toutes les précautions, un catamaran se retrouve chaviré, connaître les procédures de redressement est vital. Une fois le bateau à moitié retourné, le barreur peut généralement accéder facilement à la dérive. L'équipière peut alors enjamber la coque, sur l'avant, du côté du mât. Le barreur monte ensuite sur la dérive, qui est à l'horizontale, ce qui facilite son accès. Le bateau se redresse alors, et l'équipière se retrouve à l'intérieur. Cette manœuvre, "si simple à deux", est d'une efficacité redoutable. Une autre solution pour l'équipière, si le barreur peut atteindre la dérive, est de se mettre à l'eau, de nager autour du bateau et de s'accrocher au mât. Ainsi, lors du redressement, elle se retrouvera au milieu de la coque.

Il est fortement recommandé de s'expérimenter à ces manœuvres dans des conditions aisées au préalable. Comme cela a été pratiqué à Bauduen, un entraînement dans un environnement contrôlé est essentiel, car en pleine régate, par vent fort et eau froide, la situation est loin d'être aussi simple. Cette préparation garantit que l'équipage sera prêt à réagir efficacement en cas d'incident réel.

L'Importance de l'Entretien et du Stationnement Spécifique aux Multicoques

Au-delà de la navigation elle-même, l'entretien rigoureux et le stationnement approprié des catamarans sont des aspects cruciaux pour leur longévité et la sécurité de l'équipage. Les directives d'entretien ne se limitent pas à la coque et aux voiles, mais englobent également tous les équipements à bord. Par exemple, il est impératif de s'assurer que les trampolines sont rincés à l’eau douce, puis retirés et stockés en toute sécurité sous les ponts. De même, l'annexe (dériveur) doit être sécurisée de manière appropriée, idéalement sous le pont. Si ce n’est pas possible, il faut s'assurer qu’elle est bien attachée et qu’elle peut résister aux vents violents. Il est également essentiel de ne laisser aucun équipement, quincaillerie, détritus ou effets personnels autour du bateau, afin d'éviter tout risque de détachement ou d'endommagement. Enfin, la manipulation du gréement dormant doit être effectuée avec la plus grande prudence : il ne faut jamais tenter de le libérer ou de le retirer sans autorisation préalable et sans l’aide d’un professionnel. Ces directives font partie intégrante des meilleures pratiques d’entretien des yachts et sont souvent stipulées dans les conditions générales de vente des ports et des chantiers navals.

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Le stationnement à terre des multicoques requiert des infrastructures adaptées en raison de leur largeur. Des entreprises spécialisées comme Port Navy Service excellent dans le stationnement à terre de catamarans et trimarans pouvant atteindre jusqu’à 13 mètres de large. Pour ces navires, un calage spécifique est mis en œuvre, utilisant des épontilles métalliques et des traverses de bois. Pour les catamarans à dérives, de larges cales d’acier sont positionnées sous les coques afin de garantir un support stable et sécurisé. L'immensité de sites tels que Port Navy Service, qui accueille plusieurs centaines de catamarans et trimarans sur 22 hectares de port à sec, témoigne des investissements réalisés dans des infrastructures spécifiquement conçues pour les multicoques. Ces installations garantissent des disponibilités à l’année et un lieu de stockage idéal pour ces bateaux particuliers, assurant ainsi leur préservation dans les meilleures conditions.

La Confection d'une Capote de Roof pour Catamaran : Un Projet Exigeant mais Réalisable

Au-delà des aspects liés à la navigation et à la sécurité, le confort à bord d'un catamaran est souvent amélioré par des aménagements spécifiques, dont la capote de roof est un excellent exemple. Cet élément, bien que non directement lié au dessalage, participe à la qualité de vie à bord et à la protection des équipements. La réalisation d’une capote de roof pour voilier n’est pas un travail de débutant. C'est un chantier complexe qui demande déjà de bonnes connaissances en couture avant de se lancer. Il est donc fortement conseillé, dans un premier temps, d'apprendre les rudiments de la couture.

Heureusement, de nombreuses ressources sont disponibles pour les passionnés. L'apprentissage en ligne est une option précieuse : les blogs de couture, regorgeant d’informations intéressantes et de multiples tutoriels, sont une mine d'or pour acquérir les compétences nécessaires. Les conseils d'experts sont également inestimables. Par exemple, la collaboration avec une amie expérimentée en couture marine peut transformer un défi en une tâche agréable. L'échange de savoir-faire et d'astuces permet d'aborder le projet avec plus de confiance et d'efficacité.

Le Matériel Indispensable pour Coudre une Capote de Roof

La réussite d'une capote de roof repose autant sur le savoir-faire que sur la qualité des outils et des matériaux employés.

La Machine à Coudre : Le Cœur de l'Atelier

Il n'est pas toujours nécessaire de posséder une machine à coudre professionnelle hors de prix pour réaliser un travail de qualité. Une machine familiale robuste et fiable peut faire des merveilles. Une "vieille" Janome, par exemple, peut s'avérer être une compagne de route incroyable, capable de piquer les toiles les plus épaisses sans faillir. Acquise en 2011 à Raiatea, en Polynésie, pour environ 268 Euros, un tel investissement se révèle particulièrement rentable sur le long terme. Une machine résistante contribue grandement à l’amélioration du confort à bord et à la protection du matériel.

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Une telle machine a prouvé sa valeur en cousant une housse d’annexe, en réalisant toute la sellerie à plusieurs reprises, en assemblant avec ténacité un lazy bag, en fabriquant divers grands et petits tauds, et en cousant moultes sangles et fermetures éclairs un peu partout. Elle peut même s'aventurer dans la confection de robes, de shorts et autres fantaisies, démontrant sa polyvalence. Le nombre de kilomètres de fil passés dans le chas de ses aiguilles, même si celles-ci cassent occasionnellement, et les canettes bobinées efficacement, témoignent de son usage intensif et de sa durabilité. C'est un véritable compagnon de voyage dont il faut prendre soin, même si on lui en demande beaucoup.

Les Matériaux Stratégiques

Le choix des matériaux est crucial pour la durabilité de la capote.

Le Tissu Sunbrella Plus : Résistance et Durabilité

Pour ce type d'ouvrage destiné à l'extérieur à bord d'un bateau, il est primordial de choisir un tissu qui résistera durablement aux agressions conjuguées du soleil, du vent et du sel. Fabriquer une capote de roof est un travail long et fastidieux, il est donc essentiel que le résultat puisse résister des années. Le Sunbrella Dickson, en particulier le "Sunbrella Plus", est vivement conseillé pour son excellente qualité. Il est impératif de faire attention aux contrefaçons, car le prix du véritable Sunbrella Plus peut facilement atteindre 60 euros le mètre linéaire.

Ce tissu est idéal pour la fabrication des tauds de soleil, lazy bags, capotes et autres protections solaires nécessaires à bord, surtout dans les régions où les rayons solaires sont particulièrement agressifs. Le Sunbrella est un tissu d’extérieur en acrylique teint dans la masse. Cela signifie que le fil est coloré pendant sa fabrication, par l'ajout de pigment au polymère fondu lors du filage. Les fibres et les filaments sont entièrement imprégnés de pigment dès leur sortie des filières, en une seule étape. Cette technique confère au tissu une solidité des couleurs exceptionnelle, évitant les différences entre les lots de teinture. Elle réduit également de manière significative la pollution de l'eau et l'utilisation de colorants, un aspect non négligeable. La couleur du tissu tient très longtemps, et ni les rayons solaires ni les embruns n’affaiblissent le matériau trop rapidement. De plus, le Sunbrella Plus résiste aux moisissures et reste facile d’entretien grâce à son enduction antifongique à base de résines, qui assure son imperméabilité. Cette qualité exceptionnelle mérite d'être mise en avant. Pour une capote de roof, il faut compter environ 4 mètres linéaires de Sunbrella Plus (en largeur 152cm), ce qui représente un coût d'environ 250 à 300 Euros.

Le Sunbrella est un investissement qui dépasse la seule capote. Pour ceux qui ont la chance de trouver un fournisseur fiable, il est judicieux d'acquérir suffisamment de tissu pour plusieurs projets et plusieurs années. Sur dix ans, il n'est pas rare de l'utiliser pour refaire le lazy bag, la housse d’annexe, confectionner un solide taud de cockpit, un taud au-dessus du hublot de la cabine avant (protégeant le pont du soleil et permettant de laisser le capot ouvert sous la pluie), sans oublier diverses housses et protections pour les capots de pont, les winches, les bidons, la nourrice de l’annexe, le radeau de survie ou le guindeau.

Le "Cristal" (Plexi Souple) : La Clarté des Fenêtres

Pour les fenêtres de la capote, le "cristal" (plexi souple 100% PVC) est le matériau de choix. Une épaisseur de 1 mm est couramment utilisée. Pour coudre cette matière, il est utile de graisser très légèrement le cristal à l’endroit de la couture avec de la vaseline. Cela permet au pied de biche de la machine de laisser glisser le cristal sans accroc. Après la couture, il suffit d’essuyer le pied de biche et l’aiguille pour éviter de tacher d'autres ouvrages.

Une difficulté survient lors de la couture du cristal directement sur la griffe d’entraînement, car cela raye le matériau et bloque la machine. La solution consiste à placer du papier sulfurisé entre le cristal et la griffe d’entraînement, notamment lors du surpiquage du cadre en Sunbrella, assurant ainsi un glissement fluide. Le tissu PVC Cristal coûte entre 20 et 30 euros le mètre, et il est parfois plus avantageux de l'acheter au rouleau. Environ 3 mètres sont nécessaires pour une capote standard, ce qui représente une centaine d’Euros.

Les Fermetures Éclair : Robustesse Incontournable

Il est recommandé de choisir des fermetures éclair en plastique injecté de 9 mm, reconnues pour leur grande solidité et leur bonne tenue. Il est pratique de les acheter au mètre pour ne pas être limité par des tailles standards, en n'oubliant pas d'acquérir les curseurs nécessaires. Par exemple, pour des longueurs de 78 cm, 43 cm et 17 cm, il est conseillé de prendre 148 cm de fermeture (138 cm plus une marge de 10 cm) et trois curseurs en plastique, car ils sont anti-corrosion. La couture d’une fermeture éclair demande un peu de pratique et il faut bien prévoir la largeur de la glissière dans les mesures. De solides fermetures éclair, comme celles qui ont résisté sur une ancienne capote, sont la preuve de leur durabilité et de leur efficacité. Elles peuvent même durer des années, tout comme les boutons Tenax, qui sont des merveilles de robustesse. Les fermetures éclair coûtent environ 6 euros le mètre, et les curseurs 0,50 centimes pièce.

Le Fil à Coudre : Traitement Anti-UV Essentiel

Le choix du fil est également crucial, surtout si l'on utilise une machine domestique. Le fil ne doit pas être trop gros, au risque de se détoronner et de transformer la couture en un calvaire. Un fil de couture résistant aux UV et adapté à la machine est indispensable. Un fil à coudre de plein air 60, grâce à son traitement anti-UV, permet de coudre sans souci pour l'extérieur. C'est un fil industriel, à la fois résistant et fin. Si la bobine de fil est de grande taille, il est préférable de la placer derrière la machine et de trouver un moyen de faire venir le fil par le haut, par exemple en installant un cordage traversant le plafond pour le guider avant qu'il ne prenne sa place dans la machine. Faire passer le fil par la main courante fixée au-dessus de la table du carré est une astuce efficace. C'est important que la bobine ne tourne pas et que le fil se libère par le haut pour ne pas bloquer la couture. Le fil à coudre résistant aux UV coûte environ 5 à 6 euros la bobine. Il doit être compatible avec le chas des aiguilles de la machine, car un fil trop épais se détoronne et bloque au niveau du chas.

Les Aiguilles : Des Pointes Solides

Il faut impérativement utiliser les aiguilles les plus solides, celles prévues pour les toiles les plus épaisses, comme le jean. Des aiguilles de machine de 100 ou 120 sont nécessaires, coûtant environ 3,50 euros.

Les Outils du Couturier/De la Couturière : Précision et Soin

Les Ciseaux : Un Instrument Sacré

Les ciseaux de couture sont des outils personnels et précieux. Ils doivent être réservés exclusivement à la découpe du tissu. Un bon entretien assure leur longévité, permettant de les garder à vie. Des ciseaux bien entretenus coupent avec une facilité déconcertante, rendant la tâche agréable. L'exemple des ciseaux de Mamie Pierrette, toujours utilisés avec plaisir après plus de 60 ans, illustre parfaitement cette durabilité.

Mesure et Marquage : La Précision est de Mise

Une grande règle bien rigide, mesurant entre 1m et 1m50, est très pratique pour tracer de belles longueurs. Elle peut être fabriquée à partir d'une latte de bois ou d'un tasseau. Un mètre ruban ou un mètre automatique est également indispensable pour les mesures. Pour dessiner les pièces sur le tissu, une craie à tissus est l'outil le plus pratique.

Assemblage Temporaire et Fixation Finale

Des épingles à couture solides, ainsi que des aiguilles à coudre fines mais résistantes, sont nécessaires pour faufiler certains morceaux. Un dé protège le doigt et offre la force nécessaire pour pousser l'aiguille. Enfin, les boutons Tenax sont super pratiques pour fixer le bas de la capote sur le pont, grâce à leur durabilité et leur efficacité reconnues.

Étapes Clés de la Fabrication : Du Patron à l'Assemblage

La confection d'une capote de roof est un processus méticuleux qui requiert patience et méthode.

Le Calcul du Métrage et le Patronage

La première étape est impérative : prendre toutes les mesures et dessiner les pièces sur une feuille de papier à l'échelle réduite afin de définir le métrage nécessaire des matériaux. Il faut absolument tenir compte de la largeur du tissu proposé et, en cas de doute sur la commande, ne pas hésiter à consulter le vendeur qui devrait pouvoir guider l'acheteur pour éviter tout gaspillage.

L'élaboration du patron est une phase cruciale. Une première tentative avec une toile blanche, bien que prometteuse, peut s'avérer inutilisable si le matériau est trop tendu, déformant les morceaux et les rendant inadaptés. Une méthode plus efficace consiste à poser directement le Sunbrella sur les arceaux de la structure, après avoir placé du scotch double-face sur le milieu de chaque arceau. Cette approche permet de dessiner les morceaux directement à la craie sur le tissu, facilitant grandement la découpe. Il est fondamental de prévoir 1 cm ou 1,5 cm de plus pour les ourlets et les coutures de liaison. Cependant, il faut être vigilant, car le scotch peut être difficile à retirer des arceaux, et le tissu cousu risque de ne pas glisser correctement s'il s'accroche au résidu de colle.

Préparation et Découpe

Le choix du lieu de travail est important. Les découpes peuvent être effectuées sur un ponton pour bénéficier d'un espace suffisant, tandis que le reste des opérations de couture peut être réalisé à bord, dans le cockpit ou le carré, surtout dans les régions où le vent est parfois insoutenable. Pour la découpe des nouveaux cristals, il est judicieux de se servir des anciens comme gabarits. Il faut cependant manipuler le cristal avec une extrême précaution, car il se raye très facilement ; le protéger en le posant sur un drap ou une nappe est une bonne pratique. Lors de la confection, il est possible de récupérer certains éléments de l'ancienne capote, comme la longue fermeture éclair retenant l'arceau avant et une des fermetures du plexi central, ce qui témoigne de leur robustesse. Les boutons Tenax sont également souvent réutilisables, preuve de leur grande durabilité et efficacité.

L'Assemblage : Techniques et Astuces Cruciales

Une fois les morceaux découpés, l'ajustage est une étape fastidieuse qui nécessite souvent deux personnes. Pour que les pièces tiennent et résistent aux intempéries, il est parfois nécessaire de faufiler à certains endroits. L'installation des boutons Tenax en premier permet de maintenir l'avant de la capote en place.

L'insertion des fenêtres de cristal est une étape délicate qui a souvent causé des maux de tête. Une erreur courante, observée lors de la première confection d'une capote il y a dix ans, consiste à essayer d'insérer les fenêtres de cristal dans des cadres de Sunbrella prédécoupés. Même avec des mesures parfaites et l'utilisation de l'ancienne capote pour une précision millimétrique, cette méthode ne fonctionne pas. Le cadre en Sunbrella bouge, entraînant des coutures ratées et des cristals plissés, ce qui est très frustrant.

La solution réside en fait dans une approche différente : coudre les plexis (le cristal) directement sur la toile, puis découper le Sunbrella seulement après, en veillant à conserver suffisamment de matière pour l'ourlet du cadre. Certes, cela génère des chutes de Sunbrella, un matériau coûteux, ce qui peut sembler inefficace a priori. Cependant, c'est la seule méthode qui garantit un ajustement parfait. De plus, ces chutes peuvent toujours servir à d'autres usages, comme des housses pour les winches, les antennes GPS, les hublots, ou même les feux de navigation. Cette astuce, transmise par des experts, est qualifiée de "magique" tant elle facilite l'assemblage et assure un résultat impeccable. De nombreux essayages sont nécessaires pour parvenir au résultat final, mais la satisfaction est immense après une semaine de travail. Il est également important de prévoir des renforts sur les parties du tissu acrylique susceptibles de subir des frottements, car ce matériau ne tolère pas bien l'abrasion.

Les Points de Couture Essentiels

Pour la couture, certains points sont privilégiés. Le point droit le plus large proposé par la machine est idéal pour toutes les coutures apparentes. Pour éviter l'effilochage des bords du tissu, des points zigzag sont utilisés pour surfiler, à moins de disposer d'une surjeteuse. Pour démarrer les coutures, il est conseillé de faire quelques points en arrière avant de lancer la machine en avant ; cette technique permet d’arrêter la couture de manière sécurisée. L’utilisation de scotch double-face peut aider à assembler les morceaux, mais il faut noter que le revêtement du Sunbrella ne colle pas toujours très bien avec certains types de scotch.

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