L'Art de la Navigation : Héritage et Modernité des Canots Rhéaume

L'histoire des embarcations en bois et de leur évolution technologique est une épopée qui lie intimement les savoir-faire ancestraux aux exigences de la modernité industrielle. Au cœur de cette tradition québécoise se trouve l'entreprise Canots Rhéaume, dont le parcours illustre parfaitement la transition entre l'ébénisterie artisanale et la production spécialisée de haute performance.

L'évolution de Canots Rhéaume : de l'ébénisterie à l'expertise technique

Dans les années 80, l’ébéniste professionnel Alain Rhéaume orienta ses compétences au travail du bois vers l’art de la construction des canots. Depuis ce premier canot, la gamme de produits s’est élargie pour inclure plus de 20 modèles, des modèles réduits de canots décoratifs et des armoires canot. Presque toutes les pièces sur les canots et les armoires sont faites à la main. L’amour de beaux canots en bois de cèdre inspire nos artisans au quotidien et nous n’aimons rien de plus que de voir notre savoir-faire réfléchi sur la surface d’un lac ou d’une rivière.

Le développement de l'entreprise a connu un tournant décisif suite à l'incendie détruisant son atelier de matériaux composites à Grandes-Piles à l’automne 2017. Canots Rhéaume avait mis le cap sur Saint-Tite quelques semaines plus tard. Le déménagement s'est effectué en deux temps, car l’ébénisterie était demeurée sur place quelques mois. Cette période fut marquée par une croissance rapide, notamment grâce à des collaborations internationales. Un gros fabricant de canots aux États-Unis a approché l'entreprise pour qu’elle le fournisse en bancs, en barres et en jougs. Il n’y en a pas beaucoup d’ateliers comme le nôtre qui sont capables de répondre rapidement à une commande de pièces pour 400 canots par exemple. Parallèlement, un fabricant européen a aussi établi des contacts avec Canots Rhéaume afin qu’il prenne en charge la production pour l’Amérique du Nord d’une embarcation de type rameur déjà populaire chez eux. C’est un type de canot qui peut accueillir de une à quatre personnes. Ça sera même à l’essai aux Olympiques.

La symbiose entre tradition et compétition

L'excellence technique de Canots Rhéaume s'est également illustrée par le développement de produits haut de gamme. Un projet qui tient à cœur à Alain Gallant est la conception d’un canot C1 exclusif signé conjointement par Serge Corbin et Canots Rhéaume. Ça fait plus d’un an qu’on travaille là-dessus et il sera prêt pour la commercialisation. On met nos forces en commun. Nous, on fournit l’expertise technique et lui, c’est la dimension, le design du canot. Ça va être de très grande qualité et ultraléger. Après qu’une entreprise de la Beauce eut fabriqué le moule du canot sous les directives de Canots Rhéaume qui avait construit la matrice, Serge Corbin se rendait régulièrement à l’usine de Saint-Tite pour mettre la touche finale à l’embarcation. Un canot de compétition, c’est complètement différent d’un canot régulier. La localisation du siège et des cale-pieds, l’emplacement de la trappe pour vider l’eau. C’est beaucoup d’ajustement.

Les racines ancestrales : l'écorce de bouleau

La maîtrise actuelle des matériaux modernes chez des fabricants comme Rhéaume trouve ses racines historiques dans les méthodes des Premières Nations. Lorsque les Français arrivèrent en Nouvelle-France, ils comprirent vite que pour survivre, il leur faudrait compter sur l'aide des Amérindiens. Grâce aux Amérindiens, les Français ont vite découvert un moyen de transport efficace : le canot d'écorce. La construction d'un canot d'écorce demande beaucoup d'habileté et de connaissances. La tradition veut que l'artisan fabrique seul son canot ainsi que les outils nécessaires à la construction de ce dernier.

Lire aussi: Informations Canoë Verdon

Le Birchbark Canoe Project, qui s'est déroulé de 2014 à 2025, a mis en lumière le travail du maître artisan Mi’kmaw Todd Labrador. Mi’kmaw canoes were built with one gunwale on either side of the canoe, where many other types of bark canoes, such as Malecite, Ojibway and Anishinabek, were built using two gunwales on either side. La construction commence par la récolte de l'écorce de bouleau entre mai et juillet. Les racines d'épinette sont utilisées pour lacer l'écorce, après avoir été bouillies pour gagner en souplesse. La structure interne, faite de nervures en cèdre, assure la rigidité de la coque. Enfin, la résine d'épinette, mélangée à de la graisse d'ours ou de poisson, servait traditionnellement à sceller les coutures.

#

Lire aussi: Explorez le monde du Canoë-Kayak

Lire aussi: L'influence de Chapuis sur la musique d'orgue

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *