Le monde de la navigation à voile est riche de diverses embarcations, parmi lesquelles les catamarans se distinguent par leur conception unique et leurs performances remarquables. Ces bateaux et yachts, principalement propulsés par l'énergie éolienne, et plus rarement uniquement par moteur, se caractérisent par la présence de deux coques orientées parallèlement. Ces deux coques sont solidement reliées entre elles, soit par des entretoises, soit par un pont porteur. L'histoire des catamarans à voile, des voiliers dotés de deux coques parallèles connectées par des traverses, est ancienne, remontant à des millénaires. Les peuples polynésiens, tels que les Maoris, sont particulièrement célèbres pour leur maîtrise de ces bateaux à double coque, capables de naviguer en haute mer, leur ayant permis d'explorer et de coloniser des archipels du Pacifique, parfois distants de plusieurs milliers de milles. De même, dans les eaux indiennes et indonésiennes, des catamarans ou des embarcations similaires, comme les bateaux à balancier, ont toujours été utilisés pour la pêche ou pour de courts voyages entre les îles ou le long des côtes.
Ce n'est qu'au milieu du XXe siècle environ que le principe du catamaran a réellement gagné en popularité en Europe, aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, s'imposant comme une variante de bateau particulièrement adaptée au sport et à la navigation de plaisance. Des petits catamarans de sport, tels que les célèbres Hobie-Kats, des bateaux que l'on peut facilement remonter sur la plage, ont rapidement convaincu de nombreux navigateurs grâce à leur potentiel de vitesse, synonyme de plaisir et de sensations sportives. Leur principe de deux coques a depuis marqué les générations suivantes de passionnés de sports nautiques. Aujourd'hui, la diversité des catamarans est impressionnante, couvrant presque toutes les catégories de voiliers. On les retrouve sous forme de bateaux pneumatiques ludiques, de catamarans olympiques, actuellement incarnés par le Nacra 17 avec foils qui a succédé au Tornado sur les parcours olympiques, ou encore de catamarans de croisière de toutes tailles, dotés d'équipements variés et offrant des performances diverses. L'évolution a également donné naissance à des catamarans de haute mer, conçus exclusivement pour la course et la quête de records. Un exemple emblématique de cette puissance est le catamaran de 37 mètres, Orange II, avec lequel Bruno Peyron a battu le record du monde sur 24 heures en 2006, parcourant alors une distance impressionnante de 628,5 milles nautiques. Il est à noter qu'entre-temps, les trimarans, des bateaux à trois coques, ont même remplacé les catamarans dans la chasse aux records de vitesse absolue.
Les Fondamentaux du Catamaran : Vitesse, Stabilité et Espace
Les catamarans, qu'ils soient de croisière ou de sport, présentent des caractéristiques de navigation distinctes par rapport aux monocoques. Les catamarans de croisière, par exemple, sont réputés comme des yachts à voile sûrs et relativement calmes en mer, tout en offrant un potentiel de vitesse notablement élevé. Un avantage majeur de ces embarcations réside dans l'espace qu'elles proposent : ils offrent généralement beaucoup plus d'espace que les monocoques de même longueur. Le pont, qui s'étend habituellement sur presque toute la largeur du bateau, large par définition, offre des surfaces habitables relativement importantes, souvent réparties sur deux niveaux, incluant un salon et une cuisine. En outre, les coques des catamarans de croisière, malgré leurs dimensions proportionnellement étroites, peuvent être utilisées comme espaces de vie supplémentaires ou comme rangements.
Cependant, les catamarans traditionnels ont des particularités en matière de performance. En raison de leur tirant d'eau généralement très faible, les catamarans naviguent moins efficacement au près par rapport aux bateaux monocoques. Néanmoins, ces catamarans compensent cette faiblesse par des vitesses nettement plus élevées aux autres allures. Les catamarans de sport et les catamarans de record sont conçus pour atteindre des vitesses encore plus élevées, leurs skippers ou barreurs parvenant à soulever la coque au vent, ce qui réduit la traînée et augmente la vitesse. Cette manœuvre, bien que performante, n'est pas sans risque : le catamaran peut chavirer. À partir d'une longueur d'environ sept mètres, il devient d'ailleurs très difficile, voire impossible, de redresser un catamaran sans l'aide extérieure de systèmes de grue sur des bateaux de sauvetage spécialisés. Il est important de souligner que les catamarans de croisière, contrairement à leurs homologues sportifs, ne chavireront presque jamais, car ils sont conçus pour garder les deux coques à l'eau.
Le pilotage des catamarans diffère fondamentalement de celui des monocoques. Deux coques signifient une surface de coque mouillée réduite avec une surface de voile relativement élevée, ce qui est synonyme de vitesse. Les catamarans de sport se distinguent par leur vitesse et leur aspect sportif, exigeant de leurs skippers une excellente condition physique. Ces petits catamarans ouverts sont des bateaux de plaisir, destinés à ceux qui recherchent l'action et n'ont pas peur de chavirer. Le développement technique rapide des foils a révolutionné la navigation sur catamaran ces dernières années. Depuis peu, les catamarans sont également équipés de foils. Certains catamarans de sport « soulèvent » désormais au-dessus du plan d'eau à la fois les flotteurs au vent et les flotteurs sous le vent, ouvrant une nouvelle ère de performances. Ceux qui privilégient l'espace, le confort et une navigation relativement calme et droite, tout en recherchant la performance, trouveront leur bonheur avec ces embarcations modernes.
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Le Catamaran de Classe A : L'Incarnation de la Performance en Solitaire
Au sein de cette vaste famille de multicoques, le catamaran de Classe A occupe une place à part, incarnant un esprit unique. Ce bateau se mène en solitaire, ce qui en fait une discipline particulièrement exigeante et gratifiante. Les libertés offertes par sa jauge lui ont permis de rester constamment à l'avant-garde des innovations technologiques. Cette jauge ouverte a notamment fait de la Classe A l'une des premières séries de voile légère à s'équiper de foils, et aujourd'hui, les classes A volent littéralement au-dessus de l'eau, offrant des sensations de glisse et de vitesse inédites. Le programme de la Classe A est clairement orienté vers la compétition ; c'est un bateau davantage destiné aux régatiers passionnés qu'aux marins en quête de balades « calmes ». Pour ceux qui souhaitent rejoindre cette communauté de coureurs, il est possible de trouver de nombreuses annonces de Classe A sur des plateformes spécialisées, facilitant ainsi l'acquisition ou la vente de ces machines de course.
Historique et Évolution de la Classe A
L'histoire de la Classe A est aussi riche que son développement technologique. En 1956, la « A-Division » a été fondée en Angleterre par l'ancienne « International Yacht Racing Union » (IYRU), qui est l'ancêtre de l'ISAF, elle-même ancêtre de World Sailing, en tant que classe de construction libre. Aujourd'hui, elle est reconnue comme l'une des plus anciennes et des plus actives classes de voile légère dans le monde entier. Dès ses débuts, la série ne limitait pas la longueur des bateaux, mais stipulait simplement que le support devait être un catamaran gréé en cat-boat et manœuvré en solitaire. Initialement populaire aux États-Unis et dans l'hémisphère sud, le bateau a progressivement gagné sa place sur le Vieux Continent à partir des années quatre-vingt, séduisant de plus en plus de régatiers européens.
Au fil des décennies, la Classe A est devenue un bateau de course high-tech, véritablement considérée comme la « Formule 1 » de tous les bateaux à voile. L'arrivée des matériaux composites a marqué un tournant décisif. Des matériaux les plus sophistiqués, tels que le carbone et le kevlar, s'utilisent dans la production des coques et des mâts, là où d'autres constructeurs se contentent encore de fibres de verre et d'aluminium. Cette avancée a permis d'alléger considérablement les embarcations et d'accroître leurs performances. L'intégration des foils, permettant d'abord de soulager les coques puis de voler depuis quelques années, a encore davantage contribué à son succès fulgurant et à son attrait.
Caractéristiques Techniques et Performances
Le catamaran de Classe A est un voilier de sport rapide et élégant, unanimement reconnu pour ses performances exceptionnelles et son design épuré. Qu'il soit monotype à foils ou à dérives classiques, il allie avec brio légèreté et technicité, offrant des sensations uniques aux navigateurs. La course est régie par des règles techniques bien spécifiques et encadrées, communément appelées « la jauge ». Cette jauge, bien que stricte, laisse néanmoins une grande liberté d'innovation, permettant aux passionnés d'explorer constamment de nouvelles avancées technologiques et de repousser les limites de la performance.
Grâce à sa légèreté absolue, le Classe A est clairement le catamaran le plus léger de sa catégorie et constitue une classe de régate très largement diffusée partout dans le Monde. Son poids plume le rend extrêmement réactif et rapproche le coureur de l'eau, procurant ainsi des sensations de vitesse et de connexion avec l'élément marin absolument incroyables. De plus, le Classe A offre un support de bateau rapide à mettre en place grâce à son unique voile, un atout précieux pour les régatiers qui souhaitent optimiser leur temps de préparation. La Classe A est un catamaran solitaire de très hautes performances, et il est confectionné par différents constructeurs notamment en Europe, notamment en Suisse, en Pologne et aux Pays-Bas. Parmi ces constructeurs de renom, on retrouve des modèles phares comme l'Exploder AD3 et le Scheurer G6, qui sont aujourd'hui les deux catamarans les plus performants et les plus diffusés au sein de la série. Le bateau peut également offrir aux sponsors un bon support médiatique de par la fréquence des régates, et sa grande maniabilité lui permet d'être facilement exposé lors de soirées ou d'événements, ainsi que de se prêter parfaitement aux démonstrations grand public.
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La Classe A : Un Circuit de Régate Exigeant et International
Les championnats du monde et européens de Classe A sont régulièrement suivis par les barreurs les plus fameux du monde, témoignant du niveau d'excellence et de compétitivité de la série. Il est d'ailleurs historiquement noté que c'est toujours un spécialiste en Class A qui remporte ces championnats, soulignant la technicité et la spécificité de la discipline. Ce catamaran reste depuis des années une référence mondiale. Glenn Ashby, le skipper vainqueur de l'America's Cup, qui compte pas moins de onze titres mondiaux dans la série, est notamment un de ses célèbres adeptes, illustrant la stature des athlètes qui s'y engagent. Les grands rendez-vous internationaux de la série sont un véritable melting-pot de talents, réunissant une vingtaine de nations des deux hémisphères. À titre d'exemple, lors des championnats du monde tenus à Sopot en Pologne, plus de 125 voiliers ont été classés, dont une dizaine de Suisses, démontrant l'engagement et la présence de la communauté helvétique. Selon les sites et les éditions, il arrive même que le nombre de bateaux atteigne les 200 participants, créant des tableaux de compétition impressionnants. Jacques Valente, un adepte de la Classe A depuis 2016, ne tarit pas d'éloges à son sujet : « Mais pourquoi n'ai-je pas commencé plus tôt ! », s'exclame-t-il, un sentiment partagé par de nombreux nouveaux venus.
En Suisse, la scène de la Classe A est particulièrement dynamique. Le calendrier européen de la Classe A compte une quinzaine d'événements majeurs, dont quatre sont disputés en Suisse, soulignant l'importance du pays dans le circuit. Sandro Caviezel, également représentant et développeur du fameux Scheurer G7, est aujourd'hui celui qui domine les classements nationaux, s'affirmant comme une figure de proue de la Classe A suisse. Ayant terminé 19e aux mondiaux, il se réjouit particulièrement de voir l'arrivée des jeunes en Classe A. « Nous vivons un véritable changement de génération », relève-t-il, « Avant, le support était parfois considéré comme une série pour les bons régatiers en préretraite. Aujourd’hui, le plateau s’est vraiment rajeuni. » Cette observation est corroborée par l'âge du président de la classe, Robin Maeder, qui n'a que 20 ans, ainsi que par l'arrivée de Nils Palmieri, à peine plus de 30 ans, qui vient renforcer ce mouvement de rajeunissement.
La Communauté et l'Avenir de la Classe A
La communauté autour du catamaran de Classe A est active et passionnée. L'Association Française des Catamarans de Classe A (A.F.C.C.A) œuvre spécifiquement pour la promotion et le développement de cette discipline en France, et il est possible d'adhérer en ligne pour soutenir leurs actions et rejoindre la communauté des pratiquants. Les trophées régionaux organisés par ces associations visent à instaurer une dynamique compétitive saine et stimulante au sein de chaque bassin de navigation, permettant aux régatiers de se mesurer régulièrement. Les arguments avancés par l'association de propriétaires de Classe A sont sans équivoque, mettant en avant le plaisir de régater en nombre, d'atteindre des vitesses impressionnantes de 12 nœuds au près et de plus de 20 nœuds au portant, et la liberté de choisir entre planer et voler, tout en mettant fin au manque d'équipiers grâce à la pratique en solitaire.
Nils Palmieri, un jeune régatier, explique son choix : « J’ai choisi le Classe A car je voulais un projet flexible et de haut niveau. C’est une remarquable plateforme de travail. Quoique l’on fasse par la suite, il faut savoir voler en multi. » Il souligne également l'intérêt que la série est en perpétuel développement, un aspect crucial pour les passionnés de technologie : « L’autre intérêt est que c’est une série en perpétuel développement. Des bateaux comme le Flying Phantom ou l’Easy To Fly méritent déjà des améliorations. Alors qu’avec le Classe A, on est dans une box rule et on peut travailler pour rester à la pointe technologique. » Cependant, il ne cache pas les défis : « Par contre, c’est un support très exigeant et physique. C’est son seul défaut. Si on fait le choix de passer en bateau volant, il faut se donner les moyens d’évoluer, et ça requiert beaucoup de travail. Sinon, il vaut mieux rester en classique. » Luc du Bois, une figure charismatique de la série et ancien d'Alinghi, d'ETNZ et plus récemment de BAR, partage également une vision éclairée de la Classe A. Après une honorable 37e place cette année en Pologne, et une 7e place ex aequo avec James Spithill lors des mondiaux d'Australie en 2009, il apprécie le support pour les différents avantages déjà relevés, mais y voit aussi un tournant décisif quant à son évolution. « Il existe aujourd’hui des moyens techniques relativement simples qui permettent de faciliter le vol, explique-t-il. Il va falloir prendre des décisions à court et moyen terme sur ce qui est autorisé ou pas, notamment en termes d’asservissement de certaines fonctions. Je pense que ça va devenir inéluctable. » Le Classe A est réputé pour son côté évolutif et technologique. « Il s’agit de rester en phase avec ça, pour que la série reste attractive et continue d’être un laboratoire. »
Accessibilité et Défis Financiers
La question du budget est indissociable de celle de l'innovation et de l'attractivité de la série. Aujourd'hui, une plateforme complètement équipée, incluant voile et mât, coûte environ 30 000 euros. Le budget annuel de fonctionnement avoisine les 10 000 euros, pour autant que les activités de régate et d'entraînement restent centrées en Europe. Pour ceux qui souhaitent s'initier à la Classe A avec un investissement moindre, il est possible d'acquérir un modèle classique pour moins de 10 000 euros et de participer aux événements nationaux et en Méditerranée pour un montant plus restreint. L'enjeu majeur pour les responsables de la classe est donc de trouver le juste milieu entre le développement high-tech et l'accessibilité financière, un défi commun à la plupart des classes Open.
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